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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Les 20 chantiers de l'&#201;lys&#233;e : Propositions pour 2007</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Les-20-chantiers-de-l-Elysee-Propositions-pour-2007.html</link>
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		<dc:date>2008-03-30T13:25:51Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;article d'E.Cohen : &#034;Faut-il encore une politique industrielle ?&#034;, p. 87-98. &lt;br class='autobr' /&gt; Acheter ce livre &lt;br class='autobr' /&gt;
Le temps o&#249; l'on pouvait tracer une ligne de d&#233;marcation infranchissable entre la gauche et la droite est r&#233;volu. Quel que soit le vainqueur des &#233;lections de mai 2007, il aura &#224; se confronter &#224; un certain nombre d'enjeux propres &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, sur lesquels il lui faudra agir rapidement. Pour essayer de comprendre ces enjeux et proposer les moyens de les traiter, Telos a demand&#233; &#224; vingt (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L96xH150/arton291-a0e76.jpg?1634886534' class='spip_logo spip_logo_right' width='96' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;article d'E.Cohen : &#034;Faut-il encore une politique industrielle ?&#034;, p. 87-98.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.amazon.fr/20-chantiers-lElys&#233;e-Propositions-pour/dp/2012372767&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acheter ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le temps o&#249; l'on pouvait tracer une ligne de d&#233;marcation infranchissable entre la gauche et la droite est r&#233;volu. Quel que soit le vainqueur des &#233;lections de mai 2007, il aura &#224; se confronter &#224; un certain nombre d'enjeux propres &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise, sur lesquels il lui faudra agir rapidement. Pour essayer de comprendre ces enjeux et proposer les moyens de les traiter, Telos a demand&#233; &#224; vingt experts d'identifier les vingt chantiers prioritaires de l'Elys&#233;e. De la s&#233;curit&#233; professionnelle &#224; la relance de l'Europe en passant par la police de proximit&#233;, l'orientation des jeunes ou la lutte contre la prolif&#233;ration nucl&#233;aire, la politique culturelle et la fiscalit&#233;, les d&#233;localisations et le cumul des mandats, tous les sujets ou presque sont ici pass&#233;s en revue et accompagn&#233;s d'une proposition concr&#232;te. On reproche souvent aux universitaires de poser les probl&#232;mes sans proposer de solutions. Ils font ici la d&#233;monstration du contraire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.telos-eu.com" class="spip_out"&gt;Telos&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Chat &#034;lemonde.fr&#034; : &#034;Apr&#232;s la p&#233;riode 1978-1985, nous assistons &#224; une deuxi&#232;me vague de d&#233;sindustrialisation en France depuis 2002&#034;</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Chat-lemonde-fr-Apres-la-periode-1978-1985-nous-assistons-a-une-deuxieme-vague.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://elie-cohen.eu/Chat-lemonde-fr-Apres-la-periode-1978-1985-nous-assistons-a-une-deuxieme-vague.html</guid>
		<dc:date>2008-02-24T15:40:05Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Emploi</dc:subject>
		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lire sur lemonde.fr &lt;br class='autobr' /&gt;
Pierre de lyon : La m&#233;diatisation de telle ou telle fermeture de site industriel entra&#238;ne-t-elle une sur&#233;valuation de la question de la d&#233;sindustrialisation fran&#231;aise par une sorte d'effet de loupe ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Elie Cohen : Non, nous assistons &#224; une deuxi&#232;me vague de d&#233;sindustrialisation en France depuis 2002. Nous avons perdu depuis cette date 500 000 emplois industriels. Nous n'avions pas connu de ph&#233;nom&#232;ne aussi marqu&#233; depuis la grande p&#233;riode de d&#233;sindustrialisation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/02/21/elie-cohen-economiste-apres-la-periode-1978-1985-nous-assistons-a-une-deuxieme-vague-de-desindustrialisation-en-france-depuis-2002_1014288_0_3.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire sur lemonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre de lyon :&lt;/strong&gt; La m&#233;diatisation de telle ou telle fermeture de site industriel entra&#238;ne-t-elle une sur&#233;valuation de la question de la d&#233;sindustrialisation fran&#231;aise par une sorte d'effet de loupe ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Non, nous assistons &#224; une deuxi&#232;me vague de d&#233;sindustrialisation en France depuis 2002. Nous avons perdu depuis cette date 500 000 emplois industriels. Nous n'avions pas connu de ph&#233;nom&#232;ne aussi marqu&#233; depuis la grande p&#233;riode de d&#233;sindustrialisation fran&#231;aise, la p&#233;riode 1978-1985. A cette &#233;poque, je vous le rappelle, nous avions perdu pr&#232;s d'un tiers de nos emplois industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut l&#233;gitimement s'inqui&#233;ter de l'acc&#233;l&#233;ration de la d&#233;sindustrialisation en France, d'autant que nous constatons en Europe d'autres pays qui font bien mieux, non seulement en s'industrialisant comme l'Irlande ou l'Espagne, mais en connaissant une d&#233;sindustrualisation moins marqu&#233;e qu'en France comme en Allemagne ou en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Davidx&lt;/strong&gt; : La d&#233;sindustrialisation se d&#233;finit-elle comme la fermeture des usines en France ou le d&#233;clin des entreprises industrielles au sein de l'&#233;conomie fran&#231;aise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Le ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;sindustrialisation manifeste &#224; la fois que la part dans la valeur ajout&#233;e dans l'emploi et la production d&#233;cline. La d&#233;sindustrialisation est donc un ph&#233;nom&#232;ne relatif, il traduit le fait que l'industrie p&#232;se moins dans l'activit&#233; &#233;conomique nationale, et que des secteurs comme les services aux entreprises, les services aux personnes, le b&#226;timent et les travaux publics voient leur part de l'activit&#233; nationale cro&#238;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, ce qui rend la situation actuelle plus tendue, c'est qu'on assiste &#224; des destructions nettes d'emplois industriels, suite &#224; une s&#233;rie de fermetures d'usines. Le dernier chiffre dont nous disposons est celui de 2007, o&#249; nous avons enregistr&#233; une perte d'emplois industriels de 50 000. En r&#233;sum&#233;, la d&#233;sindustrialisation en France aujourd'hui est un ph&#233;nom&#232;ne relatif, mais aussi absolu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fred :&lt;/strong&gt; Chiffre-t-on pr&#233;cis&#233;ment le nombre d'emplois industriels perdus &#224; cause des d&#233;localisations ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La d&#233;localisation stricto sensu consiste &#224; fermer une usine en France, &#224; la reconstituer dans un pays &#233;mergent, et &#224; r&#233;importer en France la production faite dans le pays &#233;mergent. Ainsi d&#233;finie, la d&#233;localisation industrielle est un ph&#233;nom&#232;ne marginal, n'expliquant, selon les &#233;tudes, que de 3 &#224; 10 % de l'emploi industriel disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutefois, on peut consid&#233;rer que le ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;localisation est plus large, et qu'il devrait comprendre non seulement les usines ferm&#233;es, mais &#233;galement les changements d'approvisionnement pour des entreprises rest&#233;es en France et qui trouvent des fournisseurs hors de France, alors qu'ils les avaient auparavant en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas typique des composants automobiles. Et, dans une conception encore plus vaste, on pourrait ajouter les op&#233;rations dites de relocalisation qui consistent, pour une entreprise qui exportait &#224; partir de la France &#224; constituer une unit&#233; hors de France et exporter &#224; partir de cette unit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme on le voit, si la question des d&#233;localisations est tr&#232;s sensible, son importance num&#233;rique est relativement faible. En tout cas, la d&#233;localisation stricto sensu n'explique qu'une part tr&#232;s faible des destructions d'emploi industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Irgendeinbis :&lt;/strong&gt; N'y a t-il pas diff&#233;rents types d'industries, dont certaines ont vocation &#224; s'installer ailleurs voire dispara&#238;tre, tandis que d'autres peuvent rester dans un pays d&#233;velopp&#233; comme la France (moyennant une adaptation d'elle-m&#234;me et de son contexte) ? Le solde est-il fatalement n&#233;gatif au final ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La vraie question pour la France est qu'elle subit une concurrence &#224; la fois sur les produits de haut de gamme et de haute technologie, pour lesquels sa performance relative se d&#233;grade, et l&#224;, la faute est clairement &#224; imputer au manque d'investissements en R&amp;D et en innovation. Mais la France subit &#233;galement la concurrence sur les produits intenses en travail et o&#249; le co&#251;t du travail joue un r&#244;le important. C'est ce qui explique les pertes de parts de march&#233; de la France face aux pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la France ayant une sp&#233;cialisation moyenne mais fortement d&#233;pendante du taux de change, elle subit une concurrence suppl&#233;mentaire du fait de la d&#233;gradation du taux de change euro-dollar.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d'autres termes, nous n'avons pas la sp&#233;cialisation haut de gamme, haute technologie, &#224; quelques exceptions pr&#232;s, qui nous permettrait de nous immuniser contre la concurrence des pays d&#233;velopp&#233;s. Nous sommes par ailleurs trop chers pour vendre des produits banalis&#233;s. R&#233;sultat : notre performance se d&#233;grade et vis-&#224;-vis de nos partenaires europ&#233;ennes de la zone euro, et vis-&#224;-vis des pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Sorrel&lt;/strong&gt; : La d&#233;sindustrialisation est donc moins le fait de la division internationale du travail que d'un probl&#232;me structurel ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La d&#233;sindustrialisation est un ph&#233;nom&#232;ne normal pour pays d&#233;v&#233;lopp&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'une part, parce que la division internationale du travail conduit logiquement des pays &#233;mergents &#224; prendre une part plus importante de l'activit&#233; industrielle ; et d'autre part, parce que les consommateurs des pays d&#233;velopp&#233;s, en s'enrichissant, consomment de plus en plus de services et moins de produits industriels. La d&#233;sindustrialisation ne poserait donc pas de probl&#232;me si la France &#233;tait capable de renouveler son avantage comp&#233;titif et si la France &#233;tait capable de monter sur la cha&#238;ne de valeur en incorporant son travail cher dans des produits chers et tr&#232;s demand&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me de la France, c'est que depuis 1999, avec la formidable acc&#233;l&#233;ration du commerce international et de la croissance mondiale, elle n'a pas su r&#233;pondre &#224; cette demande nouvelle, pour une raison simple : la France manque de ce tissu de PME innovantes et exportatrices qui font le dynamisme de l'Allemagne, pour ne prendre qu'un exemple proche. La France a donc vu sa part de march&#233; dans les exportations en zone euro et hors zone euro baisser. A titre d'exemple, nous disposons en France de deux fois moins de ces grosses PME innovantes et exportatrices qu'en Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ahmed Roubaix :&lt;/strong&gt; Pensez-vous que des secteurs forts comme le secteur automobile fran&#231;ais peuvent &#234;tre menac&#233;s &#224; terme ? Risque-t-on de voir un jour Renault Douai ou PSA Sochaux fermer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; L'une des grandes explications de la faiblesse actuelle du commerce ext&#233;rieur fran&#231;ais est la panne du secteur automobile depuis trois ans. Le secteur des transports terrestres, de l'automobile, a &#233;t&#233; classiquement un point fort de la sp&#233;cialisation fran&#231;aise. Pour des raisons qui tiennent au vieillissement des gammes, au caract&#232;re tardif de leur renouvellement, &#224; des probl&#232;mes de gamme notamment avec l'absence de v&#233;hicule hybride, la France a d&#233;croch&#233; au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les annonces faites par Renault et par PSA en mati&#232;re de renouvellement de gamme laissent esp&#233;rer un regain de parts de march&#233; perdues au cours des derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais il ne faut pas se cacher qu'&#224; terme l'industrie automobile va conna&#238;tre elle aussi de grands bouleversements. Les annonces faites par Tata, avec le v&#233;hicule &#224; 1 500 euros, et les formidables capacit&#233;s de production install&#233;es en Chine auront un jour prochain un effet sur les march&#233;s europ&#233;ens, et notamment fran&#231;ais. Pour r&#233;pondre plus pr&#233;cis&#233;ment &#224; votre question, il faut signaler que les constructeurs fran&#231;ais font l'essentiel de leur d&#233;veloppement, et depuis longtemps, hors de France. Il suffit de mentionner les d&#233;veloppements pour la zone Europe en Tch&#233;quie, en Slovaquie et ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour que les constructeurs fran&#231;ais soient amen&#233;s &#224; fermer des sites en France, il faudrait une profonde d&#233;gradation de la situation, et notamment que le renouvellement de gamme ne r&#233;ussisse pas. Par exemple, si la Laguna 3 ne trouve pas son march&#233;, on peut avoir des inqui&#233;tudes pour Sandouville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Julien Sorrel :&lt;/strong&gt; Les entreprises pharmaceutiques, point fort de notre &#233;conomie, sont-elles aussi vou&#233;es &#224; la d&#233;localisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; L'industrie pharmaceutique &#233;volue sur un mode singulier. Si l'on veut avoir une vision claire de l'avenir de la localisation de ce secteur, il faut distinguer cinq sous-secteurs :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) Dans les activit&#233;s de recherche et d&#233;veloppement, on constate une polarisation des activit&#233;s de recherche dans des pays comme les Etats-Unis, ou dans la r&#233;gion de Cambridge en Angleterre. Nous avons donc un probl&#232;me d'attractivit&#233; du territoire national pour les activit&#233;s de recherche et d&#233;veloppement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Pour &#233;laborer un nouveau m&#233;dicament, et surtout le faire reconna&#238;tre par les autorit&#233;s de r&#233;gulation, il faut une coop&#233;ration intime entre laboratoire pharmaceutique et syst&#232;me hospitalier pour la r&#233;alisation de tests cliniques. La France avait une position tr&#232;s avantageuse dans ce domaine, elle est en train de la perdre tr&#232;s rapidement au profit de pays d'Europe centrale et orientale comme la Pologne, ou de pays &#224; forte population comme l'Inde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Le secteur de la fabrication des principes actifs : l&#224;, force est de constater que des pays nouveaux apparaissent et sont particuli&#232;rement attractifs pour la localisation de ces activit&#233;s, ce qui cr&#233;e une concurrence potentielle pour la France. Je pense &#224; l'Irlande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Le secteur de la gal&#233;nique, i.e. la fabrication des pr&#233;parations pharmaceutiques sous forme de comprim&#233;s ou autre. La France a traditionnellement une position forte, mais qui peut &#233;voluer de mani&#232;re d&#233;favorable dans l'avenir si les laboratoires pharmaceutiques multinationaux en viennent &#224; consid&#233;rer la politique tarifaire de la S&#233;curit&#233; sociale comme peu r&#233;mun&#233;ratrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Derni&#232;re activit&#233; : celle de marketing et distribution de produits pharmaceutiques. &lt;br class='autobr' /&gt;
L&#224;, la pr&#233;sence sur le territoire national est importante. Et comme la France est un tr&#232;s gros consommateur de m&#233;dicaments, elle restera un lieu de localisation de cette activit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, la position historique de la France en mati&#232;re de recherche, de d&#233;veloppement, d'essais cliniques et de production de principes actifs s'&#233;rode. Il est temps de s'en rendre compte et de mettre en place une politique dynamique de promotion des sciences du vivant. Cela passe par une r&#233;flexion sur l'attractivit&#233; du territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jerryaxe :&lt;/strong&gt; La fiscalit&#233; francaise est-elle un facteur aggravant de la situation industrielle francaise ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; S'agissant de l'exemple que nous venons d'&#233;voquer, l'industrie pharmaceutique, ce n'est pas tant la fiscalit&#233; qui est d&#233;cisive, c'est plut&#244;t la politique de la S&#233;curit&#233; sociale. On a un conflit entre deux logiques parfaitement l&#233;gitimes : celle de la compression du co&#251;t du m&#233;dicament pour la S&#233;curit&#233; sociale, et celle d'une tarification avantageuse du m&#233;dicament qui attirerait sur le sol national des activit&#233;s industrielles pharmaceutiques. Plus g&#233;n&#233;ralement, le r&#244;le de la fiscalit&#233; joue bien entendu comme facteur de localisation, et nous connaissons parfaitement les probl&#232;mes fran&#231;ais : r&#244;le de l'imp&#244;t sur la fortune, r&#244;le des taux marginaux d'imposition &#224; l'IRPP, r&#244;le de la taxe professionnelle. Mais je ne crois pas que ces facteurs-l&#224; soient d&#233;cisifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est important, c'est d'abord la qualit&#233; des infrastructures en &#233;quipement et en capital humain. Ce qui est important, c'est la qualit&#233; des institutions, la solidit&#233; du cadre institutionnel et sa stabilit&#233;. Ce qui est important, c'est la qualit&#233; de la vie. Et sur tous ces &#233;l&#233;ments-l&#224;, la France dispose de quelques atouts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'avenir, il faudra int&#233;grer le fait que pour les activit&#233;s intenses en travail hautement qualifi&#233;, c'est Paris qui est en concurrence avec Londres, Berlin ou Barcelone. Il ne faut donc pas disperser ses moyens. Pour les activit&#233;s intenses en R&amp;D, il faut disposer de p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; qui ont une masse critique suffisante. De ce point de vue, nous nous sommes ridiculis&#233;s avec nos 71 p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; et avec des moyens financiers d&#233;risoires &#224; partager en un si grand nombre de p&#244;les. Pour les activit&#233;s industrielles, il faut offrir des sites parfaitement am&#233;nag&#233;s et garantir une fiscalit&#233; stable et pr&#233;visible sur la dur&#233;e de vie des investissements pr&#233;vus. S'agissant des sites de logistique, il faut que nous r&#233;visions un certain nombre de probl&#232;mes juridiques et sociaux pour que nos grands ports ne soient pas marginalis&#233;s. Je pense &#224; Marseille. Je pense &#233;galement &#224; la question du fret de la SNCF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, la sagesse commence avec la prise de conscience que nous sommes pour chaque activit&#233; en comp&#233;tition avec d'autres sites aussi bien &#233;quip&#233;s et avec des gouvernements attach&#233;s &#224; faire valoir les avantages sp&#233;cifiques de leurs propres sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Penelope :&lt;/strong&gt; Il est donc souhaitable que l'Etat intervienne directement pour emp&#234;cher la d&#233;sindustrialisation de la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Il n'est pas dans le pouvoir du gouvernement d'emp&#234;cher la disparition d'activit&#233;s traditionnelles non comp&#233;titives et pour lesquelles il n'y a plus d'investisseurs disponibles. Il ne sert donc &#224; rien de pratiquer l'acharnement th&#233;rapeutique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par contre, le gouvernement a un r&#244;le dans la promotion de la comp&#233;titivit&#233; du site industriel fran&#231;ais en d&#233;ployant plusieurs politiques :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1) une politique visant &#224; favoriser l'innovation et la transformation d'innovations en activit&#233;s &#233;conomiques rentables. Cela passe par une politique de R&amp;D, une collaboration public-priv&#233;, des politiques financi&#232;res et fiscales pour l'essaimage, la cr&#233;ation et le d&#233;veloppement d'entreprises innovantes, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2) Le gouvernement, et si possible les gouvernements europ&#233;ens, ont &#233;galement une responsabilit&#233; pour le d&#233;veloppement de grandes plates-formes technologiques dans des secteurs o&#249; l'investissement se r&#233;cup&#232;re &#224; tr&#232;s long terme. Je pense &#224; des secteurs comme l'&#233;nergie, le spatial, les technologies duales, les questions d'environnement, de sant&#233;. Dans tous ces secteurs, un r&#244;le d'incitation de la puissance publique est assur&#233;ment souhaitable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3) Les autorit&#233;s publiques locales doivent cr&#233;er les conditions de l'&#233;mergence de p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, ils doivent favoriser la mise en relation de financements publics et priv&#233;s d'universit&#233;s, de centres de recherche et d'entreprises locales autour de projets de d&#233;veloppement. De ce point de vue, la politique des p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; &#233;tait une bonne id&#233;e. Il faudra simplement passer probablement de 70 p&#244;les &#224; une dizaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4) Les pouvoirs publics ont une responsabilit&#233; g&#233;n&#233;rale pour le d&#233;veloppement des activit&#233;s industrielles. Ils doivent donc veiller &#224; mettre en &#339;uvre des politiques fiscales et r&#233;glementaires incitatives. Si l'on veut par exemple que les usines de panneaux solaires ou d'&#233;oliennes se localisent sur des territoires europ&#233;ens, il faut avoir des dispositifs financiers et fiscaux ad&#233;quats. Car d'autres pays les ont.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5) Enfin, si l'on consid&#232;re qu'il y a une responsabilit&#233; particuli&#232;re pour d&#233;velopper ces fameuses PME innovantes et exportatrices, alors, il faut mettre en &#339;uvre des politiques sp&#233;cifiquement d&#233;di&#233;es aux PME, pour les aider &#224; na&#238;tre, &#224; cro&#238;tre et &#224; se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; On &#233;voque depuis trente ans l'importation en France du mod&#232;le de la &#034;small business administration&#034; am&#233;ricaine. Des premiers pas ont &#233;t&#233; faits, il faut y aller maintenant plus franchement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Freddie :&lt;/strong&gt; Nicolas Sarkozy a &#034;propos&#233;&#034; jeudi la cr&#233;ation d'un &#034;fonds national pour la r&#233;industrialisation&#034; des zones en reconversion, &#224; l'occasion d'une visite sur le site de l'ex-usine Metaleurop Nord &#224; Noyelles-Godault. Qu'en pensez-vous ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; Je ne sais pas exactement ce qu'est un fonds de r&#233;industrialisation. Je connais des fonds, notamment le fonds europ&#233;en, qui g&#232;re les effets de la mondialisation et qui aide les sites industriels qui ont perdu une activit&#233; industrielle &#224; se reconvertir. C'est un type de politique. On peut imaginer qu'une politique d'am&#233;nagement du territoire vise &#224; favoriser la localisation d'activit&#233;s dans certaines zones d&#233;prim&#233;es, &#224; travers des avantages fiscaux. On se souvient notamment de la politique des zones franches. On peut &#233;galement concevoir un syst&#232;me qui abaisse les co&#251;ts de l'investissement pour une entreprise, avec des cadeaux fiscaux faits &#224; l'investisseur, notamment en mati&#232;re de taxe professionnelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tous ces dispositifs ne peuvent pas faire na&#238;tre une activit&#233; industrielle s'il n'y a pas un entrepreneur, avec un projet solide, avec des d&#233;bouch&#233;s et avec des financements. L'Etat ne peut pas se substituer &#224; l'entrepreneur industriel. Il peut tout au plus cr&#233;er un environnement favorable &#224; l'investissement et all&#233;ger le co&#251;t fiscal et social de l'investissement initial.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dacharry Olivier :&lt;/strong&gt; Arrive-t-on &#224; la fin de la soci&#233;t&#233; industrielle en France, et allons-nous passer &#224; une &#233;conomie bas&#233;e sur le secteur tertiaire, voire financier comme en Angleterre ? Faut-il dans ce cas s'inqui&#233;ter du recul de l'industrie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen :&lt;/strong&gt; La r&#233;ponse est non. Aujourd'hui, alors m&#234;me que je viens de parler longuement de d&#233;sindustrialisation, on constate que plus de 70 % des exportations sont des exportations de biens industriels, 90 % de l'effort de R&amp;D portent sur des activit&#233;s de type industriel. Et de plus, les r&#233;gions &#233;conomiques qui croissent le plus vite, et en termes de valeur ajout&#233;e et en termes d'emploi, sont des r&#233;gions industrielles. Par ailleurs, un certain nombre d'&#233;conomistes contestent l'id&#233;e m&#234;me de d&#233;sindustrialisation puisqu'ils attribuent la baisse d'effectif industriel &#224; des strat&#233;gies d'externalisation dont la contrepartie se retrouve dans la croissance des effectifs du secteur des services aux entreprises. En d'autres termes, si l'on agr&#232;ge activit&#233; industrielle et service aux entreprises, on ne constate gu&#232;re de d&#233;clin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle conclusion en tirer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie est une activit&#233; structurante, son d&#233;veloppement ne se mesure pas simplement dans les statistiques d'activit&#233;s manufacturi&#232;res. Les services aux entreprises font partie de ce d&#233;veloppement. L'activit&#233; industrielle reste d&#233;cisive en mati&#232;re de commerce ext&#233;rieur et de R&amp;D. En m&#234;me temps, on peut dire que l'industrie se d&#233;mat&#233;rialise chaque jour davantage. Il y a 95 % d'activit&#233; immat&#233;rielle dans un composant &#233;lectronique, qui est pourtant un produit industriel. La vraie recette du succ&#232;s, c'est la combinaison de recherche intensive, de d&#233;veloppement, d'innovation, de cr&#233;ation, de marques, autant d'&#233;l&#233;ments immat&#233;riels qui font la vraie valeur de l'activit&#233; industrielle mat&#233;rielle. Il n'y a pas de d&#233;veloppement autonome de services sur fond de d&#233;sindustrialisation int&#233;grale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie a encore un bel avenir, surtout si l'on sait y d&#233;velopper la part d'immat&#233;riel, aujourd'hui d&#233;cisive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chat mod&#233;r&#233; par Edouard Pflimlin&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lemonde.fr/archives/article/2008/02/21/elie-cohen-economiste-apres-la-periode-1978-1985-nous-assistons-a-une-deuxieme-vague-de-desindustrialisation-en-france-depuis-2002_1014288_0.html" class="spip_out"&gt;lemonde.fr&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>L'erreur industrielle de Nicolas Sarkozy</title>
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		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

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&lt;p&gt;Affirmant sa volont&#233; de sauver l'usine de Gandrange en s'appuyant sur le pr&#233;c&#233;dent d'Alstom, Nicolas Sarkozy veut une fois de plus montrer que le volontarisme &#233;tatique n'est pas un vain mot. Mais si le parall&#232;le peut frapper les esprits il reste illusoire tant les situations sont diff&#233;rentes. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique fait fausse route. &lt;br class='autobr' /&gt;
La tentation est grande de traiter par la d&#233;rision ce fait d'armes, tant les d&#233;mentis de Bercy et Matignon furent rapides et tant les situations entre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Affirmant sa volont&#233; de sauver l'usine de Gandrange en s'appuyant sur le pr&#233;c&#233;dent d'Alstom, Nicolas Sarkozy veut une fois de plus montrer que le volontarisme &#233;tatique n'est pas un vain mot. Mais si le parall&#232;le peut frapper les esprits il reste illusoire tant les situations sont diff&#233;rentes. Le pr&#233;sident de la R&#233;publique fait fausse route.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation est grande de traiter par la d&#233;rision ce fait d'armes, tant les d&#233;mentis de Bercy et Matignon furent rapides et tant les situations entre l'usine de Gandrange et l'entreprise Alstom sont dissemblables. Mais comme il s'agit du sort de 600 salari&#233;s d'une r&#233;gion d&#233;vast&#233;e par 25 ans de restructurations industrielles continues, on ne peut balayer d'un revers de la main une tentative industrielle m&#234;me si elle s'apparente &#224; une op&#233;ration de communication politique mont&#233;e &#224; la h&#226;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; Nicolas Sarkozy, prenant le relais de Francis Mer, va plaider &#224; Bruxelles la cause d'une prise de participation publique dans le capital d'Alstom, l'entreprise est au bord de la faillite. S&#233;par&#233;e depuis peu d'Alcatel, sous-capitalis&#233;e, ses finances ont &#233;t&#233; &#233;prouv&#233;es par l'acquisition d'une activit&#233; turbines aupr&#232;s d'ABB. Ses r&#233;sultats sont de plus d&#233;grad&#233;s par des pertes d'envergure sur des contrats transports et &#233;nergie. Mais l'entreprise a de forts atouts technologiques et industriels dans les transports (TGV) dans l'&#233;nergie (1/3 du march&#233; mondial des centrales au charbon). Elle intervient de surcro&#238;t sur un march&#233; en pleine expansion du fait des besoins d'&#233;quipement des pays &#233;mergents et du renouvellement du parc vieillissant des pays d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Patrick Kron qui vient d'arriver &#224; la t&#234;te de l'entreprise tente en vain de se rapprocher d'Areva puis de Siemens. La situation s'aggravant, Alstom se tourne vers l'Etat qui accepte de participer &#224; la recapitalisation de l'entreprise et &#224; contre-garantir des engagements bancaires. Bruxelles, pour prix de son accord &#224; cette aide publique, met trois conditions : la cession d'activit&#233;s p&#233;riph&#233;riques du groupe, la limitation de la participation de l'Etat et son caract&#232;re provisoire. 18 mois apr&#232;s le sauvetage, l'entreprise est redress&#233;e, l'Etat c&#232;de &#224; Bouygues sa participation et l'entreprise devient une vedette de la Bourse de Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'affaire de l'usine de Gandrange, il est difficile d'imaginer situation plus dissemblable, sauf &#224; consid&#233;rer qu'il s'agit dans les deux cas d'industrie, d'ouvriers et d'intervention ponctuelle de l'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gandrange n'est pas une entreprise comme Alstom. C'est un site de production appartenant &#224; un groupe multinational Arcelor Mittal. Ce groupe, rappelons-le, est n&#233; d'une fusion entre Mittal et Arcelor, cons&#233;cutive &#224; une OPA hostile lanc&#233;e par Lakshmi Mittal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arcelor Mittal n'est pas un groupe en difficult&#233;, c'est le premier groupe sid&#233;rurgique mondial, le seul &#224; &#234;tre pr&#233;sent sur tous les grands march&#233;s mondiaux, le seul &#224; &#234;tre int&#233;gr&#233; de la mine de fer aux aciers les plus sp&#233;ciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arcelor Mittal, qui affiche 8 milliards d'euro de b&#233;n&#233;fices en 2007, ne r&#233;clame aucune aide &#224; l'Etat fran&#231;ais. L'op&#233;ration Gandrange est pour Arcelor-Mittal une op&#233;ration classique de rationalisation de l'outil de production europ&#233;en : des moyens de production sont rassembl&#233;s sur un site bien &#233;quip&#233; afin d'&#233;viter des duplications d'investissement. Sauf &#224; imaginer que Lakshmi Mittal revienne sur ses plans et d&#233;cide par exemple de filialiser l'entit&#233; concern&#233;e ou de c&#233;der le site de Gandrange &#224; un de ses concurrents, l'Etat ne peut rigoureusement rien faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Gandrange &#233;tait effectivement c&#233;d&#233;e &#224; un nouveau groupe, faudrait-il pour autant que l'Etat Fran&#231;ais subventionne le nouvel op&#233;rateur ? Nicolas Sarkozy r&#233;pond positivement car il pr&#233;f&#232;re, dit-il, aider les gens &#224; travailler &#224; l'usine plut&#244;t que de les indemniser comme ch&#244;meurs. Il feint simplement d'oublier qu'une telle aide devrait &#234;tre approuv&#233;e par les autorit&#233;s europ&#233;ennes de la concurrence. Pour d&#233;sarmer les oppositions, Matignon et Bercy ont d&#233;menti le projet de subvention en ajoutant que le caract&#232;re strat&#233;gique de l'usine pouvait motiver l'aide publique &#224; un &#233;ventuel repreneur. On reste pantois devant tant de l&#233;g&#232;ret&#233; &#224; l'&#233;gard des engagements pris dans le cadre communautaire et de superficialit&#233; quant &#224; la d&#233;finition des activit&#233;s strat&#233;giques.&lt;br class='autobr' /&gt;
Depuis quatre ans, nous perdons en moyenne 80 000 emplois industriels par an. La d&#233;sindustrialisation de la France a repris apr&#232;s le plateau observ&#233; pendant les ann&#233;es 1990. On peut consid&#233;rer qu'il faut infl&#233;chir le processus notamment parce que l'industrie reste une activit&#233;-cl&#233; pour le commerce ext&#233;rieur, la R&amp;D, ou pour ses effets d'entra&#238;nement sur les services. Mais cela requiert &#224; tout le moins une r&#233;flexion et une action sur la dur&#233;e et certainement pas une pratique de pompier volant intervenant ponctuellement sur les sites en difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En attendant que cet effort de r&#233;flexion sur la nouvelle strat&#233;gie industrielle soit men&#233;, faut-il consid&#233;rer que la production de billettes &#224; Gandrange est une activit&#233; strat&#233;gique dont l'Etat doit pr&#233;server &#224; tout prix la localisation sur le territoire national ? Certainement pas ! S'il en fallait une preuve, il suffirait de rappeler que cette usine avait &#233;t&#233; vendue par Arcelor &#224; Mittal du temps o&#249; les deux entreprises &#233;taient ind&#233;pendantes et en concurrence, au motif qu'il s'agissait de productions banalis&#233;es dont Arcelor entendait se d&#233;faire pour se concentrer sur les aciers sp&#233;ciaux &#224; fort contenu technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut certes d&#233;plorer qu'&#224; l'occasion de la fusion Arcelor-Mittal, l'Etat n'ait pas obtenu de Lakshmi Mittal des garanties quant &#224; la p&#233;rennisation d'activit&#233;s, de sites et d'emplois sur le territoire national, ce que d'autres gouvernements ou r&#233;gions ont obtenu. Mais c'est ainsi : le gouvernement fran&#231;ais a pr&#233;f&#233;r&#233; barrer la route &#224; Mittal et il a &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nicolas Sarkozy est intarissable sur le retour de la volont&#233; en politique, il ne craint pas de d&#233;fier les conservateurs qui ont la religion de la concurrence et qui ne se soucient gu&#232;re des travailleurs victimes des restructurations. Mais en jetant par dessus bord les quotas de p&#234;che quand il visite les marins p&#234;cheurs et les r&#232;gles &#233;l&#233;mentaires de la gestion industrielle quand il visite les sid&#233;rurgistes, il fait fausse route.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.telos-eu.com" class="spip_out"&gt;Telos&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mardi Soci&#233;t&#233; : A propos de... La m&#233;canique orange</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Mardi-Societe-A-propos-de-La-mecanique-orange.html</link>
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		<dc:date>2008-02-05T15:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Telecom</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>Nouvelles technologies</dc:subject>
		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;gulation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La journaliste Carole Gaessler re&#231;oit l'&#233;conomiste Elie Cohen. Ensemble, il commente l'&#233;volution du groupe France Telecom depuis le CNET jusqu'&#224; la marque Orange. &lt;br class='autobr' /&gt;
France 5, le 05 f&#233;vrier 2008&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La journaliste Carole Gaessler re&#231;oit l'&#233;conomiste Elie Cohen. Ensemble, il commente l'&#233;volution du groupe France Telecom depuis le CNET jusqu'&#224; la marque Orange. &lt;br class='autobr' /&gt;
France 5, le 05 f&#233;vrier 2008&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;object width=&#034;425&#034; height=&#034;355&#034;&gt;&lt;param name=&#034;movie&#034; value=&#034;http://www.youtube.com/v/37wY66DCXpo&amp;rel=1&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&#034;wmode&#034; value=&#034;transparent&#034;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&#034;http://www.youtube.com/v/37wY66DCXpo&amp;rel=1&#034; type=&#034;application/x-shockwave-flash&#034; wmode=&#034;transparent&#034; width=&#034;425&#034; height=&#034;355&#034;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/" class="spip_out"&gt;France 5&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Industrial Policies in France : the Old and the New</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Industrial-Policies-in-France-the-Old-and-the-New.html</link>
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		<dc:date>2007-12-01T14:25:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Industrial policy is mainly sector based in France, moulding industrial specialization and often promoting &#034;grand projects.&#034; It intended to make use of economies of scale, specifically in technologically sophisticated sectors and has been labelled as High Tech Colbertism.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Journal of industry, competition and trade&lt;/i&gt;, Volume 7, N&#176;3-4, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://elie-cohen.eu/IMG/pdf/Industrial_Policies_in_France.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 203.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772969524' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Abstract :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Industrial policy is mainly sector based in France, moulding industrial specialization and often promoting &#034;grand projects.&#034; It intended to make use of economies of scale, specifically in technologically sophisticated sectors and has been labelled as High Tech Colbertism. The European unification and the Single Market Programme has to some extent converted European industrial policy to the horizontal approach, banning sectoral activities, promoting framework policies, and a sound macro economic policy. The Lisbon strategy then designed a new agenda for growth which acknowledged a gap in competitiveness relative to the USA. In France new initiatives were launched in the past decade, which to some extent are echoing the French type of industrial policy. Regional cluster programs (&#034;poles de competitivit&#233;&#034;) were introduced, an industrial innovation agency and a national research agency were founded and the Oseo program promotes small and medium firms. The history, preconditions and chances of the new initiatives are analysed.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="tp://www.springer.com/economics/industrial+organization/journal/10842" class="spip_out"&gt;Springer&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mondialisation : les atouts de la France</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Mondialisation-les-atouts-de-la-France.html</link>
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		<dc:date>2007-08-24T14:27:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Rapport du C.A.E avec Philippe Aghion, Patrick Artus, Daniel Cohen, Lionel Fontagn&#233;, Thierry Madi&#232;s et Thierry Verdier, 2007.&lt;/p&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rapport du C.A.E avec Philippe Aghion, Patrick Artus, Daniel Cohen, Lionel Fontagn&#233;, Thierry Madi&#232;s et Thierry Verdier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ladocumentationfrancaise.fr/catalogue/9782110068576/index.shtml&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acheter ce livre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France dispose-t-elle d'atouts dans la mondialisation et si oui, comment les valoriser ? C'est &#224; cette question que r&#233;pondent les diff&#233;rentes contributions individuelles rassembl&#233;es dans ce rapport. Plusieurs lignes de force apparaissent, qui conjuguent diagnostics et recommandations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; cet &#233;gard, Patrick Artus analyse les forces et les faiblesses de la sp&#233;cialisation internationale de la France, par comparaison avec nos principaux partenaires et concurrents. Des efforts particuliers doivent &#234;tre faits dans certains domaines pour am&#233;liorer la comp&#233;titivit&#233; de notre pays : &#233;ducation sup&#233;rieure, R&amp;D, innovation. Philippe Aghion et &#201;lie Cohen proposent de combiner des politiques transversales et des politiques colbertistes traditionnelles. Les premi&#232;res, de type top-down, sont orient&#233;es vers une meilleure utilisation de nos ressources ; les secondes, de type bottom-up, se justifient dans les activit&#233;s o&#249; les co&#251;ts fixes sont importants et dans les secteurs strat&#233;giques o&#249; notre pays doit se rapprocher de la fronti&#232;re technologique, sans que cela porte atteinte &#224; la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;lie Cohen et Thierry Madi&#232;s soulignent la pertinence de la politique des p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; et sugg&#232;rent des pistes d'am&#233;lioration. L'apport de Daniel Cohen et Thierry Verdier concerne plus particuli&#232;rement les secteurs culturels, la pharmacie et l'informatique, secteurs soumis &#224; une mondialisation immat&#233;rielle notamment domin&#233;e par les &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.cae.gouv.fr/" class="spip_out"&gt;C.A.E&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>C dans l'air : EDF, concurrence et mode d'emploi</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/C-dans-l-air-EDF-concurrence-et-mode-d-emploi.html</link>
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		<dc:date>2007-06-28T19:37:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Champions nationaux</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Commission de r&#233;gulation de l'&#233;nergie</dc:subject>
		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>
		<dc:subject>Int&#233;gration europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Voir la vid&#233;o &lt;br class='autobr' /&gt;
A la veille de l'ouverture &#224; la concurrence des march&#233;s de l'&#233;lectricit&#233; et du gaz pour les particuliers, pr&#233;vue pour le 1er juillet 2007, personne ne semble croire au &#034;grand soir de l'&#233;nergie&#034;. Cette mesure pourrait pourtant tout bouleverser dans un secteur o&#249; Electricit&#233; De France (EDF), avec ses 25 millions d'abonn&#233;s, et Gaz De France (GDF), et ses quelques 10 millions de clients, r&#232;gnent en ma&#238;tres depuis la loi de nationalisation des industries &#233;lectriques et gazi&#232;res de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.france5.fr/STATIC/video/index-fr.php?titre=C'est%20dans%20l'air%20en%20vid%E9o&amp;url=mms://a533.v55778.c5577.e.vm.akamaistream.net/7/533/5577/42c40fe4/lacinq.download.akamai.com/5577/internet/cdanslair/cdanslair_20070629.wmv&amp;section=programmes_cdanslair&amp;rubrique=video&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Voir la vid&#233;o&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la veille de l'ouverture &#224; la concurrence des march&#233;s de l'&#233;lectricit&#233; et du gaz pour les particuliers, pr&#233;vue pour le 1er juillet 2007, personne ne semble croire au &#034;grand soir de l'&#233;nergie&#034;. Cette mesure pourrait pourtant tout bouleverser dans un secteur o&#249; Electricit&#233; De France (EDF), avec ses 25 millions d'abonn&#233;s, et Gaz De France (GDF), et ses quelques 10 millions de clients, r&#232;gnent en ma&#238;tres depuis la loi de nationalisation des industries &#233;lectriques et gazi&#232;res de 1946.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;Si le march&#233; se lib&#233;ralise, le processus sera progressif&#034;, analysent les experts. Et ceci en raison du nombre r&#233;duit de concurrents, de l'opposition des associations de consommateurs, du poids des deux op&#233;rateurs historiques et du maintien des tarifs fix&#233;s par l'Etat au seul profit d'EDF, pour l'&#233;lectricit&#233;, et de GDF, pour le gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si &#224; compter du 1er juillet, le choix du fournisseur sera limit&#233; &#224; moins de dix op&#233;rateurs, ce qui est plus ouvert que pour le t&#233;l&#233;phone fixe, la Commission de R&#233;gulation de l'Energie (CRE) indique que seuls EDF, GDF et Poweo feront des offres &#034;duales&#034; gaz et &#233;lectricit&#233;. Altergaz ne fera que du gaz, et Electrabel (Suez), Direct Energie, Alterna, Proxelia, GEG Source d'Energies et Enercoop que de l'&#233;lectricit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En th&#233;orie, le but de cette ouverture au march&#233; europ&#233;en est de multiplier les offres pour faire baisser les prix, car jusqu'&#224; pr&#233;sent, ils sont &#034;r&#233;gul&#233;s&#034;, c'est-&#224;-dire encadr&#233;s par l'Etat, en France. Et tous s'emploient &#224; rassurer des clients rendus inquiets par la hausse des tarifs de l'&#233;nergie et par l'interdiction de revenir aux tarifs r&#233;gul&#233;s s'ils ont fait le choix de la libert&#233; des tarifs. Dans la pratique pourtant, il mieux vaut &#233;tudier son nouveau contrat avec prudence, sous peine de ne plus pouvoir faire marche arri&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
EDF, qui b&#233;n&#233;ficie de ces tarifs r&#233;glement&#233;s, fera aussi une offre &#034;de 10 % &#224; 12 % sup&#233;rieure au tarif&#034; aux clients qui n'auront plus droit au tarif administr&#233; apr&#232;s avoir emm&#233;nag&#233; dans un logement o&#249; le locataire ou le propri&#233;taire pr&#233;c&#233;dent avait choisi le prix du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;GDF, qui veut co&#251;te que co&#251;te garder ses clients se chauffant au gaz, a annonc&#233;, le 22 juin, qu'il garantira &#034;des prix fixes&#034; de l'&#233;lectricit&#233; et du gaz pendant un, deux, voire trois ans. Pour l'&#233;lectricit&#233;, le prix correspondra au tarif r&#233;glement&#233; actuel ; pour le gaz, il sera sup&#233;rieur d'environ 3 %, ce qui porterait une facture annuelle moyenne de 700 euros &#224; 724 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Poweo, il se fait fort de &#034;garantir des prix toujours inf&#233;rieurs aux tarifs r&#233;glement&#233;s&#034;, a soulign&#233; son pr&#233;sident, Charles Beigbeder. Le profil de consommation d&#233;fini, l'op&#233;rateur ind&#233;pendant proposera un forfait annuel simple ou mixte (gaz/&#233;lectricit&#233;). &#034;L'&#233;nergie non consomm&#233;e en fin d'ann&#233;e sera rembours&#233;e, et le surplus de consommation factur&#233; au tarif r&#233;glement&#233;. Au total, nos tarifs seront de 5 % &#224; 10 % inf&#233;rieurs &#224; ceux d'EDF et de GDF.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vigilantes, les associations continuent &#224; multiplier les mises en garde aupr&#232;s des consommateurs sur la libert&#233; tarifaire. Car, expliquent-elles, si vous souscrivez &#224; l'offre d'un nouvel op&#233;rateur, vous b&#233;n&#233;ficierez de ses prix libres, qu'ils soient plus ou moins &#233;lev&#233;s, sans pouvoir b&#233;n&#233;ficier &#224; nouveau des tarifs &#034;r&#233;gul&#233;s&#034; par l'Etat.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le march&#233; ne sera vraiment lib&#233;ralis&#233; qu'avec la suppression des tarifs r&#233;gul&#233;s, jugent la CRE et la Commission europ&#233;enne. &#034;Les pressions de Bruxelles vont s'accentuer en ce sens dans les prochains mois.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marcel Boiteux, pr&#233;sident d'honneur d'EDF, r&#233;sume une situation contradictoire, selon lui, qui &#233;branle la th&#233;orie lib&#233;rale sur les vertus de la d&#233;r&#233;gulation. &#034;Il ne s'agit donc plus d'ouvrir la concurrence pour faire baisser les prix, mais d'&#233;lever les prix pour permettre la concurrence.&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Invit&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Elie Cohen &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Marie-Jeanne Husset
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Patrick Behm
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Maurice Marion&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.france5.fr/cdanslair" class="spip_out"&gt;C dans l'air&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La tentation hexagonale : d&#233;localisations et nouvelle politique industrielle</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/La-tentation-hexagonale-delocalisations-et-nouvelle-politique-industrielle.html</link>
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		<dc:date>2007-05-21T19:07:29Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lites politiques fran&#231;aises n'ont gu&#232;re la religion du march&#233;, du libre-&#233;change, la d&#233;nonciation du lib&#233;ralisme, est une pratique courante. L'actuel Pr&#233;sident de la R&#233;publique, J.Chirac, se plait m&#234;me &#224; faire un parall&#232;le entre les ravages du communisme et du capitalisme. Par ailleurs sondage apr&#232;s sondage l'image d'une France eurosceptique, altermondialiste, anti-capitaliste se d&#233;gage. De plus l'id&#233;ologie libre-&#233;changiste a perdu de sa force intimidatrice depuis que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_64 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://elie-cohen.eu/IMG/pdf/DelocCEPIIDraft2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 195.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772969524' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites politiques fran&#231;aises n'ont gu&#232;re la religion du march&#233;, du libre-&#233;change, la d&#233;nonciation du lib&#233;ralisme, est une pratique courante. L'actuel Pr&#233;sident de la R&#233;publique, J.Chirac, se plait m&#234;me &#224; faire un parall&#232;le entre les ravages du communisme et du capitalisme. Par ailleurs sondage apr&#232;s sondage l'image d'une France eurosceptique, altermondialiste, anti-capitaliste se d&#233;gage. De plus l'id&#233;ologie libre-&#233;changiste a perdu de sa force intimidatrice depuis que la th&#233;orie des avantages comparatifs est publiquement d&#233;battue . Certes les Fran&#231;ais ne sont pas lecteurs de Paul Samuelson et ne soup&#231;onnent gu&#232;re que Jagdish Bhagwati continue &#224; d&#233;fendre des th&#232;ses strictement libre-&#233;changistes, mais leurs hommes politiques se parent d'arguments d'experts pour ass&#233;ner comme une &#233;vidence l'obsolescence de la th&#233;orie des &#171; avantages comparatifs &#187;. Enfin les Fran&#231;ais ont peur de la r&#233;forme. Les tentatives r&#233;centes de r&#233;forme du contrat de travail, de l'assurance maladie ou des retraites, le ch&#244;mage persistant et la crise sans fin du syst&#232;me de formation les ont ancr&#233; dans une vision pessimiste de l'avenir et les ont convaincus que toute r&#233;forme &#233;tait porteuse de r&#233;gression sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des hommes politiques de tous bords d&#233;noncent p&#232;le m&#234;le les ravages d'une ouverture &#233;conomique non contr&#244;l&#233;e, l'&#233;change in&#233;quitable, l'ang&#233;lisme des Fran&#231;ais et r&#233;clament une intervention vigoureuse de l'Etat . Gauche et droite proposent de sanctionner les patrons auteurs de licenciements boursiers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la question des &#171; d&#233;localisations &#187;, on assiste au dernier avatar de l'&#233;ternelle question de l'insertion de la France dans la division internationale du travail. La France a connu par le pass&#233; de telles p&#233;riodes d'interrogation grave sur sa comp&#233;titivit&#233;, les b&#233;n&#233;fices de son insertion dans une &#233;conomie internationale ouverte, la pr&#233;servation de son mod&#232;le national de d&#233;veloppement. Ses hommes politiques de gauche ou de droite ont exprim&#233; leur malaise face &#224; l'int&#233;gration europ&#233;enne et &#224; la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le cas en 1992-93 quand la perspective du march&#233; unique faisait craindre une invasion automobile japonaise et d&#233;j&#224; les ravages industriels d'un Mark fort. Ce fut le cas aussi en 1982 quand le mod&#232;le politique fran&#231;ais paraissait buter sur la contrainte ext&#233;rieure et quand les politiques furent tent&#233;s par la solution du repli national et l'&#233;xp&#233;rience d'une politique industrielle volontariste. Ce fut le cas en 1969 quand la derni&#232;re &#233;tape de la constitution du march&#233; commun paraissait peu compatible avec l'&#233;tat de la France apr&#232;s les &#233;v&#232;nements de Mai 1968 qui s'&#233;taient sold&#233; en France par une tr&#232;s forte revalorisation des salaires ouvriers. Ce fut le cas enfin en 1959 quand le G&#233;neral de Gaulle h&#233;site un moment &#224; diff&#233;rer les premi&#232;res mesures d'int&#233;gration pr&#233;vues par le Trait&#233; de Rome&lt;br class='autobr' /&gt;
A chaque fois du constat d'une faiblesse transitoire na&#238;t un d&#233;bat sur la difficult&#233; de la France &#224; jouer pleinement le jeu de l'&#233;conomie ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation du repli est fr&#233;quente et des mesures sont esquiss&#233;es dans le sens de la protection : faut-il rappeler ici les magn&#233;toscopes japonais d&#233;douan&#233;s &#224; Poitiers en 1982, ou la lutte contre les transplants automobiles japonais en 1992. Ces tentations, ces mesures ont un caract&#232;re bipartisan. La Droite s'est illustr&#233;e en particulier avec le Rapport Arthuis en 1993 en tra&#231;ant un tableau noir des effets de la lib&#233;ralisation commerciale. Le m&#234;me s&#233;nateur Arthuis se fait aujourd'hui le h&#233;raut de la TVA sociale comme arme de taxation des importations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant les &#233;lites politiques fran&#231;aises ont chaque fois r&#233;sist&#233; &#224; la tentation protectionniste. Gr&#226;ce &#224; l'Europe, le choix fait fut celui de la sortie par le haut. Apr&#232;s 1993 il y aura l'Euro, la forte croissance de 1997-2000. Apr&#232;s 1982 il y aura la relance europ&#233;enne la d&#233;sinflation comp&#233;titive et la lib&#233;ralisation -privatisation. Apr&#232;s 69 il y aura l'&#232;re Pompidou, l'imp&#233;ratif de la comp&#233;titivit&#233; et l'&#233;mergence des champions nationaux. Apr&#232;s 1959 il y aura l'imp&#233;ratif industriel et les grands programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors si l'on souhaite appr&#233;cier les risques d'une d&#233;rive protectionniste et en &#233;valuer les alternatives trois questions doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es. Avec les d&#233;localisations franchit-on un seuil d'irr&#233;versibilit&#233; dans le d&#233;clin industriel du pays justifiant un nouveau cours politique. ? Les discours de la gauche et de la droite s'inscrivent-ils dans des id&#233;ologies polaris&#233;es ou illustrent-ils une forme d'id&#233;ologie nationale. ? Enfin les solutions pratiques concr&#232;tement envisag&#233;es par les deux camps illustrent-elles une offre politique contrast&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le CIRI ou l'ing&#233;nierie sociale du d&#233;clin industriel</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Le-CIRI-ou-l-ingenierie-sociale-du-declin-industriel.html</link>
		<guid isPermaLink="true">https://elie-cohen.eu/Le-CIRI-ou-l-ingenierie-sociale-du-declin-industriel.html</guid>
		<dc:date>2007-05-21T19:02:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
De 1974 &#224; 1984 La France conna&#238;t un choc industriel majeur : les crises &#233;nerg&#233;tiques et mon&#233;taires, l'&#233;puisement d'une dynamique de rattrapage, des structures financi&#232;res fragiles vont contribuer &#224; un d&#233;clin acc&#233;l&#233;r&#233; de l'industrie. L'Etat fran&#231;ais qui depuis la Lib&#233;ration a fait de la politique industrielle un des outils majeurs de la Reconstruction puis de l'Expansion intervient alors massivement dans les restructurations et les reconversions industrielles. Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_63 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://elie-cohen.eu/IMG/pdf/Creusot3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 320.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772969524' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1974 &#224; 1984 La France conna&#238;t un choc industriel majeur : les crises &#233;nerg&#233;tiques et mon&#233;taires, l'&#233;puisement d'une dynamique de rattrapage, des structures financi&#232;res fragiles vont contribuer &#224; un d&#233;clin acc&#233;l&#233;r&#233; de l'industrie. L'Etat fran&#231;ais qui depuis la Lib&#233;ration a fait de la politique industrielle un des outils majeurs de la Reconstruction puis de l'Expansion intervient alors massivement dans les restructurations et les reconversions industrielles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les secteurs o&#249; il est l'actionnaire notamment depuis 1981, les rationalisations seront le fait de l'Etat actionnaire. Dans les entreprises priv&#233;es mais en difficult&#233;, l'Etat se dote d'un outil sp&#233;cifique le CIASI-CIRI qui va agir avec une redoutable efficacit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En quelques ann&#233;es, L'Etat a su faire dispara&#238;tre des poids lourds de l'Industrie comme Boussac, Creusot Loire ou Normed, des champions nationaux n'ont gu&#232;re &#233;chapp&#233; &#224; la sanction du march&#233; m&#234;me si chacune de ses disparitions a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de plans qui entendaient &#034;faire d'une faiblesse, une force&#034;, &#034;reconqu&#233;rir le march&#233; int&#233;rieur&#034;, et acqu&#233;rir des positions d&#233;cisives sur les &#034;nouveaux march&#233;s&#034;. L'Etat a aussi su faire dispara&#238;tre des pans entiers de la m&#233;canique, de l'industrie du bois, de la machine-outil des machines sp&#233;cialis&#233;es ... Il a accompagn&#233; le d&#233;clin voire la disparition d'entreprises &#224; forte visibilit&#233; sociale (les ARCT, Manufrance), des coop&#233;ratives ouvri&#232;res (Les AOIP), des mono entreprises locales, sans drames, et souvent avec un accord large des parties.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objet de la communication sera de montrer comment un outil particulier, le CIRI, a permis en apparence de r&#233;gler de mani&#232;re efficace des probl&#232;mes de financement, de reprise, de rationalisation industrielle et en r&#233;alit&#233; de g&#233;rer sans drames sociaux la premi&#232;re grande vague de d&#233;sindustrialisation que la France a connue. Le CIRI en effet emprunte au mod&#232;le de l'Administration de Mission, il n'a cess&#233; de bousculer l'ensemble des appareils d'Etat et du syst&#232;me bancaire et financier pour g&#233;rer la transition d'une &#233;conomie domin&#233;e par l'industrie &#224; une &#233;conomie qui cherche ses nouvelles sp&#233;cialisations. Le moment CIRI est celui o&#249; l'activisme des pouvoirs publics est &#224; son acm&#233;, il annonce la grande transformation de l'&#233;conomie fran&#231;aise et du capital national. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; nous vivons &#224; nouveau une phase d'acc&#233;l&#233;ration de la d&#233;sindustrialisation et alors que les hommes politiques de tout bord sont obs&#233;d&#233;s par les d&#233;localisations et en qu&#234;te de solutions nouvelles, l'exp&#233;rience de 74-84 m&#233;rite d'&#234;tre revisit&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Que reste-t-il des politiques industrielles ?</title>
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		<dc:date>2007-05-21T18:53:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis 1945, le d&#233;bat sur les politiques industrielles a &#233;t&#233; particuli&#232;rement intense en trois occasions majeures. Une premi&#232;re fois sous le g&#233;n&#233;ral de Gaulle lorsque deux modalit&#233;s particuli&#232;res de la reconstruction et du rattrapage des Etats Unis par l'Europe ont &#233;t&#233; mises en oeuvre l'une tir&#233;e par le march&#233; et r&#233;gul&#233;e par le compromis social institutionnel en Allemagne, l'autre pouss&#233;e par l'Etat, la finance administr&#233;e et les entreprises publiques en France. Ce premier d&#233;bat va perdre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1945, le d&#233;bat sur les politiques industrielles a &#233;t&#233; particuli&#232;rement intense en trois occasions majeures. Une premi&#232;re fois sous le g&#233;n&#233;ral de Gaulle lorsque deux modalit&#233;s particuli&#232;res de la reconstruction et du rattrapage des Etats Unis par l'Europe ont &#233;t&#233; mises en oeuvre l'une tir&#233;e par le march&#233; et r&#233;gul&#233;e par le compromis social institutionnel en Allemagne, l'autre pouss&#233;e par l'Etat, la finance administr&#233;e et les entreprises publiques en France. Ce premier d&#233;bat va perdre de son acuit&#233; avec la fin des 30 glorieuses et les chocs des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;mergence du Japon comme super-puissance manufacturi&#232;re au d&#233;but des ann&#233;es 80 le d&#233;bat sur les politiques industrielles va conna&#238;tre une nouvelle faveur tant aux Etats Unis qu'en Europe. En mettant en cause les avantages indus que procuraient au Japon une politique volontariste de conqu&#234;te des march&#233;s ext&#233;rieurs et une politique de fermeture r&#233;glementaire, financi&#232;re et commerciale du march&#233; int&#233;rieur -le tout organis&#233; par le Miti - Europ&#233;ens et Am&#233;ricains entendent &#224; la fois prot&#233;ger leurs entreprises en difficult&#233; par des accords de restriction volontaires d'exportations (ex : automobile) et promouvoir leurs industries de pointe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la cr&#233;ation en Europe du march&#233; unique et de l'Euro, la d&#233;cennie prodigieuse de croissance des Etats Unis, et l'effondrement japonais , la politique industrielle a paru dispara&#238;tre du paysage politique. Elle fait un retour marqu&#233; depuis quelques mois en r&#233;ponse aux premiers effets des d&#233;localisations et de la mont&#233;e en puissance de la Chine. A Bruxelles un int&#233;r&#234;t nouveau se manifeste, il tient au fait que les politiques d'environnement comp&#233;titif ne suffisent pas &#224; infl&#233;chir la sp&#233;cialisation europ&#233;enne vers les technologies, les m&#233;tiers et les services de la soci&#233;t&#233; de l'information. Si la notion refait surface d&#233;signe-t-elle bien les m&#234;mes r&#233;alit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tout effort d'&#233;valuation des politiques publiques industrielles, il y a donc un pr&#233;alable, celui de la d&#233;finition de la notion. En effet, si en France on r&#233;serve l'usage de la notion aux seules politiques sectorielles, celles qui ont pour effet de peser sur la sp&#233;cialisation. Ailleurs la notion est plus large puisqu'on m&#234;le, sous le m&#234;me label, des politiques verticales (sectorielles) et des politiques horizontales (commerciales, technologiques ou de concurrence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-Qu'est ce que la politique industrielle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie &#233;conomique r&#233;serve le concept de &#8220; politique industrielle &#8221;, &#224; l'action correctrice par l'&#201;tat des &#8220; faillites du march&#233; &#8221;. Elle r&#233;serve la notion de &#171; politique de concurrence &#187;, &#224; l'&#233;tablissement de r&#232;gles du jeu visant &#224; emp&#234;cher la formation de positions dominantes ou de pratiques discriminantes. Elle limite l'usage du terme &#171; de politique commerciale &#187;, &#224; la libre circulation des produits et des services et &#224; la r&#233;alisation d'un optimum des &#233;changes bas&#233; sur les avantages comparatifs relatifs. Elle restreint enfin l'usage de la notion de &#171; politique technologique &#187; &#224; la cr&#233;ation d'externalit&#233;s positives pour l'ensemble de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe de sp&#233;cificit&#233; est l&#233;gitime mais peu op&#233;ratoire en pratique. Une connaissance m&#234;me superficielle des politiques pour l'Industrie men&#233;e par tous les Gouvernements montre qu'il est fait indiff&#233;remment usage de tel ou tel instrument pour poursuivre un objectif de protection, de sp&#233;cialisation ou de promotion d'une industrie. Une d&#233;marche inductive privil&#233;giant les probl&#232;mes et leur mode de r&#233;solution pour caract&#233;riser la nature des politiques men&#233;es nous semble donc plus ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, par ses politiques macro-&#233;conomique et macro-sociale, ses politiques d'&#233;quipement, de d&#233;fense nationale, tout &#201;tat a une action indirecte sur le monde industriel. Il agit sur le cadre d'action des entreprises (action conjoncturelle, &#233;quipement et am&#233;nagement du territoire, politiques de formation et de recherche), sur leurs d&#233;bouch&#233;s (commandes publiques, politique de la concurrence, exportation et protection nationale, consommation des m&#233;nages), et sur leurs conditions de production (l&#233;gislation sociale et droit des soci&#233;t&#233;s, financement des entreprises, fiscalit&#233;, contr&#244;le de la concurrence et des prix ...). Pour la commodit&#233; du propos appelons ces actions indirectes : politiques d'environnement de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle stricto sensu est une politique sectorielle, elle vise &#224; promouvoir des secteurs qui, pour des raisons d'ind&#233;pendance nationale, d'autonomie technologique, de faillite de l'initiative priv&#233;e, de d&#233;clin d'activit&#233;s traditionnelles, d'&#233;quilibre territorial ou politique m&#233;ritent une intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les pays et les vari&#233;t&#233;s de capitalisme, la politique sectorielle, lorsqu'elle existe, est le fait de l'&#201;tat, de banques, d'investisseurs ou de collectivit&#233;s locales. C'est ainsi qu'aux &#201;tats-Unis le minist&#232;re de l'industrie et des hautes technologies est de fait le Minist&#232;re de la D&#233;fense. Au Japon l'Industrie a &#233;t&#233; prot&#233;g&#233;e gr&#226;ce &#224; la politique commerciale, certains secteurs ont &#233;t&#233; promus gr&#226;ce &#224; des financements, des allocations de devises et le soutien des grandes maisons de commerce. En Allemagne l'aide aux entreprises passe essentiellement par les lander dans le cadre de politiques technologiques, cependant que le sauvetage des entreprises en difficult&#233; a longtemps relev&#233; des grandes banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle a toujours eu un statut th&#233;orique controvers&#233;. Comme r&#233;ponse &#224; des &#171; market failures &#187; elle a &#233;t&#233; longtemps justifi&#233;e, mais son domaine d'application a toujours &#233;t&#233; soigneusement limit&#233;. L'Etat en effet ne devait promouvoir que des politiques horizontales, toute politique verticale r&#233;veillant le soup&#231;on d'un retour de la politique des champions nationaux. Or un constat a longtemps fait l'unanimit&#233; des analystes : l'Etat n'est ni &#233;quip&#233;, ni qualifi&#233;, ni en situation de &#171; choisir &#187; les entreprises, les technologies, les secteurs les plus porteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sans cesse renouvel&#233;e des d&#233;collages &#233;conomiques r&#233;ussis au Japon, en Asie de l'Est et au XIX&#232;me si&#232;cle en Allemagne ou aux Etats Unis aurait du valider l'argument de la protection de &#171; l'infant economy &#187; : c'est bien la protection des industries nationales &#233;mergentes, le soutien ouvert des gouvernements nationaux apport&#233; &#224; certains secteurs qui ont favoris&#233; les appareils industriels nationaux en formation. Mais l&#224; aussi toute une litt&#233;rature a promu l'id&#233;e que le d&#233;collage japonais, pour ne prendre que cet exemple, s'&#233;tait fait malgr&#233; l'intervention de l'Etat japonais et donc malgr&#233; les politiques industrielles d&#233;ploy&#233;es avec constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de nous les nouvelles th&#233;ories du d&#233;veloppement ou de la croissance endog&#232;ne mettent en exergue le r&#244;le de l'Etat dans la fourniture des infrastructures physiques, intellectuelles et institutionnelles pour le d&#233;veloppement &#233;conomique. Pr&#233;tendre avec les tenants du consensus de Washington, qu'il suffit qu'une &#233;conomie soit ouverte pour d&#233;coller c'est m&#233;conna&#238;tre les le&#231;ons de l'histoire. Comme le dit avec malice Joseph Stiglitz, si la Cor&#233;e avait suivi les pr&#233;ceptes de la th&#233;orie de l'avantage comparatif, de la lib&#233;ralisation des &#233;changes et du refus de promouvoir l'&#233;mergence de champions nationaux, elle serait aujourd'hui une nation de cultivateurs de riz et non le leader mondial de l'Internet haut d&#233;bit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Une politiques industrielle du pass&#233; : le cas fran&#231;ais (1945-1984)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle fran&#231;aise telle qu'elle a &#233;t&#233; progressivement &#233;labor&#233;e apr&#232;s-guerre n'est qu'un &#233;l&#233;ment du triptyque fondateur. Les &#233;lites issues de la R&#233;sistance instaurent en effet une &#233;conomie de financements administr&#233;s : la Reconstruction, l'expansion doivent proc&#233;der de l'Etat qui a une l&#233;gitimit&#233; sup&#233;rieure &#224; celle du march&#233;. Ces &#233;lites installent &#233;galement l'Etat au c&#339;ur du compromis social institutionnalis&#233;. Certes un syndicalisme de lutte des classes et un patronat patrimonial ne peuvent cog&#233;rer l'&#233;conomie, l'Etat n'en est pas moins le garant d'un Etat social en expansion continue et d'une protection sociale d&#233;l&#233;gu&#233;e aux partenaires sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qualifier la politique industrielle men&#233;e, trois situations doivent &#234;tre distingu&#233;es : lorsque l'Etat se trouve face &#224; des acteurs industriels puissants dont il pr&#233;tend d&#233;finir les structures et pr&#233;d&#233;terminer les orientations ; lorsqu'il fait face &#224; des canards boiteux politiquement et socialement d&#233;stabilisateurs ; ou lorsqu'il est confront&#233; &#224; une absence de tout acteur industriel dans un secteur d&#233;cisif pour l'ind&#233;pendance nationale, c'est alors le domaine d'&#233;lection des grands projets . Dans les trois cas, les dispositifs d'intervention sont formellement comparables : plans sectoriels, subventions ou bonifications &#224; la modernisation, &#224; l'investissement, &#224; l'exportation, &#224; la concentration etc... en pratique les effets de ces outils sont radicalement diff&#233;rents. Nous n'allons pas revenir en d&#233;tail sur le bilan des politiques industrielles fran&#231;aises de 1945 &#224; 1984 si ce n'est pour rappeler d'une part que les seules politiques industrielles dont on peut dire qu'elles ont pes&#233; sur la sp&#233;cialisation sont en nombre limit&#233; -les politiques inspir&#233;es du colbertisme high tech- et d'autre part pour rappeler les raisons de la renonciation par l'Etat fran&#231;ais aux politiques industrielles structurantes de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colbertisme high-tech est la forme historique qu'a pris l'intervention de l'Etat-nation arm&#233; du monopole de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans sa relation aux industries dites de pointe de l'apr&#232;s guerre &#224; 1983. Les grands projets nucl&#233;aire, spatial, p&#233;trolier, ferroviaire, t&#233;l&#233;communications, a&#233;ronautique civile et militaire illustrent cette modalit&#233; particuli&#232;re d'int&#233;gration des politiques industrielle, technologiques, de la concurrence, et de la commande publique. Le grand projet est souvent bas&#233; sur un pari technologique. Il est port&#233; par une Agence (CEA, CNES, C.N.E.T...). Sa r&#233;alisation passe par un transfert de r&#233;sultats et une coop&#233;ration organique avec l'industrie. Celle-ci n'est pleinement fructueuse que parce que l'Etat pratique le protectionnisme offensif, pr&#233;-finance le d&#233;veloppement industriel, transf&#232;re les r&#233;sultats de la recherche publique au champion national, assure les d&#233;bouch&#233;s par la commande publique, permet l'amortissement des investissements par les longues s&#233;ries, facilite le d&#233;veloppement en mettant les moyens de l'Etat r&#233;galien au service du champion national public ou priv&#233;. La r&#233;ussite du grand projet intervient lorsque l'Etat lance un programme d'&#233;quipement bas&#233; sur les technologies d&#233;velopp&#233;es et que le march&#233; international adopte les biens et services qui en sont issus. Innovation technique, naissance de nouveaux usages, protectionnisme offensif, d&#233;veloppement d'un nouvel acteur industriel et ing&#233;nierie socio-politique sont les facteurs structurants du grand projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors les choix majeurs de l'int&#233;gration europ&#233;enne et des politiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive op&#233;r&#233;s en 1983 qui rendaient plus difficiles les politiques discr&#233;tionnaires de soutien des champions nationaux, d'aide aux canards boiteux ou de protection du capital autochtone, trois types d'arguments propres aux dynamiques des secteurs aid&#233;s permettent de comprendre que le mode colbertiste d'intervention ait disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le premier tient aux dynamiques de sous-syst&#232;mes industriels sectoriels. La r&#233;ussite du grand projet colbertiste est la premi&#232;re source de sa banalisation, les champions nationaux et les exploitants publics qui en sont issus ont tendance &#224; privil&#233;gier leur insertion dans le march&#233; international sur toute autre forme de consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le second tient &#224; l'&#233;puisement historiquement constat&#233; de cette modalit&#233; d'intervention. L'un des derniers &#034;grand projet&#034; identifiable est celui des Telecom puisque le plan de rattrapage date de 1974. Depuis, les plans t&#233;l&#233;matique, satellite, c&#226;ble sont apparus mais ils ont davantage enrichi la chronique des &#034;white elephants&#034; que donn&#233; naissance &#224; des industries puissantes. Lorsque la perspective &#233;quipementi&#232;re est absente (bio-technologies et oc&#233;anographie) ou que l'objet scientifique se pr&#234;te mal aux grandes agences technologiques (Internet, bio-technologies) ou que la perspective industrielle s'&#233;loigne (la fusion nucl&#233;aire), il est bien difficile de trouver un avenir au mod&#232;le national du grand projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin les grands projets d'origine nationale comme Ariane, Airbus ou m&#234;me du TGV sont devenus europ&#233;ens. Certes, dans ses trois cas, l'initiateur technologique et politique a &#233;t&#233; fran&#231;ais, mais ces projets pour r&#233;ussir sont devenus europ&#233;ens. La question d&#232;s lors se d&#233;place : si le colbertisme high-tech dans un seul pays n'est plus praticable, peut-il exister une puissance publique europ&#233;enne qui prenne le relais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Trois esquisses d'une politique industrielle europ&#233;enne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, une crise d'&#8220; europessimisme &#8221; gagne l'Europe. Les chocs mon&#233;taires &#224; r&#233;p&#233;tition, la crise &#233;conomique larv&#233;e, le repli frileux des nations conduisent nombre d'industriels &#224; s'interroger sur l'avenir de l'Europe. De multiples diagnostics sont &#233;tablis sur les co&#251;ts de la &#8220; non-Europe &#8221; sur les effets du n&#233;o-protectionnisme, sur le d&#233;crochage industriel par rapport au Japon. On prend &#233;galement la mesure des dysfonctionnements de la machine communautaire, des d&#233;voiements de la r&#232;gle de l'unanimit&#233; et du caract&#232;re impraticable d'une lib&#233;ralisation progressive apr&#232;s harmonisation des normes techniques. Les politiques palliatives de repli organis&#233;es dans les secteurs en difficult&#233; donnent alors de l'Europe une image n&#233;gative : la Communaut&#233; savait liquider, elle ne savait plus construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interminable agonie de la sid&#233;rurgie, du textile ou des chantiers navals &#233;taient accompagn&#233;s de mesures sociales et financi&#232;res permettant la reconversion des sites, la formation des personnels et l'&#233;quipement des territoires. Mais, au m&#234;me moment, la fragmentation de l'appareil industriel et la redondance de l'effort de recherche europ&#233;en dans les technologies de l'information interdisaient tout espoir de d&#233;veloppement significatif dans ces secteurs en pleine expansion . Cette prise de conscience de la paralysie institutionnelle et du d&#233;clin industriel de l'Europe n'auraient pas eu d'effets significatifs si au m&#234;me moment la position g&#233;ostrat&#233;gique de l'Europe ne s'&#233;tait elle aussi d&#233;grad&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marginalisation politique de l'Europe r&#233;v&#233;l&#233;e par l'initiative strat&#233;gique du Pr&#233;sident Reagan connue sous le nom de &#8220;guerre des &#233;toiles&#8221;. Le dialogue commercial muscl&#233; nou&#233; entre Japonais et am&#233;ricains. Toutes ces initiatives avaient r&#233;v&#233;l&#233; le risque de marginalisation politique de l'Europe et le co&#251;t potentiel pour la prosp&#233;rit&#233; des Europ&#233;ens d'une division maintenue et aggrav&#233;e. Le Pr&#233;sident Mitterrand avait alors invent&#233; &#8220;Eureka&#8221; r&#233;ponse civile &#224; une menace dans les industries de d&#233;fense. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Acte unique europ&#233;en est le produit de ce triple mouvement. Il avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; politiquement par la reconstitution du couple franco-allemand, institutionnellement par le programme des &#8220; 300 &#8221; directives et &#233;conomiquement par diverses initiatives industrielles n&#233;es de la prise de conscience du d&#233;crochage europ&#233;en . Mr &#201;tienne Davignon avait par exemple suscit&#233; la cr&#233;ation d'un lobby de grandes entreprises industrielles pour pousser l'Europe &#224; se saisir des probl&#232;mes de l'appareil productif europ&#233;en : comp&#233;titivit&#233; en recul, faiblesse et redondance de l'effort de recherche et d&#233;veloppement, fragmentation du march&#233; communautaire, obstacles r&#233;glementaires au fonctionnement du march&#233; commun etc. Le m&#233;rite de J.Delors aura &#233;t&#233; d'avancer par ce qui &#233;tait formellement le plus simple et le moins engageant, &#224; savoir la r&#233;alisation effective d'un grand march&#233; int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.1. L'Acte unique : un compromis &#233;quilibr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte pos&#233; pr&#233;sente toutes les apparences d'un compromis &#233;quilibr&#233;. L'Acte unique satisfait les partisans de la lib&#233;ralisation puisqu'il comporte un programme cons&#233;quent de suppression des barri&#232;res physiques, techniques et fiscales visant &#224; rendre possible l'&#233;mergence d'un grand march&#233; int&#233;rieur. Il comble les aspirations des partisans du renforcement des institutions communautaires par l'extension de la r&#232;gle de la majorit&#233;. Il affirme solennellement la vocation politique de l'Europe en multipliant les politiques communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re &#233;conomique, la voie &#233;tait ainsi trac&#233;e, la relance europ&#233;enne devait comporter n&#233;cessairement deux volets l'un volontariste de promotion d'une base industrielle europ&#233;enne passant par des coop&#233;rations dans le domaine des hautes technologies, ce seront Esprit, Eureka, Brite, Race, Euram ..... l'autre plus institutionnel visant &#224; favoriser la cr&#233;ation d'un vrai march&#233; unique, ce seront les directives visant &#224; instituer le grand march&#233; int&#233;rieur europ&#233;en .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double projet de reconqu&#234;te et d'ouverture supposait la conception et la mise en oeuvre juridique et financi&#232;re d'un ensemble de politiques pour l'industrie, habituellement alternatives, mais que les r&#233;formateurs europ&#233;ens voulaient combiner. En effet autant les politiques de sp&#233;cialisation industrielle, de recherche et de technologie requi&#232;rent une intervention sur le march&#233; pour en infl&#233;chir les logiques, autant les politiques de concurrence et d'ouverture commerciale supposent des interventions qui facilitent les logiques de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan que l'on peut &#233;tablir illustre une fois de plus la capacit&#233; de l'Europe &#224; r&#233;ussir l'int&#233;gration n&#233;gative en menant &#224; bien des politiques de lib&#233;ralisation, d&#233;r&#233;glementation et privatisation plus qu'&#224; r&#233;ussir des politiques actives de sp&#233;cialisation ou m&#234;me de promotion de la base industrielle et scientifique europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, il existe bien un d&#233;s&#233;quilibre fort entre d'une part des politiques port&#233;es par le march&#233; et r&#233;gul&#233;es par le droit comme les politiques de concurrence, de concentration, de commerce ext&#233;rieur, qui, si elles requi&#232;rent au d&#233;part une initiative politique forte, passent ensuite sous pilotage quasi-automatique et d'autre part des politiques industrielles et technologiques volontaristes qui n&#233;cessitent &#233;galement une attention politique continue, mais sont susceptibles de remises en cause &#224; chaque retournement conjoncturel, et qui donc, dans la dur&#233;e, ont toutes les chances d'&#234;tre remises en cause. &lt;br class='autobr' /&gt; Directive apr&#232;s directive l'objectif 1993 inscrit dans l'Acte Unique a &#233;t&#233; mis en oeuvre, les obstacles non-tarifaires aux &#233;changes ont &#233;t&#233; supprim&#233;s, Force est de constater pourtant qu'en mati&#232;re de coop&#233;ration technologique ou industrielle, l'Europe n'a pas avanc&#233; du m&#234;me pas. Un d&#233;s&#233;quilibre net a fini par s'installer entre politiques de march&#233; et politiques de promotion de la base industrielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2. .... La cons&#233;cration-prohibition de la politique industrielle&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la signature du Trait&#233; de Maastricht, on croit un moment, notamment en France, que le colbertisme high tech peut &#234;tre export&#233; puisqu'un chapitre est consacr&#233; &#224; la politique industrielle et que les Europ&#233;ens avec le projet Eureka 95 de TV HD paraissent se rapprocher d'une vision fran&#231;aise de la politique industrielle. Le projet Eureka 95 comporte en effet de multiples volets : un volet normatif avec l'adoption d'une norme europ&#233;enne de TVHD,un volet industriel avec l'aide apport&#233;e aux champions europ&#233;ens pour la mise au point des nouveaux &#233;quipements, un volet culturel avec l'adoption de dispositifs d'aide &#224; la cr&#233;ation, un volet diffusion avec l'encouragement financier &#224; la fabrication et &#224; la diffusion de programmes dans la nouvelle norme. L'illusion ne durera m&#234;me pas le temps de l'adoption du trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait avec l'acte unique et dans la perspective de l'Euro, l'Europe s'est convertie aux politiques horizontales de comp&#233;titivit&#233;. Les programmes initi&#233;s &#224; l'&#232;re Davignon qui devaient contribuer &#224; structurer l'offre europ&#233;enne dans les nouvelles technologies ont vu leurs ambitions r&#233;duites &#224; la coop&#233;ration en mati&#232;re de recherche et &#224; la formation d'une communaut&#233; scientifique europ&#233;enne avant d'&#234;tre captur&#233;s par les tenants de la redistribution au profit des pays les moins d&#233;velopp&#233;s et des entreprises les moins dot&#233;es (P.M.E.). La Communaut&#233; n'a pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur de l'enjeu, prisonni&#232;re qu'elle &#233;tait des r&#232;gles de concurrence, du troc mutuel d'avantages et de consid&#233;rations de coh&#233;sion et d'am&#233;nagement du territoire. Dans les rares domaines o&#249; l'Europe industrielle a r&#233;alis&#233; des avanc&#233;es, la Communaut&#233; a &#233;t&#233; absente : Airbus, Ariane, GSM.... Dans les programmes coop&#233;ratifs comme Eur&#234;ka, l'intergouvernemental a mieux r&#233;ussi dans un premier temps m&#234;me si ce dispositif original de labellisation et de soutien de projets &#224; vocation industrielle a ensuite &#233;t&#233; victime des politiques de ma&#238;trise budg&#233;taire. Cet exemple montre qu'une politique reconnue n&#233;cessaire par toutes les parties, dont l'approche (bottom up) a &#233;t&#233; salu&#233;e par l'ensemble des acteurs, qui compte &#224; son actif des r&#233;ussites incontestables (Jessi) est aujourd'hui abandonn&#233;e de fait car l'Allemagne s'en d&#233;sint&#233;resse, car l'accent mis sur les P.M.E. n'abolit pas les difficult&#233;s n&#233;es de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des r&#233;gimes juridiques des pays membres de la Communaut&#233; car l'&#233;largissement programm&#233; en fait une politique moins centrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.3. Les strat&#233;gies horizontales mises en &#233;chec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les strat&#233;gies horizontales au premier rang desquelles il faut mentionner les politiques macro-&#233;conomiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive et les politiques de promotion de la concurrence dans le cadre du march&#233; unique n'ont pas davantage eu les effets escompt&#233;s en termes de sp&#233;cialisation industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure ? Si les deux moteurs de l'int&#233;gration positive par les politiques structurantes de R&amp;D puis par la volont&#233; de promouvoir une e-Europe et de l'int&#233;gration n&#233;gative par les politiques de d&#233;r&#233;glementation - lib&#233;ralisation - privatisation sont activ&#233;s d&#232;s 1982-85, force est de constater que les politiques de concurrence se sont progressivement autonomis&#233;es, elles se sont m&#234;me affirm&#233;es comme les politiques dominantes. A cela plusieurs raisons. Construire un march&#233; int&#233;gr&#233;, abolir les fronti&#232;res, traquer les obstacles de toutes natures &#224; l'ouverture constitue bien la mission fondamentale assign&#233;e &#224; la Commission par le Trait&#233; de Rome. De ce point de vue, on peut dire que la politique de la Concurrence a un statut quasi-constitutionnel. Par ailleurs en poursuivant les ententes, les abus de positions dominantes, en lib&#233;ralisant les secteurs prot&#233;g&#233;s, la Commission d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts du consommateur tout en adaptant &#224; l'espace communautaire le mouvement mondial de lib&#233;ralisation des &#233;conomies. Enfin le projet politique europ&#233;en a toujours &#233;t&#233; servi par l'int&#233;gration &#233;conomique et d&#232;s lors la construction europ&#233;enne est le vecteur de la r&#233;forme des &#233;conomies domestiques. Le probl&#232;me que pose cette technique d'int&#233;gration est d'un autre ordre : en privil&#233;giant l'int&#233;gration n&#233;gative par la norme et la r&#232;gle ne se prive t on pas des souplesses n&#233;cessaires et ne perd-on pas en facult&#233; d'adaptation. ? Lorsqu'on compare les politiques de la concentration et de la concurrence il est clair que l'Europe est plus rigoureuse que les Etats Unis ce qui vient renforcer encore davantage les logiques de march&#233; au d&#233;triment des politiques volontaristes. En 1989 sous pr&#233;sidence fran&#231;aise une disposition a &#233;t&#233; prise en mati&#232;re de contr&#244;le des concentrations qui avec le temps a abouti &#224; faire de la Commission l'acteur majeur des concentrations europ&#233;ennes. En effet, le refus des op&#233;rations Tetra-Sidel, Legrand-Schneider, Volvo-Scania, GE-Honeywell apr&#232;s l'acte fondateur qu'avait repr&#233;sent&#233; l'affaire de Haviland illustre la doctrine qui s'est progressivement form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/La Commission, dans sa d&#233;finition du march&#233; pertinent a tendance &#224; choisir le march&#233; national comme march&#233; de r&#233;f&#233;rence et &#224; d&#233;finir l'activit&#233; &#233;conomique concern&#233;e en termes restrictifs. C'est ainsi qu'elle refuse l'alliance Scania Volvo en mettant en avant des parts de march&#233; excessives sur les march&#233;s nordiques et non sur le march&#233; domestique europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ La commission utilise les politiques de concentration comme arme concurrentielle. Elle estime &#171; a priori &#187; les effets potentiellement anti-concurrentiels d'une concentration &#224; la diff&#233;rence des Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ La Commission refuse toute consid&#233;ration de politique industrielle et reste insensible &#224; l'id&#233;e d'un int&#233;r&#234;t public europ&#233;en au nom de la d&#233;fense du consommateur. Le fait par exemple que l'&#233;chec de la fusion Schneider-Legrand prive l'Europe d'un leader dans la moyenne et basse tension et livre les deux firmes &#224; des acqu&#233;reurs extra europ&#233;ens n'est pas pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- La Nouvelle Politique Industrielle fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 2004 que s'op&#232;re en France une triple prise de conscience source d'in nouveau consensus favorable &#224; des politiques industrielles actives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, la destruction acc&#233;l&#233;r&#233;e d'emplois industriels fait na&#238;tre des inqui&#233;tudes quant &#224; l'impact des d&#233;localisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la rigueur des autorit&#233;s europ&#233;ennes de la concurrence dans un contexte de difficult&#233;s &#233;conomiques aigues d'un champion national aiguise les tensions : les proc&#233;dures engag&#233;es contre Alstom au moment o&#249; l'entreprise se bat pour sa survie creusent le foss&#233; d'incompr&#233;hension entre Paris et Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les &#233;lites politiques fran&#231;aises ont commenc&#233; &#224; r&#233;aliser les insuffisances des politiques du capital humain, le d&#233;crochage scientifique et la faible croissance des PME innovantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, Agence d'innovation industrielle, Agence Nationale de la Recherche, Oseo-Anvar-BDPME, RTRA ... en quelques mois, la France inverse le cours de son action et met un terme au d&#233;sengagement politique en mati&#232;re industrielle. Au d&#233;mant&#232;lement de l'appareil d'intervention b&#226;ti apr&#232;s guerre commenc&#233; en 1983 succ&#232;de une v&#233;ritable r&#233;invention de la politique industrielle. Apr&#232;s avoir m&#233;connu pendant pr&#232;s d'une d&#233;cennie le probl&#232;me du d&#233;crochage industriel fran&#231;ais, de l'affaiblissement de sa capacit&#233; d'innovation et de la baisse du rayonnement de la science fran&#231;aise, les &#233;lites politiques deviennent actives et de peur de mal faire elles adoptent des propositions potentiellement contradictoires. De plus la France, ce pays longtemps d&#233;peint comme centralisateur et colbertiste avec l'appel &#224; projets lanc&#233; dans le cadre du programme &#171; p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; &#187; a suscit&#233; une forte mobilisation locale : &#233;lus et universitaires ont b&#226;ti quelques centaines de projets, ils aspirent tous au label &#171; p&#244;le de comp&#233;titivit&#233; &#187;. Essayons donc de comprendre les logiques &#224; l'&#339;uvre dans le maquis d'initiatives contradictoires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de p&#244;le de comp&#233;titivit&#233; renvoie &#224; une logique territoriale, il s'agit d'organiser la coop&#233;ration de chercheurs d'industriels et de formateurs d&#233;j&#224; l&#224;, pour mettre en valeur des comp&#233;tences d&#233;j&#224; l&#224;. Cette id&#233;e de syst&#232;mes productifs locaux qu'il s'agit de mettre en synergie a &#233;t&#233; port&#233;e par la Datar et par Christian Blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique des grands projets innovateurs est sectorielle, il s'agit de remettre l'ouvrage sur le m&#233;tier, de repenser la sp&#233;cialisation en lan&#231;ant quelques grands chantiers d'innovation technologique. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; promue par J.L. Beffa, elle rel&#232;ve de ce que j'avais nomm&#233; en son temps le &#171; colbertisme high tech &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'une Agence Nationale de la recherche ob&#233;it &#224; une logique, institutionnelle, : susciter de nouveaux d&#233;veloppements scientifiques, d&#233;cloisonner les structures, privil&#233;gier l'excellence gr&#226;ce &#224; une politique d'incitations, d'&#233;valuation par les pairs et de financements sur projets. Cette id&#233;e que nous avons d&#233;fendue avec Ph.Aghion suppose que l'on fasse le pari d'une d&#233;marche &#171; bottom-up &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative Oseo ob&#233;it &#224; une quatri&#232;me logique d'&#233;cologie des entreprises : comment rem&#233;dier &#224; la mortalit&#233; et &#224; l'absence de croissance des entreprises &#233;mergentes ? On sait depuis les travaux de Scarpetta que la cr&#233;ation d'entreprises est aussi dynamique aux Etats Unis qu'en Europe, par contre les taux de survie et les rythmes de croissance divergent fortement. D'o&#249; les id&#233;es avanc&#233;es dans nombre de rapports sur la transposition du mod&#232;le de la Small Business Administration et mises en &#339;uvre par J.P.Denis avec Oseo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'initiative des PRES et des RTRA ob&#233;it &#224; une derni&#232;re logique d'&#233;conomie de la connaissance. Les pi&#232;tres performances des universit&#233;s fran&#231;aises selon le classement r&#233;alis&#233; par l'Universit&#233; de Shanghai, les impasses du mod&#232;le fran&#231;ais de stricte s&#233;paration des universit&#233;s de masse et des &#233;coles d'excellence ont conduit &#224; une prise de conscience tardive mais r&#233;elle : la comp&#233;titivit&#233; se joue aussi sur les bancs des &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que chaque rapport insiste sur la n&#233;cessit&#233; de choisir une logique, et de s'y tenir afin d'&#233;viter le saupoudrage et le gaspillage ... le Gouvernement Fran&#231;ais a d&#233;cid&#233; de tout faire ! Arr&#234;tons nous ici sur les p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;. Il s'agit donc de l'inscription territoriale d'un partenariat d'entreprises, de centres de formation et d'unit&#233;s de recherche publiques ou priv&#233;es, destin&#233; &#224; d&#233;gager des synergies autour de projets communs au caract&#232;re innovant. La c&#233;ramique en Limousin, l'optique en Essonne, les TIC en Bretagne ; l'A&#233;ronautique- Spatial -D&#233;fense en Aquitaine ... la course &#224; la labellisation et aux fonds publics est bien engag&#233;e et pr&#232;s de 60 p&#244;les ont &#233;t&#233; retenus en 2005. Cette d&#233;marche peut-elle r&#233;ussir ? Quatre &#233;l&#233;ments conduisent &#224; en douter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; projets a suscit&#233; des r&#233;ponses d'une forte h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Le choix d'une optique territoriale a conduit &#224; un formidable d&#233;veloppement du patriotisme local, chacun voulant avoir son p&#244;le de comp&#233;titivit&#233;, d'o&#249; des strat&#233;gies d'habillage autour de comp&#233;tences suppos&#233;es inscrites dans tel ou tel territoire. L &#8216;id&#233;e des p&#244;les ayant &#233;t&#233; promue par la Datar, et la d&#233;cision ayant &#233;t&#233; prise dans le cadre d'un CIADT, c'est cette administration peu &#233;quip&#233;e, peu dot&#233;e en comp&#233;tences industrielles et en capacit&#233;s d'expertise qui va devoir s&#233;lectionner les p&#244;les. Certes, elle pourra faire appel &#224; des comp&#233;tences externes. Mais les comp&#233;tences nagu&#232;re concentr&#233;es au Minist&#232;re de l'Industrie ont fondu avec le temps et l'abandon des politiques industrielles. La modicit&#233; des moyens (750 Millions d'Euros sur 3 ans sous forme de subventions publiques d'exon&#233;rations fiscales et sociales dont la moiti&#233; &#224; la charge d'&#233;tablissement publics du type CdC ou BDPME) ne plaide pas non plus en faveur du projet. Enfin le risque de saupoudrage est d'autant plus s&#233;rieux que les grands &#233;lus vont exercer une pression forte sur une administration faible. La solution dans ce cas de figure est toujours le saupoudrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il de la politique industrielle ? Dans une &#233;conomie mondialis&#233;e et r&#233;gionalement int&#233;gr&#233;e la politique industrielle change n&#233;cessairement de perspective et de r&#233;f&#233;rent territorial. Elle cesse d'&#234;tre une politique de sp&#233;cialisation nationale pour devenir une politique d'attractivit&#233; territoriale. De ce point de vue l'id&#233;e avanc&#233;e par J.L.Beffa et retenue par le Gouvernement fran&#231;ais d'une action d&#233;lib&#233;r&#233;e sur la sp&#233;cialisation gr&#226;ce &#224; un partenariat public-priv&#233; g&#233;r&#233; par une Agence d'Etat nous semble peu adapt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est ce &#224; dire qu'il faut renoncer &#224; toute action sur la sp&#233;cialisation ? En fait tel n'est pas le cas car des politiques d'environnement comp&#233;titif visant &#224; am&#233;liorer l'attractivit&#233; d'un site (infrastructures de recherche, incitations fiscales et r&#233;glementaires &#224; l'innovation) peuvent de fait favoriser tel type d'activit&#233;s plut&#244;t que tel autre. La politique des p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; fond&#233;e sur les effets d'agglom&#233;ration aurait toutes les chances de r&#233;ussir si elle ne proc&#233;dait de la volont&#233; redistributive de l'Etat central et si elle ne suscitait d'insolubles probl&#232;mes de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs des politiques de concurrence peuvent avoir des effets structurants sur le tissu industriel : selon que la Commission europ&#233;enne autorise ou pas les regroupements qui s'esquissent dans les services publics europ&#233;ens (transport ferroviaire et a&#233;rien, Telecom, &#233;nergie, eau), on pourra disposer ou non d'acteurs industriels globaux. De m&#234;me des politiques de standardisation et de normalisation ou des politiques de promotion d'usages innovants comme avec le GSM ou la mon&#233;tique peuvent avoir un effet industriel structurant. Enfin comme l'illustre le cas Airbus, des politiques commerciales strat&#233;giques peuvent &#233;merger m&#234;me dans le contexte de l'OMC d&#232;s lors que le risque d'un monopole mondial se profile. En d'autres termes des politiques horizontales peuvent avoir des effets industriels structurants aussi d&#233;cisifs que des politiques verticales encore faut-il qu'elles soient inspir&#233;es par des objectifs de comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la fin des politiques sectorielles cibl&#233;es n'aura pas &#233;t&#233; le dernier mot des politiques de promotion de l'activit&#233; industrielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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