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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Industrial Policies in France : the Old and the New</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Industrial-Policies-in-France-the-Old-and-the-New.html</link>
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		<dc:date>2007-12-01T14:25:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>&lt;p&gt;Industrial policy is mainly sector based in France, moulding industrial specialization and often promoting &#034;grand projects.&#034; It intended to make use of economies of scale, specifically in technologically sophisticated sectors and has been labelled as High Tech Colbertism.&lt;/p&gt;

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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Journal of industry, competition and trade&lt;/i&gt;, Volume 7, N&#176;3-4, d&#233;cembre 2007.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_73 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://elie-cohen.eu/IMG/pdf/Industrial_Policies_in_France.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 203.5 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772969524' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Abstract :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Industrial policy is mainly sector based in France, moulding industrial specialization and often promoting &#034;grand projects.&#034; It intended to make use of economies of scale, specifically in technologically sophisticated sectors and has been labelled as High Tech Colbertism. The European unification and the Single Market Programme has to some extent converted European industrial policy to the horizontal approach, banning sectoral activities, promoting framework policies, and a sound macro economic policy. The Lisbon strategy then designed a new agenda for growth which acknowledged a gap in competitiveness relative to the USA. In France new initiatives were launched in the past decade, which to some extent are echoing the French type of industrial policy. Regional cluster programs (&#034;poles de competitivit&#233;&#034;) were introduced, an industrial innovation agency and a national research agency were founded and the Oseo program promotes small and medium firms. The history, preconditions and chances of the new initiatives are analysed.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="tp://www.springer.com/economics/industrial+organization/journal/10842" class="spip_out"&gt;Springer&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La place du droit de la concurrence dans le futur ordre juridique communautaire</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/La-place-du-droit-de-la-concurrence-dans-le-futur-ordre-juridique-communautaire.html</link>
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		<dc:date>2007-11-01T15:37:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Colloque de Bruxelles, 8 novembre 2007 &lt;br class='autobr' /&gt;
Intervention de M. Elie Cohen &lt;br class='autobr' /&gt;
Etant le dernier &#224; intervenir, je vais pouvoir structurer mon intervention autour de certains des points qui ont fait d&#233;bat ce matin. Mon ami Andr&#233; Sapir me fournit une occasion de repartir de la r&#233;f&#233;rence qu'il fait &#224; des travaux d'&#233;conomistes. Que nous dit-il ? &lt;br class='autobr' /&gt;
Il y a vingt ans un certain nombre d'&#233;conomistes avaient soulign&#233; les limites, les faiblesses et les &#233;checs des politiques industrielles. Le rattrapage et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Colloques-.html" rel="directory"&gt;Colloques&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Colloque de Bruxelles, 8 novembre 2007&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_72 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://elie-cohen.eu/IMG/pdf/Colloque_Concurrences_081107_Partners.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 485.7 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772969524' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervention de M. Elie Cohen&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Etant le dernier &#224; intervenir, je vais pouvoir structurer mon intervention autour de certains des points qui ont fait d&#233;bat ce matin. Mon ami Andr&#233; Sapir me fournit une occasion de repartir de la r&#233;f&#233;rence qu'il fait &#224; des travaux d'&#233;conomistes. Que nous dit-il ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a vingt ans un certain nombre d'&#233;conomistes avaient soulign&#233; les limites, les faiblesses et les &#233;checs des politiques industrielles. Le rattrapage et la convergence des Etats membres de la Communaut&#233; europ&#233;enne se sont r&#233;alis&#233;s davantage avant la constitution du march&#233; unique que depuis sa r&#233;alisation et l'av&#232;nement de l'Union &#233;conomique et mon&#233;taire. Cela incite certains &#224; vouloir aller au-del&#224; : il nous faudrait une nouvelle vague de lib&#233;ralisations et de politiques de concurrence. Je n'y suis pas hostile notamment dans le domaine des services mais encore faut-il avoir une lecture correcte des effets des politiques men&#233;es au cours des vingt derni&#232;res ann&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe, puissance normative&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant ces ann&#233;es, qu'avons nous fait au niveau europ&#233;en ? Nous avons assist&#233; &#224; une affirmation de la politique de la concurrence et de l'autorit&#233; de la concurrence europ&#233;enne &#224; tel point d'ailleurs que l'Europe est souvent pr&#233;sent&#233;e comme une puissance normative. En effet, l'Union europ&#233;enne n'est pas devenue une puissance strat&#233;gico-militaire, ni une puissance &#233;conomique, mais bien une puissance normative. Sur ce point d'ailleurs, Mme Kroes a reconnu que l'un des plus beaux articles d'exportation de l'Europe &#233;tait sa production normative et r&#233;glementaire et sa pratique de la r&#233;gulation de la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais pour ma part pr&#233;f&#233;r&#233; que l'on soit l'&#233;conomie de la connaissance la plus performante de la plan&#232;te, celle qui est &#224; la fronti&#232;re technologique, avec un mod&#232;le social efficient et une &#233;cologie durable, au lieu d'&#234;tre la puissante normative de la plan&#232;te. Ainsi, pendant ces vingt ann&#233;es, nous avons constitu&#233; une puissance normative et, dans le m&#234;me temps, d&#233;mantel&#233; les appareils d'intervention &#233;conomique au sein de chaque Etat membre, lesquels visaient &#224; la production de champions nationaux, au d&#233;veloppement de fili&#232;res technologiques dans certains secteurs o&#249; il y avait des &#233;checs de march&#233; av&#233;r&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Force est de reconna&#238;tre que la dynamique des vingt derni&#232;res ann&#233;es a &#233;t&#233; plut&#244;t une dynamique de la concurrence qu'une dynamique de construction des politiques industrielles. On a d&#233;mantel&#233; les outils de politique industrielle des diff&#233;rents pays, et ce en particulier dans un pays que je connais bien et o&#249; ces outils n'ont pas produit que des r&#233;sultats n&#233;gatifs ; ce qui se passe aujourd'hui dans le nucl&#233;aire, le secteur des t&#233;l&#233;communications, l'a&#233;ronautique spatiale et militaire, d&#233;coulait de ces grands projets &#233;labor&#233;s dans le cadre des politiques industrielles nationales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Constitution d'un avantage comp&#233;titif&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels enseignements en tirer ? Peut-on dire que maintenant, instruits par l'exp&#233;rience, nous savons qu'une &#233;conomie moderne ne peut se d&#233;velopper que gr&#226;ce &#224; l'incitation et non &#224; l'intervention, gr&#226;ce &#224; une politique de concurrence et non &#224; une politique industrielle, gr&#226;ce &#224; une politique d'environnement comp&#233;titif et non &#224; des politiques sectorielles cibl&#233;es ? Est-ce bien s&#251;r ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Andr&#233; Sapir avait eu le temps de d&#233;velopper son intervention, il aurait sans doute cit&#233; les travaux r&#233;cents d'&#233;conomistes qui redonnent une certaine dignit&#233; aux politiques industrielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ce pour une raison tr&#232;s simple : personne ici ne cro&#238;t qu'une politique de la concurrence en soi puise &#234;tre un vecteur de d&#233;veloppement &#233;conomique ou un facteur d&#233;cisif de sp&#233;cialisation industrielle permettant &#224; un pays de se doter d'avantages comp&#233;titifs sur la longue dur&#233;e. Personne ne le cro&#238;t car l'histoire du d&#233;veloppement &#233;conomique ne confirme gu&#232;re cette vision. Ce que fait la Chine aujourd'hui, c'est exactement ce que le Japon a fait il y a quarante ans ; c'est exactement ce que la France a fait il y a un si&#232;cle ; c'est exactement ce qu'a fait l'Allemagne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On entre dans le d&#233;veloppement industriel toujours &#224; coups de protectionnisme offensif, toujours &#224; coup d'intervention de l'Etat, toujours avec des dispositifs qui visent &#224; cr&#233;er un avantage comp&#233;titif. L'avantage comp&#233;titif est construit. La bonne question est : les instruments qui ont permis de constituer l'avantage comp&#233;titif, par exemple la sp&#233;cialisation manufacturi&#232;re allemande entre 1870 et 1890, ou encore la politique des grands projets fran&#231;ais &#224; partir de 1945, sont-ils adapt&#233;s ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tendance &#224; penser que les institutions, qui ont permis le rattrapage &#233;conomique, ne sont pas les institutions adapt&#233;es pour une &#233;conomie d'innovation. Il faut donc r&#233;fl&#233;chir sur les institutions qui peuvent favoriser le d&#233;veloppement de cette &#233;conomie de la connaissance. J'y reviendrai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les aides d'Etat : aujourd'hui un faux probl&#232;me&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant cela, je voudrais revenir sur les aides d'Etat car on en a beaucoup parl&#233; ce matin. J'ai le privil&#232;ge d'avoir assist&#233; la semaine derni&#232;re, en tant que rapporteur, &#224; la pr&#233;sentation d'un remarquable travail sur les aides d'Etat : &#233;tude comparative entre l'Europe, les Etats-Unis et le Japon sur une tr&#232;s longue p&#233;riode par Pierre Buigues. Ce rapport est &#233;clairant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ses trois conclusions majeures vont nous permettre d'&#233;carter toute une s&#233;rie de d&#233;bats dans lesquels on adore se complaire et qui aujourd'hui ont perdu de leur actualit&#233; :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8722;	Premi&#232;re conclusion : il y a une tendance g&#233;n&#233;rale en Europe &#224; la baisse des aides d'Etat. L'Allemagne est la seule exception, provisoire, mais on peut le comprendre : l'Allemagne a eu des probl&#232;mes particuliers au cours des dix derni&#232;res ann&#233;es. Premi&#232;re bonne nouvelle donc : les aides d'Etat constituent probablement un probl&#232;me du pass&#233;, en tout cas pour l'Europe, compte tenu de cette tendance &#224; la baisse. De ce point de vue l&#224;, on peut consid&#233;rer que la Commission a &#233;t&#233; remarquablement efficace, &#224; moins que d'autres d&#233;terminants, notamment budg&#233;taires, aient jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8722;	Deuxi&#232;me conclusion : si on observe la ventilation des aides d'Etat dans les pays europ&#233;ens par rapport aux Etats-Unis et au Japon, on remarque que les aides d'Etats, en Europe, ont une caract&#233;ristique : elles sont en majorit&#233; destin&#233;es &#224; un objectif d'&#233;quit&#233;, et non pas d'efficacit&#233; &#233;conomique. En d'autres termes, les aides d'Etat en Europe ont plus une finalit&#233; sociale qu'&#233;conomique ou de stimulation de la comp&#233;titivit&#233;. Sur ce point, la situation est massivement diff&#233;rente aux Etats-Unis et au Japon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8722;	Troisi&#232;me conclusion, encore plus int&#233;ressante : si on regarde les cibles des aides d'Etat en mati&#232;re &#233;conomique, on constate une sorte de programme commun plan&#233;taire. Les aides sont en effet destin&#233;es massivement &#224; la R&amp;D, &#224; la politique r&#233;gionale pour la formation de clusters, &#224; la politique d'innovation. Il y a bien entendu des diff&#233;rences selon les pays : en Allemagne, par exemple, pr&#232;s de 50% des aides &#233;conomiques vont &#224; l'energy efficiency, ce qui veut dire qu'il y a eu un effort formidable en ce domaine. Mais il y a une convergence dans les th&#233;matiques d'intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on prend au s&#233;rieux ces trois conclusions, tr&#232;s franchement on peut dire qu'il faut passer &#224; autre chose. Si la tendance &#224; la baisse est confirm&#233;e, et si en m&#234;me temps l'Europe a plut&#244;t une motivation sociale, cela veut dire que les aides &#233;conomiques &#224; fort effet de distorsion ne sont plus un probl&#232;me majeur. Et si on constate qu'il y a une convergence autour de politiques que tout le monde d&#233;fend ici, &#224; savoir l'aide aux PME, la stimulation de l'innovation, l'aide &#224; la R&amp;D, l'aide &#224; la formation de clusters, etc, on peut dire que le probl&#232;me des aides publiques est r&#233;gl&#233;, et on pourrait passer &#224; autre chose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre politique : Pour une &#233;conomie de la connaissance&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais autre chose ce serait quoi ? Ce serait tenir compte de ce qu'a dit Claude B&#233;b&#233;ar en particulier tout &#224; l'heure : le monde change sous nos yeux. Dans une &#233;conomie de la connaissance, l'input innovation, l'input formation, l'input &#233;ducation sup&#233;rieure, deviennent des facteurs de production directe. D'o&#249; l'importance de l'investissement dans ces inputs et d'o&#249; peut-&#234;tre de nouvelles in&#233;galit&#233;s qui sont en train de se cr&#233;er.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regardons les chiffres. Au niveau sectoriel, on constate par exemple que, aux Etats-Unis, 80% de l'aide &#224; la recherche passe par le minist&#232;re de la D&#233;fense et qu'elle emprunte un certain nombre de canaux qui sont &#224; mon avis constitutifs des nouveaux avantages comparatifs d'aujourd'hui. Pourquoi ? Il s'agit d'investissements dans les technologies de l'information, dans les biotechnologies ou les biosciences. On peut certes se demander pourquoi le minist&#232;re de la d&#233;fense am&#233;ricaine investit dans les biotechnologie les biosciences, dans les nouveaux mat&#233;riaux (nanotechnologies, etc). Mais il le fait et de plus 50% de cette aide passe par les entreprises, elle est g&#233;r&#233;e par elles sur des projets qu'elles d&#233;finissent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas tout, si on regarde en d&#233;tail, on remarque que les autres canaux d'irrigation de la Recherche passent par le minist&#232;re de la Sant&#233;, &#224; travers toute une s&#233;rie de financements de projets, et par le minist&#232;re de l'Energie. Ainsi, les nouvelles g&#233;n&#233;rations de centrales nucl&#233;aires aux Etats-unis sont largement financ&#233;es et subventionn&#233;es par le minist&#232;re de l'Energie am&#233;ricain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux pas r&#233;sister au plaisir d'ouvrir ici une petite parenth&#232;se. Quand on me dit que la formidable priorit&#233; europ&#233;enne en mati&#232;re de politique d'&#233;nergie c'est l'ownership building pour les producteurs et les distributeurs d'&#233;lectricit&#233;, je me dis : &#171; Mais dans quelle plan&#232;te vit-on actuellement ? &#187;. Si d'un c&#244;t&#233; vous avez, aux Etats-Unis, un pays qui est &#224; la fronti&#232;re technologique et qui investit massivement dans ces technologies tout en ayant un effort de formation dans l'enseignement sup&#233;rieur qui n'est &#233;gal&#233; par personne. Si, en m&#234;me temps, en Chine, il y a cette volont&#233; d'investissement massif dans le d&#233;veloppement de nouvelles technologies et dans la formation de cadres, si de plus, toujours en Chine on assiste &#224; cette activit&#233;, assez normale, consistant &#224; copier, &#224; imiter, &#224; ne pas respecter les r&#232;gles, &#224; faire du protectionnisme offensif, comme le font tous les pays dans la phase de d&#233;veloppement, il m'arrive de me demander si l'Europe institutionnelle comprend le monde tel qu'il est.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La bonne nouvelle, peut-&#234;tre, c'est que tout cela va nous conduire &#224; r&#233;agir. Et, comme l'a dit Jean Pierre Jouyet ce matin, le probl&#232;me n'est pas d'attaquer la politique de la concurrence ; le probl&#232;me c'est de faire en sorte que la politique de concurrence ne soit pas la seule, qu'elle ne soit pas l'unique horizon de la politique europ&#233;enne. La difficult&#233; n'est pas tant d'abaisser la politique de la concurrence, ou d'en faire une nouvelle, ou de se vanter d'&#234;tre la puissance normative qui exporte ses normes dans le reste de la plan&#232;te, le probl&#232;me c'est de commencer &#224; &#233;laborer des politiques int&#233;gr&#233;es dans un certain nombre de domaines comme l'&#233;nergie, la sant&#233;, les plates-formes technologiques, etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai bien &#233;cout&#233; ce qu'a dit Karel Van Miert tout &#224; l'heure sur les diff&#233;rents r&#232;glements qui allaient permettre de mieux cerner les aides &#224; la R&amp;D, qui devaient &#234;tre notifi&#233;es ou pas, celles qui devaient &#234;tre acceptables ou pas. Mais il ne faut pas croire un seul instant que m&#234;me dans une &#233;conomie de la connaissance, m&#234;me dans un domaine o&#249; la concurrence diffuse peut avoir des effets sur le d&#233;veloppement d'une innovation cumulative, on puisse s'en tenir l&#224;. L'Etat n'est pas quitte quand il &#233;tablit de bons r&#232;glements. On a besoin aussi d'investir dans des grands programmes technologiques. En mati&#232;re d'innovation, si on doit &#224; la fois investir dans l'innovation cumulative et dans les grands technologiques, cela conduit &#224; poser autrement la logique de l'intervention publique ; et cela conduit &#224; ne pas consid&#233;rer que plus un march&#233; est fragment&#233;, plus on est dans une situation souhaitable . En d'autres termes &#171; small &#187; n'est pas n&#233;cessairement beautiful, nous avons besoin de champions europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne peux pas non plus ne pas mentionner les probl&#232;mes de mesure. Qu'est-ce que c'est qu'un march&#233; dans lequel on a une situation concurrentielle ? Qu'est-ce qu'une innovation qui peut &#234;tre labellis&#233;e ? J'animais un d&#233;bat l'autre jour avec un coll&#232;gue dans un tout autre contexte. Mon coll&#232;gue m'expliquait que dans le domaine des t&#233;l&#233;communications, au fond, rien n'avait chang&#233; en vingt ans : &#171; Regardez les indices de concentration, il y a vingt ans et aujourd'hui, &#231;&#224; n'a pratiquement pas boug&#233; &#187;. En effet, aujourd'hui - &#224; part China Mobil qui s'est hiss&#233;e dans les cinq premiers mondiaux - la m&#234;me hi&#233;rarchie et les m&#234;mes grands groupes dominent. Et vous avez m&#234;me aux Etats-Unis un ph&#233;nom&#232;ne de re-concentration r&#233;cente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais pendant ces vingt ans, il s'est pass&#233; un processus formidable de transformation. Les anciens monopoles administratifs verticalement int&#233;gr&#233;s ont subi dans un premier temps une forte concurrence de la part de nouveaux entrants prot&#233;g&#233;s par des r&#233;gulateurs pratiquent la r&#233;gulation asym&#233;trique. Les prix ont fortement baiss&#233;, les usages se sont d&#233;velopp&#233;s. Dans un deuxi&#232;me temps on a assist&#233; &#224; un mouvement classique de consolidation, les acteurs les plus faibles ceux qui avaient le moins investi ont disparu. Dans un troisi&#232;me temps enfin quand il s'est agi de b&#226;titr les infrastructures &#171; tout optique &#187; une nouvelle vague de concentration s'est amorc&#233;e. Faut-il condamner ce processus et hisser le moyen -la concurrence atomistique- au rang d'objectif -le d&#233;veloppement du num&#233;rique pour tous- ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non. Regardez ce qu'il se passe aux Etats-Unis actuellement. Gr&#226;ce au processus de re-concentration du secteur des t&#233;l&#233;communications, une normalisation de fait des r&#233;seaux de fibres rend possible leur d&#233;ploiement. Avec un march&#233; ultra fragment&#233; au sein de chaque pays et a fortiori au niveau europ&#233;en, si on privil&#233;gie la concurrence atomistique si on emp&#234;che la consolidation et si on applique les r&#232;gles actuelles de d&#233;groupage, alors il n'y aura pas d'investissement dans les nouveaux r&#233;seaux et il n'y aura pas non plus de normalisation de fait. Alors que l'Europe a b&#226;ti sa position de leader mondial des mobiles (par entente entre les laboratoires des op&#233;rateurs dominants fran&#231;ais et allemands) gr&#226;ce &#224; la normalisation du GSM, elle jouera les figurants dans le domaine de la fibre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique de concurrence est un moyen&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'en arrive &#224; ma conclusion. On a beaucoup discut&#233; sur le point de savoir si la concurrence &#233;tait un objectif ou un moyen. Et j'ai vu un brillant juriste - je ne suis pas du tout juriste - expliquer que, au fond, rien n'a chang&#233;. Mais, il y a quand m&#234;me en &#233;conomie basique, &#233;l&#233;mentaire, une diff&#233;rence fondamentale entre un objectif et un moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'objectif ne peut jamais &#234;tre la concurrence, me semble-t-il ; l'objectif c'est de faire de l'Europe, comme on l'a dit, une &#233;conomie de la connaissance comp&#233;titive qui cr&#233;&#233; de l'emploi, qui d&#233;veloppe des richesses, etc. La politique de la concurrence doit &#234;tre un moyen, &#233;ventuellement combin&#233; &#224; d'autres, pour servir ces objectifs. Confondre les objectifs et les instruments c'est quelque chose qui me choque comme &#233;conomiste et comme citoyen. &lt;br class='autobr' /&gt;
Et si je vous ai bien compris, l'un des r&#233;sultats du nouveau Trait&#233; de Lisbonne est de r&#233;introduire cette diff&#233;rence. Il est donc de bonne m&#233;thode d'installer cette diff&#233;rence entre objectif et moyen.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'objectif est de favoriser la transition de l'&#233;conomie europ&#233;enne, d'une &#233;conomie industrielle &#224; une &#233;conomie de la connaissance, il faut s'interroger sur les moyens de favoriser cette transition l&#224;. Les travaux de l'OCDE, du FMI ou en France du CAE vont dans le m&#234;me sens : il faut des r&#233;formes sur les march&#233;s des biens, sur les march&#233;s du travail du capital pour favoriser la flexibilit&#233; de ces march&#233;s et y accro&#238;tre la concurrence. Il faut en particulier favoriser l'acc&#232;s au march&#233;, au besoin en r&#233;servant des march&#233;s publics aux PME innovantes. Il faut dans le m&#234;me temps d&#233;velopper l'investissement &#233;ducatif, l'investissement dans l'innovation ; et cet investissement passe par de grandes plates-formes technologiques structurantes. Cela a un co&#251;t. Mais il ne faut certainement pas &#233;carter cette solution au nom d'une vision d'une concurrence atomistique. Voil&#224; le deuxi&#232;me point qui me semble s'imposer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Troisi&#232;me point : est-ce qu'il faut une politique de la concurrence nouvelle pour l'&#232;re nouvelle qui s'impose ? Non certainement pas ; je crois que notre politique de la concurrence nous est suffisamment envi&#233;e, puisque m&#234;me les chinois veulent l'imiter (en parole), pour qu'il ne soit pas besoin de rajouter un &#233;tage suppl&#233;mentaire &#224; l'&#233;difice. Par contre je crois qu'il faut renforcer d'autres politiques et notamment les politiques industrielles. L'id&#233;e de re-balancement des politiques me semble importante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je voudrais conclure par un dernier point : chaque fois que je viens &#224; Bruxelles c'est pour moi une piq&#251;re de rappel. La distance qu'il y a entre ce que j'appellerai la mantra europ&#233;enne - et de ce point de vue l&#224; le discours de Madame Kroes &#233;tait parfait - et le monde r&#233;el, ne cesse de grandir. Nous pouvons r&#234;ver un monde r&#233;gl&#233; par le droit, la norme, le multilat&#233;ralisme, la d&#233;fense du consommateur. Mais compte-tenu de ce que l'on sait sur le d&#233;veloppement de la Chine, de l'Inde, du nationalisme &#233;nerg&#233;tique russe des investissements am&#233;ricains dans l'&#233;conomie de la connaissance, il n'y a pas pour trente six solutions : soit on est capable de r&#233;ussir notre int&#233;gration et de laisser tomber ces oeill&#232;res pour favoriser l'&#233;mergence d'une Europe comp&#233;titive, soit, si on n'y arrive pas, le processus de d&#233;composition qu'on a &#224; peine stopp&#233; avec le trait&#233; simplifi&#233; reprendra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je vous remercie de votre attention&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.transactive.fr/products/rdlc.html" class="spip_out"&gt;Concurrences&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La segmentation de la cha&#238;ne de valeur : vers une nouvelle division internationale du travail</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/La-segmentation-de-la-chaine-de-valeur-vers-une-nouvelle-division.html</link>
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		<dc:date>2007-09-01T13:25:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nadja</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Cahiers de la Fondation, n&#176;67-68 &#034;Le dialogue social europ&#233;en et les restructurations, &#224; quelles conditions les partenaires sociaux peuvent-ils devenir des acteurs du changement ?	&#034;, oct 2006-sept 2007. Contribution d'Elie Cohen p. 21-26. &lt;br class='autobr' /&gt; Acheter cette revue &lt;br class='autobr' /&gt;
Ce Cahier reprend les interventions prononc&#233;es lors du colloque des 23 et 24 avril 2007 organis&#233;, &#224; Paris, avec le soutien de la Commission europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ainsi que vous pourrez le remarquer en lisant ces diff&#233;rentes interventions, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cahiers de la Fondation, n&#176;67-68 &#034;&lt;i&gt;Le dialogue social europ&#233;en et les restructurations, &#224; quelles conditions les partenaires sociaux peuvent-ils devenir des acteurs du changement ?&lt;/i&gt;	&#034;, oct 2006-sept 2007. Contribution d'Elie Cohen p. 21-26.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.europeetsociete.com/lescahiers/cahier67-68.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Acheter cette revue&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce Cahier reprend les interventions prononc&#233;es lors du colloque des 23 et 24 avril 2007 organis&#233;, &#224; Paris, avec le soutien de la Commission europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi que vous pourrez le remarquer en lisant ces diff&#233;rentes interventions, notre volont&#233;, au cours de ces deux jours, a &#233;t&#233;, &#224; partir de r&#233;flexions sur les probl&#232;mes de restructurations, d'exemples pr&#233;cis, d'&#233;tudes de cas, d'&#233;valuer le r&#244;le des partenaires sociaux dans la gestion des restructurations en Europe. Ce que nous avons constat&#233;, c'est que face &#224; l'&#233;volution rapide de l'&#233;conomie mondiale, les Europ&#233;ens s'interrogent sur leur capacit&#233; &#224; garantir l'essentiel des &#233;l&#233;ments qui sont &#224; la base du compromis social &#233;difi&#233; au fil des d&#233;cennies pass&#233;es. Ils ont constat&#233;, que pour atteindre un tel objectif, il fallait, au-del&#224; des r&#233;alit&#233;s nationales ou locales, b&#226;tir des compromis et des r&#233;ponses susceptibles de renforcer la coh&#233;sion europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les difficult&#233;s, les travaux de ces deux jours ont mis en &#233;vidence la pr&#233;&#233;minence de la dimension europ&#233;enne. L'ensemble des d&#233;bats a soulign&#233; que, face aux d&#233;fis du monde actuel, les partenaires sociaux doivent s'organiser pour devenir de vrais acteurs europ&#233;ens capables &#224; la fois d'affronter les probl&#232;mes pr&#233;sents et de mettre en &#339;uvre les pratiques d'anticipation. Cela suppose, notamment, qu'ils d&#233;veloppent leur capacit&#233; de d&#233;passer le pr&#233;sent, d'envisager l'avenir et de se mettre en situation de construire les compromis n&#233;cessaires &#224; l'affirmation d'une Europe plus coh&#233;rente et plus active dans le monde.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.europeetsociete.com/lescahiers/index.html" class="spip_out"&gt;{Les Cahiers de la Fondation}&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La tentation hexagonale : d&#233;localisations et nouvelle politique industrielle</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/La-tentation-hexagonale-delocalisations-et-nouvelle-politique-industrielle.html</link>
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		<dc:date>2007-05-21T19:07:29Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#233;lites politiques fran&#231;aises n'ont gu&#232;re la religion du march&#233;, du libre-&#233;change, la d&#233;nonciation du lib&#233;ralisme, est une pratique courante. L'actuel Pr&#233;sident de la R&#233;publique, J.Chirac, se plait m&#234;me &#224; faire un parall&#232;le entre les ravages du communisme et du capitalisme. Par ailleurs sondage apr&#232;s sondage l'image d'une France eurosceptique, altermondialiste, anti-capitaliste se d&#233;gage. De plus l'id&#233;ologie libre-&#233;changiste a perdu de sa force intimidatrice depuis que la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_64 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://elie-cohen.eu/IMG/pdf/DelocCEPIIDraft2.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 195.3 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772969524' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;lites politiques fran&#231;aises n'ont gu&#232;re la religion du march&#233;, du libre-&#233;change, la d&#233;nonciation du lib&#233;ralisme, est une pratique courante. L'actuel Pr&#233;sident de la R&#233;publique, J.Chirac, se plait m&#234;me &#224; faire un parall&#232;le entre les ravages du communisme et du capitalisme. Par ailleurs sondage apr&#232;s sondage l'image d'une France eurosceptique, altermondialiste, anti-capitaliste se d&#233;gage. De plus l'id&#233;ologie libre-&#233;changiste a perdu de sa force intimidatrice depuis que la th&#233;orie des avantages comparatifs est publiquement d&#233;battue . Certes les Fran&#231;ais ne sont pas lecteurs de Paul Samuelson et ne soup&#231;onnent gu&#232;re que Jagdish Bhagwati continue &#224; d&#233;fendre des th&#232;ses strictement libre-&#233;changistes, mais leurs hommes politiques se parent d'arguments d'experts pour ass&#233;ner comme une &#233;vidence l'obsolescence de la th&#233;orie des &#171; avantages comparatifs &#187;. Enfin les Fran&#231;ais ont peur de la r&#233;forme. Les tentatives r&#233;centes de r&#233;forme du contrat de travail, de l'assurance maladie ou des retraites, le ch&#244;mage persistant et la crise sans fin du syst&#232;me de formation les ont ancr&#233; dans une vision pessimiste de l'avenir et les ont convaincus que toute r&#233;forme &#233;tait porteuse de r&#233;gression sociale. &lt;br class='autobr' /&gt;
Des hommes politiques de tous bords d&#233;noncent p&#232;le m&#234;le les ravages d'une ouverture &#233;conomique non contr&#244;l&#233;e, l'&#233;change in&#233;quitable, l'ang&#233;lisme des Fran&#231;ais et r&#233;clament une intervention vigoureuse de l'Etat . Gauche et droite proposent de sanctionner les patrons auteurs de licenciements boursiers. &lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la question des &#171; d&#233;localisations &#187;, on assiste au dernier avatar de l'&#233;ternelle question de l'insertion de la France dans la division internationale du travail. La France a connu par le pass&#233; de telles p&#233;riodes d'interrogation grave sur sa comp&#233;titivit&#233;, les b&#233;n&#233;fices de son insertion dans une &#233;conomie internationale ouverte, la pr&#233;servation de son mod&#232;le national de d&#233;veloppement. Ses hommes politiques de gauche ou de droite ont exprim&#233; leur malaise face &#224; l'int&#233;gration europ&#233;enne et &#224; la mondialisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce fut le cas en 1992-93 quand la perspective du march&#233; unique faisait craindre une invasion automobile japonaise et d&#233;j&#224; les ravages industriels d'un Mark fort. Ce fut le cas aussi en 1982 quand le mod&#232;le politique fran&#231;ais paraissait buter sur la contrainte ext&#233;rieure et quand les politiques furent tent&#233;s par la solution du repli national et l'&#233;xp&#233;rience d'une politique industrielle volontariste. Ce fut le cas en 1969 quand la derni&#232;re &#233;tape de la constitution du march&#233; commun paraissait peu compatible avec l'&#233;tat de la France apr&#232;s les &#233;v&#232;nements de Mai 1968 qui s'&#233;taient sold&#233; en France par une tr&#232;s forte revalorisation des salaires ouvriers. Ce fut le cas enfin en 1959 quand le G&#233;neral de Gaulle h&#233;site un moment &#224; diff&#233;rer les premi&#232;res mesures d'int&#233;gration pr&#233;vues par le Trait&#233; de Rome&lt;br class='autobr' /&gt;
A chaque fois du constat d'une faiblesse transitoire na&#238;t un d&#233;bat sur la difficult&#233; de la France &#224; jouer pleinement le jeu de l'&#233;conomie ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tentation du repli est fr&#233;quente et des mesures sont esquiss&#233;es dans le sens de la protection : faut-il rappeler ici les magn&#233;toscopes japonais d&#233;douan&#233;s &#224; Poitiers en 1982, ou la lutte contre les transplants automobiles japonais en 1992. Ces tentations, ces mesures ont un caract&#232;re bipartisan. La Droite s'est illustr&#233;e en particulier avec le Rapport Arthuis en 1993 en tra&#231;ant un tableau noir des effets de la lib&#233;ralisation commerciale. Le m&#234;me s&#233;nateur Arthuis se fait aujourd'hui le h&#233;raut de la TVA sociale comme arme de taxation des importations.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourtant les &#233;lites politiques fran&#231;aises ont chaque fois r&#233;sist&#233; &#224; la tentation protectionniste. Gr&#226;ce &#224; l'Europe, le choix fait fut celui de la sortie par le haut. Apr&#232;s 1993 il y aura l'Euro, la forte croissance de 1997-2000. Apr&#232;s 1982 il y aura la relance europ&#233;enne la d&#233;sinflation comp&#233;titive et la lib&#233;ralisation -privatisation. Apr&#232;s 69 il y aura l'&#232;re Pompidou, l'imp&#233;ratif de la comp&#233;titivit&#233; et l'&#233;mergence des champions nationaux. Apr&#232;s 1959 il y aura l'imp&#233;ratif industriel et les grands programmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s lors si l'on souhaite appr&#233;cier les risques d'une d&#233;rive protectionniste et en &#233;valuer les alternatives trois questions doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es. Avec les d&#233;localisations franchit-on un seuil d'irr&#233;versibilit&#233; dans le d&#233;clin industriel du pays justifiant un nouveau cours politique. ? Les discours de la gauche et de la droite s'inscrivent-ils dans des id&#233;ologies polaris&#233;es ou illustrent-ils une forme d'id&#233;ologie nationale. ? Enfin les solutions pratiques concr&#232;tement envisag&#233;es par les deux camps illustrent-elles une offre politique contrast&#233;e ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le CIRI ou l'ing&#233;nierie sociale du d&#233;clin industriel</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Le-CIRI-ou-l-ingenierie-sociale-du-declin-industriel.html</link>
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		<dc:date>2007-05-21T19:02:46Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Introduction &lt;br class='autobr' /&gt;
De 1974 &#224; 1984 La France conna&#238;t un choc industriel majeur : les crises &#233;nerg&#233;tiques et mon&#233;taires, l'&#233;puisement d'une dynamique de rattrapage, des structures financi&#232;res fragiles vont contribuer &#224; un d&#233;clin acc&#233;l&#233;r&#233; de l'industrie. L'Etat fran&#231;ais qui depuis la Lib&#233;ration a fait de la politique industrielle un des outils majeurs de la Reconstruction puis de l'Expansion intervient alors massivement dans les restructurations et les reconversions industrielles. Dans les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_63 spip_document spip_documents spip_document_file'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='http://elie-cohen.eu/IMG/pdf/Creusot3.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 320.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='http://elie-cohen.eu/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1772969524' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1974 &#224; 1984 La France conna&#238;t un choc industriel majeur : les crises &#233;nerg&#233;tiques et mon&#233;taires, l'&#233;puisement d'une dynamique de rattrapage, des structures financi&#232;res fragiles vont contribuer &#224; un d&#233;clin acc&#233;l&#233;r&#233; de l'industrie. L'Etat fran&#231;ais qui depuis la Lib&#233;ration a fait de la politique industrielle un des outils majeurs de la Reconstruction puis de l'Expansion intervient alors massivement dans les restructurations et les reconversions industrielles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Dans les secteurs o&#249; il est l'actionnaire notamment depuis 1981, les rationalisations seront le fait de l'Etat actionnaire. Dans les entreprises priv&#233;es mais en difficult&#233;, l'Etat se dote d'un outil sp&#233;cifique le CIASI-CIRI qui va agir avec une redoutable efficacit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
En quelques ann&#233;es, L'Etat a su faire dispara&#238;tre des poids lourds de l'Industrie comme Boussac, Creusot Loire ou Normed, des champions nationaux n'ont gu&#232;re &#233;chapp&#233; &#224; la sanction du march&#233; m&#234;me si chacune de ses disparitions a &#233;t&#233; pr&#233;c&#233;d&#233;e de plans qui entendaient &#034;faire d'une faiblesse, une force&#034;, &#034;reconqu&#233;rir le march&#233; int&#233;rieur&#034;, et acqu&#233;rir des positions d&#233;cisives sur les &#034;nouveaux march&#233;s&#034;. L'Etat a aussi su faire dispara&#238;tre des pans entiers de la m&#233;canique, de l'industrie du bois, de la machine-outil des machines sp&#233;cialis&#233;es ... Il a accompagn&#233; le d&#233;clin voire la disparition d'entreprises &#224; forte visibilit&#233; sociale (les ARCT, Manufrance), des coop&#233;ratives ouvri&#232;res (Les AOIP), des mono entreprises locales, sans drames, et souvent avec un accord large des parties.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objet de la communication sera de montrer comment un outil particulier, le CIRI, a permis en apparence de r&#233;gler de mani&#232;re efficace des probl&#232;mes de financement, de reprise, de rationalisation industrielle et en r&#233;alit&#233; de g&#233;rer sans drames sociaux la premi&#232;re grande vague de d&#233;sindustrialisation que la France a connue. Le CIRI en effet emprunte au mod&#232;le de l'Administration de Mission, il n'a cess&#233; de bousculer l'ensemble des appareils d'Etat et du syst&#232;me bancaire et financier pour g&#233;rer la transition d'une &#233;conomie domin&#233;e par l'industrie &#224; une &#233;conomie qui cherche ses nouvelles sp&#233;cialisations. Le moment CIRI est celui o&#249; l'activisme des pouvoirs publics est &#224; son acm&#233;, il annonce la grande transformation de l'&#233;conomie fran&#231;aise et du capital national. &lt;br class='autobr' /&gt;
Au moment o&#249; nous vivons &#224; nouveau une phase d'acc&#233;l&#233;ration de la d&#233;sindustrialisation et alors que les hommes politiques de tout bord sont obs&#233;d&#233;s par les d&#233;localisations et en qu&#234;te de solutions nouvelles, l'exp&#233;rience de 74-84 m&#233;rite d'&#234;tre revisit&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Que reste-t-il des politiques industrielles ?</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Que-reste-t-il-des-politiques-industrielles.html</link>
		<guid isPermaLink="true">http://elie-cohen.eu/Que-reste-t-il-des-politiques-industrielles.html</guid>
		<dc:date>2007-05-21T18:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis 1945, le d&#233;bat sur les politiques industrielles a &#233;t&#233; particuli&#232;rement intense en trois occasions majeures. Une premi&#232;re fois sous le g&#233;n&#233;ral de Gaulle lorsque deux modalit&#233;s particuli&#232;res de la reconstruction et du rattrapage des Etats Unis par l'Europe ont &#233;t&#233; mises en oeuvre l'une tir&#233;e par le march&#233; et r&#233;gul&#233;e par le compromis social institutionnel en Allemagne, l'autre pouss&#233;e par l'Etat, la finance administr&#233;e et les entreprises publiques en France. Ce premier d&#233;bat va perdre de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1945, le d&#233;bat sur les politiques industrielles a &#233;t&#233; particuli&#232;rement intense en trois occasions majeures. Une premi&#232;re fois sous le g&#233;n&#233;ral de Gaulle lorsque deux modalit&#233;s particuli&#232;res de la reconstruction et du rattrapage des Etats Unis par l'Europe ont &#233;t&#233; mises en oeuvre l'une tir&#233;e par le march&#233; et r&#233;gul&#233;e par le compromis social institutionnel en Allemagne, l'autre pouss&#233;e par l'Etat, la finance administr&#233;e et les entreprises publiques en France. Ce premier d&#233;bat va perdre de son acuit&#233; avec la fin des 30 glorieuses et les chocs des ann&#233;es 70.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'&#233;mergence du Japon comme super-puissance manufacturi&#232;re au d&#233;but des ann&#233;es 80 le d&#233;bat sur les politiques industrielles va conna&#238;tre une nouvelle faveur tant aux Etats Unis qu'en Europe. En mettant en cause les avantages indus que procuraient au Japon une politique volontariste de conqu&#234;te des march&#233;s ext&#233;rieurs et une politique de fermeture r&#233;glementaire, financi&#232;re et commerciale du march&#233; int&#233;rieur -le tout organis&#233; par le Miti - Europ&#233;ens et Am&#233;ricains entendent &#224; la fois prot&#233;ger leurs entreprises en difficult&#233; par des accords de restriction volontaires d'exportations (ex : automobile) et promouvoir leurs industries de pointe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la cr&#233;ation en Europe du march&#233; unique et de l'Euro, la d&#233;cennie prodigieuse de croissance des Etats Unis, et l'effondrement japonais , la politique industrielle a paru dispara&#238;tre du paysage politique. Elle fait un retour marqu&#233; depuis quelques mois en r&#233;ponse aux premiers effets des d&#233;localisations et de la mont&#233;e en puissance de la Chine. A Bruxelles un int&#233;r&#234;t nouveau se manifeste, il tient au fait que les politiques d'environnement comp&#233;titif ne suffisent pas &#224; infl&#233;chir la sp&#233;cialisation europ&#233;enne vers les technologies, les m&#233;tiers et les services de la soci&#233;t&#233; de l'information. Si la notion refait surface d&#233;signe-t-elle bien les m&#234;mes r&#233;alit&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A tout effort d'&#233;valuation des politiques publiques industrielles, il y a donc un pr&#233;alable, celui de la d&#233;finition de la notion. En effet, si en France on r&#233;serve l'usage de la notion aux seules politiques sectorielles, celles qui ont pour effet de peser sur la sp&#233;cialisation. Ailleurs la notion est plus large puisqu'on m&#234;le, sous le m&#234;me label, des politiques verticales (sectorielles) et des politiques horizontales (commerciales, technologiques ou de concurrence).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1-Qu'est ce que la politique industrielle ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La th&#233;orie &#233;conomique r&#233;serve le concept de &#8220; politique industrielle &#8221;, &#224; l'action correctrice par l'&#201;tat des &#8220; faillites du march&#233; &#8221;. Elle r&#233;serve la notion de &#171; politique de concurrence &#187;, &#224; l'&#233;tablissement de r&#232;gles du jeu visant &#224; emp&#234;cher la formation de positions dominantes ou de pratiques discriminantes. Elle limite l'usage du terme &#171; de politique commerciale &#187;, &#224; la libre circulation des produits et des services et &#224; la r&#233;alisation d'un optimum des &#233;changes bas&#233; sur les avantages comparatifs relatifs. Elle restreint enfin l'usage de la notion de &#171; politique technologique &#187; &#224; la cr&#233;ation d'externalit&#233;s positives pour l'ensemble de l'industrie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce principe de sp&#233;cificit&#233; est l&#233;gitime mais peu op&#233;ratoire en pratique. Une connaissance m&#234;me superficielle des politiques pour l'Industrie men&#233;e par tous les Gouvernements montre qu'il est fait indiff&#233;remment usage de tel ou tel instrument pour poursuivre un objectif de protection, de sp&#233;cialisation ou de promotion d'une industrie. Une d&#233;marche inductive privil&#233;giant les probl&#232;mes et leur mode de r&#233;solution pour caract&#233;riser la nature des politiques men&#233;es nous semble donc plus ad&#233;quate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait, par ses politiques macro-&#233;conomique et macro-sociale, ses politiques d'&#233;quipement, de d&#233;fense nationale, tout &#201;tat a une action indirecte sur le monde industriel. Il agit sur le cadre d'action des entreprises (action conjoncturelle, &#233;quipement et am&#233;nagement du territoire, politiques de formation et de recherche), sur leurs d&#233;bouch&#233;s (commandes publiques, politique de la concurrence, exportation et protection nationale, consommation des m&#233;nages), et sur leurs conditions de production (l&#233;gislation sociale et droit des soci&#233;t&#233;s, financement des entreprises, fiscalit&#233;, contr&#244;le de la concurrence et des prix ...). Pour la commodit&#233; du propos appelons ces actions indirectes : politiques d'environnement de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle stricto sensu est une politique sectorielle, elle vise &#224; promouvoir des secteurs qui, pour des raisons d'ind&#233;pendance nationale, d'autonomie technologique, de faillite de l'initiative priv&#233;e, de d&#233;clin d'activit&#233;s traditionnelles, d'&#233;quilibre territorial ou politique m&#233;ritent une intervention.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon les pays et les vari&#233;t&#233;s de capitalisme, la politique sectorielle, lorsqu'elle existe, est le fait de l'&#201;tat, de banques, d'investisseurs ou de collectivit&#233;s locales. C'est ainsi qu'aux &#201;tats-Unis le minist&#232;re de l'industrie et des hautes technologies est de fait le Minist&#232;re de la D&#233;fense. Au Japon l'Industrie a &#233;t&#233; prot&#233;g&#233;e gr&#226;ce &#224; la politique commerciale, certains secteurs ont &#233;t&#233; promus gr&#226;ce &#224; des financements, des allocations de devises et le soutien des grandes maisons de commerce. En Allemagne l'aide aux entreprises passe essentiellement par les lander dans le cadre de politiques technologiques, cependant que le sauvetage des entreprises en difficult&#233; a longtemps relev&#233; des grandes banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle a toujours eu un statut th&#233;orique controvers&#233;. Comme r&#233;ponse &#224; des &#171; market failures &#187; elle a &#233;t&#233; longtemps justifi&#233;e, mais son domaine d'application a toujours &#233;t&#233; soigneusement limit&#233;. L'Etat en effet ne devait promouvoir que des politiques horizontales, toute politique verticale r&#233;veillant le soup&#231;on d'un retour de la politique des champions nationaux. Or un constat a longtemps fait l'unanimit&#233; des analystes : l'Etat n'est ni &#233;quip&#233;, ni qualifi&#233;, ni en situation de &#171; choisir &#187; les entreprises, les technologies, les secteurs les plus porteurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'exp&#233;rience sans cesse renouvel&#233;e des d&#233;collages &#233;conomiques r&#233;ussis au Japon, en Asie de l'Est et au XIX&#232;me si&#232;cle en Allemagne ou aux Etats Unis aurait du valider l'argument de la protection de &#171; l'infant economy &#187; : c'est bien la protection des industries nationales &#233;mergentes, le soutien ouvert des gouvernements nationaux apport&#233; &#224; certains secteurs qui ont favoris&#233; les appareils industriels nationaux en formation. Mais l&#224; aussi toute une litt&#233;rature a promu l'id&#233;e que le d&#233;collage japonais, pour ne prendre que cet exemple, s'&#233;tait fait malgr&#233; l'intervention de l'Etat japonais et donc malgr&#233; les politiques industrielles d&#233;ploy&#233;es avec constance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de nous les nouvelles th&#233;ories du d&#233;veloppement ou de la croissance endog&#232;ne mettent en exergue le r&#244;le de l'Etat dans la fourniture des infrastructures physiques, intellectuelles et institutionnelles pour le d&#233;veloppement &#233;conomique. Pr&#233;tendre avec les tenants du consensus de Washington, qu'il suffit qu'une &#233;conomie soit ouverte pour d&#233;coller c'est m&#233;conna&#238;tre les le&#231;ons de l'histoire. Comme le dit avec malice Joseph Stiglitz, si la Cor&#233;e avait suivi les pr&#233;ceptes de la th&#233;orie de l'avantage comparatif, de la lib&#233;ralisation des &#233;changes et du refus de promouvoir l'&#233;mergence de champions nationaux, elle serait aujourd'hui une nation de cultivateurs de riz et non le leader mondial de l'Internet haut d&#233;bit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- Une politiques industrielle du pass&#233; : le cas fran&#231;ais (1945-1984)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La politique industrielle fran&#231;aise telle qu'elle a &#233;t&#233; progressivement &#233;labor&#233;e apr&#232;s-guerre n'est qu'un &#233;l&#233;ment du triptyque fondateur. Les &#233;lites issues de la R&#233;sistance instaurent en effet une &#233;conomie de financements administr&#233;s : la Reconstruction, l'expansion doivent proc&#233;der de l'Etat qui a une l&#233;gitimit&#233; sup&#233;rieure &#224; celle du march&#233;. Ces &#233;lites installent &#233;galement l'Etat au c&#339;ur du compromis social institutionnalis&#233;. Certes un syndicalisme de lutte des classes et un patronat patrimonial ne peuvent cog&#233;rer l'&#233;conomie, l'Etat n'en est pas moins le garant d'un Etat social en expansion continue et d'une protection sociale d&#233;l&#233;gu&#233;e aux partenaires sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qualifier la politique industrielle men&#233;e, trois situations doivent &#234;tre distingu&#233;es : lorsque l'Etat se trouve face &#224; des acteurs industriels puissants dont il pr&#233;tend d&#233;finir les structures et pr&#233;d&#233;terminer les orientations ; lorsqu'il fait face &#224; des canards boiteux politiquement et socialement d&#233;stabilisateurs ; ou lorsqu'il est confront&#233; &#224; une absence de tout acteur industriel dans un secteur d&#233;cisif pour l'ind&#233;pendance nationale, c'est alors le domaine d'&#233;lection des grands projets . Dans les trois cas, les dispositifs d'intervention sont formellement comparables : plans sectoriels, subventions ou bonifications &#224; la modernisation, &#224; l'investissement, &#224; l'exportation, &#224; la concentration etc... en pratique les effets de ces outils sont radicalement diff&#233;rents. Nous n'allons pas revenir en d&#233;tail sur le bilan des politiques industrielles fran&#231;aises de 1945 &#224; 1984 si ce n'est pour rappeler d'une part que les seules politiques industrielles dont on peut dire qu'elles ont pes&#233; sur la sp&#233;cialisation sont en nombre limit&#233; -les politiques inspir&#233;es du colbertisme high tech- et d'autre part pour rappeler les raisons de la renonciation par l'Etat fran&#231;ais aux politiques industrielles structurantes de l'apr&#232;s-guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le colbertisme high-tech est la forme historique qu'a pris l'intervention de l'Etat-nation arm&#233; du monopole de l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral dans sa relation aux industries dites de pointe de l'apr&#232;s guerre &#224; 1983. Les grands projets nucl&#233;aire, spatial, p&#233;trolier, ferroviaire, t&#233;l&#233;communications, a&#233;ronautique civile et militaire illustrent cette modalit&#233; particuli&#232;re d'int&#233;gration des politiques industrielle, technologiques, de la concurrence, et de la commande publique. Le grand projet est souvent bas&#233; sur un pari technologique. Il est port&#233; par une Agence (CEA, CNES, C.N.E.T...). Sa r&#233;alisation passe par un transfert de r&#233;sultats et une coop&#233;ration organique avec l'industrie. Celle-ci n'est pleinement fructueuse que parce que l'Etat pratique le protectionnisme offensif, pr&#233;-finance le d&#233;veloppement industriel, transf&#232;re les r&#233;sultats de la recherche publique au champion national, assure les d&#233;bouch&#233;s par la commande publique, permet l'amortissement des investissements par les longues s&#233;ries, facilite le d&#233;veloppement en mettant les moyens de l'Etat r&#233;galien au service du champion national public ou priv&#233;. La r&#233;ussite du grand projet intervient lorsque l'Etat lance un programme d'&#233;quipement bas&#233; sur les technologies d&#233;velopp&#233;es et que le march&#233; international adopte les biens et services qui en sont issus. Innovation technique, naissance de nouveaux usages, protectionnisme offensif, d&#233;veloppement d'un nouvel acteur industriel et ing&#233;nierie socio-politique sont les facteurs structurants du grand projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hors les choix majeurs de l'int&#233;gration europ&#233;enne et des politiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive op&#233;r&#233;s en 1983 qui rendaient plus difficiles les politiques discr&#233;tionnaires de soutien des champions nationaux, d'aide aux canards boiteux ou de protection du capital autochtone, trois types d'arguments propres aux dynamiques des secteurs aid&#233;s permettent de comprendre que le mode colbertiste d'intervention ait disparu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le premier tient aux dynamiques de sous-syst&#232;mes industriels sectoriels. La r&#233;ussite du grand projet colbertiste est la premi&#232;re source de sa banalisation, les champions nationaux et les exploitants publics qui en sont issus ont tendance &#224; privil&#233;gier leur insertion dans le march&#233; international sur toute autre forme de consid&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le second tient &#224; l'&#233;puisement historiquement constat&#233; de cette modalit&#233; d'intervention. L'un des derniers &#034;grand projet&#034; identifiable est celui des Telecom puisque le plan de rattrapage date de 1974. Depuis, les plans t&#233;l&#233;matique, satellite, c&#226;ble sont apparus mais ils ont davantage enrichi la chronique des &#034;white elephants&#034; que donn&#233; naissance &#224; des industries puissantes. Lorsque la perspective &#233;quipementi&#232;re est absente (bio-technologies et oc&#233;anographie) ou que l'objet scientifique se pr&#234;te mal aux grandes agences technologiques (Internet, bio-technologies) ou que la perspective industrielle s'&#233;loigne (la fusion nucl&#233;aire), il est bien difficile de trouver un avenir au mod&#232;le national du grand projet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Enfin les grands projets d'origine nationale comme Ariane, Airbus ou m&#234;me du TGV sont devenus europ&#233;ens. Certes, dans ses trois cas, l'initiateur technologique et politique a &#233;t&#233; fran&#231;ais, mais ces projets pour r&#233;ussir sont devenus europ&#233;ens. La question d&#232;s lors se d&#233;place : si le colbertisme high-tech dans un seul pays n'est plus praticable, peut-il exister une puissance publique europ&#233;enne qui prenne le relais ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3- Trois esquisses d'une politique industrielle europ&#233;enne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, une crise d'&#8220; europessimisme &#8221; gagne l'Europe. Les chocs mon&#233;taires &#224; r&#233;p&#233;tition, la crise &#233;conomique larv&#233;e, le repli frileux des nations conduisent nombre d'industriels &#224; s'interroger sur l'avenir de l'Europe. De multiples diagnostics sont &#233;tablis sur les co&#251;ts de la &#8220; non-Europe &#8221; sur les effets du n&#233;o-protectionnisme, sur le d&#233;crochage industriel par rapport au Japon. On prend &#233;galement la mesure des dysfonctionnements de la machine communautaire, des d&#233;voiements de la r&#232;gle de l'unanimit&#233; et du caract&#232;re impraticable d'une lib&#233;ralisation progressive apr&#232;s harmonisation des normes techniques. Les politiques palliatives de repli organis&#233;es dans les secteurs en difficult&#233; donnent alors de l'Europe une image n&#233;gative : la Communaut&#233; savait liquider, elle ne savait plus construire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interminable agonie de la sid&#233;rurgie, du textile ou des chantiers navals &#233;taient accompagn&#233;s de mesures sociales et financi&#232;res permettant la reconversion des sites, la formation des personnels et l'&#233;quipement des territoires. Mais, au m&#234;me moment, la fragmentation de l'appareil industriel et la redondance de l'effort de recherche europ&#233;en dans les technologies de l'information interdisaient tout espoir de d&#233;veloppement significatif dans ces secteurs en pleine expansion . Cette prise de conscience de la paralysie institutionnelle et du d&#233;clin industriel de l'Europe n'auraient pas eu d'effets significatifs si au m&#234;me moment la position g&#233;ostrat&#233;gique de l'Europe ne s'&#233;tait elle aussi d&#233;grad&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La marginalisation politique de l'Europe r&#233;v&#233;l&#233;e par l'initiative strat&#233;gique du Pr&#233;sident Reagan connue sous le nom de &#8220;guerre des &#233;toiles&#8221;. Le dialogue commercial muscl&#233; nou&#233; entre Japonais et am&#233;ricains. Toutes ces initiatives avaient r&#233;v&#233;l&#233; le risque de marginalisation politique de l'Europe et le co&#251;t potentiel pour la prosp&#233;rit&#233; des Europ&#233;ens d'une division maintenue et aggrav&#233;e. Le Pr&#233;sident Mitterrand avait alors invent&#233; &#8220;Eureka&#8221; r&#233;ponse civile &#224; une menace dans les industries de d&#233;fense. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Acte unique europ&#233;en est le produit de ce triple mouvement. Il avait &#233;t&#233; pr&#233;par&#233; politiquement par la reconstitution du couple franco-allemand, institutionnellement par le programme des &#8220; 300 &#8221; directives et &#233;conomiquement par diverses initiatives industrielles n&#233;es de la prise de conscience du d&#233;crochage europ&#233;en . Mr &#201;tienne Davignon avait par exemple suscit&#233; la cr&#233;ation d'un lobby de grandes entreprises industrielles pour pousser l'Europe &#224; se saisir des probl&#232;mes de l'appareil productif europ&#233;en : comp&#233;titivit&#233; en recul, faiblesse et redondance de l'effort de recherche et d&#233;veloppement, fragmentation du march&#233; communautaire, obstacles r&#233;glementaires au fonctionnement du march&#233; commun etc. Le m&#233;rite de J.Delors aura &#233;t&#233; d'avancer par ce qui &#233;tait formellement le plus simple et le moins engageant, &#224; savoir la r&#233;alisation effective d'un grand march&#233; int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.1. L'Acte unique : un compromis &#233;quilibr&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier acte pos&#233; pr&#233;sente toutes les apparences d'un compromis &#233;quilibr&#233;. L'Acte unique satisfait les partisans de la lib&#233;ralisation puisqu'il comporte un programme cons&#233;quent de suppression des barri&#232;res physiques, techniques et fiscales visant &#224; rendre possible l'&#233;mergence d'un grand march&#233; int&#233;rieur. Il comble les aspirations des partisans du renforcement des institutions communautaires par l'extension de la r&#232;gle de la majorit&#233;. Il affirme solennellement la vocation politique de l'Europe en multipliant les politiques communes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mati&#232;re &#233;conomique, la voie &#233;tait ainsi trac&#233;e, la relance europ&#233;enne devait comporter n&#233;cessairement deux volets l'un volontariste de promotion d'une base industrielle europ&#233;enne passant par des coop&#233;rations dans le domaine des hautes technologies, ce seront Esprit, Eureka, Brite, Race, Euram ..... l'autre plus institutionnel visant &#224; favoriser la cr&#233;ation d'un vrai march&#233; unique, ce seront les directives visant &#224; instituer le grand march&#233; int&#233;rieur europ&#233;en .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le double projet de reconqu&#234;te et d'ouverture supposait la conception et la mise en oeuvre juridique et financi&#232;re d'un ensemble de politiques pour l'industrie, habituellement alternatives, mais que les r&#233;formateurs europ&#233;ens voulaient combiner. En effet autant les politiques de sp&#233;cialisation industrielle, de recherche et de technologie requi&#232;rent une intervention sur le march&#233; pour en infl&#233;chir les logiques, autant les politiques de concurrence et d'ouverture commerciale supposent des interventions qui facilitent les logiques de march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le bilan que l'on peut &#233;tablir illustre une fois de plus la capacit&#233; de l'Europe &#224; r&#233;ussir l'int&#233;gration n&#233;gative en menant &#224; bien des politiques de lib&#233;ralisation, d&#233;r&#233;glementation et privatisation plus qu'&#224; r&#233;ussir des politiques actives de sp&#233;cialisation ou m&#234;me de promotion de la base industrielle et scientifique europ&#233;enne. &lt;br class='autobr' /&gt;
En effet, il existe bien un d&#233;s&#233;quilibre fort entre d'une part des politiques port&#233;es par le march&#233; et r&#233;gul&#233;es par le droit comme les politiques de concurrence, de concentration, de commerce ext&#233;rieur, qui, si elles requi&#232;rent au d&#233;part une initiative politique forte, passent ensuite sous pilotage quasi-automatique et d'autre part des politiques industrielles et technologiques volontaristes qui n&#233;cessitent &#233;galement une attention politique continue, mais sont susceptibles de remises en cause &#224; chaque retournement conjoncturel, et qui donc, dans la dur&#233;e, ont toutes les chances d'&#234;tre remises en cause. &lt;br class='autobr' /&gt; Directive apr&#232;s directive l'objectif 1993 inscrit dans l'Acte Unique a &#233;t&#233; mis en oeuvre, les obstacles non-tarifaires aux &#233;changes ont &#233;t&#233; supprim&#233;s, Force est de constater pourtant qu'en mati&#232;re de coop&#233;ration technologique ou industrielle, l'Europe n'a pas avanc&#233; du m&#234;me pas. Un d&#233;s&#233;quilibre net a fini par s'installer entre politiques de march&#233; et politiques de promotion de la base industrielle .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3.2. .... La cons&#233;cration-prohibition de la politique industrielle&lt;br class='autobr' /&gt;
Avec la signature du Trait&#233; de Maastricht, on croit un moment, notamment en France, que le colbertisme high tech peut &#234;tre export&#233; puisqu'un chapitre est consacr&#233; &#224; la politique industrielle et que les Europ&#233;ens avec le projet Eureka 95 de TV HD paraissent se rapprocher d'une vision fran&#231;aise de la politique industrielle. Le projet Eureka 95 comporte en effet de multiples volets : un volet normatif avec l'adoption d'une norme europ&#233;enne de TVHD,un volet industriel avec l'aide apport&#233;e aux champions europ&#233;ens pour la mise au point des nouveaux &#233;quipements, un volet culturel avec l'adoption de dispositifs d'aide &#224; la cr&#233;ation, un volet diffusion avec l'encouragement financier &#224; la fabrication et &#224; la diffusion de programmes dans la nouvelle norme. L'illusion ne durera m&#234;me pas le temps de l'adoption du trait&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De fait avec l'acte unique et dans la perspective de l'Euro, l'Europe s'est convertie aux politiques horizontales de comp&#233;titivit&#233;. Les programmes initi&#233;s &#224; l'&#232;re Davignon qui devaient contribuer &#224; structurer l'offre europ&#233;enne dans les nouvelles technologies ont vu leurs ambitions r&#233;duites &#224; la coop&#233;ration en mati&#232;re de recherche et &#224; la formation d'une communaut&#233; scientifique europ&#233;enne avant d'&#234;tre captur&#233;s par les tenants de la redistribution au profit des pays les moins d&#233;velopp&#233;s et des entreprises les moins dot&#233;es (P.M.E.). La Communaut&#233; n'a pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur de l'enjeu, prisonni&#232;re qu'elle &#233;tait des r&#232;gles de concurrence, du troc mutuel d'avantages et de consid&#233;rations de coh&#233;sion et d'am&#233;nagement du territoire. Dans les rares domaines o&#249; l'Europe industrielle a r&#233;alis&#233; des avanc&#233;es, la Communaut&#233; a &#233;t&#233; absente : Airbus, Ariane, GSM.... Dans les programmes coop&#233;ratifs comme Eur&#234;ka, l'intergouvernemental a mieux r&#233;ussi dans un premier temps m&#234;me si ce dispositif original de labellisation et de soutien de projets &#224; vocation industrielle a ensuite &#233;t&#233; victime des politiques de ma&#238;trise budg&#233;taire. Cet exemple montre qu'une politique reconnue n&#233;cessaire par toutes les parties, dont l'approche (bottom up) a &#233;t&#233; salu&#233;e par l'ensemble des acteurs, qui compte &#224; son actif des r&#233;ussites incontestables (Jessi) est aujourd'hui abandonn&#233;e de fait car l'Allemagne s'en d&#233;sint&#233;resse, car l'accent mis sur les P.M.E. n'abolit pas les difficult&#233;s n&#233;es de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des r&#233;gimes juridiques des pays membres de la Communaut&#233; car l'&#233;largissement programm&#233; en fait une politique moins centrale.&lt;br class='autobr' /&gt;
3.3. Les strat&#233;gies horizontales mises en &#233;chec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les strat&#233;gies horizontales au premier rang desquelles il faut mentionner les politiques macro-&#233;conomiques de d&#233;sinflation comp&#233;titive et les politiques de promotion de la concurrence dans le cadre du march&#233; unique n'ont pas davantage eu les effets escompt&#233;s en termes de sp&#233;cialisation industrielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure ? Si les deux moteurs de l'int&#233;gration positive par les politiques structurantes de R&amp;D puis par la volont&#233; de promouvoir une e-Europe et de l'int&#233;gration n&#233;gative par les politiques de d&#233;r&#233;glementation - lib&#233;ralisation - privatisation sont activ&#233;s d&#232;s 1982-85, force est de constater que les politiques de concurrence se sont progressivement autonomis&#233;es, elles se sont m&#234;me affirm&#233;es comme les politiques dominantes. A cela plusieurs raisons. Construire un march&#233; int&#233;gr&#233;, abolir les fronti&#232;res, traquer les obstacles de toutes natures &#224; l'ouverture constitue bien la mission fondamentale assign&#233;e &#224; la Commission par le Trait&#233; de Rome. De ce point de vue, on peut dire que la politique de la Concurrence a un statut quasi-constitutionnel. Par ailleurs en poursuivant les ententes, les abus de positions dominantes, en lib&#233;ralisant les secteurs prot&#233;g&#233;s, la Commission d&#233;fend les int&#233;r&#234;ts du consommateur tout en adaptant &#224; l'espace communautaire le mouvement mondial de lib&#233;ralisation des &#233;conomies. Enfin le projet politique europ&#233;en a toujours &#233;t&#233; servi par l'int&#233;gration &#233;conomique et d&#232;s lors la construction europ&#233;enne est le vecteur de la r&#233;forme des &#233;conomies domestiques. Le probl&#232;me que pose cette technique d'int&#233;gration est d'un autre ordre : en privil&#233;giant l'int&#233;gration n&#233;gative par la norme et la r&#232;gle ne se prive t on pas des souplesses n&#233;cessaires et ne perd-on pas en facult&#233; d'adaptation. ? Lorsqu'on compare les politiques de la concentration et de la concurrence il est clair que l'Europe est plus rigoureuse que les Etats Unis ce qui vient renforcer encore davantage les logiques de march&#233; au d&#233;triment des politiques volontaristes. En 1989 sous pr&#233;sidence fran&#231;aise une disposition a &#233;t&#233; prise en mati&#232;re de contr&#244;le des concentrations qui avec le temps a abouti &#224; faire de la Commission l'acteur majeur des concentrations europ&#233;ennes. En effet, le refus des op&#233;rations Tetra-Sidel, Legrand-Schneider, Volvo-Scania, GE-Honeywell apr&#232;s l'acte fondateur qu'avait repr&#233;sent&#233; l'affaire de Haviland illustre la doctrine qui s'est progressivement form&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/La Commission, dans sa d&#233;finition du march&#233; pertinent a tendance &#224; choisir le march&#233; national comme march&#233; de r&#233;f&#233;rence et &#224; d&#233;finir l'activit&#233; &#233;conomique concern&#233;e en termes restrictifs. C'est ainsi qu'elle refuse l'alliance Scania Volvo en mettant en avant des parts de march&#233; excessives sur les march&#233;s nordiques et non sur le march&#233; domestique europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2/ La commission utilise les politiques de concentration comme arme concurrentielle. Elle estime &#171; a priori &#187; les effets potentiellement anti-concurrentiels d'une concentration &#224; la diff&#233;rence des Etats Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3/ La Commission refuse toute consid&#233;ration de politique industrielle et reste insensible &#224; l'id&#233;e d'un int&#233;r&#234;t public europ&#233;en au nom de la d&#233;fense du consommateur. Le fait par exemple que l'&#233;chec de la fusion Schneider-Legrand prive l'Europe d'un leader dans la moyenne et basse tension et livre les deux firmes &#224; des acqu&#233;reurs extra europ&#233;ens n'est pas pris en compte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- La Nouvelle Politique Industrielle fran&#231;aise&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 2004 que s'op&#232;re en France une triple prise de conscience source d'in nouveau consensus favorable &#224; des politiques industrielles actives.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part, la destruction acc&#233;l&#233;r&#233;e d'emplois industriels fait na&#238;tre des inqui&#233;tudes quant &#224; l'impact des d&#233;localisations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part, la rigueur des autorit&#233;s europ&#233;ennes de la concurrence dans un contexte de difficult&#233;s &#233;conomiques aigues d'un champion national aiguise les tensions : les proc&#233;dures engag&#233;es contre Alstom au moment o&#249; l'entreprise se bat pour sa survie creusent le foss&#233; d'incompr&#233;hension entre Paris et Bruxelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, les &#233;lites politiques fran&#231;aises ont commenc&#233; &#224; r&#233;aliser les insuffisances des politiques du capital humain, le d&#233;crochage scientifique et la faible croissance des PME innovantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, Agence d'innovation industrielle, Agence Nationale de la Recherche, Oseo-Anvar-BDPME, RTRA ... en quelques mois, la France inverse le cours de son action et met un terme au d&#233;sengagement politique en mati&#232;re industrielle. Au d&#233;mant&#232;lement de l'appareil d'intervention b&#226;ti apr&#232;s guerre commenc&#233; en 1983 succ&#232;de une v&#233;ritable r&#233;invention de la politique industrielle. Apr&#232;s avoir m&#233;connu pendant pr&#232;s d'une d&#233;cennie le probl&#232;me du d&#233;crochage industriel fran&#231;ais, de l'affaiblissement de sa capacit&#233; d'innovation et de la baisse du rayonnement de la science fran&#231;aise, les &#233;lites politiques deviennent actives et de peur de mal faire elles adoptent des propositions potentiellement contradictoires. De plus la France, ce pays longtemps d&#233;peint comme centralisateur et colbertiste avec l'appel &#224; projets lanc&#233; dans le cadre du programme &#171; p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; &#187; a suscit&#233; une forte mobilisation locale : &#233;lus et universitaires ont b&#226;ti quelques centaines de projets, ils aspirent tous au label &#171; p&#244;le de comp&#233;titivit&#233; &#187;. Essayons donc de comprendre les logiques &#224; l'&#339;uvre dans le maquis d'initiatives contradictoires ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La notion de p&#244;le de comp&#233;titivit&#233; renvoie &#224; une logique territoriale, il s'agit d'organiser la coop&#233;ration de chercheurs d'industriels et de formateurs d&#233;j&#224; l&#224;, pour mettre en valeur des comp&#233;tences d&#233;j&#224; l&#224;. Cette id&#233;e de syst&#232;mes productifs locaux qu'il s'agit de mettre en synergie a &#233;t&#233; port&#233;e par la Datar et par Christian Blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La logique des grands projets innovateurs est sectorielle, il s'agit de remettre l'ouvrage sur le m&#233;tier, de repenser la sp&#233;cialisation en lan&#231;ant quelques grands chantiers d'innovation technologique. Cette id&#233;e a &#233;t&#233; promue par J.L. Beffa, elle rel&#232;ve de ce que j'avais nomm&#233; en son temps le &#171; colbertisme high tech &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La cr&#233;ation d'une Agence Nationale de la recherche ob&#233;it &#224; une logique, institutionnelle, : susciter de nouveaux d&#233;veloppements scientifiques, d&#233;cloisonner les structures, privil&#233;gier l'excellence gr&#226;ce &#224; une politique d'incitations, d'&#233;valuation par les pairs et de financements sur projets. Cette id&#233;e que nous avons d&#233;fendue avec Ph.Aghion suppose que l'on fasse le pari d'une d&#233;marche &#171; bottom-up &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'initiative Oseo ob&#233;it &#224; une quatri&#232;me logique d'&#233;cologie des entreprises : comment rem&#233;dier &#224; la mortalit&#233; et &#224; l'absence de croissance des entreprises &#233;mergentes ? On sait depuis les travaux de Scarpetta que la cr&#233;ation d'entreprises est aussi dynamique aux Etats Unis qu'en Europe, par contre les taux de survie et les rythmes de croissance divergent fortement. D'o&#249; les id&#233;es avanc&#233;es dans nombre de rapports sur la transposition du mod&#232;le de la Small Business Administration et mises en &#339;uvre par J.P.Denis avec Oseo.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin l'initiative des PRES et des RTRA ob&#233;it &#224; une derni&#232;re logique d'&#233;conomie de la connaissance. Les pi&#232;tres performances des universit&#233;s fran&#231;aises selon le classement r&#233;alis&#233; par l'Universit&#233; de Shanghai, les impasses du mod&#232;le fran&#231;ais de stricte s&#233;paration des universit&#233;s de masse et des &#233;coles d'excellence ont conduit &#224; une prise de conscience tardive mais r&#233;elle : la comp&#233;titivit&#233; se joue aussi sur les bancs des &#233;coles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que chaque rapport insiste sur la n&#233;cessit&#233; de choisir une logique, et de s'y tenir afin d'&#233;viter le saupoudrage et le gaspillage ... le Gouvernement Fran&#231;ais a d&#233;cid&#233; de tout faire ! Arr&#234;tons nous ici sur les p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;. Il s'agit donc de l'inscription territoriale d'un partenariat d'entreprises, de centres de formation et d'unit&#233;s de recherche publiques ou priv&#233;es, destin&#233; &#224; d&#233;gager des synergies autour de projets communs au caract&#232;re innovant. La c&#233;ramique en Limousin, l'optique en Essonne, les TIC en Bretagne ; l'A&#233;ronautique- Spatial -D&#233;fense en Aquitaine ... la course &#224; la labellisation et aux fonds publics est bien engag&#233;e et pr&#232;s de 60 p&#244;les ont &#233;t&#233; retenus en 2005. Cette d&#233;marche peut-elle r&#233;ussir ? Quatre &#233;l&#233;ments conduisent &#224; en douter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'appel &#224; projets a suscit&#233; des r&#233;ponses d'une forte h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233;. Le choix d'une optique territoriale a conduit &#224; un formidable d&#233;veloppement du patriotisme local, chacun voulant avoir son p&#244;le de comp&#233;titivit&#233;, d'o&#249; des strat&#233;gies d'habillage autour de comp&#233;tences suppos&#233;es inscrites dans tel ou tel territoire. L &#8216;id&#233;e des p&#244;les ayant &#233;t&#233; promue par la Datar, et la d&#233;cision ayant &#233;t&#233; prise dans le cadre d'un CIADT, c'est cette administration peu &#233;quip&#233;e, peu dot&#233;e en comp&#233;tences industrielles et en capacit&#233;s d'expertise qui va devoir s&#233;lectionner les p&#244;les. Certes, elle pourra faire appel &#224; des comp&#233;tences externes. Mais les comp&#233;tences nagu&#232;re concentr&#233;es au Minist&#232;re de l'Industrie ont fondu avec le temps et l'abandon des politiques industrielles. La modicit&#233; des moyens (750 Millions d'Euros sur 3 ans sous forme de subventions publiques d'exon&#233;rations fiscales et sociales dont la moiti&#233; &#224; la charge d'&#233;tablissement publics du type CdC ou BDPME) ne plaide pas non plus en faveur du projet. Enfin le risque de saupoudrage est d'autant plus s&#233;rieux que les grands &#233;lus vont exercer une pression forte sur une administration faible. La solution dans ce cas de figure est toujours le saupoudrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que reste-t-il de la politique industrielle ? Dans une &#233;conomie mondialis&#233;e et r&#233;gionalement int&#233;gr&#233;e la politique industrielle change n&#233;cessairement de perspective et de r&#233;f&#233;rent territorial. Elle cesse d'&#234;tre une politique de sp&#233;cialisation nationale pour devenir une politique d'attractivit&#233; territoriale. De ce point de vue l'id&#233;e avanc&#233;e par J.L.Beffa et retenue par le Gouvernement fran&#231;ais d'une action d&#233;lib&#233;r&#233;e sur la sp&#233;cialisation gr&#226;ce &#224; un partenariat public-priv&#233; g&#233;r&#233; par une Agence d'Etat nous semble peu adapt&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est ce &#224; dire qu'il faut renoncer &#224; toute action sur la sp&#233;cialisation ? En fait tel n'est pas le cas car des politiques d'environnement comp&#233;titif visant &#224; am&#233;liorer l'attractivit&#233; d'un site (infrastructures de recherche, incitations fiscales et r&#233;glementaires &#224; l'innovation) peuvent de fait favoriser tel type d'activit&#233;s plut&#244;t que tel autre. La politique des p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; fond&#233;e sur les effets d'agglom&#233;ration aurait toutes les chances de r&#233;ussir si elle ne proc&#233;dait de la volont&#233; redistributive de l'Etat central et si elle ne suscitait d'insolubles probl&#232;mes de gouvernance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs des politiques de concurrence peuvent avoir des effets structurants sur le tissu industriel : selon que la Commission europ&#233;enne autorise ou pas les regroupements qui s'esquissent dans les services publics europ&#233;ens (transport ferroviaire et a&#233;rien, Telecom, &#233;nergie, eau), on pourra disposer ou non d'acteurs industriels globaux. De m&#234;me des politiques de standardisation et de normalisation ou des politiques de promotion d'usages innovants comme avec le GSM ou la mon&#233;tique peuvent avoir un effet industriel structurant. Enfin comme l'illustre le cas Airbus, des politiques commerciales strat&#233;giques peuvent &#233;merger m&#234;me dans le contexte de l'OMC d&#232;s lors que le risque d'un monopole mondial se profile. En d'autres termes des politiques horizontales peuvent avoir des effets industriels structurants aussi d&#233;cisifs que des politiques verticales encore faut-il qu'elles soient inspir&#233;es par des objectifs de comp&#233;titivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi la fin des politiques sectorielles cibl&#233;es n'aura pas &#233;t&#233; le dernier mot des politiques de promotion de l'activit&#233; industrielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La Strat&#233;gie de Lisbonne : une bonne id&#233;e vite pervertie</title>
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		<dc:subject>&#201;conomie europ&#233;enne</dc:subject>
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&lt;p&gt;Colloque XPonts 2007, &#224; para&#238;tre. &lt;br class='autobr' /&gt; Deux lectures de la strat&#233;gie de Lisbonne. On peut y voir la plus parfaite illustration de ce que l'Europe fait de moins bien : une proclamation sonore d'objectifs inatteignables suivi de comptes rendus r&#233;guliers de l'incapacit&#233; &#224; les atteindre. La Strat&#233;gie de Lisbonne en effet visait &#224; cr&#233;er en Europe l' &#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive du monde, &#224; favoriser l'innovation, &#224; moderniser le mod&#232;le social europ&#233;en, &#224; cr&#233;er un mod&#232;le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Colloques-.html" rel="directory"&gt;Colloques&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/+-Economie-europeenne-+.html" rel="tag"&gt;&#201;conomie europ&#233;enne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="http://elie-cohen.eu/+-Recherche-43-+.html" rel="tag"&gt;Recherche&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Colloque XPonts 2007, &#224; para&#238;tre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Deux lectures de la strat&#233;gie de Lisbonne. On peut y voir la plus parfaite illustration de ce que l'Europe fait de moins bien : une proclamation sonore d'objectifs inatteignables suivi de comptes rendus r&#233;guliers de l'incapacit&#233; &#224; les atteindre. La Strat&#233;gie de Lisbonne en effet visait &#224; cr&#233;er en Europe l' &#233;conomie de la connaissance la plus comp&#233;titive du monde, &#224; favoriser l'innovation, &#224; moderniser le mod&#232;le social europ&#233;en, &#224; cr&#233;er un mod&#232;le macro&#233;conomie plus efficace, etc.. comme si ces objectifs n'&#233;taient pas partiellement contradictoires, comme si on pouvait se dispenser de hi&#233;rarchiser, d'arbitrer. La liste de ces objectifs est d&#233;sesp&#233;rante, tant elle est large, et les nombreux bilans qui ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;s sont assez largement n&#233;gatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela dit, j'ai d&#233;cid&#233; d'adopter un autre point de vue et de vous montrer la f&#233;condit&#233; de l'Agenda de Lisbonne. Lorsque celui-ci est adopt&#233;, en mars 2000, l'Europe prend &#224; nouveau conscience du gap technologique qui s'est creus&#233; avec les Etats-Unis. La r&#233;volution de l'Internet est alors &#224; son apog&#233;e. Les gourous de l'internet annoncent la disparition de l'ancienne &#233;conomie au profit de la nouvelle. L'Europe prend alors conscience du fait que la croissance potentielle europ&#233;enne est plus faible que la croissance am&#233;ricaine. Surtout, elle se rend compte d'une inversion de tendance : alors que l'Europe a rattrap&#233; les Etats-Unis de 1945 &#224; 1985 avec moins de ch&#244;mage et un des gains de productivit&#233; acc&#233;l&#233;r&#233;s, les tendances commencent &#224; s'inverser &#224; compter de 1985, dans ces diff&#233;rents domaines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une v&#233;ritable r&#233;flexion strat&#233;gique est alors men&#233;e et trouve sa conclusion &#224; Lisbonne. Pour l'essentiel l'Europe d&#233;couvre qu'elle s'est davantage pr&#233;occup&#233;e de son int&#233;gration que de croissance. La premi&#232;re avanc&#233;e de Lisbonne a consist&#233; &#224; affirmer que l'Europe devait se doter d'une strat&#233;gie de croissance. Pour ce faire, il convenait d'utiliser simultan&#233;ment plusieurs leviers. Il fallait d'abord accro&#238;tre l'offre de travail afin d'&#233;lever le taux d'emploi. Il fallait &#233;galement acc&#233;l&#233;rer les gains de productivit&#233;, ce qui passait par un effort significatif en mati&#232;re d'investissement dans le capital humain , dans les nouvelles technologies, ainsi qu'en R&amp;D. La deuxi&#232;me avanc&#233;e de Lisbonne r&#233;side dans la prise de conscience que la croissance d&#233;pend aussi de la r&#233;forme structurelle. On estime donc Qu'il est indispensable de d&#233;bloquer un certain nombre de situations, ce qui fait de la r&#233;forme structurelle une composante essentielle d'une strat&#233;gie de croissance au m&#234;me titre qu'une politique macro&#233;conomique adapt&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci constitue une perc&#233;e. Pourtant, cela n'a pas fonctionn&#233;. Pourquoi ? La premi&#232;re raison r&#233;side dans la pluralit&#233; des objectifs, on ne trouve dans aucun document europ&#233;en un objectif simple et clairement identifiable avec les moyens pour l'atteindre. Les objectifs sont en effet le r&#233;sultat d'un compromis. L'Europe est multiple et diverse. C'est pourquoi les objectifs de la Strat&#233;gie de Lisbonne se sont accompagn&#233;s de toute une s&#233;rie d'autres objectifs, sur le d&#233;veloppement durable, sur l'&#233;galit&#233; des sexes, etc. On se retrouve ainsi avec une collection d'objectifs qui ne peuvent pas &#234;tre hi&#233;rarchis&#233;s. En d'autres termes, le probl&#232;me de l'objectif a atteindre a &#233;t&#233; laiss&#233; en suspens. Cela n'aurait pas &#233;t&#233; tr&#232;s grave si l'Europe avait &#233;t&#233; l'acteur de r&#233;f&#233;rence de la Strat&#233;gie de Lisbonne. H&#233;las, la Commission europ&#233;enne n'a aucune comp&#233;tence directe sur des sujets aussi essentiels que l'enseignement sup&#233;rieur ou la r&#233;forme des mod&#232;les sociaux. De ce fait, la Commission europ&#233;enne a invent&#233; la &#171; MOC &#187;, ou m&#233;thode ouverte de coordination. Puisqu'il faudra articuler des initiatives europ&#233;ennes en faible nombre et des initiatives nationales, une m&#233;thode nouvelle de coordination doit en effet &#234;tre invent&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce mod&#232;le fond&#233; sur une liste d'objectifs non hi&#233;rarchis&#233;s relevant des autorit&#233;s nationales ne marche pas. Le pari qui est fait est celui du &#171; name and shame &#187;. En publiant r&#233;guli&#232;rement les performances des uns des autres, on cr&#233;e une concurrence par &#233;mulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; La crise &#233;conomique se qui se dessine &#224; compter de 2001 et 2002 va r&#233;v&#233;ler l'inad&#233;quation du mod&#232;le Lisbonne 1. Les objectifs de la Strat&#233;gie de Lisbonne sont diff&#233;r&#233;s et la publication des performances, sur les 150 indicateurs qu'elle r&#233;pertorie, para&#238;t vite d&#233;risoire, au regard du creusement de l'&#233;cart entre l'Europe et les Etats-Unis. Il est alors d&#233;cid&#233; de r&#233;inventer la Strat&#233;gie de Lisbonne. L'&#233;chec de la strat&#233;gie de &#171; Lisbonne I &#187; est rapidement attribu&#233; &#224; un trop grand nombre d'objectifs. En outre, des missions avaient &#233;t&#233; confi&#233;es &#224; la Commission europ&#233;enne alors qu'elle ne dispose pas de moyens. C'est pourquoi il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de renvoyer aux Etats la mise en &#339;uvre, selon la m&#233;thode &#171; d'appropriation nationale &#187;, de cette Strat&#233;gie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'aurai pas la cruaut&#233; de rappeler ce qui &#233;tait &#233;crit dans le programme fran&#231;ais de 2005. Mais l&#224; aussi l'id&#233;e d'appropriation nationale &#233;tait int&#233;ressante et je souhaite m'y attarder quelques instants. En effet, pour entrer dans l'&#233;conomie de la connaissance, il ne suffit pas d'investir dans la recherche et l'enseignement sup&#233;rieur : il faut coordonner ces investissements avec des r&#233;formes structurelles pour rendre les march&#233;s (du travail, des capitaux, etc.) plus fluides, dans chaque pays. Si chaque pays ne se dote pas d'un agenda propre de r&#233;formes structurelles, en l'articulant avec une strat&#233;gie de dynamisation de l'emploi, de la R&amp;D et de l'enseignement sup&#233;rieur, cela ne sert &#224; rien. Dans le m&#234;me temps, l'Europe d&#233;cide de produire un effort particulier dans les domaines de la R&amp;D et de l'enseignement sup&#233;rieur, &#224; travers le PCRD (qui pr&#233;voit une augmentation significative du budget de la recherche) mais aussi &#224; travers deux institutions importantes par leur effet d'incitation, si ce n'est par leurs moyens financiers. La premi&#232;re est l'European Research Council, excellente initiative qui permet &#224; la Commission europ&#233;enne de financer des projets de recherche sur de stricts crit&#232;res d'excellence, &#224; partir d'une &#233;valuation par les pairs. La seconde de ces institutions est le projet Barroso de cr&#233;ation d'un Institut europ&#233;en de technologie, sur le mod&#232;le du MIT am&#233;ricain. Un tel projet peut sembler ridicule. Il s'agit n&#233;anmoins d'un petit pas et nous avons vu que la r&#233;forme allemande de l'enseignement sup&#233;rieur illustrait l'effet positivement contagieux de ce type de logique.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour un Lisbonne III&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le bilan de la Strat&#233;gie de Lisbonne II est globalement n&#233;gatif, mais force est de constater que des r&#233;flexions ont germ&#233;. Ceci doit plaider en faveur de Lisbonne III. La conjoncture me para&#238;t favorable. La flamb&#233;e des mati&#232;res premi&#232;res &#233;nerg&#233;tiques, mini&#232;res et agricoles, nous fournit en effet une opportunit&#233;. Les dispositifs europ&#233;ens de soutien des prix devraient assez rapidement dispara&#238;tre, car je crois que le prix des mati&#232;res premi&#232;res est appel&#233; &#224; rester durablement &#233;lev&#233;. Dans un tel contexte, nous pourrons red&#233;ployer une grande partie des budgets aujourd'hui consacr&#233;s &#224; l'agriculture. Apr&#232;s avoir &#233;labor&#233; le trait&#233; de Lisbonne, nous allons ainsi pouvoir lui donner une suite &#224; travers la r&#233;forme du budget europ&#233;en. Le nouveau budget pourrait alors &#234;tre centr&#233; sur les v&#233;ritables priorit&#233;s europ&#233;ennes, dans un cadre red&#233;fini. La m&#233;thode actuelle, consistant &#224; adopter le budget europ&#233;en &#224; partir de calculs incroyablement complexes, sur une base nationale, ne peut perdurer longtemps. Le budget europ&#233;en devrait pouvoir baisser, autour de 1 % du PIB, voire au-dessous, et &#234;tre mieux centr&#233; sur les priorit&#233;s de l'Union : climat, &#233;nergie, R&amp;D, enseignement sup&#233;rieur, bref, tout ce qui doit nous porter vers une &#233;conomie de la connaissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, un large accord se dessine aujourd'hui sur ce qu'il convient de faire, notamment en mati&#232;re de recherche et d&#233;veloppement et m&#234;me en termes de comp&#233;titivit&#233;. Un rapport qui para&#238;tra prochainement fera le point sur l'&#233;volution des aides publiques. Dans le cadre de la politique de la concurrence, l'Union europ&#233;enne a veill&#233;, souvent de fa&#231;on soup&#231;onneuse, aux aides publiques ayant un effet de distorsion de la concurrence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or ce rapport montre que nous assistons, partout en Europe, &#224; une baisse des aides publiques. Par ailleurs, la comparaison de l'Europe, des Etats-Unis et du Japon montre que les aides europ&#233;ennes ont eu une finalit&#233; sociale (pour l'accompagnement de restructuration, comme dans le cas des chantiers navals), plut&#244;t que tourn&#233;e vers l'innovation ou la comp&#233;titivit&#233;. Ceci d&#233;montre qu'il n'y a pas eu d'investissement massif, &#224; travers des aides publiques, pour distordre la concurrence. Enfin, ce rapport met en &#233;vidence une convergence des politiques d'aides publiques, partout en Europe, et m&#234;me aux Etats-Unis et au Japon, sur plusieurs th&#232;mes : &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les PME ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; la R&amp;D ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les &#233;conomies d'&#233;nergie ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; le d&#233;veloppement r&#233;gional, au travers de logiques de clusters, notamment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit, au fond, de permettre d'une part aux petites entreprises de cro&#238;tre et d'innover, en trouvant les financements n&#233;cessaires. Cela vise d'autre part &#224; permettre &#224; ces PME innovantes d'acc&#233;der aux march&#233;s des grands programmes technologiques publics. Cela vise &#224; d&#233;velopper la coordination sur une base territoriale afin de b&#233;n&#233;ficier des effets d'agglom&#233;ration, dans la logique (p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;). Cette politique d'aides publiques cherche, enfin, une meilleure ma&#238;trise de l'&#233;nergie. S'il existe cette convergence sur les objectifs et m&#234;me sur les objets sur lesquels centrer l'intervention, un &#171; Lisbonne III &#187; devient plus ais&#233;ment envisageable et les &#233;checs pass&#233;s, qui sont av&#233;r&#233;s, ne pr&#233;jugent pas n&#233;cessairement des r&#233;sultats futurs.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;Elie COHEN : La question des moyens&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;On consacre en France 1,1 % du PIB &#224; l'enseignement sup&#233;rieur, contre 3 % aux Etats-Unis. Lorsque je pr&#233;parais mon rapport &#171; Education et croissance &#187;, j'avais compar&#233; des universit&#233;s moyennes aux Etats-Unis et en France. L'universit&#233; de Princeton compte par exemple 8 000 &#233;tudiants. Sciences Po, en France, en totalise 6 500. Or les budgets par &#233;tudiant pr&#233;sentent des &#233;carts de 1 &#224; 10. Au MIT, le taux d'encadrement est de 1 enseignant pour 10 &#233;l&#232;ves. Certains chiffres sont encore plus alarmants. Le niveau de dipl&#244;me, dans la population active, en France, est inf&#233;rieur de dix points &#224; ce qu'il est aux Etats-Unis. Cela r&#233;sulte d'un effet de stock. Le &#171; flux &#187; permet certes un certain rattrapage ; encore faut-il supposer que le niveau des dipl&#244;mes soit &#233;quivalent, ce qui est loin d'&#234;tre acquis. Nous avons constat&#233; aussi une acc&#233;l&#233;ration des d&#233;penses de R&amp;D aux Etats-Unis entre 1995 et 2002 : l'&#233;cart, entre les Etats-Unis et l'Europe, s'&#233;levait &#224; 150 milliards de dollars en 2002, et il s'est consid&#233;rablement accru depuis 1995.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne reviendrai pas sur la question de la politique agricole commune : cela me para&#238;t un point anecdotique. Je voulais simplement pointer du doigt, par cette remarque, l'apparition prochaine de nouvelles marges de man&#339;uvre. Je souhaiterais plut&#244;t revenir sur la r&#233;ponse de Denis Ranque concernant les universit&#233;s. Elle m'a tr&#232;s agr&#233;ablement surpris, car si l'initiative Paris-Tech visant &#224; organiser, sur le mod&#232;le du MIT, une grande universit&#233; technologique &#224; base parisienne semblait, au d&#233;part, excellente, elle a pein&#233; &#224; se mettre en place. Elle a en effet suscit&#233; une lev&#233;e de boucliers, comme s'il fallait absolument pr&#233;server une sp&#233;cificit&#233; surann&#233;e qui a fait les d&#233;lices de nombreux responsables fran&#231;ais issus des grands corps. Je n'ai pas le sentiment que depuis l'&#233;chec de la fusion de certaines grandes &#233;coles au sein de Paris-Tech, ce projet ait connu une formidable acc&#233;l&#233;ration, alors qu'il rel&#232;ve de vos comp&#233;tences et qu'on ne peut pas toujours mettre en cause la lourdeur bruxelloise et administrative.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;L'&#233;cosyst&#232;me de l'innovation&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;C'est parce qu'on a pris conscience de la difficult&#233; &#224; articuler recherche et innovation qu'on a jug&#233; n&#233;cessaire d'inclure les trois p&#244;les de la connaissance dans les programmes europ&#233;ens : les p&#244;les de production de la connaissance (la recherche), les p&#244;les de diffusion de la connaissance (l'enseignement) et les p&#244;les de transfert de connaissance (l'industrie). Le principe des clusters visait pr&#233;cis&#233;ment &#224; organiser la circulation entre ces trois p&#244;les. Pour le reste, j'ai cru comprendre que le Grenelle de l'environnement avait permis de passer d'une accumulation de connaissances concernant l'isolation des b&#226;timents, &#224; un programme ambitieux de r&#233;alisation de b&#226;timents &#233;nerg&#233;tiquement plus efficaces. Des normes tr&#232;s strictes ont m&#234;me &#233;t&#233; fix&#233;es aux horizons 2012 et 2020, ce qui rendra n&#233;cessaires tr&#232;s rapidement d'importants investissements.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;La nouvelle politique industrielle&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;En 2003 a eu lieu, en France, &#224; la faveur de la multiplication des projets de d&#233;localisation, la prise de conscience de la n&#233;cessit&#233; de jeter les bases d'une nouvelle politique industrielle. Diff&#233;rents rapports (rapport Blanc, sur les clusters et les &#233;cosyst&#232;mes, rapport Beffa, ayant abouti &#224; la cr&#233;ation de la AII, etc.) ont alors &#233;t&#233; demand&#233;s et ils aboutissent &#224; des recommandations diff&#233;rentes. Or, au lieu d'arbitrer entre ces diff&#233;rentes orientations, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233;, avec des moyens limit&#233;s, de toutes les adopter. Les p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; ont fait l'objet d'un enthousiasme formidable, lorsque l'appel &#224; projets a &#233;t&#233; lanc&#233;. Nous avons &#233;t&#233; tr&#232;s agr&#233;ablement surpris par l'&#233;closion de projets. Cela dit, il existe aujourd'hui 71 p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, pour un budget annuel d'environ 750 millions d'euros, ce qui est d&#233;risoire. A titre d'exemple, un seul p&#244;le de comp&#233;titivit&#233;, &#224; Hong Kong, a &#233;t&#233; dot&#233; de 4,5 milliards de dollars. Cela illustre bien notre p&#233;ch&#233; mignon : nous produisons de nombreux rapports d'un bon niveau acad&#233;mique ; nous avons une excellente administration qui b&#226;tit, sur la base de ces rapports, des outils formidables ; mais, on se rend compte, in fine, que l'on a construit des outils complexes qui n'ont pas permis d'atteindre les objectifs fix&#233;s. La solution est g&#233;n&#233;ralement apport&#233;e par le gouvernement suivant, qui redistribue alors les cartes. Malgr&#233; tout, un effort a &#233;t&#233; consenti dans le cadre du PCRD et de grandes plates-formes technologiques sont par exemple en train de voir le jour.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Che cosa rimane delle politiche industriali ?</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Che-cosa-rimane-delle-politiche-industriali.html</link>
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		<dc:date>2007-01-01T12:08:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

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&lt;p&gt;Paru dans L'Industria, rivista di economia e politica industriale, numero speciale 2007, il Mulino. &lt;br class='autobr' /&gt; Abstract de l'article (en anglais) : &lt;br class='autobr' /&gt;
The paper starts from the concept of industrial policies, that has never been completely defined, in order to point out the failures, but also the prejudices concerning the vertical policies ; analysing the French history after the 2nd world war and the more recent European experience the author highlights on one side the difficulties of the national (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Paru dans &lt;i&gt;L'Industria&lt;/i&gt;, rivista di economia e politica industriale, numero speciale 2007, il Mulino.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abstract de l'article (en anglais) :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;The paper starts from the concept of industrial policies, that has never been completely defined, in order to point out the failures, but also the prejudices concerning the vertical policies ; analysing the French history after the 2nd world war and the more recent European experience the author highlights on one side the difficulties of the national states in order to manage vertical policies and on the other side the European narrow-mindedness towards the industrial policy after a first interest for the technological colbertism.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;	The recent French experience a mixture of instruments (referred to different approaches) seems to be condemned to failure because unable to consider both the limited available resources and the different government levels (European, national, regional) in charge of the various measures of industrial policy. The future of the industrial policy could be found in a complex of political measures not only focused on specific industries or regions, but extended to a more effective improvement of the context in which firms are operating.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.mulino.it/edizioni/riviste/scheda_rivista.php?issn=0019-7416" class="spip_out"&gt;L'Industria&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'enjeu de l'&#233;nergie</title>
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		<dc:creator>Nadja</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Rue Saint-Guillaume, revue de l'association des Sciences-Po, trimestriel, n&#176;145, d&#233;cembre 2006. Contribution d'Elie Cohen : &#034;La r&#233;gulation am&#233;ricaine et europ&#233;enne des march&#233;s de l'&#233;lectricit&#233;&#034;, p. 35-37. &lt;br class='autobr' /&gt; Lire la revue en PDF&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Rue Saint-Guillaume, revue de l'association des Sciences-Po, trimestriel, n&#176;145, d&#233;cembre 2006. Contribution d'Elie Cohen : &#034;La r&#233;gulation am&#233;ricaine et europ&#233;enne des march&#233;s de l'&#233;lectricit&#233;&#034;, p. 35-37.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.sciences-po.asso.fr/site/outils/download.aspx?id=869&amp;content=true&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire la revue en PDF&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.sciences-po.asso.fr/site/www/fr/nos_services/revue/rue_saintguillaume_revue_trimestrielle_de_lassociation.aspx" class="spip_out"&gt;Rue Saint-Guillaume&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>An industrial policy for Europe ? Context and concepts</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/An-industrial-policy-for-Europe-Context-and-concepts.html</link>
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		<dc:creator>Nadja</dc:creator>


		<dc:subject>Politique industrielle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;EIB Papers, Vol 11, n&#176;1, 2006. Contribution d'Elie Cohen : &#034;Theoretical foundations of industrial policy&#034;, p. 84-107. &lt;br class='autobr' /&gt; Lire en ligne l'article d'Elie Cohen intitul&#233; &#034;Theoretical foundations of industrial policy&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire en ligne l'ensemble du volume&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Articles-.html" rel="directory"&gt;Articles&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/+-Politique-industrielle-+.html" rel="tag"&gt;Politique industrielle&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;EIB Papers, Vol 11, n&#176;1, 2006. Contribution d'Elie Cohen : &#034;Theoretical foundations of industrial policy&#034;, p. 84-107.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.eib.org/attachments/efs/eibpapers/y06n1v11/04_Cohen.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en ligne l'article d'Elie Cohen intitul&#233; &#034;Theoretical foundations of industrial policy&#034;&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://www.eib.org/attachments/efs/eibpapers/y06n1v11/eibpapers_v11n01.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Lire en ligne l'ensemble du volume&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.eib.org/infocentre/efs/publications/eib-papers/index.htm" class="spip_out"&gt;EIB Papers&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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