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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>&#034;R&#233;pliques&#034; - Le nouveau capitalisme</title>
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		<dc:date>2006-01-01T13:58:00Z</dc:date>
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		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Mondialisation</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#233;mission du samedi 28 janvier 2006 &lt;br class='autobr' /&gt;
R&#233;pliques
&lt;br class='autobr' /&gt;
par Alain Finkielkraut
&lt;br class='autobr' /&gt;
le samedi de 9h10 &#224; 10h &lt;br class='autobr' /&gt; Avec Elie Cohen. Directeur de recherche au CNRS et sp&#233;cialiste en &#233;conomie, politique mon&#233;taire et industrielle, il est l'auteur de nombreux ouvrages d'&#233;conomie et de sciences politiques, il est &#233;galement vice-pr&#233;sident du Haut conseil du secteur public et membre du Conseil d'analyse &#233;conomique aupr&#232;s du Premier Ministre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et Patrick Artus, directeur de la recherche et des &#233;tudes chez Ixis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/-Radio-.html" rel="directory"&gt;Radio&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Varietes-nationales-+.html" rel="tag"&gt;Vari&#233;t&#233;s nationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Mondialisation-+.html" rel="tag"&gt;Mondialisation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#233;mission du samedi 28 janvier 2006&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href= &#034;http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/&#034; target= &#034;blank&#034;&gt;&lt;strong&gt;&lt;cite&gt;R&#233;pliques&lt;/cite&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
par Alain Finkielkraut&lt;br /&gt;
le samedi de 9h10 &#224; 10h&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Avec &lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt;. Directeur de recherche au CNRS et sp&#233;cialiste en &#233;conomie, politique mon&#233;taire et industrielle, il est l'auteur de nombreux ouvrages d'&#233;conomie et de sciences politiques, il est &#233;galement vice-pr&#233;sident du Haut conseil du secteur public et membre du Conseil d'analyse &#233;conomique aupr&#232;s du Premier Ministre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &lt;strong&gt;Patrick Artus&lt;/strong&gt;, directeur de la recherche et des &#233;tudes chez Ixis Corporate &lt;br class='autobr' /&gt;
&amp; Investment Bank, du Groupe Caisse d'Epargne, qui est aussi professeur &#224; l'Ecole polytechnique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture/sommaire/" class="spip_out"&gt;France Culture&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>D&#233;bat : Le capitalisme est-il menac&#233; ?</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Debat-Le-capitalisme-est-il-menace.html</link>
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		<dc:date>2005-10-01T13:46:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Gouvernement des entreprises</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme managerial</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme actionnarial</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;A l'heure o&#249; plus personne ne conteste l'&#233;conomie de march&#233;, quatre grands sp&#233;cialistes r&#233;unis par L'Express confrontent leurs inqui&#233;tudes et leurs propositions.&lt;br /&gt;
D&#233;bat avec, Elie Cohen, Jean-Luc Gr&#233;au, Jean Peyrelevade et Patrick Artus pour &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/-2005-.html" rel="directory"&gt;2005&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Gouvernement-des-entreprises-+.html" rel="tag"&gt;Gouvernement des entreprises&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;A l'heure o&#249; plus personne ne conteste l'&#233;conomie de march&#233;, quatre grands sp&#233;cialistes r&#233;unis par L'Express confrontent leurs inqui&#233;tudes et leurs propositions.&lt;br /&gt;
D&#233;bat avec, Elie Cohen, Jean-Luc Gr&#233;au, Jean Peyrelevade et Patrick Artus pour &lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/capitalisme/dossier.asp?ida=435354&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Se souvient-on de cette &#233;poque lointaine o&#249; les ennemis du capitalisme pr&#233;disaient avec confiance sa disparition in&#233;luctable ? Apr&#232;s l'effondrement politique, &#233;conomique et moral du syst&#232;me socialiste, plus personne &#224; gauche ne s'engage d&#233;sormais &#224; sortir de l'&#233;conomie de march&#233;, Attac ne proposant que de la &#171; contr&#244;ler &#187;. Aujourd'hui, ce sont para-doxalement les d&#233;fenseurs du capitalisme et ses meilleurs connaisseurs qui se r&#233;v&#232;lent les plus critiques sur son &#233;volution au point de s'inqui&#233;ter tr&#232;s s&#233;rieusement pour son avenir. L'on se souvient du message de panique _ &#171; le capitalisme perd la t&#234;te &#187; _ lanc&#233; il y a quel-ques ann&#233;es par Joseph Stiglitz, ancien conseiller de Bill Clinton et de la Banque mondiale ainsi que de la d&#233;nonciation de la &#171; chienlit laisser-fairiste &#187; du prix Nobel d'&#233;conomie Maurice Allais. En quelques mois, quatre sp&#233;cialistes fran&#231;ais alimentent cette inqui&#233;tude dans des ouvrages aux titres tr&#232;s explicites : Jean-Luc Gr&#233;au, ancien expert du Medef (L'Avenir du capitalisme, Gallimard), Patrick Artus, directeur des &#233;tudes &#233;conomiques de la Caisse des d&#233;p&#244;ts et pro-fesseur &#224; Polytechnique (Le Capitalisme est en train de s'auto-d&#233;truire, La D&#233;couverte), Jean Peyrelevade, ancien patron du Cr&#233;dit Lyonnais (Le Capitalisme total, Seuil) et Elie Cohen (Le Nouvel age du capitalisme, Fayard). &lt;br /&gt; L'Express a r&#233;uni ces quatre grands experts pour constater leur accord sur le diagnostic _ le capitalisme file vraiment un mauvais coton _ et leurs divergences, gu&#232;re rassurantes, sur les solutions possibles.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Le capitalisme va donc si mal, au point de s'auto-d&#233;truire ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt; Patrick Artus &lt;/b&gt; : Si l'on est d'accord pour dire que l'efficacit&#233; d'un syst&#232;me &#233;conomique c'est sa capacit&#233; d'allouer les res-sources rares aux bons endroits aux bons mo-ments, l'&#233;volution actuelle du capitalisme est, de ce point de vue, inqui&#233;tante. La conjonction d'une exigence de rentabilit&#233; &#233;lev&#233;e de l'&#233;pargne et de la gestion de celle-ci par des professionnels en concurrence am&#232;ne &#224; privi-l&#233;gier les projets de court terme au d&#233;triment des projets de d&#233;veloppement et de recherche. Si l'&#233;pargnant veut 20 % de rentabilit&#233; du ca-pital, on va finir par arr&#234;ter les projets n&#233;ces-saires &#224; la croissance de long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade &lt;/b&gt; : Je suis d'accord sur les sympt&#244;mes &#224; condition d'ajouter qu'il ne s'agit pas d'un accident, mais d'une &#233;volution majeure dans la structure du capitalisme mondial. D'abord, dans la lutte entre le capital et le salariat, le capital a gagn&#233; et impose ses normes &#224; des salari&#233;s faibles, mal d&#233;fendus par des syndicats sans r&#233;el pouvoir. S'ajoute &#224; cela une dissociation dans la sph&#232;re m&#234;me du capital. Longtemps, le capitaliste &#233;tait &#224; la fois entrepreneur et propri&#233;taire : c'est le d&#233;sir d'entreprendre qui &#233;tait &#224; l'origine de l'accumulation et de l'exploitation d&#233;crites par Marx. Aujourd'hui les propri&#233;taires-actionnaires sont anim&#233;s par un d&#233;sir d'enrichissement qui n'a plus rien &#224; voir avec le d&#233;sir d'entreprendre. Le capitaliste d'aujourd'hui est anonyme, ces messieurs Tout le monde, ce sont les 300 millions d'actionnaires qu'il y a sur la plan&#232;te. Depuis 1947, la part des dividendes dans le revenu national, aussi bien au Etats-Unis qu'en France a quadrupl&#233;. Cela fait donc cinquante ans que la r&#233;mun&#233;ration des actions augmente &#224; peu pr&#232;s deux fois plus vite que le taux de croissance des &#233;conomies. Enfin, l'instrument m&#234;me de l'investissement &#224; long terme _ l'action _ est devenu le support tr&#232;s liquide des sp&#233;culations &#224; tr&#232;s court terme de la sph&#232;re financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Un foss&#233; s'est creus&#233; entre les dirigeants d'entreprise et les actionnaires. Alors que les salari&#233;s voient encore dans l'entreprise leur &#171; outil de produc-tion &#187;, les actionnaires la consid&#232;rent comme leur &#171; outil de rendement &#187;. D'o&#249; le ph&#233;no-m&#232;ne nouveau des rachats d'actions, justifi&#233; &#224; la fois par la crainte des OPA et par le souci d'augmenter la valeur des actions. En 2004 ces rachats sur le march&#233; de New-York ont atteint 269 milliards de dollars, soit plus de 2 % du PIB am&#233;ricain. Il s'agit l&#224; d'un sub-ventionnement contre-nature des fonds de pla-cement par les entreprises. Ainsi, les compa-gnies p&#233;troli&#232;res ont r&#233;alis&#233; des rachats d'actions pour des montants &#233;quivalant &#224; l'ensemble de leurs d&#233;penses d'exploration. Une partie de l'actuelle p&#233;nurie d'hydrocarbures provient du fait que ces entreprises, press&#233;es par leurs actionnaires, n'ont pas fait l'usage le plus efficace de leurs moyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Comment un syst&#232;me capitaliste qui fait une crise majeure tous les 18 mois non seulement rebondit &#224; chaque fois mais permet une croissance mondiale en acc&#233;l&#233;ration constante : telle est la question que j'ai voulu traiter. La r&#233;silience du syst&#232;me et la volatilit&#233; des march&#233;s me semblent &#234;tre les facteurs cl&#233;s dont il faut rendre compte. Trois &#233;l&#233;ments permettent d'expliquer le nouveau cours. La qualit&#233; des politiques macro&#233;conomiques qui &#233;vitent l'approfondissement des crises. Le d&#233;veloppement d'une industrie financi&#232;re puissante qui agit comme courroie de transmission des politiques et comme machine &#224; redistribuer les risques. Et enfin la financia-risation des strat&#233;gies industrielles qui pousse &#224; l'am&#233;lioration constante des performances. La finance de march&#233; agit donc &#224; la fois comme r&#233;ducteur du risque en rapprochant offreurs et preneurs de risque et comme am-plificateur &#224; travers la sp&#233;culation. Le r&#233;sultat toutefois c'est que depuis 10 ans les crises asiatiques, LTCM, de la nouvelle &#233;conomie d'Enron etc... ont &#233;t&#233; absorb&#233;es sans dommage pour l'&#233;conomie m&#234;me si les d&#233;s&#233;quilibres persistent et s'aggravent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Ce chef d'entreprise que vous pr&#233;sentez comme la grande victime de l'actionnaire anonyme avide de rentabilit&#233;, a fini par accepter sa d&#233;faite moyennant partage des di-videndes...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Ce n'est pas une d&#233;faite mais un changement de position. Avant, le manager &#233;tait un salari&#233; tr&#232;s bien pay&#233; (jusqu'&#224; 40 fois le salaire le plus bas) charg&#233; de la p&#233;rennit&#233; de l'entreprise et de la gestion de l'&#233;quilibre entre le capital et le travail. Aujourd'hui, avec un rapport d&#233;sormais de 1 &#224; 400 il n'est plus pay&#233; du tout comme un salari&#233;. A ainsi &#233;t&#233; fabriqu&#233;e une nouvelle cat&#233;gorie sociale, r&#233;mun&#233;r&#233;e, avec des stock-options, c'est-&#224;-dire encore mieux que les actionnaires puisqu'ils sont exon&#233;r&#233;s du risque de moins-value ! Ils ne sont plus que les servants z&#233;l&#233;s du vrai nouveau chef qu'est l'actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Mais c'est parce que trop d'entreprises am&#233;ricaines, dans les an-n&#233;es 70, devenaient sous-performantes qu'elles furent d&#233;pec&#233;es par les raiders ! Beaucoup de chefs d'entreprises se sont simplement dit qu'ils pouvaient faire eux-m&#234;mes le travail de restructuration, de recentrage, de focalisation sur les activit&#233;s les plus performantes. Telle est la source de l'alignement de l'int&#233;r&#234;t des dirigeants sur celui des actionnaires au travers des stocks-options. Le probl&#232;me est qu'ils se sont mis &#224; n'&#233;couter que leur propre int&#233;r&#234;t en cr&#233;ant un gonflement artificiel de la valeur de leurs actions. Aujourd'hui d'autres techniques d'alignement des int&#233;r&#234;ts sont recherch&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Voil&#224; une vision ir&#233;nique des choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen &lt;/b&gt; : Non, c'est un constat historique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Oui, parce que si vous faites remarquer aux interm&#233;diaires fi-nanciers am&#233;ricains qu'ils font des choses ab-solument stupides en ne consid&#233;rant que la valeur instantan&#233;e des actifs au d&#233;triment du long terme, ils ne comprennent m&#234;me pas ce que vous leur dites ! La finance am&#233;ricaine rejette totalement ce genre de message.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Rappelons que c'est le d&#233;veloppement des outils de retraite rendu n&#233;cessaire par le vieillissement de la population des pays d&#233;velopp&#233;s qui a permis l'&#233;mergence de cette formidable industrie financi&#232;re. Telle est bien l&#224; l'origine des fameux fonds de pension et de la prolif&#233;ration des m&#233;tiers de la finance ! Et l'absence de tels fonds en France a abouti &#224; ce que les deux tiers des actions issues des privatisations massives de ces vingt derni&#232;res ann&#233;es soient c&#233;d&#233;es &#224; des fonds de pension &#233;trangers ! Dr&#244;le de schizophr&#233;nie que celle de nos gouvernements de gauche et de droite qui ont d&#233;mantel&#233; les institutions d'un capitalisme autochtone pour favoriser un capitalisme de march&#233; financier aux mains d'investisseurs anglo-saxons ! Et ce sont les m&#234;mes qui parlent de patriotisme &#233;conomique !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Le paradoxe in-croyable est que l'objectif initial de canaliser l'&#233;pargne vers des placements &#224; rentabilit&#233; maximale pour assurer les retraites futures aboutit souvent &#224; des investissements &#224; renta-bilit&#233; &#224; peu pr&#232;s nulle. L'argent des futurs re-trait&#233;s va de fait dans les actifs les moins effi-caces pour pr&#233;parer l'avenir, l'immobilier et les d&#233;ficits publics et de moins en moins dans le financement des entreprises. M&#234;me les fonds d'investissement (privaty equity), dont 90 % de l'argent allaient vers la cr&#233;ation d'entreprise avec des dur&#233;es de d&#233;tention pouvant aller jusqu'&#224; des dizaines d'ann&#233;es ont tourn&#233; casaque : l'ann&#233;e derni&#232;re, 85 % de leurs fonds sont all&#233;s vers des LBO, autrement dit des rachats avec des dur&#233;es de d&#233;tention extr&#234;mement courtes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Oui, c'est la contradiction m&#234;me du march&#233; financier ac-tuel : on finance des retraites avec des action-naires qui d&#233;tiennent leurs actions pendant une dur&#233;e moyenne de sept mois !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; : Le grand public a &#233;t&#233; frapp&#233; par les scandales r&#233;cents tels que les affaires Enron ou WorldCom mettant en sc&#232;ne des patrons fraudeurs et truqueurs de bilan. N'est-ce pas un d&#233;menti de l'utilitarisme lib&#233;ral qui pose que l'int&#233;r&#234;t cynique des acteurs &#233;conomiques fait le bien de tous ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Comme tout syst&#232;me le capitalisme a ses escrocs. La r&#233;gulation est l&#224; pour assurer que le lien entre le capital qui commande et le chef d'entreprise qui ob&#233;it soit un lien pur, dans lequel il ne puisse pas y avoir de tromperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Je pr&#233;f&#232;re parler de tentation plut&#244;t que d'escroquerie. Lorsque vous &#234;tes dirigeant et que vous poss&#233;dez de gros paquets d'actions de votre entreprise, vous ne pouvez qu'&#234;tre tent&#233; d'embellir ses comptes. Nous retrouvons l&#224; la pression financi&#232;re qui peut encourager la dissimulation. Le souci du l&#233;gislateur est justement de rendre transparente la relation du capital et de l'entreprise parce que l'entreprise a &#233;t&#233; d&#233;pouill&#233;e de l'autorit&#233; morale au profit du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Dans les affaires Enron, Worldcom ... y a eu un savant glissement de l'innovation financi&#232;re &#224; la d&#233;linquance financi&#232;re en passant par la cr&#233;ativit&#233; comptable. Il y a m&#234;me eu d&#233;faillance du r&#233;gulateur des march&#233;s mais prodige des contre pouvoirs, au cours des trois derni&#232;res ann&#233;es tout Wall Street a &#233;t&#233; tra&#238;n&#233; chez un petit attorney de New York et a du rendre des comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Parce qu'ils &#233;taient malhonn&#234;tes, qu'ils ne respectaient pas les r&#232;gles d'un enrichissement honn&#234;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Donc, ce n'est pas, comme vous le dites parce que les gestionnaires de fonds imposent finalement leur morale ! Face &#224; un syst&#232;me qui accumule les d&#233;faillances, on a &#233;t&#233; capable, au c&#339;ur de l'&#233;t&#233; 2002 de produire une loi, d'arr&#234;ter des patrons d&#233;linquants et de poursuivre des analystes et des banquiers dissimulateurs. Il y a donc bien une s&#233;rie de contre-pouvoirs qui fonctionnent !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : Mais cette r&#233;gulation n'est faite que pour que le syst&#232;me fonctionne parfaitement, &#224; l'int&#233;rieur de son propre syst&#232;me de valeurs. Or tous les hom-mes politiques, en particulier en France, croient, lorsque l'on parle de r&#233;gulation des march&#233;s financiers, qu'il s'agit de se doter d'instruments faisant pr&#233;valoir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral au sens large sur celui des actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt; Alors que la plupart des hommes politiques n'ont plus qu'un mot &#224; la bouche _ &#171; l'adaptation &#187; _ vous estimez tous au contraire qu'il faut r&#233;agir vite et changer quelques r&#232;gles suicidaires.&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Toutes les nouvelles r&#232;gles comptables conduisent de fa&#231;on aberrante &#224; ne juger les comptes que sur le court terme. Je crois au contraire que l'on pourrait avoir un autre cadre r&#233;glementaire et comptable qui change le pas de temps. On peut comprendre que les Sicav aient besoin d'&#234;tre &#233;valu&#233;es au jour le jour, mais cela n'est pas indispensable pour une soci&#233;t&#233; industrielle. Pourquoi publier les r&#233;sultats trimestriels d'une firme pharmaceutique ? Certaines entreprises d'ailleurs s'y refusent comme Porsche et que je sache elles ne s'en portent pas plus mal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade&lt;/b&gt; : C'est une premi&#232;re piste. On pourrait &#233;galement favoriser par des dispositions r&#233;glementaires et &#233;ventuellement fiscales, un allongement de la dur&#233;e de d&#233;tention des actions pour l'harmoniser avec l'horizon de d&#233;veloppement des entreprises. Mais pour cela, il faudrait que les hommes politiques soient conscients des enjeux et pr&#234;ts &#224; se confronter avec l'industrie financi&#232;re dont la capacit&#233; de lobbying est consid&#233;rable. Il faut ensuite supprimer les stock-options et les distributions d'actions gratuites pour d&#233;connecter la r&#233;mun&#233;ration des patrons et des cadres sup&#233;rieurs de tout &#233;l&#233;ment boursier. Quitte &#224; les int&#233;resser au r&#233;sultat de l'entreprise car il s'agit alors d'une r&#233;f&#233;rence au r&#233;el et pas d'une repr&#233;sentation sp&#233;culative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Cela suffira-t-il &#224; changer l'esprit dans lequel fonctionne le syst&#232;me ? Je n'en suis pas s&#251;r, car je pense que les m&#339;urs &#233;conomiques et financi&#232;res du monde anglo-saxon ont gagn&#233; la partie. Je sugg&#232;re d'aller plus loin en cr&#233;ant, au niveau europ&#233;en, des fonds de placements d&#233;di&#233;s &#224; la d&#233;tention durable du capital des entreprises par un m&#233;canisme contractuel entre ces fonds et les entreprises. Je suis frapp&#233; par le fait que dans le monde de l'entreprise le contrat est partout : avec les fournisseurs, les clients, les banquiers, les salari&#233;s mais il n'existe pas avec les grands actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Elie Cohen&lt;/b&gt; : Il est vrai que l'on importe avec retard et souvent approximativement les principaux outils forg&#233;s aux Etats-Unis, cela favorise de fait l'&#233;mergence d'un capitalisme de la convergence et c'est d&#233;sormais &#224; l'int&#233;rieur de celui-ci qu'il faut penser parce que les mod&#232;les nationaux sont morts. Il pourrait, certes, y avoir une adaptation europ&#233;enne de ce capitalisme mais on n'a malheureusement pas saisi l'occasion des crises majeures r&#233;centes pour le faire...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean-Luc Gr&#233;au&lt;/b&gt; : Parce que l'intelligence europ&#233;enne est au point mort et parce qu'elle refuse d'imaginer quelque chose d'autre que ce qui vient de Londres et de New York.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jean Peyrelevade &lt;/b&gt; : Je vous rejoins dans le pessimisme mais je suis plus radical dans l'explication : une fois de plus c'est la puissance dominante qui impose son mod&#232;le. Et il ne faut pas oublier que la moiti&#233; des 300 millions d'actionnaires du monde sont am&#233;ricains, soit 5 % de la population mon-diale. Le capital mondial est d&#233;tenu &#224; 50 % par les Am&#233;ricains et la sph&#232;re financi&#232;re n'a jamais rien fait d'autre qu'imiter le mod&#232;le am&#233;ricain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Patrick Artus&lt;/b&gt; : Le probl&#232;me est qu'il n'est pas &#233;vident que ce mod&#232;le fonc-tionne encore dans l'int&#233;r&#234;t des Etats-Unis... Pour r&#233;sumer, la question est de savoir s'il nous reste une marge de libert&#233; en Europe pour adopter sur certains points une logique diff&#233;rente de celle du monde anglo-saxon, ou s'il faut attendre que cela vienne du monde anglo-saxon lui-m&#234;me quand celui-ci r&#233;alisera qu'il vaut mieux changer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Propos recueillis par Eric Conan et Sabine Delanglade&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.lexpress.fr/info/economie/dossier/capitalisme/dossier.asp?ida=435354&#034; target=&#034;blank&#034;&gt;Lire sur lexpress.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpress.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Express&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien &#224; la Revue Socialiste</title>
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		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme actionnarial</dc:subject>
		<dc:subject>Capitalisme rh&#233;nan</dc:subject>
		<dc:subject>Crises du capitalisme</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quelle d&#233;finition donneriez-vous du capitalisme contemporain ? Quels traits diff&#233;rencient le capitalisme du XXI&#232;me si&#232;cle de celui XX&#232;me si&#232;cle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Braudel d&#233;finissait le capitalisme comme la sph&#232;re &#233;conomique du commerce au loin , de la finance des profits de monopole et des sp&#233;culations . Il l'opposait &#224; l'&#233;conomie de march&#233; , c'est &#224; dire &#224; la sph&#232;re de l'&#233;change. Dans une perspective braudelienne. on pourrait parler aujourd'hui d'un capitalisme de la deuxi&#232;me mondialisation caract&#233;ris&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Crises-du-capitalisme-+.html" rel="tag"&gt;Crises du capitalisme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quelle d&#233;finition donneriez-vous du capitalisme contemporain ? Quels traits diff&#233;rencient le capitalisme du XXI&#232;me si&#232;cle de celui XX&#232;me si&#232;cle ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Braudel d&#233;finissait le capitalisme comme la sph&#232;re &#233;conomique du commerce au loin , de la finance des profits de monopole et des sp&#233;culations . Il l'opposait &#224; l'&#233;conomie de march&#233; , c'est &#224; dire &#224; la sph&#232;re de l'&#233;change. Dans une perspective braudelienne. on pourrait parler aujourd'hui d'un capitalisme de la deuxi&#232;me mondialisation caract&#233;ris&#233; par une r&#233;volution technologique, une lib&#233;ralisation des &#233;changes et des mouvements de capitaux mais moins par les mouvements d'hommes &#224; la diff&#233;rence de la premi&#232;re mondialisation, celle de la fin du XIX&#232;me si&#232;cle Mais ce ne serait qu'une vue partielle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec mes coll&#232;gues &#233;conomistes, je pourrais d&#233;finir simplement le capitalisme comme un r&#233;gime &#233;conomique d&#233;centralis&#233; bas&#233; sur les libert&#233;s marchandes et les droits de propri&#233;t&#233;.Mais la d&#233;finition manque de sp&#233;cificit&#233;. Depuis l'effondrement des alternatives communistes et tiersmondistes au capitalisme, la propri&#233;t&#233; et l'&#233;change libre paraissent constituer un horizon ind&#233;passable sur toute la surface de la plan&#232;te..&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans une perspective &#224; la Polanyi, on peut essayer de cerner les traits de la grande transformation que nous vivons aujourd'hui. Trois &#233;volutions majeures marquent la sph&#232;re &#233;conomique : La mondialisation avec l'acc&#233;l&#233;ration des &#233;changes et des exportations de capitaux qu'elle a port&#233; &#224; un niveau sans cesse plus &#233;lev&#233;. La r&#233;volution des technologies de l'information qui a ouvert un nouveau cycle de consommation et de gains de productivit&#233; du travail. La financiarisation enfin de l'&#233;conomie qui amplifie les deux pr&#233;c&#233;dentes. La sph&#232;re politique se caract&#233;rise quant &#224; elle par deux grandes &#233;volutions : d'une part la constitution d'entit&#233;s r&#233;gionales comme Union Europ&#233;enne, et d'autre part l'apparition de nouveaux organes de r&#233;gulation au sein et au dehors des &#233;tats, &#224; l'instar de l'OMC,des banques centrales ind&#233;pendantes, ou des autorit&#233;s administratives ind&#233;pendantes. Ces organes sont des instances qui &#233;chappent aux sanctions du suffrage universel, et qui, dot&#233;s du pouvoir d'arbitrer, sont devenus des &#233;l&#233;ments d&#233;cisifs de la r&#233;gulation &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Peut-on s'arr&#234;ter un moment sur les traits du capitalisme contemporain ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; De mani&#232;re plus analytique, on peut d&#233;finir les diff&#233;rentes vari&#233;t&#233;s de capitalisme par l'articulation de trois rapports : propri&#233;t&#233;-pouvoir, salarial, et de r&#233;gulation.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport propri&#233;t&#233;-pouvoir porte notamment sur la r&#233;partition de la d&#233;tention du capital, les droits li&#233;s &#224; cette d&#233;tention, et le financement des entreprises. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le rapport salarial porte sur le statut du salari&#233; dans l'entreprise, le degr&#233; d'encadrement des conditions de mobilisation de la force de travail, et les m&#233;canismes de protection sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La troisi&#232;me rapport porte sur le r&#244;le de l'Etat en mati&#232;re de r&#233;gulation de l'activit&#233; &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on se limite &#224; pr&#233;sent &#224; la seule dimension propri&#233;t&#233;-pouvoir, deux &#233;volutions majeures sont intervenues au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es : la r&#233;volution des droits de propri&#233;t&#233; et la d&#233;sinterm&#233;diation du financement des entreprises.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le retour des droits de propri&#233;t&#233; a pris une forme visible avec la conversion des entreprises au discours et &#224; la pratique de la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire. Souvenons nous il y a simplement une vingtaine d'ann&#233;es on parlait encore de pouvoir de la technostructure, d'entreprises qui conciliaient int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s, des actionnaires et des consommateurs , le capitalisme des &#171; parties prenantes &#187; dominait partout, ; on parlait m&#234;me d'entreprises citoyennes. Le credo a radicalement chang&#233; dans les ann&#233;es 90 : l'entreprise, depuis, doit maximiser la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire et ses dirigeants ne doivent ob&#233;ir qu'&#224; un ma&#238;tre : l'actionnaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
La deuxi&#232;me grande transformation du capitalisme est la d&#233;sinterm&#233;diation du financement de l'&#233;conomie, ou, autrement dit, la financiarisation de l'&#233;conomie. L'ouvrage de Michel Albert, Capitalisme contre capitalisme, opposait le capitalisme interm&#233;di&#233; rh&#233;nan, caract&#233;ris&#233; par le contrat social institutionnalis&#233; et le financement par les hausbank au mod&#232;le am&#233;ricain du capitalisme financier, marqu&#233; par le contrat d'entreprise et la finance de march&#233;. Les capitalismes fran&#231;ais et allemand ont longtemps &#233;t&#233; des capitalismes interm&#233;di&#233;s. En Allemagne, les banques, les institutions, les partenaires sociaux &#233;taient tous partis prenantes du contrat social. Le capital &#233;tait limit&#233; par le compromis social ; les d&#233;tenteurs ultimes du capital n'&#233;taient pas ceux qui exer&#231;aient le pouvoir du capital. Les banques pr&#234;taient aux entreprises, elles collectaient les droits de vote des actionnaires, elles si&#233;geaient dans les conseils et garantissaient ainsi les strat&#233;gies industrielles de long terme. Dans le mod&#232;le fran&#231;ais traditionnel, l'Etat jouait un r&#244;le majeur dans la r&#233;gulation &#233;conomique, dans l'&#233;laboration du contrat social, et dans l'articulation capital/pouvoir. A l'inverse, le mod&#232;le am&#233;ricain &#233;tait celui du capitalisme de march&#233; financier. Dans ce mod&#232;le, les entreprises se financent directement sur le march&#233;, en faisant appel &#224; l'&#233;pargne des m&#233;nages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande &#233;volution des 20 derni&#232;res ann&#233;es r&#233;side dans le recul du capitalisme interm&#233;di&#233;. En France, ce recul se manifeste par le retrait de l'Etat de finance avec les privatisations et le repli du Tr&#233;sor. En Allemagne, il s'exprime par le d&#233;sengagement des grandes banques allemandes et de leur r&#244;le de t&#234;te de r&#233;seaux des entreprises. &lt;br class='autobr' /&gt;
Cette &#233;volution s'accompagne du d&#233;veloppement d'une industrie financi&#232;re, charg&#233;e d'analyser, de placer, d'assurer, de noter, de g&#233;rer le capital et son &#233;volution. Ces r&#244;les &#233;taient autrefois occup&#233;s par l'Etat, ou les grandes banques, acteurs centraux de l'octroi de cr&#233;dit. Dor&#233;navant, l'analyse du risque est op&#233;r&#233;e par cette nouvelle industrie : la r&#233;f&#233;rence n'est plus le cr&#233;dit, mais le capital action, l'equity. L'action, la fraction de capital, par d&#233;finition n'est pas interm&#233;di&#233;e. L'&#233;pargnant souscrit au capital d'une entreprise soit directement soit via une Sicav, un fonds de pension. Dans ce contexte, la relation capitaliste change de nature.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;volution vers un capitalisme de march&#233;s financiers a connu sa forme paroxystique dans les ann&#233;es 90 et s'est traduite par deux crises majeures : l'&#233;clatement de la bulle internet et le krach d'Enron. Il s'agit bien d'une r&#233;volution. Aujourd'hui, la logique dominante est celle du shareholders avec comme objectif la maximisation de la valeur pour l'actionnaire. Le d&#233;fi pour ce nouveau capitalisme est par cons&#233;quent de faire co&#239;ncider, d'aligner les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s sur les int&#233;r&#234;ts des actionnaires. Les stock-options, la distribution gratuite d'actions sont les principales r&#233;ponses mises en place par le nouveau management salari&#233;. Hier on &#233;tait encore dans une logique galbraithienne, l'entreprise &#233;tait une instance d'arbitrage qui conciliait des int&#233;r&#234;ts divergents : les int&#233;r&#234;ts du consommateur &#224; travers la baisse de prix, les int&#233;r&#234;ts des actionnaires &#224; travers les dividendes, et les int&#233;r&#234;ts des salari&#233;s &#224; travers la redistribution de la richesse cr&#233;&#233;e. Bref le management de l'entreprise reposait sur le mod&#232;le du stakeholders, mod&#232;le de conciliation d'int&#233;r&#234;ts divergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;La financiarisation de l'&#233;conomie est-elle une tendance lourde ou bien l'aboutissement d'un processus ? Le capitalisme a-t-il vraiment converg&#233; ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le capitalisme a converg&#233; dans sa dimension propri&#233;t&#233;-pouvoir. Comme je le soulignais au d&#233;part, cette dimension n'est qu'une des trois dimensions du capitalisme. On constate en effet que le rapport salarial, ainsi que le r&#244;le r&#233;gulateur de l'Etat restent tr&#233;s contrast&#233;s suivant les pays. Afin d'&#233;viter cette confusion s&#233;mantique, je pr&#233;f&#232;re pour ma part r&#233;server le terme de capitalisme &#224; la seule dimension patrimoniale et de d&#233;signer la combinaison des trois rapports par l'expression de r&#233;gime &#233;conomique et social. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Peut-on dire que le pouvoir s'est d&#233;plac&#233; vers le capital financier ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que l'industrie financi&#232;re est devenue surpuissante. Mais par rapport &#224; une probl&#233;matique traditionnelle sur le poids des diff&#233;rentes fractions du capital il est erron&#233; de dire que la branche financi&#232;re l'a emport&#233;, dans la mesure o&#249; le haut du pav&#233; est tenu par des grandes entreprises industrielles et financi&#232;res. GE est un groupe industriel et financier, les plus grands groupes mondiaux restent industriels.&lt;br class='autobr' /&gt;
La finance joue n&#233;anmoins un r&#244;le d&#233;terminant pour comprendre le m&#233;canisme de production, d'innovation mais aussi de consommation. L'explication majeure du boom &#233;conomique am&#233;ricain, malgr&#233; les crises &#233;conomiques &#224; r&#233;p&#233;tition, r&#233;side dans la capacit&#233; des am&#233;ricains &#224; inventer des m&#233;canismes financiers qui permettent de dig&#233;rer les chocs macro-&#233;conomiques tout en permettant un financement continu des entreprises et des m&#233;nages.. A titre d'exemple, un dispositif financier permet aux m&#233;nages am&#233;ricains de s'endetter sur l'appr&#233;ciation de leurs actifs immobiliers, ainsi ils peuvent continuer &#224; consommer m&#234;me en situation de stagnation &#233;conomique et de faible &#233;pargne gr&#226;ce &#224; cette mon&#233;tisation partielle de leurs actifs immobiliers. Ce ph&#233;nom&#232;ne de mon&#233;tisation des actifs permet de comprendre la dynamique m&#234;me de la consommation aux Etats-Unis. La finance est devenue la poutre ma&#238;tresse de cette &#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, la finance a devenue d&#233;cisive pour comprendre la politique macro &#233;conomique. Selon les th&#232;ses de certains &#233;conomistes, et notamment d'Anton Brender, la politique macro-&#233;conomique des Etats-Unis n'est pas pilot&#233;e par le gouvernement f&#233;d&#233;ral mais par le dialogue que la banque centrale entretient avec les march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La finance s'est install&#233;e au c&#339;ur du paysage. Les repr&#233;sentations ouvri&#233;ristes et manufacturi&#232;res sont tout &#224; fait obsol&#232;tes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;En ce qui concerne la mondialisation, on constate que les &#233;changes au sein de l'Union Europ&#233;enne sont pour 60% des &#233;changes intra-communautaires. Au regard de ce chiffre, quel jugement porter sur le degr&#233; de r&#233;alisation de la mondialisation et des cons&#233;quences de la r&#233;volution des technologies de l'information ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu de grands d&#233;bats entre &#233;conomistes sur la r&#233;alit&#233; de la r&#233;volution des technologies de l'information et sur la nouveaut&#233; de la mondialisation. Dans un cas comme dans l'autre on a pu faire valoir que l'internet n'&#233;tait pas l'&#233;lectricit&#233; de notre temps et que la mondialisation n'&#233;tait que la continuation des &#233;volutions constat&#233;es depuis 1945. Nulle rupture en effet n'appara&#238;t en mati&#232;re de d&#233;veloppement des &#233;changes dans la p&#233;riode 1989-1995..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces d&#233;bats importent peu en v&#233;rit&#233;. Certes l'internet n'est pas l'alpha et l'omega de la r&#233;volution des NTIC. Mais elle couronne un processus cumulatif de transformation. La premi&#232;re r&#233;volution num&#233;rique a eu lieu dans les ann&#233;es 1960 pour l'informatique, puis il y en eut une seconde dans les ann&#233;es 1970 pour les t&#233;l&#233;communications. Il y en eut une troisi&#232;me dans les ann&#233;es 1980 pour les diff&#233;rentes g&#233;n&#233;rations de microprocesseurs et une derni&#232;re dans les ann&#233;es 90 avec l'internet c'est &#224; dire le multimedia en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ces vagues d'innovation ne commencent &#224; faire syst&#232;me que dans les ann&#233;es 1990. Auparavant, aucune de ces &#233;tapes n'avait donn&#233; lieu &#224; des gains de productivit&#233; significatifs si bien que selon une boutade devenue fameuse on pouvait dire avec Solow &#171; les ordinateurs &#233;taient partout, sauf dans les statistiques de productivit&#233; &#187; ! La v&#233;ritable impulsion est donn&#233;e dans les ann&#233;es 90. Depuis 1995, on assiste de fa&#231;on continue &#224; des gains de productivit&#233; significatifs notamment dans les pays le plus t&#244;t engag&#233;s dans la r&#233;volution des NTIC comme les Etats-Unis, la Su&#232;de, la Finlande. A l'inverse, la France et l'Allemagne, subissent une stagnation &#224; faible niveau de leurs gains de productivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il en est de m&#234;me avec la mondialisation. Le Royaume Uni &#233;tait plus mondialis&#233; &#224; la fin du XIX&#232;me si&#232;cle qu'en 1980 si l'on en juge par l'impact du commerce exterieur sur le PIB. Mais l&#224; aussi peu importe la r&#233;alit&#233; est plus simple : depuis 1945 la croissance des &#233;changes internationaux se fait &#224; un rythme 2 &#224; 3 fois sup&#233;rieur &#224; celui du PIB. Au cours des ann&#233;es 90 il y a eu un v&#233;ritable d&#233;collage des exportations de capitaux pour la r&#233;alisation d'investissements. La croissance des &#233;changes et l'augmentation des flux direct d'investissement sont indiscutables, ils nourrissent l'expansion des pays d&#233;velopp&#233;s et des pays &#233;mergents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mondialisation, r&#233;volution technologique et financiarisation ont conduit &#224; une nouvelle division internationale des processus productifs. Les grandes entreprises ont du red&#233;finir leur portefeuille d'activit&#233;s et au sein de chaque activit&#233; les fonctions qu'ils conservaaoient et celles qu'ils externalisaient sur le territoire d'origine et ailleurs dans le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette strat&#233;gie repose sur trois piliers : le refocusing d&#233;signe l'op&#233;ration de recentrage sur le c&#339;ur de m&#233;tier ; l'outsourcing d&#233;signe l'externalisation de certaines activit&#233;s, et l'offshoring qui le terme anglo-saxon de la d&#233;localisation des activit&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une entreprise comme General Electric a externalis&#233; une s&#233;rie d'activit&#233; comme la paye et les relations client&#232;les. Ces activit&#233;s sont non seulement externalis&#233;es mais aussi d&#233;localis&#233;es. Les processus d'externalisation qui concernaient au d&#233;part des processus p&#233;riph&#233;riques comme la restauration, les transports ou les services routiniers touchent &#224; pr&#233;sent la production : Apple ne produit plus ses ordinateurs. Ce ph&#233;nom&#232;ne d'entreprises sans usines concerne non seulement l'informatique, mais aussi les t&#233;l&#233;coms et l'&#233;lectronique. L'entreprise de plus est moins ancr&#233;e dans le territoire national.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Quelles sont les cons&#233;quences de ces &#233;volutions pour le salariat, et la social-d&#233;mocratie ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les penseurs de la social-d&#233;mocratie allemande comme Fritz Scharpf sont saisis par ces &#233;volutions. Nul doute pour eux que dimension salariale, patrimoniale et r&#233;gulationniste seront contamin&#233;es. Ulrich Beck voit &#171; les barbares &#224; nos portes &#187;. On peut apporter &#224; cette question fondamentale plusieurs &#233;l&#233;ments de r&#233;ponses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;riode de financiarisation s'accompagne d'une forte cr&#233;ation d'emplois, des &#233;changes et au total d'une croissance soutenue dans le monde. Mais on constate en m&#234;me temps que cette dynamique a des effets locaux d&#233;vastateurs. Que devient un monde o&#249; des processus aussi rapides de r&#233;allocation des activit&#233;s se produisent. Pour nous, citoyens, consommateurs et travailleurs des pays d&#233;velopp&#233;s, la question essentielle est : par quoi remplace-t-on les activit&#233;s perdues ? si ces activit&#233;s sont remplac&#233;es par des activit&#233;s &#224; fort contenu technologique et donc &#224; forte qualification d'un c&#244;t&#233;, et par de nouveaux services aux entreprises bien r&#233;mun&#233;r&#233;s de l'autre, il est incontestable que le niveau global de la richesse du pays progresse. Si &#224; l'inverse, nous sommes entra&#238;n&#233;s du fait de la mont&#233;e en gamme des pays &#233;mergents dans une spirale de baisse des prix, alors nous pouvons &#234;tre inquiets pour la prosp&#233;rit&#233; future des pays aujourd'hui d&#233;velopp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A ce stade rien ne permet de donner cr&#233;dit &#224; l'hypoth&#232;se la plus pessimiste , la dynamique de sp&#233;cialisation, de division du travail et d'innovation est un jeu gagnant-gagnant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que faire alors pour les pays &#224; la tra&#238;ne comme la France ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les diff&#233;rents rapports parus r&#233;cemment pointent dans la m&#234;me direction, il s'agirait de lib&#233;raliser les march&#233;s du travail, des biens et des capitaux, de les rendre plus fluides pour faciliter l'adaptation &#224; la nouvelle donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je pense qu'il est difficile dans un contexte de fort ch&#244;mage de lib&#233;raliser le march&#233; du travail. Par contre je suis favorable &#224; une nouvelle lib&#233;ralisation des march&#233;s des biens et services d'une part du capital d'autre part. Je ne suis pas de ceux qui comme Michel Aglietta voient en termes n&#233;gatifs le processus actuel de d&#233;sinterm&#233;diation et de d&#233;veloppement des march&#233;s financiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, apr&#232;s le krach de la bulle Internet qui &#233;tait d'une violence comparable &#224; la crise de 29, on aurait pu craindre un effondrement de l'&#233;conomie. Dans la mesure o&#249; le risque n'&#233;tait pas port&#233; par les banques, mais qu'il &#233;tait dilu&#233;, saupoudr&#233; en pluie fine sur l'ensemble de la population, les effets ont &#233;t&#233; mineurs. Le krach n'a pas provoqu&#233; de faillite d'institutions bancaires. L'intervention de la banque centrale am&#233;ricaine a &#233;galement contribu&#233; &#224; amortir les effets de la crise. Les m&#233;nages ont emprunt&#233;, engendrant une flamb&#233;e immobili&#232;re ; gr&#226;ce aux outils de mon&#233;tisation des actifs immobiliers d&#233;crits pr&#233;c&#233;demment, la consommation a permis la reprise de l'activit&#233;, et le retour des investissements : les effets de la crise ont &#233;t&#233; limit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Mais est-ce que le syst&#232;me r&#233;sistera toujours aussi bien ? Certaines th&#232;ses sont bien plus alarmistes sur l'avenir du capitalisme aux Etats-Unis. &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1996, on a v&#233;cu une cascade de crises : asiatique, russe, mexicaines, LTCM, Bulle de l'internet, crise de confiance Enron-Vivendi etc. A chacune de ces crises, on a pu constater la tr&#232;s grande r&#233;silience du syst&#232;me, sa capacit&#233; &#224; absorber les chocs &#233;conomiques. L'ann&#233;e 2004, bien qu'ann&#233;e de crise, est aussi l'ann&#233;e de la plus forte croissance mondiale des 20 derni&#232;res ann&#233;es !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai que la croissance mondiale est tir&#233;e par le couple Etats-Unis/Chine. Les Etats-Unis importent deux fois plus qu'il n'exportent. Le d&#233;ficit commercial est abyssal, repr&#233;sentant 600 milliards de dollars. Le d&#233;ficit am&#233;ricain avec la Chine est de 120 milliards. Mais, les chinois acceptent de placer leurs exc&#233;dents colossaux en bons du tr&#233;sor am&#233;ricain, qui non seulement rapportent peu, mais en plus se d&#233;pr&#233;cient. Etats-Unis/Chine forment un couple solidaire liant le producteur chinois au consommateur am&#233;ricain, via une m&#233;diation financi&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment se distribue la nouvelle division internationale du travail ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vieux pays industriels sont en train de vivre une atrophie de leur c&#339;ur industriel. En m&#234;me temps, ce c&#339;ur repr&#233;sente 20% du PIB et 15% de l'emploi. Plusieurs cas de figure permettent de compenser, ou non, cette perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les am&#233;ricains ont accept&#233; la disparition de leurs industries et se sont red&#233;ploy&#233; vers le Hi-Tech et vers le service aux entreprises. L'Angleterre s'est sp&#233;cialis&#233;e dans l'industrie financi&#232;re ; l'Allemagne au contraire a valoris&#233; ses comp&#233;tences industrielles. La France quant &#224; elle ne dispose d'aucun avantage particulier, ni dans l'industrie, ni dans les hautes technologies, ni dans la finance, et ni dans le service aux entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Trois objectifs ?&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; un capitalisme mondialis&#233; et financiaris&#233; organisant une nouvelle division internationale du travail, la r&#233;ponse des social d&#233;mocraties nordiques a &#233;t&#233; de b&#226;tir un nouveau compromis. Trois &#233;l&#233;ments me paraissent devoir se d&#233;gager. 1/ Dynamiser la cr&#233;ation de richesses en favorisant la mutation &#233;conomique par des politiques de l'offre : investissement dans l'excellence en &#233;ducation, accroissement des moyens pour la recherche, accompagnement des red&#233;ploiements. 2/ Refonder le compromis social : la demande de flexibilit&#233; est n&#233;goci&#233;e contre une exigence de s&#233;curisation des parcours professionnels des salari&#233;s. 3 / Refuser la seule logique de la cr&#233;ation de valeur pour l'actionnaire en affirmant la &#171; responsabilit&#233; sociale et environnementale &#187; de l'entreprise &#224; l'&#233;gard des diff&#233;rentes parties prenantes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.parti-socialiste.fr/tiki-index.php?page=revue_socialiste" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Revue Socialiste&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'Etat r&#233;gulateur</title>
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&lt;p&gt;Dans un article r&#233;cent du Wirtschaftswoche, Annette Ruess et Lothar Schnitzler s'interrogent : comment fait la France &#224; l'&#232;re de la mondialisation et de l'int&#233;gration europ&#233;enne pour r&#233;ussir &#224; aligner tant d'entreprises dans le Top 500 de Fortune, pour surmonter les difficult&#233;s qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;es fatales &#224; d'autres, et pour prendre l'ascendant sur ses partenaires. Pour eux, la r&#233;ponse est double : d'une part, l'Etat Fran&#231;ais soutient par tous les moyens disponibles ses champions nationaux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans un article r&#233;cent du Wirtschaftswoche, Annette Ruess et Lothar Schnitzler s'interrogent : comment fait la France &#224; l'&#232;re de la mondialisation et de l'int&#233;gration europ&#233;enne pour r&#233;ussir &#224; aligner tant d'entreprises dans le Top 500 de Fortune, pour surmonter les difficult&#233;s qui se sont r&#233;v&#233;l&#233;es fatales &#224; d'autres, et pour prendre l'ascendant sur ses partenaires. Pour eux, la r&#233;ponse est double : d'une part, l'Etat Fran&#231;ais soutient par tous les moyens disponibles ses champions nationaux et d'autre part les leaders industriels issus de l'appareil d'Etat ont &#233;t&#233; &#171; dress&#233;s &#224; &#234;tre les premiers &#187;. Ce constat ne manque pas de surprendre au moment o&#249; la repr&#233;sentation dominante en France est plut&#244;t celle d'un Etat impuissant, au moment o&#249; l'on d&#233;bat du d&#233;clin d'une France cens&#233;e impossible &#224; r&#233;former et o&#249; le Pr&#233;sident Chirac en appelle &#224; l'Europe pour arr&#234;ter le mouvement de d&#233;sindustrialisation. Peut-on r&#233;concilier ces deux images ? Au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, l'Etat a clairement influenc&#233; l'&#233;conomie fran&#231;aise en lui donnant comme objectif l'insertion dans une &#233;conomie europ&#233;enne et mondiale lib&#233;ralis&#233;e. Un mod&#232;le qui, s'il a pu un temps faire des champions nationaux des entreprises mondiales de premier plan touche maintenant les limites d'une construction europ&#233;enne en crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du capitalisme d'Etat &#224; un capitalisme de march&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour saisir l'&#233;volution radicale du capitalisme fran&#231;ais au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es et du r&#244;le qu'y a jou&#233; l'Etat, il importe d'en rappeler les dispositifs essentiels. Apr&#232;s 1945 la France n'adopte pas seulement la panoplie des politiques keyn&#233;siennes, elle se dote d'un Etat d&#233;veloppeur et d'institutions assurant &#224; l'Etat la direction de l'&#233;conomie. Ces politiques et ces institutions ont contribu&#233; &#224; la forte croissance des &#171; trente &#187; glorieuses et plus encore &#224; une sp&#233;cialisation industrielle dans quelques secteurs. Soixante ans apr&#232;s la France compte encore parmi ses points forts le nucl&#233;aire, l'a&#233;ronautique, l'espace, les t&#233;l&#233;com, et l'&#233;nergie. Les champions nationaux issus de cette strat&#233;gie de rattrapage et d'&#233;quipement national ont pour l'essentiel r&#233;ussi leur mue en entreprises d'une &#233;conomie globalis&#233;e. Un pouvoir oligarchique, une id&#233;ologie de service public, les nationalisations puis les privatisations, n'ont apparemment pas alt&#233;r&#233; la comp&#233;titivit&#233; de ces entreprises. L'&#233;conomie de financements administr&#233;s, le compromis social-inflationniste (cf. infra) et la politique des grands projets constituent les trois masses de granit de ce mod&#232;le fran&#231;ais de reconstruction puis d'expansion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jusqu'au grand tournant de 1983, l'Etat fran&#231;ais contr&#244;lait les prix, le cr&#233;dit, le change, l'essentiel du syst&#232;me bancaire et financier, les autorit&#233;s de r&#233;gulation et m&#234;me la Banque de France. A travers la politique du cr&#233;dit, les guichets sp&#233;cialis&#233;s du Tr&#233;sor, les institutions financi&#232;res sp&#233;cialis&#233;es, les proc&#233;dures de bonification&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;bonification : proc&#233;dure par laquelle l'Etat prend en charge une partie du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, l'Etat s'&#233;tait pour l'essentiel substitu&#233; aux march&#233;s financiers pour le financement de l'&#233;conomie. Dans ce type de capitalisme, il existe un march&#233; des biens et services (m&#234;me s'il est contr&#244;l&#233;) mais pas de march&#233; des facteurs de production. L'allocation des ressources est trop importante pour &#234;tre abandonn&#233;e au march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les grands projets d'origine politico-militaire qui ont donn&#233; naissance aux champions nationaux (CGE, Thomson, Elf-Erap, Aerospatiale), &#224; d'ambitieux programmes d'&#233;quipement du territoire (rail, electricit&#233;, telecom etc...) et &#224; de puissants acteurs publics (France T&#233;l&#233;com, EdF, Cogema ...) constituent le c&#339;ur des politiques industrielles. Ces grands projets sont &#224; la base de ce que nous avons nomm&#233; le &#171; Colbertisme high tech &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le compromis social inflationniste constitue le troisi&#232;me bloc du mod&#232;le. Lorsqu'un capitalisme affaibli et &#233;miett&#233; ne peut b&#226;tir, sur le terrain, des compromis avec un syndicalisme de lutte des classes, c'est &#224; l'Etat qu'il appartient de le faire. Un syst&#232;me social protecteur et cog&#233;r&#233;, une indexation des salaires sur les prix voire une garantie d'augmentation du pouvoir d'achat dans un contexte de prix administr&#233;s ne laisse gu&#232;re de marges de man&#339;uvre aux entreprises. C'est donc par l'inflation (qui d&#233;valorise les dettes) et la d&#233;valuation (qui redonne de la comp&#233;titivit&#233;) que le syst&#232;me est r&#233;gul&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat d&#233;veloppeur a donc pu disposer de la pleine ma&#238;trise du syst&#232;me financier (la galaxie du Tr&#233;sor), de l'essentiel des relais industriels et des consid&#233;rables ressources de l'Etat r&#233;galien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transition vers un capitalisme de march&#233;s financiers&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;sinflation comp&#233;titive&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;d&#233;sinflation comp&#233;titive : politique qui consiste, dans un r&#233;gime de taux de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, le march&#233; unique europ&#233;en et l'instauration d'un capitalisme de march&#233;s financiers constituent les trois axes majeurs du nouveau mod&#232;le fran&#231;ais &#224; partir de 1983. En faisant de la d&#233;sinflation l'objectif majeur de sa politique et de l'int&#233;gration europ&#233;enne l&#8216;horizon ind&#233;passable, les gouvernements fran&#231;ais successifs vont s'engager dans une r&#233;forme &#233;conomique majeure. En effet, &#224; partir du moment o&#249; la lutte contre l'inflation devient l'objectif dominant, les politiques mon&#233;taires discr&#233;tionnaires de l'Etat fran&#231;ais deviennent suspectes car elle mettent en cause le couplage franco-allemand (d&#233;valuer le franc par rapport au mark revenait &#224; exporter les probl&#232;mes chez nos voisins). A partir du moment o&#249; la r&#233;alisation du march&#233; unique devient centrale, les politiques de grands projets, de protectionnisme offensif, l'usage dynamique de la commande publique deviennent hors la loi. Enfin, &#224; partir du moment o&#249; la libre circulation des capitaux est adopt&#233;e dans un contexte marqu&#233; de surcro&#238;t par l'acc&#233;l&#233;ration des privatisations, un vaste march&#233; du contr&#244;le priv&#233; des entreprises &#233;merge. D&#232;s lors on comprend la substitution progressive de politiques automatiques aux politiques discr&#233;tionnaires (respect d'une norme de progression de la masse mon&#233;taire au lieu de contr&#244;le du cr&#233;dit), d'autorit&#233;s ind&#233;pendantes aux administrations nationales (Autorit&#233; de r&#233;gulation des t&#233;l&#233;communications &#224; la place du Ministre des PTT) et de r&#232;gles de march&#233; aux choix politiques en mati&#232;re industrielle (r&#244;le croissant de la Direction g&#233;n&#233;rale de la concurrence du commissaire europ&#233;en Mario Monti)...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, a partir de 1984, soit deux ans &#224; peine apr&#232;s une nationalisation quasi-int&#233;grale du syst&#232;me financier, le capitalisme fran&#231;ais va &#234;tre soumis au double choc de la d&#233;r&#233;glementation import&#233;e et de la politique d'innovation financi&#232;re voulue par Pierre B&#233;r&#233;govoy. En quelques ann&#233;es, le syst&#232;me financier fran&#231;ais va profond&#233;ment &#233;voluer dans le sens de la d&#233;sp&#233;cialisation des banques, de la d&#233;sinterm&#233;diation&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;d&#233;sinterm&#233;diation : passage d'un syst&#232;me de financement de l'&#233;conomie o&#249; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt;, de la d&#233;bonification du cr&#233;dit, de la banalisation des circuits. La distance entre banques et entreprises s'accro&#238;t &#224; nouveau. Parall&#232;lement l'&#201;tat supprime les dispositifs administratifs d'intervention industrielle (fermeture des diff&#233;rents guichets d'aides, renonciation aux plans sectoriels, ouverture &#224; l'investissement &#233;tranger).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;r&#233;glementant les march&#233;s financiers et mieux encore en d&#233;fiscalisant l'&#233;pargne, l'&#201;tat va favoriser l'expansion des march&#233;s et faciliter le financement des entreprises. La recapitalisation des entreprises fran&#231;aises a pu alors se faire gr&#226;ce au recours &#224; des march&#233;s financiers en plein essor. &lt;br class='autobr' /&gt;
Toutefois en proc&#233;dant &#224; des privatisations avec noyaux durs&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt; [&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;noyaux durs : participations crois&#233;es entre le capital de plusieurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;]&lt;/span&gt; et en ne mettant pas en place des fonds de pension, le gouvernement Balladur va cr&#233;er une structure capitaliste fragile qui avec le d&#233;nouement des noyaux durs fera de la place de Paris la plus ouverte en Europe et du capital fran&#231;ais celui qui est le plus largement d&#233;tenu par des investisseurs &#233;trangers. Aujourd'hui les chiffres sont particuli&#232;rement &#233;loquents. 50 % du capital des soci&#233;t&#233;s du CAC40 et 37,8 % du capital des soci&#233;t&#233;s fran&#231;aises cot&#233;es selon les derniers chiffres de la Banque de France seraient d&#233;tenus par des investisseurs &#233;trangers. Des champions nationaux de nagu&#232;re comme TotalFinaElf ou CapGemini ou Vivendi ou Alstom sont d&#233;tenus a plus de 60 % par des investisseurs &#233;trangers. A titre de comparaison, le taux de d&#233;tention par les non r&#233;sidents n'atteint pas 10 % dans les pays d&#233;velopp&#233;s (Etats Unis 5 %, Allemagne et Japon 9 %). En ne voulant pas des fonds de pension fran&#231;ais mais en privatisant &#224; outrance la France a de fait invit&#233; les fonds de pension &#233;trangers &#224; devenir les ma&#238;tres du jeu sur le march&#233; fran&#231;ais. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des entreprises publiques en ruine&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat peut d&#233;l&#233;guer &#224; l'Europe la d&#233;finition d'une ou plusieurs politiques sectorielles, il peut c&#233;der des entreprises du secteur public, il peut lib&#233;raliser un secteur d'activit&#233;, il peut m&#234;me transf&#233;rer une comp&#233;tence r&#233;galienne &#224; une autorit&#233; administrative ind&#233;pendante mais il reste en charge des entreprises publiques. La quasi-faillite de France Telecom et les difficult&#233;s r&#233;currentes d'EdF ou de la Poste ont conduit le Parlement &#224; dresser un &#233;tat des lieux du secteur public et il est accablant. Au del&#224; des responsabilit&#233;s individuelles et des effets de contexte c'est un appareil d'Etat en ruines que d&#233;crivent les rapporteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat ne dispose pas d'une capacit&#233; d'expertise propre. Le propos peut surprendre ceux qui ont vu &#224; l'&#339;uvre la Direction du Tr&#233;sor ou d'anciennes directions de l'Industrie dans des temps qui ne sont pas si lointains. Mais force est de constater la modicit&#233; des moyens et la difficile mobilisation des &#233;quipes des minist&#232;res techniques. Le repr&#233;sentant du Tr&#233;sor cumulait ainsi la charge du suivi de France T&#233;l&#233;com avec celle d'Edf et d'Areva, surveillant &#224; lui tout seul le travail de quelques milliers de cadres et d'ing&#233;nieurs ! Pour pallier ses d&#233;ficiences, l'Etat recourt alors &#224; des expertises ext&#233;rieures, notamment les grandes banques anglo-saxonnes. Une mobilisation intense de banquiers d'affaires europ&#233;ens et am&#233;ricains parfaitement interchangeables tient ainsi lieu de contre-expertise, sur la strat&#233;gie de l'op&#233;rateur public. Comme un accord donn&#233; par un Ministre &#224; un PDG d'entreprise publique l&#232;ve les objections de services dont on a vu par ailleurs la faible expertise propre, on peut presque dire qu'une discussion de caf&#233; du commerce avec des ministres vaut validation de la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Deux enseignements majeurs peuvent &#234;tre tir&#233;s de l'exp&#233;rience de gestion des entreprises publiques au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es. La premi&#232;re est que le retrait de l'Etat de la sc&#232;ne industrielle depuis le grand tournant de 1984, a si bien r&#233;ussi que les entreprises du secteur public sont devenues orphelines, sans orientation, tutelle ni contr&#244;le. Certes des r&#232;gles formelles sont observ&#233;es, mais aucun contre-pouvoir ne s'exerce sur leurs directions, hors les cas de crise manifestes. La deuxi&#232;me est que l'ouverture partielle du capital dont on pouvait esp&#233;rer qu'il r&#233;unirait le meilleur des deux mondes, celui du public, avec la prise en charge du long terme et une insensibilit&#233; aux diktats des march&#233;s financiers, celui du priv&#233; avec la rigueur de gestion et l'interdiction des pr&#233;dations financi&#232;res par un Etat appauvri, a en fait combin&#233; le pire des deux mondes. La pr&#233;sence du capital priv&#233; a musel&#233; l'Etat et ses tutelles. La pr&#233;sence du capital public majoritaire a d&#233;sarm&#233; le contr&#244;le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au nom de l'Europe et pour conjurer les risques du d&#233;couplage, Fran&#231;ois Mitterrand avait fait le choix du grand virage lib&#233;ral en 1983 mais dans le cadre d'un Etat social maintenu et renforc&#233; : le march&#233; unique, la d&#233;sinflation comp&#233;titive et l'abandon des politiques industrielles volontaristes en ont &#233;t&#233; les r&#233;sultats marquants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Toujours au nom de l'Europe et pour ins&#233;rer la France dans une &#233;conomie mondialis&#233;e, la gauche puis la droite au pouvoir font en 1992/1993 le choix de la monnaie unique et acceptent d'en payer le prix imm&#233;diat en termes de croissance et d'emploi. L'acc&#233;l&#233;ration des privatisations, la lib&#233;ralisation des services publics, la transition vers un capitalisme de march&#233;s financiers et la mondialisation des grandes firmes fran&#231;aises en seront les principales manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, en prenant des libert&#233;s avec le Pacte de stabilit&#233;, en d&#233;non&#231;ant la responsabilit&#233; de Bruxelles dans la d&#233;sindustrialisation, en faisant du sauvetage d'Alstom une cause nationale, le gouvernement fran&#231;ais soutenu par l'Allemagne ont pris la responsabilit&#233; en 2003 d'une crise europ&#233;enne majeure. Face &#224; cette panne de l'Europe, qui a motiv&#233; l'orientation des politiques fran&#231;aises au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es, nul n'est capable d'articuler des propositions de relance europ&#233;enne tr&#232;s convaincantes. Plus qu'&#224; une incapacit&#233; de r&#233;former notre &#233;conomie ou &#224; une volont&#233; de retour d'un contr&#244;le fort de l'Etat sur l'&#233;conomie, nous assistons davantage &#224; l'&#233;puisement d'une politique et d'une dynamique de r&#233;forme initi&#233;es par la volont&#233; de faire l'Europe.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.alternatives-economiques.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Alternatives &#201;conomiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;bonification : proc&#233;dure par laquelle l'Etat prend en charge une partie du co&#251;t d'un emprunt afin qu'il revienne moins cher pour les entreprises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;d&#233;sinflation comp&#233;titive : politique qui consiste, dans un r&#233;gime de taux de change fixe comme l'&#233;tait le syst&#232;me mon&#233;taire europ&#233;en, &#224; rechercher une inflation plus faible que ses voisins afin de gagner en comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;d&#233;sinterm&#233;diation : passage d'un syst&#232;me de financement de l'&#233;conomie o&#249; l'Etat et les entreprises se financent de moins en moins par les pr&#234;ts bancaires et de plus en plus par le recours aux march&#233;s financiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmla&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;[&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt;] &lt;/span&gt;&lt;span class=&#034;csfoo htmlb&#034;&gt;&lt;/span&gt;noyaux durs : participations crois&#233;es entre le capital de plusieurs entreprises qui emp&#234;chent &#224; d'autres actionnaires de s'emparer de leur contr&#244;le.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dans le Fortune 500 , sur les 50 secteurs la France aligne 10 num&#233;ros &#8216;1' sectoriels alors que les allemands n'en alignent que 4, Wirtschaftswoche du 19 F&#233;vrier 2004&lt;br /&gt; Mondialisation et recomposition du capital des entreprises, Rapport du groupe de travail pr&#233;sid&#233; par Michel Dietsch, Commissariat G&#233;n&#233;ral du Plan, 2004.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Faut-il ma&#238;triser les d&#233;penses de sant&#233; ?</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Faut-il-maitriser-les-depenses-de-sante.html</link>
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		<dc:subject>Sant&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Finance</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>
		<dc:subject>Grands &#233;quilibres</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;formes</dc:subject>

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&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; est lanc&#233;. Trois id&#233;es paraissent faire consensus parmi les d&#233;cideurs : il faut ma&#238;triser les d&#233;penses de sant&#233;, en partager la charge entre assurances, mutuelles et s&#233;curit&#233; sociale et responsabiliser financi&#232;rement le patient. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais pourquoi faudrait-il limiter les d&#233;penses de sant&#233; ? Chacun de nous aspire l&#233;gitimement &#224; vivre en bonne sant&#233; et nul ne voit de raison a priori de stimuler la consommation de loisirs et de limiter la consommation (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/-2004-.html" rel="directory"&gt;2004&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Sante-+.html" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Finance-+.html" rel="tag"&gt;Finance&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Varietes-nationales-+.html" rel="tag"&gt;Vari&#233;t&#233;s nationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Grands-equilibres-+.html" rel="tag"&gt;Grands &#233;quilibres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Reformes-+.html" rel="tag"&gt;R&#233;formes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le d&#233;bat sur la r&#233;forme du syst&#232;me de sant&#233; est lanc&#233;. Trois id&#233;es paraissent faire consensus parmi les d&#233;cideurs : il faut ma&#238;triser les d&#233;penses de sant&#233;, en partager la charge entre assurances, mutuelles et s&#233;curit&#233; sociale et responsabiliser financi&#232;rement le patient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pourquoi faudrait-il limiter les d&#233;penses de sant&#233; ? Chacun de nous aspire l&#233;gitimement &#224; vivre en bonne sant&#233; et nul ne voit de raison a priori de stimuler la consommation de loisirs et de limiter la consommation de services de sant&#233;. L'aspiration individuelle &#224; la bonne forme, l'allongement de la dur&#233;e de la vie et la sophistication technologique des soins, ouvrent de surcro&#238;t de fortes perspectives de croissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au moment o&#249; les angoisses du ch&#244;mage et des d&#233;localisations refont surface, les services de sant&#233; ont cet avantage de mobiliser surtout du travail domestique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Les services de sant&#233; sont de plus des pourvoyeurs en emplois tr&#232;s qualifi&#233;s et moins qualifi&#233;s. Le personnel hospitalier, m&#233;dical, pharmaceutique requi&#232;rt une formation longue d&#233;bouchant sur des carri&#232;res bien r&#233;mun&#233;r&#233;es. Les services &#224; la personne connaissent une tr&#232;s forte croissance avec le vieillissement et la d&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin le secteur de la sant&#233; est un des moteurs de la croissance des activit&#233;s high-tech. Les sciences du vivant, les biotechnologies, les nouveaux mat&#233;riaux contribuent &#224; cette &#233;conomie de la sant&#233; en forte expansion. La d&#233;pense de sant&#233; qui croit plus vite que le PIB peut donc continuer &#224; cro&#238;tre et il n'y a pas de raison &#233;conomique de lui pr&#233;f&#233;rer la consommation vestimentaire, de loisirs ou de transports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vouloir un nouveau partage du remboursement des soins entre S&#233;cu, mutuelles et assurances priv&#233;es est une autre curiosit&#233;. C'est une solution au probl&#232;me du d&#233;ficit, nous dit-on, mais en quoi ? Si, formellement, la prise en charge de la d&#233;pense de sant&#233; est partag&#233;e entre s&#233;cu obligatoire et mutuelle volontaire, en pratique il s'agit dans les deux cas de pr&#233;l&#232;vements obligatoires. 85% des assur&#233;s sociaux ont une assurance compl&#233;mentaire. L'actuel Gouvernement entend m&#234;me par des dispositifs fiscaux incitatifs faire en sorte que tous les assur&#233;s sociaux aient une compl&#233;mentaire maladie. En 2003, une partie du d&#233;ficit de la S&#233;cu a &#233;t&#233; prise en charge par les assurances compl&#233;mentaires. Le transfert de charges de 1,2 milliard d'euros a provoqu&#233; une hausse des cotisations aux mutuelles de 10%. O&#249; est la diff&#233;rence pour l'usager qui n'y peut mais entre une augmentation de la CSG et une augmentation subie des cotisations &#224; l'assurance &#171; volontaire &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on ajoute que les co&#251;ts de gestion de la s&#233;cu sont faibles et que les assurances priv&#233;es devront d&#233;gager des marges pour rentabiliser le capital employ&#233;, on se perd en conjectures sur l'int&#233;r&#234;t de ce syst&#232;me &#224; trois &#233;tages ? L'argument qui consiste &#224; dire que demain on ne laissera &#224; l'assurance priv&#233;e que les bras cass&#233;s au ski et les appareillages dentaire, visuel ou auditif est doublement simplificateur : ces appareillages sont parfois vitaux et les bras cass&#233;s t&#233;moignent au moins d'un engagement sportif qu'il ne faudrait pas p&#233;naliser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La responsabilisation financi&#232;re du patient doit permettre de mettre un terme au nomadisme, nous dit-on. Mais pourquoi ce qu'on n'a pu obtenir avec le ticket mod&#233;rateur ou le forfait hospitalier serait plus facilement acquis avec le d&#233;veloppement de l'assurance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la v&#233;rit&#233;, derri&#232;re cette th&#233;matique de la ma&#238;trise, du partage et de la responsabilisation se posent de redoutables probl&#232;mes que personne n'entend ni expliciter, ni, a fortiori, r&#233;soudre 1- D&#232;s lors qu'on sort d'un syst&#232;me universel de prise en charge du soin , quelle est la part de la d&#233;pense qu'on socialise et quelle est la part qu'on laisse vraiment &#224; l'usager final ? 2- D&#232;s lors qu'on entend maintenir une stricte &#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s aux soins les plus lourds, qui d&#233;finit le grand risque et le petit risque et comment s'assurer qu'un d&#233;faut de pr&#233;vention ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas en pathologie lourde ? 3- D&#232;s lors que l'on maintient le monolithisme du syst&#232;me de soins avec les caisses de s&#233;curit&#233; sociale comme payeurs passifs et les mutuelles comme payeurs subordonn&#233;s, comment esp&#233;rer qu'une gestion moins gaspilleuse s'instaure ? Comment ce qui n'a pas &#233;t&#233; possible hier, le d&#233;remboursement des cures, de l'hom&#233;opathie ou des veinotoniques, la g&#233;n&#233;ralisation du livret de sant&#233;, du m&#233;decin r&#233;f&#233;rent ... deviendrait soudain possible demain ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait dans le d&#233;bat qui s'esquisse tout se passe comme si les partisans d'une &#233;conomie administr&#233;e de soins se r&#233;signaient &#224; terme au nom de l'&#233;galit&#233; au rationnement et comme si les partisans d'une &#233;conomie concurrentielle, au nom de la comp&#233;titivit&#233;, se r&#233;signaient &#224; l'in&#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s aux soins. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car qu'on ne s'y trompe pas le rationnement des soins a commenc&#233; . La fermeture de lits, de services, les listes d'attente pour les &#233;tablissements de long s&#233;jour, pour les soins palliatifs, la gestion sanitaire de la canicule et au-del&#224; la p&#233;nurie des personnels soignants hospitaliers en t&#233;moignent. Si la distinction entre le gros risque socialis&#233;, le petit risque mutualis&#233; et la m&#233;decine de confort laiss&#233;e &#224; l'assurance priv&#233;e para&#238;t coh&#233;rente sur le papier, qui ne voit les risques pour la sant&#233; publique du classement plus ou moins arbitraire de telle ou telle pathologie dans tel ou tel panier de soins. &lt;br class='autobr' /&gt;
cEn l'&#233;tat actuel du d&#233;bat, Le choix est donc entre deux mauvaises solutions : entre une ma&#238;trise par l'&#233;conomie administr&#233;e qui ne marche pas et un syst&#232;me formellement diversifi&#233; mais qui aggravera l'in&#233;galit&#233; dans l'acc&#232;s aux soins.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.liberation.fr" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Lib&#233;ration&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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		<title>Politique industrielle : l'effondrement de l'appareil d'Etat</title>
		<link>https://elie-cohen.eu/Politique-industrielle-l-effondrement-de-l-appareil-d-Etat.html</link>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
		<dc:subject>Colbertisme high-tech</dc:subject>
		<dc:subject>March&#233; unique-Euro</dc:subject>
		<dc:subject>Nationalisation Privatisation</dc:subject>
		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>

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&lt;p&gt;Janvier 2003 J.Chirac, T.Blair et G.Shr&#246;der s&#8216;adressent &#224; la pr&#233;sidence de l'Union pour s'inqui&#233;ter de la d&#233;sindustrialisation europ&#233;enne et d&#233;noncer l'indiff&#233;rence de la Commission. L'initiative peut para&#238;tre &#233;trange. Quoi de plus h&#233;t&#233;roclite que cet assemblage de partisans et d'adversaires de l'intervention de l'Etat en industrie, quoi de plus irr&#233;aliste que de s'adresser &#224; une instance qu'on a d&#233;pouill&#233;e de moyens d'intervention sauf en mati&#232;re concurrentielle et commerciale, quoi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Janvier 2003 J.Chirac, T.Blair et G.Shr&#246;der s&#8216;adressent &#224; la pr&#233;sidence de l'Union pour s'inqui&#233;ter de la d&#233;sindustrialisation europ&#233;enne et d&#233;noncer l'indiff&#233;rence de la Commission. L'initiative peut para&#238;tre &#233;trange. Quoi de plus h&#233;t&#233;roclite que cet assemblage de partisans et d'adversaires de l'intervention de l'Etat en industrie, quoi de plus irr&#233;aliste que de s'adresser &#224; une instance qu'on a d&#233;pouill&#233;e de moyens d'intervention sauf en mati&#232;re concurrentielle et commerciale, quoi de plus singulier que de solliciter un Pr&#233;sident de la Commission aux moyens d&#233;risoires pour lever l'&#233;tendard de l'industrie europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le Pr&#233;sident Prodi pr&#233;pare une communication sur la d&#233;sindustrialisation et les moyens d'y rem&#233;dier. Erkki Likanen, commissaire aux entreprises relance la th&#233;matique de la politique industrielle dans une Europe &#233;largie. Assisterait-on a lors &#224; un retour de la politique industrielle ? L'h&#233;g&#233;monie am&#233;ricaine dans le &#171; high -tech &#187; et la mont&#233;e en puissance de la Chine comme atelier du monde auraient-ils r&#233;veill&#233; une Europe alanguie &#224; la croissance atone et aux perspectives m&#233;diocres ? La r&#233;ponse a &#233;t&#233; apport&#233;e sous trois formes : application des r&#232;gles sur les aides publiques pour traiter le cas Alstom, refus d'amender le pacte de stabilit&#233; pour tenir compte des efforts de recherche et d'investissement, refus de la Convention de revenir sur le Trait&#233; de Maastricht en mati&#232;re de politique industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la v&#233;rit&#233;, cette singuli&#232;re initiative r&#233;sume bien l'impasse europ&#233;enne en mati&#232;re de politiques de promotion du syst&#232;me productif. En s'adressant &#224; Bruxelles, Blair, Shroder et Chirac manifestent d'abord leur d&#233;sarroi face &#224; des &#233;volutions industrielles qui inqui&#232;tent les opinions publiques, ils reconnaissent qu'ils ont renonc&#233; &#224; l'intervention sectorielle au niveau national, ils s'alarment de l'&#233;chec relatif des politiques impuls&#233;es au niveau communautaire pour faire de l'Europe &#171; l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive au XXI&#232;me si&#232;cle &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce chapitre consacr&#233; &#224; la politique industrielle en France, nous essaierons dans un premier temps de rendre compte de la r&#232;gle du jeu qui s'est progressivement impos&#233;e entre Bruxelles et Paris &#224; partir de 1983. Dans un deuxi&#232;me temps, nous essaierons de voir quelles cons&#233;quences institutionnelles pour la gestion du secteur public l'Etat fran&#231;ais a tir&#233; de ce nouveau partage, la privatisation &#233;tant alors un vecteur majeur de politique industrielle. Dans un troisi&#232;me temps, nous essaierons d'identifier les nouveaux r&#233;pertoires de l'action publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;1/ Politiques industrielles en France : le partage Paris-Bruxelles&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une perspective historique, trois situations de politique industrielle nationale doivent &#234;tre distingu&#233;s : les conditions de l'intervention de l'Etat sont diff&#233;rents selon que l'Etat se trouve face &#224; des acteurs industriels puissants dont il entend d&#233;finir les structures et pr&#233;d&#233;terminer les orientations (Etat-auxilliaire) ; face &#224; des canards boiteux politiquement et socialement d&#233;stabilisateurs (Etat-brancardier) ; ou confront&#233; &#224; l'absence de tout acteur industriel dans un secteur d&#233;cisif pour l'ind&#233;pendance nationale, c'est alors le domaine d'&#233;lection des grands projets (Etat-colbertiste). Dans les deux premiers cas, les dispositifs d'intervention sont &#224; peu pr&#233;s comparables : plans sectoriels, subventions ou bonifications &#224; la modernisation, &#224; l'investissement, &#224; l'exportation, &#224; la concentration etc... en pratique les effets de ces outils sont radicalement diff&#233;rents. En effet il est rare qu'une politique d'Etat brancardier r&#233;ussisse sauf &#224; consid&#233;rer que le crit&#232;re de succ&#232;s est l'acceptation par les salari&#233;s du d&#233;clin programm&#233; au terme d'une s&#233;rie de plans de restructuration. Il est &#233;galement rare qu'une politique d'Etat auxiliaire r&#233;ussisse sauf &#224; consid&#233;rer que l'objectif r&#233;el n'est pas tant de peser sur la strat&#233;gie de sp&#233;cialisation que d'apporter des ressources publiques pour conforter des strat&#233;gies priv&#233;es. Nous n'allons pas revenir ici sur le bilan des politiques industrielles fran&#231;aises de 1945 &#224; 1984 si ce n'est pour rappeler d'une part que les seules politiques industrielles dont on peut dire qu'elles ont pes&#233; sur la sp&#233;cialisation sont en nombre limit&#233; -les politiques inspir&#233;es du colbertisme high tech- et d'autre part pour rappeler les raisons de la renonciation par l'Etat fran&#231;ais aux politiques industrielles structurantes de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colbertisme high-tech est la forme historique qu'a prise l'intervention de l'Etat-nation arm&#233; du monopole de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans sa relation aux industries dites de pointe de l'apr&#232;s guerre &#224; 1983. Les grands projets nucl&#233;aire, spatial, p&#233;trolier, ferroviaire, telecom, a&#233;ronautique civile et militaire illustrent cette modalit&#233; particuli&#232;re d'int&#233;gration des politiques industrielle, technologiques, de la concurrence, et de la commande publique. Le grand projet est d'abord bas&#233; sur un pari technologique. Il est port&#233; par une Agence (CEA, CNES, C.N.E.T...). Sa r&#233;alisation passe par un transfert de r&#233;sultats et une coop&#233;ration organique avec l'industrie. Celle-ci n'est pleinement fructueuse que parce que l'Etat pratique le protectionnisme offensif, pr&#233;-finance le d&#233;veloppement industriel, transf&#232;re les r&#233;sultats de la recherche publique, assure les d&#233;bouch&#233;s par la commande publique, permet l'amortissement des investissements par les longues s&#233;ries, facilite le d&#233;veloppement en mettant les moyens de l'Etat r&#233;galien au service du champion national public ou priv&#233;. La r&#233;ussite du grand projet intervient lorsque l'Etat lance un programme d'&#233;quipement bas&#233; sur les technologies d&#233;velopp&#233;es et que le march&#233; international adopte les biens et services qui en sont issus. Innovation technique, commande publique protectionnisme offensif, d&#233;veloppement d'un nouvel acteur industriel et ing&#233;nierie socio-politique sont les p&#244;les du grand projet. France Telecom et Alcatel, EdF et Framatome, la SNCF et Alstom, la DGA et Lagardere ou Dassault sont les t&#233;moins de ces grands projets aboutis qui ont permis &#224; la France de s'&#233;quiper et &#224; ses industriels de se d&#233;velopper et de partir &#224; l'assaut du monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les choix majeurs de l'int&#233;gration europ&#233;enne et des politiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive op&#233;r&#233;s en 1983 ont rendu plus difficiles voire impossibles les politiques discr&#233;tionnaires de soutien des champions nationaux, d'aide aux canards boiteux ou de protection du capital autochtone. Comme les champions nationaux amor&#231;aient &#224; la m&#234;me &#233;poque leur strat&#233;gie de mondialisation et que les secteurs technologiques, longtemps prot&#233;g&#233;s, ont commenc&#233; &#224; conna&#238;tre les grands vents de la d&#233;r&#233;glementation et de la lib&#233;ralisation, c'est tout le mod&#232;le industriel de l'apr&#232;s guerre qui &#233;t&#233; remis en cause .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'adoption de politiques de rigueur en France et l'arriv&#233;e &#224; Bruxelles de J.Delors, la donne en mati&#232;re de politique industrielle va radicalement changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte pos&#233; pr&#233;sente toutes les apparences d'un compromis &#233;quilibr&#233; entre industrialistes et champions du march&#233;. L'Acte unique europ&#233;en satisfait les partisans de la lib&#233;ralisation puisqu'il comporte un programme cons&#233;quent de suppression des barri&#232;res physiques, techniques et fiscales visant &#224; rendre possible l'&#233;mergence d'un grand march&#233; int&#233;rieur. Il comble les aspirations des partisans du renforcement des institutions communautaires par l'extension de la r&#232;gle de la majorit&#233;. Il affirme solennellement la vocation politique de l'Europe en multipliant les politiques communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Directive apr&#232;s directive l'objectif 1993 inscrit dans l'Acte Unique a &#233;t&#233; mis en oeuvre, les obstacles non-tarifaires aux &#233;changes ont &#233;t&#233; supprim&#233;s, les march&#233;s publics ont &#233;t&#233; lib&#233;ralis&#233;s et les services aussi. Force est de constater pourtant qu'en mati&#232;re de coop&#233;ration technologique ou industrielle, l'Europe n'a pas avanc&#233; du m&#234;me pas. Un d&#233;s&#233;quilibre net a fini par s'installer entre politiques de march&#233; et politiques de promotion de la base industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la signature du Trait&#233; de Maastricht on croit un moment, notamment en France, que le colbertisme high tech peut &#234;tre export&#233; puisqu'un chapitre est consacr&#233; &#224; la politique industrielle et que les Europ&#233;ens avec le projet Eureka 95 de TV HD paraissent se rapprocher d'une vision fran&#231;aise de la politique industrielle. L'illusion ne durera m&#234;me pas le temps de l'adoption du trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait avec l'acte unique et dans la perspective de l'Euro, l'Europe s'est convertie aux politiques horizontales de comp&#233;titivit&#233;. Les programmes initi&#233;s &#224; l'&#232;re Davignon qui devaient contribuer &#224; structurer l'offre europ&#233;enne dans les nouvelles technologies ont vu leurs ambitions r&#233;duites &#224; la coop&#233;ration en mati&#232;re de recherche et &#224; la formation d'une communaut&#233; scientifique europ&#233;enne avant d'&#234;tre captur&#233;s par les tenants de la redistribution au profit des pays les moins d&#233;velopp&#233;s et des entreprises les moins dot&#233;es (P.M.E.). La Communaut&#233; a renonc&#233; &#224; son ambition industrielle, prisonni&#232;re qu'elle &#233;tait des r&#232;gles de concurrence, du troc mutuel d'avantages et de consid&#233;rations de coh&#233;sion et d'am&#233;nagement du territoire. Dans les rares domaines o&#249; l'Europe industrielle a r&#233;alis&#233; des avanc&#233;es, la Communaut&#233; a &#233;t&#233; &#224; peu pr&#232;s absente absente : Airbus, GSM.... Dans les programmes coop&#233;ratifs comme Eur&#234;ka, l'intergouvernemental a mieux r&#233;ussi dans un premier temps m&#234;me si ce dispositif original de labellisation et de soutien de projets &#224; vocation industrielle a ensuite &#233;t&#233; victime des politiques de ma&#238;trise budg&#233;taire. Cet exemple montre qu'une politique reconnue n&#233;cessaire par toutes les parties, dont l'approche (bottom up) a &#233;t&#233; salu&#233;e par l'ensemble des acteurs, qui compte &#224; son actif des r&#233;ussites incontestables (Jessi dans les composants &#233;lectroniques) est aujourd'hui abandonn&#233;e de fait car l'Allemagne s'en d&#233;sint&#233;resse, car l'accent mis sur les P.M.E. est r&#233;thorique, car l'&#233;largissement programm&#233; en fait une politique moins centrale. Si les deux moteurs de l'int&#233;gration positive par les politiques structurantes de R&amp;D puis par la volont&#233; de promouvoir une e-Europe et de l'int&#233;gration n&#233;gative par les politiques de d&#233;r&#233;glementation - lib&#233;ralisation - privatisation sont activ&#233;s d&#232;s 1982-85, force est de constater que les politiques de concurrence se sont progressivement autonomis&#233;es, elles se sont m&#234;me affirm&#233;es comme les politiques dominantes. A cela plusieurs raisons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Construire un march&#233; int&#233;gr&#233;, abolir les fronti&#232;res, traquer les obstacles de toutes natures &#224; l'ouverture constitue bien la mission fondamentale assign&#233;e &#224; la Commission par le Trait&#233; de Rome. De ce point de vue, on peut dire que la politique de la Concurrence a un statut quasi-constitutionnel. Par ailleurs en poursuivant les ententes, les abus de positions dominantes, en lib&#233;ralisant les secteurs prot&#233;g&#233;s, la Commission d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts du consommateur tout en adaptant &#224; l'espace communautaire le mouvement mondial de lib&#233;ralisation des &#233;conomies. Enfin le projet politique europ&#233;en a toujours &#233;t&#233; servi par l'int&#233;gration &#233;conomique et d&#232;s lors la construction europ&#233;enne est le vecteur de la r&#233;forme des &#233;conomies domestiques. Le probl&#232;me que pose cette technique d'int&#233;gration est ailleurs : en privil&#233;giant l'int&#233;gration n&#233;gative par la norme et la r&#232;gle on se prive des souplesses n&#233;cessaires et ne on perd en facult&#233; d'adaptation. Lorsqu'on compare les politiques de la concentration et de la concurrence il est clair que l'Europe est plus rigoureuse que les Etats Unis ce qui vient renforcer encore davantage les logiques de march&#233; au d&#233;triment des politiques volontaristes. En 1989 sous pr&#233;sidence fran&#231;aise une disposition a &#233;t&#233; prise en mati&#232;re de contr&#244;le des concentrations qui avec le temps a abouti &#224; faire de la Commission l'acteur majeur des concentrations europ&#233;ennes. En effet, le refus des op&#233;rations First Choice-Air Tours, Legrand-Schneider, Volvo-Scania, GE-Honeywell apr&#232;s l'acte fondateur qu'avait repr&#233;sent&#233; l'affaire de Haviland illustre la doctrine qui s'est progressivement form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Le contr&#244;le europ&#233;en de concentration repose sur le crit&#232;re de cr&#233;ation ou de renforcement d'une position dominante sans tenir compte des gains d'efficacit&#233; qu'une fusion peut g&#233;n&#233;rer et qui peuvent se r&#233;percute sur le consommateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/La Commission, dans sa d&#233;finition du march&#233; pertinent a tendance &#224; choisir le march&#233; national comme march&#233; de r&#233;f&#233;rence et &#224; d&#233;finir l'activit&#233; &#233;conomique concern&#233;e en termes restrictifs. C'est ainsi qu'elle refuse l'alliance Scania Volvo en mettant en avant des parts de march&#233; excessives sur les march&#233;s nordiques et non sur le march&#233; domestique europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 3/ La commission utilise les politiques de concentration comme arme concurrentielle. Elle estime &#171; a priori &#187; les effets potentiellement anti-concurrentiels d'une concentration &#224; la diff&#233;rence des Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; 4/ La Commission refuse toute consid&#233;ration de politique industrielle et reste insensible &#224; l'id&#233;e d'un int&#233;r&#234;t public europ&#233;en au nom de la d&#233;fense du consommateur. Le fait par exemple que l'&#233;chec de la fusion Schneider-Legrand prive l'Europe d'un leader dans la moyenne et basse tension et livre les deux firmes &#224; des acqu&#233;reurs extra europ&#233;ens n'est pas pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2/ L'affaissement de l'appareil d'intervention industrielle.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat national ayant renonc&#233; aux armes de la commande publique, du protectionnisme offensif, et des transferts unilat&#233;raux de moyens scientifiques et financiers au nom de l'int&#233;gration europ&#233;enne et de la lib&#233;ralisation commerciale ; L'Union Europ&#233;enne ayant fait le pari des politiques horizontales de comp&#233;titivit&#233; et ayant tout mis&#233; sur les politiques de concurrence ; il ne faut pas s'&#233;tonner que la politique industrielle soit devenue r&#233;siduelle. L'Etat national dispose aujourd'hui de deux registres d'action, les politiques d'attractivit&#233; (cf 3) et les politiques de privatisation. En effet dans un contexte de lib&#233;ralisation et de d&#233;r&#233;glementation, l'Etat peut profiter de la privatisation pour h&#226;ter des regroupements industriels, favoriser la constitution de p&#244;les europ&#233;ens, voire adosser des canards boiteux sur des entreprises plus saines &#233;vitant ainsi des d&#233;faillances programm&#233;es . La privatisation a d'abord ob&#233;i &#224; des motivations politico-financi&#232;res avant d'&#234;tre mise au service d'objectifs industriels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La privatisation consiste pour l'essentiel en un transfert d'actifs publics au profit d'un secteur priv&#233; qu'on contribue ainsi &#224; fa&#231;onner. Les privatisations de 1986, qui vont &#234;tre interrompues en octobre 1987 &#224; la suite du krach boursier, pr&#233;sentaient cinq caract&#233;ristiques majeures. Elles &#233;taient inspir&#233;es par une id&#233;ologie lib&#233;rale incarn&#233;e alors aussi bien par Alain Madelin que par Jacques Chirac dont la r&#233;f&#233;rence commune &#233;tait la R&#233;volution conservatrice de Ronald Reagan et Margaret Thatcher d'une part, les &#233;crits du pape du Mont P&#233;lerin, Friedrich Hayek, d'autre part. Cette inspiration d&#233;termine l'ampleur du programme de privatisations : 66 grandes entreprises appartenant &#224; 27 groupes pour une valeur totale de 275 milliards de francs. Elles &#233;taient le fruit d'une double n&#233;cessit&#233; tenant &#224; l'&#233;tat des finances publiques et des finances priv&#233;es. Les d&#233;ficits budg&#233;taires d'un c&#244;t&#233; et les besoins de financement d'entreprises nationales en voie de mondialisation de l'autre justifiaient des privatisations partielles ou totales. R&#233;alis&#233;es par les fonctionnaires du Tr&#233;sor qui connaissaient les fragilit&#233;s du capitalisme fran&#231;ais, elles ont int&#233;gr&#233; la contrainte nationale par la constitution de noyaux durs ou groupes d'actionnaires stables. Initi&#233;es par des gaullistes, elles devaient faire la part &#224; la &#8220;participation&#8221;, la modalit&#233; trouv&#233;e fut l'actionnariat populaire et salari&#233;. Dirig&#233;es par Edouard Balladur elles ont fait une large place &#224; la t&#234;te des groupes privatis&#233;s &#224; une &#233;lite &#233;troite issue des grands corps et form&#233;e d'amis politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#233;sultat d'orientations a priori aussi contradictoires a &#233;t&#233; l'invention d'une privatisation administr&#233;e et politiquement orient&#233;e dont la modalit&#233; pratique a &#233;t&#233; la mise en oeuvre d'une &#8220; fili&#232;re invers&#233;e du capitalisme fran&#231;ais &#8221;. Le Gouvernement Balladur n'a gu&#232;re song&#233; &#224; mettre aux ench&#232;res les entreprises publiques, ni &#224; les c&#233;der de gr&#233; &#224; gr&#233;, ni &#224; les mettre progressivement sur le march&#233; par paquets. Il a invent&#233; une privatisation par quotas avec noyau dur et actionnariat populaire. La privatisation par quotas consiste &#224; administrer la mise sur le march&#233; de l'entreprise puisqu'il s'agit d'en organiser par avance l'actionnariat. Une fraction des titres va au noyau dur, les dirigeants de l'entreprise et le Tr&#233;sor choisissent ainsi leurs actionnaires de contr&#244;le. En &#233;change d'un tel privil&#232;ge, les actionnaires de contr&#244;le s'engagent &#224; conserver leurs titres un court laps de temps et paient une l&#233;g&#232;re prime. Une seconde fraction du capital est c&#233;d&#233;e dans des conditions avantageuses aux salari&#233;s de l'entreprise afin de les associer &#224; la bonne marche de celle-ci et plus prosa&#239;quement d' immobiliser une fraction du capital dans des mains amies. Une troisi&#232;me fraction, la plus importante, va au grand public dans le cadre d'une offre publique de vente fortement m&#233;diatis&#233;e. De la r&#233;ussite du placement d&#233;pend le succ&#232;s r&#233;el de toute l'op&#233;ration, il faut en effet, pour que le dispositif fonctionne, que le grand public soit pr&#234;t &#224; apporter son &#233;pargne sans avoir son mot &#224; dire sur la d&#233;signation des instances dirigeantes et sur la strat&#233;gie de la firme. Les 4&#232;me et 5&#232;me quotas sont r&#233;serv&#233;s aux investisseurs institutionnels fran&#231;ais et &#233;trangers. Ainsi le pouvoir politique nomme un dirigeant qui choisit avec le Tr&#233;sor son noyau dur, compose &#224; sa convenance son Conseil d'administration et ce faisant choisit les actionnaires qui comptent et ceux qui ne comptent pas. Le capitalisme est a priori bas&#233; sur un principe rigoureusement inverse : c'est l'actionnaire qui choisit les organes sociaux de l'entreprise qui &#224; leur tour d&#233;signent les dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une privatisation qui substitue &#224; l'Etat actionnaire des noyaux durs compos&#233;s d'oligarques issus des grands corps d'Etat qui s'autoprot&#232;gent par des participations crois&#233;es ne constitue pas une rupture avec l'ordre ancien au sens par exemple de la r&#233;forme thatch&#233;rienne. Les privatisations de 86 ayant port&#233; sur des entreprises prosp&#232;res du secteur concurrentiel (Saint Gobain, Paribas ou la CGE). La difficult&#233; &#224; partir de 1993 est triple, il s'agit &#224; la fois de privatiser des entreprises fragiles et surveill&#233;es par Bruxelles (Bull, Thomson multimedia, CL) ayant une forte valeur symbolique (Renault) ou une vocation strat&#233;gique affirm&#233;e (Aerospatiale, Thomson Csf) . En 1993 il n'est pas encore question de privatiser ou d'ouvrir le capital d'entreprises du secteur public ayant des missions de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1997, c'est une autre conception des privatisations qu'on veut imposer. La contrainte budg&#233;taire est toujours pr&#233;sente, l'id&#233;ologie lib&#233;rale n'est plus au rendez vous on ne pr&#233;tend pas en particulier que la gestion priv&#233;e est par essence plus efficace mais la nouveaut&#233; r&#233;side dans la volont&#233; des faire des privatisations un vecteur de politiques industrielles. A marche forc&#233;e, au cours des 2 premi&#232;res ann&#233;es de son mandat, le Gouvernement Jospin entend marquer le paysage industriel en se servant de l'outil des privatisations. L&#224; o&#249; le Gouvernement Jupp&#233; tergiversait, reculait et parfois m&#234;me pr&#234;tait &#224; la critique pour sa faiblesse coupable &#224; l'&#233;gard de certains int&#233;r&#234;ts, DSK agit avec calme, professionnalisme et d&#233;noue affaire apr&#232;s affaire tous les dossiers impossibles de l'&#232;re pr&#233;c&#233;dente : CIC, Thomson, A&#233;rospatiale, Cr&#233;dit Lyonnais, GAN etc... On pourrait s'arr&#234;ter l&#224; et selon ses opinions vanter ou railler les talents de privatiseurs des socialistes. Pourtant lorsqu'on &#233;tudie les choix faits on r&#233;prime difficilement le sentiment que l'excellence technique de DSK et du Tr&#233;sor masquaient l'absence de strat&#233;gie et l'obsession du d&#233;minage. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quels sont donc les ressorts de cette r&#233;ussite paradoxale ? Au d&#233;but des ann&#233;es 90 le PS se convertit au principe de la privatisation des entreprises du secteur concurrentiel. Mais &#233;cart&#233;s du pouvoir et soumis aux pressions des salari&#233;s du secteur public qui craignent une &#233;volution semblable pour les entreprises de service public, les socialistes abordent les l&#233;gislatives de 1997 avec une reformulation du &#171; ni....ni.... &#187; La privatisation est d&#233;clar&#233;e de droite, le projet des socialistes est d&#232;s lors d'accompagner, par des ouvertures de capital, les alliances industrielles et les coop&#233;rations europ&#233;ennes. Ayant donc renonc&#233; &#224; d&#233;fendre les privatisations pour ce qu'elles sont , la marque d'un retrait de l'Etat de la sph&#232;re productive marchande et la reconnaissance de la sup&#233;riorit&#233; des r&#233;gulations de march&#233; dans ce domaine, les socialistes vont accepter que toute privatisation devienne enjeu de n&#233;gociation politique avec la gauche plurielle et syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi que l'ouverture de capital de France Telecom n&#233;cessaire du fait de la lib&#233;ralisation et de la d&#233;r&#233;glementation, va &#234;tre justifi&#233;e par les n&#233;cessit&#233;s de l'alliance avec Deutsche Telekom alors que chacun savait que cette alliance &#233;tait moribonde, que de surcro&#238;t un &#233;change de participations de 2% n'&#233;tait pas engageant et qu'il &#233;tait absurde de demander &#224; l'entreprise FT de justifier apr&#232;s coup par des partenariats r&#233;els une construction politique. Il en sera de m&#234;me avec Thomson. Comme le gouvernement socialiste avait besoin de temps pour convaincre ses alli&#233;s de la n&#233;cessite de la privatisation, il laissera passer une opportunit&#233; strat&#233;gique majeure d'alliance paritaire sous management fran&#231;ais de l'ensemble GEC-Thomson et finira par gaspiller tous nos atouts dans l'industrie de d&#233;fense puisque Thomson est rest&#233; orphelin et qu'A&#233;rospatiale a &#233;t&#233; offert &#224; Lagardere. On pourrait multiplier les exemples dans la banque, le transport a&#233;rien chaque fois le m&#234;me m&#233;canisme est &#224; l'oeuvre : la question n'est jamais pos&#233;e en termes strat&#233;giques et industriels, la question est plut&#244;t : comment concilier r&#233;sidus d'id&#233;ologie et n&#233;cessit&#233;s de l'&#233;volution et une fois le compromis s&#233;mantique trouv&#233;, comment forger un compromis politique au sein de la gauche plurielle. Enfin, une fois le chemin balis&#233; et les contraintes de paix sociale fix&#233;es, le Tr&#233;sor agit avec son habilet&#233; coutumi&#232;re et habille sans &#233;tats d'&#226;me n'importe quel montage. Le seul cas o&#249; un dessein industriel est &#224; l'&#339;uvre -EADS- reste probl&#233;matique. Le transfert &#224; des int&#233;r&#234;ts priv&#233;s mal assur&#233;s (fragilit&#233; du contr&#244;le de la famille Lagardere) d'un actif public majeur (Aerospatiale) pour favoriser une alliance franco-allemande (Dasa) et permettre la constitution d'un p&#244;le de regroupement europ&#233;en (Eads) repose sur un double pari : que la parit&#233;, injustifiable industriellement, accord&#233;e aux Allemands produira des effets vertueux sur les programmes coop&#233;ratifs d'armement et que le leadership actionnarial accord&#233; &#224; Lagardere l'obligera dans le long terme et bridera sa volont&#233; de red&#233;ploiement vers les media.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les privatisations ont une vertu, elles permettent la sortie de l'orbite de l'Etat et des appareils administratifs d'entreprises rendues &#224; une logique actionariale priv&#233;e. Ces entreprises peuvent conna&#238;tre des difficult&#233;s et l'Etat ne peut alors rester inerte comme on l'a vu r&#233;cemment avec le cas Alstom mais pour l'essentiel la responsabilt&#233; est transf&#233;r&#233;e aux actionnaires actifs ou passifs et &#224; l'oligarchie priv&#233;e qui contr&#244;le les conseils d'administration. La quasi- faillite de France Telecom &#224; l'&#233;t&#233; 2002 et les &#171; d&#233;rives &#187; financi&#232;res d'EdF vont conduire le nouveau Gouvernement et l'Assembl&#233;e Nationale &#224; s'interroger sur le r&#244;le de l'Etat actionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un rapport accablant pour la gestion publique &#171; Entreprises publiques et Etat actionnaire &#187; Ph.Douste-Blazy et M.Diefenbaker livrent les cl&#233;s de ce qu'il faut bien appeler un affaissement de l'appareil d'Etat. Que disent-ils en substance ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat n'a pas de strat&#233;gie. Les d&#233;put&#233;s ont &#233;t&#233; &#233;tonn&#233;s de constater que l'Etat actionnaire ne fixait nulle feuille de route aux dirigeants nomm&#233;s. L'Etat actionnaire n'est lui m&#234;me qu'une architecture d'appareils d'Etat menant des strat&#233;gies propres et faiblement coordonn&#233;s par la direction du Tr&#233;sor. Nul n'a pens&#233; par exemple les effets combin&#233;s du principe de sp&#233;cialisation d'EdF et de la lib&#233;ralisation programm&#233;e du march&#233; de l'&#233;lectricit&#233; et encore moins l'impact de ces &#233;volutions sur la structure financi&#232;re du groupe. Nul n'a &#233;valu&#233; la strat&#233;gie de FT qui consistait d'abord &#224; &#234;tre l'op&#233;rateur alternatif en Europe -ce qui justifiait l'acquisition de NTL- puis d'&#234;tre le rival de Vodafone en ayant l'empreinte mobile en Europe la plus &#233;tendue -ce qui aurait du conduire &#224; c&#233;der NTL d&#232;s lors qu'Orange &#233;tait acquis-. Un blanc seing a en fait &#233;t&#233; donn&#233; &#224; Michel Bon pour d&#233;velopper sa strat&#233;gie de constitution d'un op&#233;rateur europ&#233;en int&#233;gr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etat ne dispose pas d'une capacit&#233; d'expertise propre. Le propos peut surprendre ceux qui ont vu &#224; l'&#339;uvre la Direction du Tr&#233;sor ou d'anciennes directions de l'Industrie dans des temps qui ne sont pas si lointains. Mais de l'aveu m&#234;me du Directeur du Tr&#233;sor la modicit&#233; des moyens mis &#224; sa disposition et la difficile mobilisation, sauf pour des missions d'urgence, des &#233;quipes des minist&#232;res techniques aboutissent &#224; une perte de comp&#233;tence propre du Tr&#233;sor. Il est &#224; noter que le repr&#233;sentant du Tr&#233;sor cumulait la charge du suivi de FT avec celle d'Edf et d'Areva. Les &#233;conomistes connaissent les probl&#232;mes d'asym&#233;trie d'information et de contrats d'agences, mais d&#233;couvrir que pour surveiller le travail de quelques milliers de cadres et d'ing&#233;nieurs &#224; haut potentiel, l'Etat avait d&#233;l&#233;gu&#233; un tiers d'homme laisse r&#234;veur. Dans le cas de FT on voit m&#234;me une direction du Tr&#233;sor courant apr&#232;s l'information distill&#233;e ou refus&#233;e par l'op&#233;rateur au nom de l'&#233;galit&#233; de traitement des actionnaires publics et priv&#233;s. Dans l'affaire Mobilcom enfin, FT a sciemment dissimul&#233; des informations &#224; la Direction du Tr&#233;sor. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Etat, pour pallier ses d&#233;ficiences propres, recourt &#224; des expertises ext&#233;rieures. Lorsque de grandes op&#233;rations financi&#232;res impliquant des entreprises publiques sont en cause l'Etat sait se faire assister par les grandes banques anglo-saxonnes. Ainsi une mobilisation intense de banquiers d'affaires europ&#233;ens et am&#233;ricains parfaitement interchangeables et v&#233;hiculant les m&#234;mes messages sur l'avenir radieux du multimedia mobile a tenu lieu de contre-expertise publique sur la strat&#233;gie de l'op&#233;rateur public.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un accord donn&#233; par un Ministre &#224; un PDG d'entreprise publique l&#232;ve les objections des services. Ainsi le pouvoir discr&#233;tionnaire d'un Ministre n&#233;cessairement sous-inform&#233; et incomp&#233;tent techniquement prime sur l'avis de services dont on a vu par ailleurs la modicit&#233; des moyens et la faible expertise propre. On peut presque dire que des bavardages avec des ministres valent validation de la strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil d'Administration d'une entreprise publique est un th&#233;&#226;tre d'ombres o&#249; un Pr&#233;sident confort&#233; par le Ministre, enr&#244;le des repr&#233;sentants de l'Etat muets, distille l'information &#224; sa guise &#224; ses amis et prend pr&#233;texte de la pr&#233;sence des syndicats pour vider les conseils de toute port&#233;e strat&#233;gique ou de contr&#244;le des risques et des engagements. Appliqu&#233; au cas Ft cela donne : un Conseil d'administration v&#233;ritable arm&#233;e mexicaine o&#249; rien ne se dit et rien ne s'&#233;change ob&#233;issant &#224; un rituel de l'impuissance o&#249; les syndicalistes soul&#232;vent des probl&#232;mes d'&#233;tablissement, o&#249; les administrateurs publics sont mutiques et o&#249; les amis du Pr&#233;sident se plaignent des contraintes fix&#233;s par l'Etat le tout sous le regard d'une arm&#233;e de censeurs de contr&#244;leurs d'Etat et de commissaires du gouvernement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux enseignements majeurs peuvent &#234;tre tir&#233;s de l'exp&#233;rience de gestion des entreprises publiques au cours des 10 derni&#232;res ann&#233;es. La premi&#232;re est que le retrait de l'Etat de la sc&#232;ne industrielle, voulu et mis en &#339;uvre avec constance depuis le grand tournant de 84, a si bien r&#233;ussi que les entreprises du secteur public maintenu sont orphelines, elles n'ont plus d'orientation, de tutelle ni de contr&#244;le. Certes des organes survivent &#224; leur gloire pass&#233;e, des rituels sont maintenus, des r&#232;gles formelles sont observ&#233;es, mais aucun contre-pouvoir ne s'exerce sur les directions des entreprises nationales d&#232;s lors qu'elles offrent les apparences de la prosp&#233;rit&#233; et que leurs dirigeants ont &#233;t&#233; politiquement adoub&#233;s. La deuxi&#232;me est que l'ouverture partielle du capital dont on pouvait esp&#233;rer qu'il contribuerait &#224; r&#233;unir le meilleur des deux mondes, celui du public, avec la prise en charge du long terme et une insensibilit&#233; aux modes et aux diktats des march&#233;s financiers, celui du priv&#233; avec l'incitation &#224; la rigueur de gestion et l'interdiction des pr&#233;dations financi&#232;res par un Etat appauvri, a en fait r&#233;alis&#233; le pire des deux mondes. La pr&#233;sence du capital priv&#233;, a en fait permis de museler l'Etat et ses tutelles. La pr&#233;sence du capital public majoritaire a d&#233;sarm&#233; le contr&#244;le priv&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3- Les nouveaux registres d'action publique&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle en France emprunte aujourd'hui trois canaux : d'une part, la France entend investir dans les technologies de l'information et lib&#233;raliser ses services publics en r&#233;seau pour contribuer &#224; faire de l'Europe l'&#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive du XXI&#232;me si&#232;cle, d'autre part elle entend r&#233;former la gouvernance de son secteur public pour en tirer le meilleur parti. Enfin l'Etat fran&#231;ais qui continue &#224; avoir une fibre industrialiste entend prot&#233;ger des foudres bruxelloises les entreprises en difficult&#233; comme Bull ou Alstom. Consid&#233;rons d'abord la r&#233;forme de l'Etat actionnaire avec la cr&#233;ation de l'Agence des participations d'Etat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.1/ L'Etat actionnaire&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ressort des cas consid&#233;r&#233;s et des diagnostics pos&#233;s par la Commission Barbier de la Serre, le Haut Conseil du secteur Public, la direction du Tr&#233;sor et la Commission Douste que l'Etat doit fondamentalement repenser son r&#244;le d'actionnaire. Une proposition a rapidement &#233;merg&#233; : confier &#224; une Agence des participations d'Etat la gestion du r&#244;le d'Etat actionnaire. Cinq conditions devaient &#234;tre r&#233;unies pour que cette initiative ne reproduise pas les mod&#232;les faillis du pass&#233;. 1- Faire de l'APE un &#171; public trust &#187; ou une autorit&#233; administrative ind&#233;pendante &#224; qui auraient &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;s l'ensemble des pr&#233;rogatives de l'actionnaire, l'Etat conservant le pouvoir d'ali&#233;ner ou d'&#233;largir le patrimoine public. 2- Constituer au sein de l'APE ou en dehors une capacit&#233; d'expertise strat&#233;gique et &#233;conomique dans les domaines dans lesquels l'Etat entend continuer &#224; intervenir, l'APE exer&#231;ant en propre toutes comp&#233;tences financi&#232;res li&#233;es &#224; la gestion du portefeuille de participations publiques. 3- Retirer au Ministre le pouvoir de nomination du PDG pour le confier &#224; une commission de s&#233;lection et ultimement au Conseil D'administration. 4- Instituer des CA diversifi&#233;s fonctionnant selon les standards les plus exigeants de &#171; corporate governance &#187;. 5- Supprimer toutes les instances de contr&#244;le redondantes sauf celles qui ont fait leurs preuves (le contr&#244;le d'Etat dans le cas de FT). Aucune de ces conditions n'est satisfaite dans la r&#233;forme actuelle. Autant dire que les m&#234;mes causes produiront les m&#234;mes effets avec cet effet aggravant qu'on aura rendu plus complexes les relations des entreprises publiques avec les deux t&#234;tes du Tr&#233;sor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'APE ne r&#232;gle aucun des probl&#232;mes fondamentaux soulev&#233;s par la quasi-faillite de France Telecom et notamment pas la mauvaise structure d'incitations qui r&#233;sulte de la cohabitation de capitaux publics et priv&#233;s au sein d'une entreprise restant majoritairement publique que devient le projet d'ouverture du capital d'EdF. On sait en effet quelle a &#233;t&#233; la s&#233;quence d'&#233;v&#232;nements qui a conduit hier &#224; l'ouverture du capital de FT et qui motive aujourd'hui la m&#234;me op&#233;ration pour EdF. 1-La lib&#233;ralisation du secteur de l'&#233;lectricit&#233; se traduit m&#233;caniquement pour le monopole national par une perte de part de march&#233;. 2- Le principe de sp&#233;cialisation qui a emp&#234;ch&#233; le monopole &#233;lectrique de se diversifier dans l'eau ou le t&#233;l&#233;phone ne permet pas &#224; EdF de compenser sa perte de substance sur le march&#233; &#233;lectrique par un red&#233;ploiement sur d'autres march&#233;s domestiques. 3- EdF est donc conduit &#224; chercher en Europe les bases de son d&#233;veloppement futur faute de quoi il serait condamn&#233; &#224; une in&#233;luctable attrition de son activit&#233; et de ses effectifs sur le march&#233; domestique. 4- EdF n'acceptant pas un d&#233;membrement du groupe et notamment une cession de RTE est contraint &#224; financer l'ensemble du syst&#232;me &#233;lectrique dont b&#233;n&#233;ficient ses concurrents. 5- L'Etat ne pouvant financer la croissance europ&#233;enne d'EdF, l'entreprise est oblig&#233;e de trouver sur le march&#233; les capitaux dont elle a besoin. L'ouverture du capital est donc in&#233;vitable. Or l'exp&#233;rience de FT sugg&#232;re que la pire des situations est l'ouverture partielle du capital. L'Etat devra donc se r&#233;soudre soit &#224; financer EdF en gardant &#224; l'entreprise son statut public soit &#224; la privatiser v&#233;ritablement c'est &#224; dire en mettant plus de 50% du capital sur le march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;3.2/ L'affaire Alstom&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aucun pays europ&#233;en n'&#233;chappe &#224; l'injonction d'intervention lorsqu'une grande entreprise est en difficult&#233;, Holzman en Allemagne, Fiat en Italie, Iberia en Espagne et Alstom en France illustrent cette situation. Ces situations sont pr&#233;vues et r&#233;gul&#233;es dans le cadre europ&#233;en, la tension entre autorit&#233;s nationales et locales est pourtant toujours forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ete 2003 Alstom conna&#238;t des difficult&#233;s financi&#232;res qui mettent en p&#233;ril son exploitation. Ses banquiers se tournent vers l'Etat pour qu'il participe et garantissse un plan de sauvetage qui sans cela ne recevrait pas l'agr&#233;ment des banquiers. Pour p&#233;renniser l'activit&#233; d'un groupe aux cycles longs, les banquiers demandent et obtiennent de l'Etat qu'il entre dans le capital d'Alstom. Notifi&#233; au titre de la proc&#233;dure d'urgence (aide au sauvetage), le plan est refus&#233; par Mario Monti qui y voit plut&#244;t un plan de restructuration non soumis pour approbation pr&#233;alable &#224; la Commission. L'affaire Alstom &#233;clate parce que la Commission au nom du respect de la proc&#233;dure prend le risque de mettre en p&#233;ril une entreprise de 118000 salari&#233;s victime non de l'obsolescence de ces produits ou de pertes r&#233;currentes mais de l'effet combin&#233; d'une pr&#233;dation d'actionnaires, d'un retournement conjoncturel et d'une mauvaise gestion d'acquisitions. Pour la Commission, une mauvaise gestion doit &#234;tre sanctionn&#233;e, le plan de restructuration permettant de troquer des aides contre de cessions d'activit&#233; et des r&#233;ductions de p&#233;rim&#232;tre. Outre que cette d&#233;marche va se r&#233;v&#233;ler inop&#233;rante, elle va illustrer dramatiquement l'inadaptation des outils d'intervention .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alstom est d'abord la victime collat&#233;rale de la strat&#233;gie men&#233;e par Serge Tchuruk. D&#233;termin&#233; &#224; devenir un &#171; pure player &#187; des t&#233;l&#233;coms et devant financer des acquisitions co&#251;teuses, ce dernier met en bourse Alstom, non sans l'avoir au pr&#233;alable d&#233;capitalis&#233;e et lui avoir vendu Cegelec - pour un prix double de celui qu'Alstom obtiendra en la rec&#233;dant. Ainsi, un groupe de biens d'&#233;quipement est mis sur le march&#233; apr&#232;s avoir &#233;t&#233; ass&#233;ch&#233; de ses fonds propres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le reste de l'histoire est connu : retrait des deux actionnaires GEC et Alcatel, acquisition aventureuse d'ABB-Power, non int&#233;gration de cette filiale, pertes en cascade dans l'activit&#233; maritime et ferroviaire, insolvabilit&#233; croissante et crise finale. S'il est &#233;tabli qu'Alstom a &#233;t&#233; victime d'actionnaires de contr&#244;le pr&#233;dateurs, on ne comprend pas comment une telle op&#233;ration a pu &#233;chapper aux organes de contr&#244;le et aux conseils d'administration. L'explication est simple : ce sont les dirigeants d'Alcatel qui ont forg&#233; cette strat&#233;gie, ce sont eux qui ont form&#233; le conseil d'Alstom et nomm&#233; son dirigeant, ce sont les partenaires financiers d'Alcatel qui se retrouvaient au conseil d'Alstom. Aucun contre-pouvoir n'a pu &#233;merger, aucun syst&#232;me de contr&#244;le des risques n'a &#233;t&#233; mis en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire Alstom est venue sur le devant de la sc&#232;ne parce que Bruxelles a refus&#233;, puis accept&#233; sous b&#233;n&#233;fice d'inventaire, le plan de recapitalisation. Alstom a finalement conclu un accord de refinancement de 3,2 Milliards d'euros (dont 800 millions apport&#233;s par l'Etat fran&#231;ais). L'affaire reste ouverte parce que les concessions que la Commission s'appr&#234;tait &#224; demander pour prix de l'aide publique sont inapplicables ou nocives. Obliger Alstom &#224; c&#233;der son activit&#233; TGV ou grosses turbines reviendrait &#224; transformer Siemens en monopole dans le premier cas et GE en leader d'un oligopole &#233;troit. Obliger Alstom &#224; c&#233;der son activit&#233; navale c'est s'exposer &#224; d&#233;couvrir qu'il n'y a pas d'acheteurs. Dans les deux cas c'est affaiblir une entreprise victime d'actionnaires pr&#233;dateurs et qui constitue l'un des rares atouts europ&#233;ens dans le secteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Cette affaire, au del&#224; des p&#233;rip&#233;ties, pose donc une question importante. A partir du moment o&#249; les Etats ont abandonn&#233; tous les outils de la politique industrielle, o&#249; l'Europe ne juge les sujets industriels que sur le crit&#232;re de la concurrence, peut-on accepter qu'une entreprise comme Alstom ou Alcatel fasse faillite, non pas parce qu'elle n'est pas comp&#233;titive ou manque de savoir-faire, mais parce qu'elle a &#233;t&#233; victime d'une s&#233;rie de d&#233;cisions malheureuses (la d&#233;capitalisation d'Alstom, l'acquisition d'ABB-Power) ou d'une crise ext&#233;rieure (la faiblesse du march&#233; des &#233;quipements pour la production d'&#233;nergie, les attentats du 11 septembre et la crise du march&#233; des bateaux de croisi&#232;re) ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans vouloir renouer avec l'&#233;tatisme d'antan, on peut comprendre qu'Alstom ait fait appel &#224; l'Etat, pour pallier une faiblesse de l'UE. Le retour anachronique de l'Etat dans le capital d'Alstom ne fait que souligner le manque d'outils europ&#233;ens d'intervention en pareil cas, l'absence de dispositifs de sauvetage des entreprises au niveau communautaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; 3.3/ Politiques d'environnement comp&#233;titif : le processus de Lisbonne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A Lisbonne, l'Union europ&#233;enne a fait le constat du double &#233;chec de l'int&#233;gration n&#233;gative par d&#233;mant&#232;lement des outils de politique industrielle nationale et de l'int&#233;gration positive par g&#233;n&#233;ralisation des politiques d'environnement comp&#233;titif (march&#233; unique, politiques de concurrence, politiques commerciales) elle a fait le choix d'une politique de sp&#233;cialisation dans les activit&#233;s intensives en connaissances. Mais l'Europe a d&#233;croch&#233; en termes de sp&#233;cialisation industrielle, en termes de R.D. industrielle, en termes d'innovation et de renouvellement du tissu industriel et les objectifs volontaristes visant &#224; faire de l'Europe l'&#233;conomie de la connaissance la plus performante du XXI &#232;me si&#232;cle paraissent hors d'atteinte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport CAE fournit d'incontestables illustrations de ce d&#233;crochage. Qu'il s'agisse du recul europ&#233;en dans les technologies de l'information ou les Sciences du vivant, qu'il s'agisse de l'&#233;rosion de positions traditionnellement fortes dans les industries pharmaceutiques &#233;lectroniques ou de t&#233;l&#233;communications apr&#232;s le regain de comp&#233;titivit&#233; am&#233;ricain des ann&#233;es 90, qu'il s'agisse enfin du d&#233;clin relatif de l'industrie financi&#232;re et de l'industrie europ&#233;enne de services aux entreprises. La bonne r&#233;sistance dans les industries traditionnelles et notamment la capacit&#233; de l'industrie automobile &#224; atteindre les meilleurs standards mondiaux en mati&#232;re de qualit&#233; et de co&#251;ts ne doit pas conduire &#224; des conclusions erron&#233;es. La qualit&#233; au moindre co&#251;t est devenue aujourd'hui la norme. Le danger, r&#233;side aujourd'hui dans l'&#233;rosion continue des positions en Sciences de la vie, dans les NTIC, dans le secteur des mat&#233;riaux et dans le repli europ&#233;en sur les industries matures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fruit d'un sous investissement chronique l'enseignement sup&#233;rieur europ&#233;en et plus particuli&#232;rement fran&#231;ais peine &#224; rivaliser avec l'Am&#233;ricain, l'organisation du syst&#232;me enseignement recherche vient m&#234;me aggraver le probl&#232;me dans un pays comme la France. R&#233;sultat la productivit&#233; fran&#231;aise a cess&#233; de converger avec l'am&#233;ricaine. Apr&#232;s s'&#234;tre nettement rapproch&#233; du niveau am&#233;ricain au cours des trente glorieuses, le niveau de productivit&#233; fran&#231;ais a cess&#233; de converger &#224; partir du d&#233;but des ann&#233;es 1980 et il a m&#234;me commenc&#233; &#224; d&#233;crocher depuis le d&#233;but des ann&#233;es 1990. Cette d&#233;gradation renvoie &#224; une d&#233;gradation des indicateurs relatifs &#224; l'innovation. La part de la France dans les d&#233;p&#244;ts de brevets, que ce soit en Europe ou aux Etats-Unis, a r&#233;guli&#232;rement d&#233;clin&#233; depuis le d&#233;but des ann&#233;es quatre-vingt. L'impact de nos publications scientifiques est lui aussi d&#233;clinant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Conclusion&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une &#233;conomie d&#233;velopp&#233;e ouverte et mondialis&#233;e, l'industrie manufacturi&#232;re a vocation &#224; continuer &#224; se contracter. La d&#233;sindustrialisation est donc programm&#233;e. Elle ne poserait gu&#232;re de probl&#232;mes si au m&#234;me moment, la sp&#233;cialisation d'un pays comme la France &#233;tait renforc&#233;e vers l'amont scientifique technique et &#233;ducatif et vers l'aval c'est &#224; dire les services qualifi&#233;s aux entreprises et les services &#224; la personne. La politique industrielle fran&#231;aise doit comporter n&#233;cessairement 3 volets. Le premier devrait &#234;tre europ&#233;en. C'est &#224; cette &#233;chelle en effet que doivent &#234;tre fix&#233;es les r&#232;gles communes d'organisation du march&#233; (concurrence, commerce ext&#233;rieur, aides publiques), les infrastructures structurantes (les grands r&#233;seaux europ&#233;ens mais aussi les interconnexions aux fronti&#232;res pour &#233;tablir des march&#233;s r&#233;ellement int&#233;gr&#233;s) et les incitations pour promouvoir une &#233;conomie de la connaissance (budgets R&amp;D et enseignement sup&#233;rieur cons&#233;quents, fonds incitatifs visant &#224; promouvoir l'excellence). C'est &#224; cette &#233;chelle &#233;galement que doivent &#234;tre d&#233;fendus les atouts (a&#233;ronautique et espace) et financ&#233;s les recherches de base (il manque toujours une Darpa europ&#233;enne). Le second devrait &#234;tre national. La responsabilit&#233; des autorit&#233;s nationales est double : renforcer l'attractivit&#233; r&#233;glementaire et fiscale du territoire, d&#233;velopper les infrastructures corporelles et incorporelles, scientifiques et &#233;ducatives. On le sait les facteurs institutionnels jouent un r&#244;le majeur dans le d&#233;veloppement d'&#233;cosyst&#232;mes innovants : la r&#233;forme de l'enseignement sup&#233;rieur, son articulation sur le syst&#232;me de recherche et son insertion dans le cadre europ&#233;en sont des conditions sine qua non de l'av&#232;nement de cette &#233;conomie de la connaissance tant c&#233;l&#233;br&#233;e. La mise en place de fonds incitatifs &#224; la recherche et &#224; l'innovation, la promotion de sous syst&#232;mes industriels dans des secteurs comme la sant&#233;, la ville, les transports et enfin la mobilisation de fonds nouveaux g&#233;r&#233;s par des agences de moyens constituent les conditions du red&#233;ploiement des sp&#233;cialisations. Le troisi&#232;me volet a trait aux politiques territoriales. C'est un paradoxe souvent not&#233; que nos &#233;conomies sont plus immat&#233;rielles et plus territorialis&#233;es. Il n'y a pas de grand d&#233;veloppement scientifico-technique sans cr&#233;ation d'espaces o&#249; s'installent, se combinent et se frottent dans un environnement favorable des chercheurs des professeurs des entrepreneurs des financiers et des cr&#233;ateurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.societal.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Soci&#233;tal&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Dans la section III sur les politiques de l'Union, un nouvel article III-175 traite d'industrie. Sa r&#233;daction ne souffre pas d'ambiguit&#233; , l'industrie rel&#232;ve d'une comp&#233;tence europ&#233;enne d'appui, de coordination des politiques nationales au m&#234;me titre que la sant&#233; publique ou l &#8216;&#233;ducation. Le nouvel article exclut toute harmonisation y compris &#171; l'introduction par l'union de quelque mesure que ce soit ... comportant des dispositions fiscales ou relatives aux droits et int&#233;r&#234;ts des travailleurs. &#187;&lt;br /&gt; cf Le Grandes man&#339;uvres industrielles (avec M.Bauer) 1985, L'Etat brancardier 1989, Le colbertisme high tech 1992.&lt;br /&gt; cf pour un expos&#233; exhaustif de nos th&#232;ses, E.Cohen Le colbertisme high tech Paris Hachette Pluriel 1992&lt;br /&gt; Le d&#233;s&#233;quilibre est triple : les politiques de march&#233; existent alors que les politiques de l'Industrie sont absentes ou balbutiantes, les r&#232;gles de d&#233;cision ne sont pas les m&#234;mes selon les secteurs d'intervention et enfin l'application des d&#233;cisions prises est in&#233;gale selon les secteurs. Ce constat est &#224; interroger en soi. &lt;br /&gt; Aux Etats Unis, au contraire on fait cette balance entre gains d'efficacit&#233; et r&#233;duction de la concurrence. &lt;br /&gt; Dans leur contribution &#224; l'ouvrage collectif &#233;dit&#233; par Vincent Wright, Les privatisations en Europe Programmes et Probl&#232;mes Le M&#233;jan Actes Sud 1993. Herv&#233; Dumez et Alain Jeunema&#238;tre signalent que Jacques Chirac recevra &#224; la Mairie de Paris Hayek et rappellent qu'au milieu des ann&#233;es 1980 la droite se prit d'amour pour l'ultra-lib&#233;ralisme : publication de l'oeuvre int&#233;grale d'Hayek, articles et dossiers dans le Figaro et le Figaro-Magazine, &#233;closion du mouvement libertarien autour de Lepage et Aftalion etc.&lt;br /&gt; E.Balladur Je crois en l'homme plus qu'en l'&#201;tat Flammarion 1987&lt;br /&gt; Assembl&#233;e nationale XII&#233; Legislature Rapport N&#176; 1004 Juillet 2003&lt;br /&gt; Le capital d'Alstom est contr&#244;l&#233; &#224; 75% par des investisseurs institutionnels (pr&#232;s des deux-tiers sont &#233;trangers). Le conseil d'administration actuel (apr&#232;s le retrait des deux soci&#233;t&#233;s m&#232;res) est d&#232;s lors compos&#233; de banquiers et d'administrateurs ind&#233;pendants.&lt;br class='autobr' /&gt; Si l'on consid&#232;re les efforts faits en mati&#232;re d'investissements dans les NTIC l'&#233;cart Etats Unis Europe unie &#233;tait de l'ordre de 13 milliards de dollars dans les ann&#233;es 80, il passe en moyenne &#224; 100 milliards de dollars entre 90 et 94 et atteint 160 milliards de dollars entre 95/99, la France est au 16 &#232;me rang dans le monde pour le ratio &lt;br /&gt;
investissements NTIC/PIB. (Rapport Muldur)&lt;br /&gt; La moindre croissance europ&#233;enne et notamment fran&#231;aise pendant les ann&#233;es 90 explique le ralentissement de l'investissement corporel et incorporel. Le rattrapage actuellement en cours pourrait suffir dans une perspective macro-&#233;conomique. Une telle approche m&#233;conna&#238;trait l'&#233;volution longue retrac&#233;e dans ce rapport dans la sp&#233;cialisation europ&#233;enne.&lt;br /&gt; Dans le Rapport Turquet les donn&#233;es sur le d&#233;s&#233;quilibre USA/EUROPE sont impressionnantes, le ratio est de 5,9 pour les chiffres d'affaires, 4,3 pour les d&#233;penses de R&amp;D, 1,9 pour la perte nette, 1,2 pour le nombre d'entreprises, 3,6 pour le personnel.&lt;br /&gt; Une lecture rapide des indices de sp&#233;cialisation de l'Europe livre un r&#233;sultat beaucoup plus optimiste : l'Europe serait sp&#233;cialis&#233;e dans le haut de gamme du high-tech, un tel r&#233;sultat ne s'obtient que parce que l'Europe compense ses r&#233;els handicaps par rapport aux Etats Unis et au Japon par des exc&#233;dents par rapport au reste du monde . Cette repr&#233;sentation commun&#233;ment partag&#233;e est doublement trompeuse car d'une part en termes de sp&#233;cialisation relative par rapport aux Etats Unis et au Japon, l'Europe fait moins bien et parce qu'aussi les exportations europ&#233;ennes de produits de haute technologie vers le reste du monde sont le fait d'entreprises am&#233;ricaines ou japonaises install&#233;es en Europe. (cf Rapport Fontani&#233;)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>Parole d'expert : Davos</title>
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		<dc:subject>Globalisation firmes</dc:subject>
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		<dc:subject>Vari&#233;t&#233;s nationales</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elie Cohen est &#233;conomiste, directeur de recherche au Centre d'&#233;tude de la vie politique fran&#231;aise (UMR 7048), &#224; Paris. &lt;br class='autobr' /&gt;
Du 23 au 28 janvier 2003, le World Economic Forum (WEF), comme chaque ann&#233;e, rassemble &#224; Davos, dans les Alpes suisses, les &#233;lites de la mondialisation. Longtemps, simple club europ&#233;en de dirigeants d'entreprises r&#233;unis &#224; l'initiative de Klaus Schwab, un Professeur de gestion, Davos s'est transform&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, aux yeux de ses adversaires de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/-2003-.html" rel="directory"&gt;2003&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Globalisation-firmes-+.html" rel="tag"&gt;Globalisation firmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Altermondialisme-+.html" rel="tag"&gt;Altermondialisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-OMC-+.html" rel="tag"&gt;OMC&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://elie-cohen.eu/+-Varietes-nationales-+.html" rel="tag"&gt;Vari&#233;t&#233;s nationales&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elie Cohen&lt;/strong&gt; est &#233;conomiste, directeur de recherche au Centre d'&#233;tude de la vie politique fran&#231;aise (UMR 7048), &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du 23 au 28 janvier 2003, le World Economic Forum (WEF), comme chaque ann&#233;e, rassemble &#224; Davos, dans les Alpes suisses, les &#233;lites de la mondialisation. Longtemps, simple club europ&#233;en de dirigeants d'entreprises r&#233;unis &#224; l'initiative de Klaus Schwab, un Professeur de gestion, Davos s'est transform&#233; au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es, aux yeux de ses adversaires de l'Internationale sociale de Porto Alegre, en &#233;tat major de la mondialisation lib&#233;rale. &lt;br /&gt;
Au d&#233;part forum patronal cr&#233;&#233; en 1970 pour trouver une r&#233;ponse europ&#233;enne aux d&#233;fis de l'inter-nationalisation des &#233;conomies, il s'est progressivement &#233;largi aux hommes politiques, aux &#233;conomistes en vue, aux technostructures des Organisations Internationales, aux media et m&#234;me aux artistes pour devenir un club plan&#233;taire de d&#233;cideurs. En 1998, un partenariat est m&#234;me cr&#233;&#233; avec l'ONU pour permettre l'implication des entreprises dans la r&#233;solution des probl&#232;mes qui affectent la plan&#232;te. Outre les grandes messes annuelles, le WEF publie chaque ann&#233;e un rapport sur la comp&#233;titivit&#233; des nations qui permet d'&#233;talonner les performances, de d&#233;noncer les erreurs et de recommander les bonnes pratiques. M&#234;me si ce rapport offre l'apparence de l'objectivit&#233; et r&#233;pond au go&#251;t des classements, un regard port&#233; sur la m&#233;thodologie en r&#233;v&#232;le pourtant les fragilit&#233;s et les l&#233;g&#232;ret&#233;s. La comp&#233;titivit&#233; des nations, jamais conceptuellement d&#233;finie, est ce que les auteurs d&#233;cident qu'elle doit &#234;tre. Comme la comp&#233;titivit&#233; est sens&#233;e annoncer la croissance future, on d&#233;couvre que les d&#233;terminants de la croissance n'empruntent pas &#224; l'&#233;tat de l'art de la discipline et que de surcro&#238;t ils sont mesur&#233;s par des indicateurs quantitatifs contestables et des indicateurs qualitatifs fragiles dans leur d&#233;finition et dans leur validit&#233; statistique. En fait ces classements visent &#224; d&#233;livrer un message &#233;tonnamment proche du consensus de Washington en mati&#232;re macro&#233;conomique (stabilit&#233; des prix, &#233;quilibre budg&#233;taire, ouverture des fronti&#232;res, libre circulation des capitaux) et de l'avantage comp&#233;titif de Porter en mati&#232;re micro&#233;conomique. &lt;br /&gt;
Alors que conclure sur l'influence du WEF ?&lt;br /&gt;
Davos n'est pas l'&#233;tat major de la mondialisation lib&#233;rale. Ce sont les Etats qui ont lib&#233;ralis&#233;, d&#233;r&#233;glement&#233;, ouvert les fronti&#232;res, institu&#233; l'OMC, renforc&#233; les pouvoirs du FMI, multipli&#233; les conventions environnementales et sanitaires, institu&#233; l'Union europ&#233;enne ou les autres regroupements r&#233;gionaux. Ce sont aujourd'hui les institutions internationales du syst&#232;me ONU ou Bretton Woods qui r&#233;gulent la plan&#232;te. On peut discuter cette th&#232;se en attribuant la mondialisation &#224; la dynamique capitaliste, &#224; la pression du progr&#232;s technique, il reste que des Etats ont du renoncer &#224; des pr&#233;rogatives nationales pour organiser cette mondialisation. &lt;br /&gt;
Davos n'est pas non plus un simple club. La r&#233;union des &#171; global players &#187; n'est pas qu'anecdotique. Les modes th&#233;oriques et les concepts chatoyants sont souvent consacr&#233;s &#224; Davos : La Nouvelle Economie, l'entreprise globale, la fin des cycles, la fracture num&#233;rique, etc. Le forum a par ailleurs une vertu non dissimul&#233;e : offrir la plus grande foire au lobbying pour les industriels comme pour les nouveaux dirigeants politiques. R&#233;seau de dirigeants organis&#233;s pour conforter la mondialisation et promouvoir une gestion lib&#233;rale des &#233;conomies, le forum entend aussi faire jouer un r&#244;le grandissant aux dirigeants industriels en avan&#231;ant sous le triple &#233;tendard de la conscience morale (refus des guerres, des discriminations, de la pauvret&#233;), des responsabilit&#233;s globales (l'environnement, les migrations, les &#233;pid&#233;mies, la multiplication des risques globaux) et de la faillite relative des Etats. Au sommet de la terre de Johannesburg, on a pu voir une concr&#233;tisation de cette d&#233;marche avec l'annonce des premiers partenariats publics priv&#233;s (PPP). La volont&#233; d'implication citoyenne des entreprises dans la r&#233;solution de probl&#232;mes comme le Sida, la pauvret&#233; ou l'acc&#232;s &#224; l'eau, est l'illustration t de cette nouvelle qu&#234;te de l&#233;gitimit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encadr&#233; (d&#233;finition) :&lt;br /&gt;
Consensus de Washington : Ensemble de politiques lib&#233;rales promues par la banque Mondiale et le FMI pour favoriser la transition des ex-pays communistes et le d&#233;collage des pays sous-d&#233;velopp&#233;s&lt;br class='autobr' /&gt;
Porter entend transposer dans l'ordre macro&#233;conomique les d&#233;terminants micro&#233;conomiques de la comp&#233;titivit&#233; &#224; savoir l'innovation, la diff&#233;renciation produit la ma&#238;trise des co&#251;ts par, la concurrence, &lt;br class='autobr' /&gt;
C'est &#224; Bretton Woods (USA) apr&#232;s guerre qu'ont &#233;t&#233; cr&#233;es le FMI et la Banque Mondiale et qu'ont &#233;t&#233; jet&#233;es les bases de l'ordre &#233;conomique d'apr&#232;s guerre fond&#233; sur la convertibilit&#233; des monnaies et l'aide au d&#233;veloppement&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.cnrs.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Revue du CNRS&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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