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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
	<language>fr</language>
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		<title>Le programme commun de la France : Avant propos par &#201;lie Cohen</title>
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		<dc:subject>Politique int&#233;rieure</dc:subject>
		<dc:subject>Politiques publiques</dc:subject>

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&lt;p&gt;Etablir des diagnostics, pr&#233;senter des solutions alternatives, &#233;valuer l'impact de tel ou tel programme, faire la diff&#233;rence entre ce qui rel&#232;ve du pouvoir imm&#233;diat des autorit&#233;s nationales et ce qui n'en rel&#232;ve pas (r&#232;gles OMC, euro, UE) : telles sont les limites fix&#233;es &#224; cet exercice collectif. &lt;br class='autobr' /&gt; La campagne &#233;lectorale qui d&#233;marre emprunte aux classiques de la vie politique : conqu&#234;te du pouvoir et exercice du pouvoir ob&#233;issent &#224; des logiques diff&#233;rentes. D&#232;s lors, les propos de campagne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;

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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/+-Politiques-publiques-+.html" rel="tag"&gt;Politiques publiques&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Etablir des diagnostics, pr&#233;senter des solutions alternatives, &#233;valuer l'impact de tel ou tel programme, faire la diff&#233;rence entre ce qui rel&#232;ve du pouvoir imm&#233;diat des autorit&#233;s nationales et ce qui n'en rel&#232;ve pas (r&#232;gles OMC, euro, UE) : telles sont les limites fix&#233;es &#224; cet exercice collectif.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La campagne &#233;lectorale qui d&#233;marre emprunte aux classiques de la vie politique : conqu&#234;te du pouvoir et exercice du pouvoir ob&#233;issent &#224; des logiques diff&#233;rentes. D&#232;s lors, les propos de campagne engagent peu et n'&#233;clairent que faiblement sur les politiques de gestion ou de r&#233;forme r&#233;ellement men&#233;es une fois le pouvoir conquis. De m&#234;me la ruse, la dissimulation, l'adaptation des discours aux publics font partie des r&#232;gles de l'art.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La somme des discours cat&#233;goriels ne fait pas un programme m&#234;me si elle f&#233;d&#232;re un &#233;lectorat. Enfin depuis les succ&#232;s de Clinton et Blair, on sait que la qualit&#233; premi&#232;re des &#171; nouveaux &#187; politiques r&#233;side dans leur aptitude &#224; user de l'art de la triangulation ou, si l'on pr&#233;f&#232;re, de l'art de capter le discours de l'adversaire et de le fondre dans son propre discours pour &#233;largir son &#233;lectorat. La rh&#233;torique de l'ordre chez l'une et des droits opposables chez l'autre en fournit une parfaite illustration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette campagne innove aussi : elle aura marqu&#233; le triomphe de l'interactivit&#233; en politique. La campagne 2007 est &#224; la politique ce que la Star Ac est &#224; la TV, et le format &#171; talk &amp; news &#187; &#224; la radio, l'expression de l'irr&#233;pressible envie de tout un chacun d'&#234;tre vedette une minute, de donner son point de vue sur les sujets les plus graves comme sur les plus communs. Cette campagne aura vu enfin l'irruption du Net et des vid&#233;o-blogs en politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les propos de campagne ne sont pas des programmes politiques et encore moins des engagements de gouvernement, pourquoi l'&#233;conomiste se risquerait-il &#224; &#233;valuer, mettre en perspective voire mettre en cause les &#171; propos &#187; &#233;conomiques des candidats. Au moment o&#249; une d&#233;mocratie participative se cherche, o&#249; le peuple-expert s'exprime en lieux et places d'experts d&#233;mon&#233;tis&#233;s, que viennent faire les repr&#233;sentants de la &#171; science sinistre &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on se rassure, il n'est nulle question ici de proposer des catalogues de mesures au nom de &#171; TINA &#187;. On se souvient en effet qu'il y a peu les experts avan&#231;aient souvent leurs politiques en invoquant &#171; l'absence d'alternative &#187; (&#171; There is no alternative &#187;). On s'attachera au contraire &#224; montrer que dans tous les domaines il y a toujours une large place pour l'initiative politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'est pas plus question de r&#233;inventer un nouveau &#171; cercle de la raison &#187;. Comme on le verra dans les diff&#233;rentes contributions notre hypoth&#232;se est que si les convergences entre les deux blocs sont tr&#232;s r&#233;elles, elles ne sont pas dues pour autant &#224; un diagnostic partag&#233; ni &#224; un consensus sur ce qu'il convient de faire en raison, elles sont plut&#244;t le r&#233;sultat d'une forme de t&#233;tanisation face &#224; la difficult&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre propos n'est pas non plus de dire ce que serait une politique &#171; normative &#187; de gauche ou de droite, car l'exercice &#224; nos yeux a le double inconv&#233;nient de condamner &#224; l'immodestie - une politique est le fruit de compromis multiples dont on ne peut pr&#233;juger - et au simplisme - la gauche et la droite sont diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin comme les institutions de la ve R&#233;publique interdisent la formation d'une grande coalition transpartisane, &#224; l'allemande, et que la tentation des extr&#234;mes est chez nous tr&#232;s forte, nous int&#233;grons la n&#233;cessit&#233; pour les partis d'inventer des choix id&#233;ologiques clivants pour d&#233;velopper des mentalit&#233;s de camp. Plus les propositions concr&#232;tes sont proches et plus il faut cr&#233;er de la distance id&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant et au vu des arguments &#233;chang&#233;s pendant cette premi&#232;re phase de campagne deux constats peuvent &#234;tre dress&#233;s : 1. la rivalit&#233; mim&#233;tique conduit les deux candidats les plus en vue &#224; avancer des th&#232;ses proches sur l'&#233;conomie, la s&#233;curit&#233;, l'&#233;cole, l'immigration. 2. Les th&#232;ses &#233;conomiques de ces deux candidats notamment sur l'euro, la mondialisation, l'harmonisation fiscale et sociale sont en porte &#224; faux avec le consensus europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la distance entre les programmes et les politiques &#224; mener une fois parvenu au pouvoir est maximale alors il y a fort &#224; parier que l'alternative comme apr&#232;s 1981, 1986, 1995 soit entre la trahison des engagements pris et l'immobilisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors comment &#233;clairer le d&#233;bat ? La responsabilit&#233; des &#233;conomistes n'est pas celle des hommes politiques, leur r&#244;le est de nourrir le d&#233;bat d'analyses, d'&#233;valuations, d'expertises. Etablir des diagnostics, pr&#233;senter des solutions alternatives, &#233;valuer l'impact de tel ou tel programme, faire la diff&#233;rence entre ce qui rel&#232;ve du pouvoir imm&#233;diat des autorit&#233;s nationales et ce qui n'en rel&#232;ve pas (r&#232;gles OMC, euro, UE) : telles sont les limites fix&#233;es &#224; cet exercice collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En m&#234;me temps nos responsabilit&#233;s dans la pr&#233;vision &#233;conomique nous obligent &#224; anticiper les d&#233;veloppements de politique &#233;conomique &#224; partir de notre connaissance de la situation &#233;conomique de la France et de ses partenaires d'une part et de l'&#233;volution la plus probable des politiques men&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or d'une mani&#232;re singuli&#232;re, on constate d'&#233;tonnantes convergences.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'imp&#233;ratif de la croissance, condition sine qua non de toute politique hardie de pouvoir d'achat et de redistribution, l'accord est parfait, un objectif sup&#233;rieur au potentiel de croissance est m&#234;me fix&#233; par S&#233;gol&#232;ne Royal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les d&#233;ficits et la dette publique, les analyses de la Commission P&#233;bereau sont aujourd'hui largement partag&#233;es &#224; gauche et &#224; droite. DSK par exemple a pu d&#233;clarer &#171; la gauche doit &#234;tre l'ennemie de la dette : plus il y en a moins l'Etat peut intervenir &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur l'exigence d'une action d&#233;cisive pour entrer dans l'&#233;conomie de la connaissance l'accord est parfait notamment sur la r&#233;forme des universit&#233;s. DSK propose de &#171; dynamiter les universit&#233;s par la concurrence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur l'&#233;cole, l'immigration, l'autorit&#233;, S&#233;gol&#232;ne Royal et Nicolas Sarkozy sont sur des lignes voisines. La liste pourrait &#234;tre plus longue encore.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contributions qui suivent explorent les programmes, les d&#233;clarations, les engagements, ils tracent les contenus probables des politiques qui seront mises en &#339;uvre en 2007, ils &#233;tablissent enfin ce qui est commun aux deux blocs et ce qui est irr&#233;ductiblement sp&#233;cifique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contributions sont organis&#233;es en cinq chapitres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 1. Une strat&#233;gie de croissance pour une &#233;conomie mondialis&#233;e. Il s'agit de r&#233;pondre &#224; une double question comment sortir de la croissance molle, comment adapter l'offre &#224; la demande interne et externe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 2. Un financement cr&#233;dible et responsable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 3. Un contrat social refond&#233; : si l'accord est large pour &#233;voquer la question du pouvoir d'achat, des in&#233;galit&#233;s, il l'est apparemment moins pour r&#233;former le code du travail m&#234;me si la &#171; flexis&#233;curit&#233; &#187; fait des &#233;mules &#224; droite et &#224; gauche. Et puis une protection sociale r&#233;form&#233;e : les r&#233;gimes sociaux paraissent &#224; bout de souffle, la r&#233;forme Douste-Blazy ne parvient m&#234;me pas &#224; sauver les apparences. Les r&#233;ponses &#224; attendre des politiques ne seront gu&#232;re originales, autant les anticiper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 4. Les nouvelles solidarit&#233;s seront au c&#339;ur du d&#233;bat &#233;lectoral. L'emploi, l'&#233;cole, le logement, la ville sont les enjeux de l'int&#233;gration, c'est sur ces terrains que la grande fracture entre &#171; insiders &#187; et &#171; outsiders &#187; commencera d'&#234;tre combl&#233;e ou non.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; 5. R&#233;ponses fran&#231;aises aux grands d&#233;fis : l'Europe, le climat, l'&#233;nergie sont des questions de longue port&#233;e et qui requi&#232;rent d'autres volont&#233;s que nationales, raison de plus pour tracer les contours des positions fran&#231;aises en gestation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fil rouge parcourt pourtant ces cinq th&#232;mes. Sans la capacit&#233; &#224; stimuler la croissance en France, l'Etat social aujourd'hui financ&#233; &#224; cr&#233;dit va au-devant d'une crise majeure et d&#232;s lors l'exigence civique et &#233;conomique d'une int&#233;gration r&#233;ussie des Fran&#231;ais issus de l'immigration est en p&#233;ril.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le programme commun de la France : &#338;uvrer pour la croissance</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Le-programme-commun-de-la-France-OEuvrer-pour-la-croissance.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Par Pascal Blanque, Chief Investment Officer asset management groupe bancaire fran&#231;ais &lt;br class='autobr' /&gt;
Les Fran&#231;ais sont inquiets, non sans raison. A la puissance publique de les rassurer en mettant en &#339;uvre les r&#233;formes n&#233;cessaires. Avec &#224; la cl&#233;, le retour de la confiance. &lt;br class='autobr' /&gt; La croissance domestique d'un pays moyen en 2006 a son environnement global fait de contraintes mondiales mais aussi d'opportunit&#233;s. Les ignorer serait se mentir. Mais elle a aussi ses leviers nationaux, ou r&#233;gionaux, qui laissent (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Pascal Blanque,&lt;br class='autobr' /&gt;
Chief Investment Officer asset management&lt;br class='autobr' /&gt;
groupe bancaire fran&#231;ais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Fran&#231;ais sont inquiets, non sans raison. A la puissance publique de les rassurer en mettant en &#339;uvre les r&#233;formes n&#233;cessaires. Avec &#224; la cl&#233;, le retour de la confiance.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La croissance domestique d'un pays moyen en 2006 a son environnement global fait de contraintes mondiales mais aussi d'opportunit&#233;s. Les ignorer serait se mentir. Mais elle a aussi ses leviers nationaux, ou r&#233;gionaux, qui laissent ouvert le champ de l'action de la puissance publique, c'est-&#224;-dire celui du choix et du courage. Il est par ailleurs aussi vain de se battre le flanc &#224; constater l'&#233;cart de croissance entre pays &#233;mergents et Vieux Continent - les maturit&#233;s ne sont pas comparables - que de chercher &#224; tout prix les voies de la stimulation purement cyclique de la croissance. Seul le potentiel de croissance importe. Ces deux axes encadrent le champ qui nous int&#233;resse ici. Quelques convictions peuvent s'y frayer un chemin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le monde est moins mondial qu'il n'y para&#238;t et l'Europe moins europ&#233;enne qu'il n'y para&#238;t. Les leviers domestiques de la croissance existent. La globalisation ne peut servir de paravent &#224; ce qui rel&#232;ve de la seule volont&#233; politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; La croissance est une question d'institutions autant sinon (beaucoup) plus que de recettes et poudres de perlimpinpin, mon&#233;taires ou fiscales notamment. R&#233;forme de l'Etat, &#233;ducation, recherche en sont des exemples nationaux. Le d&#233;bat autour de la BCE l'indique aussi &#224; sa fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Les projets manquent plus que les sources de financement. Les sources (&#233;pargne) sont abondantes et les modes de financement de plus en plus efficients (march&#233;s), mais l'&#233;pargne est insuffisamment drain&#233;e vers la sph&#232;re productive. Quant aux projets, ils n'attendent qu'une r&#233;forme du triptyque &#233;ducation/recherche/technologie.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; L'&#233;quation multivariable fran&#231;aise, et plus largement europ&#233;enne, qui dit fondamentalement une pr&#233;f&#233;rence pour une d&#233;pense publique &#233;lev&#233;e et un taux global d'activit&#233; faible, ne peut plus &#234;tre boucl&#233;e. Les options existent, le choix n'est pas seulement &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux pistes de r&#233;flexion - il y en a d'autres - m&#233;ritent un arr&#234;t sur pause. La premi&#232;re est ce qu'il faudra sans doute retenir lorsque tout aura &#233;t&#233; oubli&#233; du possible et du probable : l'ajustement sous contraintes de l'&#233;quation macro&#233;conomique fran&#231;aise, et plus largement europ&#233;enne. Incontournable et r&#233;alisable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;quation, connue de tous, comprend un taux d'activit&#233; bas, une dur&#233;e du travail elle aussi faible et un niveau de d&#233;pense publique &#233;lev&#233;. Le fort taux de pr&#233;l&#232;vement obligatoire va de pair avec l'expression d'un besoin de services publics de qualit&#233;, et d'ailleurs d'une satisfaction en la mati&#232;re. Cette &#233;quation est entr&#233;e sous la contrainte de r&#233;alit&#233;s d&#233;mographiques (vieillissement), financi&#232;res (dynamique de la dette en contexte de croissance molle), d'efficience aussi &#224; laquelle le manque d'investissement, fatal dans un tel contexte, n'est pas lui-m&#234;me &#233;tranger. L'&#233;quation ne peut plus &#234;tre ni boucl&#233;e ni r&#233;solue, toutes choses &#233;gales par ailleurs comme il se doit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En attendant les clusters&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question est assez simple. Quelle variable souhaite-t-on ajuster ? Taux d'activit&#233;, dur&#233;e du travail, d&#233;pense publique ? Toutes sont probablement candidates mais le choix est politique. Sans doute la faiblesse du taux d'activit&#233; est-elle la r&#233;alit&#233; la plus ind&#233;niable (au plus bas parmi les pays d&#233;velopp&#233;s), la plus choquante et la plus modifiable. Certaines analyses mettent en avant l'insuffisante flexibilit&#233; du march&#233; du travail mais &#224; y regarder de plus pr&#232;s, on voit que le march&#233; fran&#231;ais a depuis une quinzaine d'ann&#233;es, bien chang&#233; (multiplication des formes plus souples d'emploi) : la France de l'emploi est plus flexible qu'on ne le croit. D'autres regards se porteront sur les charges pesant sur l'emploi, le moins qualifi&#233; surtout, dans certains secteurs abrit&#233;s en priorit&#233; (h&#244;tellerie et tourisme sont souvent &#233;voqu&#233;s), non sans l&#233;gitimit&#233; ni sans r&#233;sistance dans la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste sans doute l'essentiel et le plus jouable car le sujet est proche de la maturit&#233; dans l'opinion : le triptyque &#233;ducation (enseignement sup&#233;rieur) / recherche / innovation (technologique). La France accuse un retard d'investissement et d'efficience dans l'enseignement sup&#233;rieur, que r&#233;v&#232;lent les chiffres et que ne peut plus masquer la fiert&#233; r&#233;publicaine. La recherche attend de nouvelles coh&#233;rences et des articulations public/priv&#233;. L'innovation, qui vient toujours en grappes, attend ses clusters, unit&#233;s de lieux, de temps et d'action m&#234;lant universit&#233;s, laboratoires et entreprises. Le tout, car tout se tient, avec une bonne dose de volont&#233; publique. Krisis, chez les Grecs, disait d'abord le commencement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde piste - volume, structure et orientation de l'&#233;pargne - n'est pas une habitu&#233;e des manuels de r&#233;forme. Plus financi&#232;re, plus abstraite et plus d&#233;licate &#224; manier politiquement, elle m&#233;rite un d&#233;tour particulier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux d'&#233;pargne des Fran&#231;ais compte parmi les plus &#233;lev&#233;s dans le monde d&#233;velopp&#233;. L'&#233;pargne financi&#232;re des m&#233;nages est non seulement importante mais conna&#238;t un gonflement en tendance. Ces deux r&#233;alit&#233;s refl&#232;tent une certaine assise financi&#232;re des bilans priv&#233;s domestiques dont on peut sans doute se f&#233;liciter. Mais une &#233;pargne abondante est aussi un r&#233;servoir pr&#233;occupant de peurs. Et une &#233;pargne financi&#232;re essentiellement liquide reste largement coup&#233;e du financement &#224; long terme de l'&#233;conomie. Les axes nationaux d'action ne manquent pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Abaisser le seuil de th&#233;saurisation&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier axe, action d'ensemble, vise &#224; r&#233;duire le r&#233;sidu de peurs que comporte tout ph&#233;nom&#232;ne de th&#233;saurisation &#233;lev&#233;e. Il semble bien, dans les cas fran&#231;ais - que l'on peut sans mal &#233;largir &#224; l'Europe - qu'un tel comportement trahit de multiples anticipations inqui&#232;tes. Semble car, dans le m&#234;me temps, et contre toute attente, on a vu la consommation des Fran&#231;ais depuis quelques ann&#233;es, sans emploi ni revenu suffisant, surprendre &#224; la hausse gr&#226;ce &#224; l'&#233;pargne un peu, aux transferts interg&#233;n&#233;rationnels plus s&#251;rement, aux effets de richesse r&#233;els ou psychologiques d&#233;riv&#233;s de l'immobilier beaucoup, au cr&#233;dit enfin, surtout. Ce qui suffit &#224; marquer les limites de la r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste qu'il y a dans cette th&#233;saurisation des attitudes de pr&#233;cautions et des incertitudes qui peuvent et doivent &#234;tre lev&#233;es. On ne trouvera pas d'angle proprement national &#224; la situation conjoncturelle, boursi&#232;re ou g&#233;ostrat&#233;gique mondiale, et on n'en voudra pas aux autorit&#233;s domestiques de ne pouvoir faire baisser le prix du p&#233;trole. Mais ce ne sont ni la mondialisation ni l'Europe qui sont &#224; l'origine des anticipations n&#233;gatives sur la viabilit&#233; financi&#232;re des r&#233;gimes sociaux &#224; moyen terme et/ou de la capacit&#233; en tendance &#224; stabiliser la dette publique en proportion du PIB. Les trajectoires parall&#232;les de notre d&#233;mographie et de nos finances publiques &#233;tant ce qu'elles sont, c'est bien &#224; la puissance publique qu'il revient de rassurer, et surtout de faire. Les r&#233;formes domestiques sont connues (retraites, sant&#233;, enseignement sup&#233;rieur, plus largement d&#233;pense publique et efficacit&#233; de l'Etat).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La soci&#233;t&#233;, qui n'est pas l'opinion, le sait et attend plus qu'on ne le pense. L'Europe et son Pacte de stabilit&#233;, les trop souvent d&#233;cri&#233;s, peuvent m&#234;me offrir un levier - ou un pr&#233;texte presque &#8212; quand il s'agit d'obtenir un gel du ratio dette/PIB. Ces objectifs de long terme de stabilisation qui lient le financier (ratio dette/PIB) et le social (retraites) sont bien plus consensuels qu'on ne le croit et certainement plus que le Pacte de stabilit&#233; qui ne vise pourtant pas autre chose. Il n'appartient qu'&#224; la puissance publique nationale de clarifier la perception des enjeux (d&#233;ficit structurel d&#233;barrass&#233; du bruit cyclique des pr&#233;visions conjoncturelles, nature de la d&#233;pense publique...), de r&#233;habiliter les objectifs sinon le Pacte lui-m&#234;me, sa philosophie bien comprise en tous cas (faire des provisions tant que la croissance est l&#224;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Restaurer des anticipations positives&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;formes domestiques, engagements europ&#233;ens et p&#233;rennisation du mod&#232;le social - auquel les Europ&#233;ens sont attach&#233;s - vont de pair et doivent &#234;tre articul&#233;s. L'exercice, comme toute action d'ancrage d'anticipations positives, exige du temps, et du courage. La lutte contre l'inflation, en son temps, l'a montr&#233;. Le d&#233;fi ici est encore plus grand, le temps gouvernemental &#233;tant moins long, moins lin&#233;aire et plus politique que celui d'une Banque centrale. Mais il est permis de penser, comme pour l'inflation en son temps, qu'il y a plus &#224; perdre &#224; l'inaction. La lib&#233;ration d'une partie de l'&#233;pargne de pr&#233;caution est &#224; ce prix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un r&#233;gime d'anticipations d&#233;barrass&#233; de multiples peurs, qui ne sont pas qu'&#233;conomiques, est de nature &#224; abaisser le seuil de la th&#233;saurisation. Le seul endettement public - n'en d&#233;plaise &#224; Ricardo - ne saurait masquer le faisceau plus complexe d'inqui&#233;tudes qui rongent le lien entre les Fran&#231;ais et l'avenir (esp&#233;rances de promotions sociales, sens de l'action individuelle et collective...).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un second axe d'action se trouve dans la structure de l'&#233;pargne fran&#231;aise elle-m&#234;me (le constat est le m&#234;me en Europe). L'&#233;pargne financi&#232;re est consid&#233;rable et libell&#233;e &#224; taux fixe. Sa transformation - pose d'un drain vers la sph&#232;re productive- est un enjeu majeur. Une &#233;pargne financi&#232;re &#224; taux fixe ne saurait surprendre sur un continent historiquement (et donc culturellement) marqu&#233; par la dette publique, l'inflation et des taux d'int&#233;r&#234;t &#233;lev&#233;s. Mais la d&#233;sinflation, depuis vingt ans, a &#233;rod&#233; la r&#233;mun&#233;ration nominale r&#233;elle des produits &#224; taux fixe. En sus, et plus r&#233;cemment , s'est amorc&#233; un ph&#233;nom&#232;ne de convergence entre les rendements des produits &#171; bonifi&#233;s &#187; par l'Etat (livrets...) et des r&#233;f&#233;rences de march&#233;, &#233;liminant progressivement niches et avantages de r&#233;mun&#233;ration. Enfin, dans un monde o&#249; l'inflation, sans &#234;tre morte, est durablement endormie (surcapacit&#233;s, &#171; globologie &#187; - globalisation+ technologie -, d&#233;sinflation export&#233;e par l'Asie, partage de la valeur ajout&#233;e entre salaires et profits...), les taux directeurs des Banques centrales, BCE en particulier, resteront bas au-del&#224; de la phase actuelle de simple normalisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela pour dire que l'&#233;pargne liquide &#224; taux fixe sera durablement faiblement r&#233;mun&#233;r&#233;e (2 % en moyenne semble une hypoth&#232;se de rentabilit&#233; r&#233;elle raisonnable) ; que l'h&#233;r&#233;sie mon&#233;taire des rendements nominaux &#224; court terme de plus de 10 % dans les ann&#233;es 1980 est du pass&#233; lointain (m&#234;me si elle a fa&#231;onn&#233; les m&#233;moires) ; et qu'il suffira de peu pour obtenir une r&#233;mun&#233;ration sup&#233;rieure &#224; celle de l'actif sans risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rendez-vous avec la Bourse&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Europ&#233;ens, dans leur grand ensemble, n'ont pas encore tir&#233;, loin de l&#224;, toutes les cons&#233;quences de ces tendances lourdes. Il appartient &#224; la puissance publique d'en acc&#233;l&#233;rer la maturation et la mutation. On voit bien que d&#233;sinflation et baisse des taux d'int&#233;r&#234;t sont all&#233;s plus vite que les comportements de placement. Le krach boursier a stopp&#233; le mouvement timide de diversification de l'&#233;pargne liquide qui s'amor&#231;ait, ramenant paradoxalement les produits de taux d'int&#233;r&#234;t au premier plan, sur fond d'aversion au risque et de pr&#233;f&#233;rence pour l'&#233;pargne liquide (&#224; l'exception de l'&#233;pargne bloqu&#233;e). Le premier v&#233;ritable rendez-vous historique des Fran&#231;ais avec la Bourse fut manqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les tendances lourdes ne font pourtant pas de doute. La diminution spectaculaire de la r&#233;mun&#233;ration de l'&#233;pargne liquide et la faiblesse des sources r&#233;sidentes de financement &#224; long terme des entreprises et de la croissance (dont, principalement, les actions) interdisent d&#233;sormais le statu quo. La tendance lourde est &#224; la migration depuis des positions liquides vers des produits offrant des profils risque/rendement plus int&#233;ressants. La recherche de rendement &#224; long terme et la constitution d'une &#233;pargne de pr&#233;caution longue, &#224; des fins de retraite notamment, orientent fondamentalement le jeu. L'appareil r&#233;glementaire, et fiscal en particulier, reste un &#233;l&#233;ment clef (PEA, &#233;pargne salariale, &#233;pargne bloqu&#233;e dont assurance vie). Cette normalisation de l'&#233;pargne r&#233;pondra au souci croissant de drainage de cette liquidit&#233; vers la sph&#232;re productive, au-del&#224; de la part qui peut &#234;tre lib&#233;r&#233;e par et pour un surcro&#238;t de consommation. Ce mouvement va dans le sens du d&#233;veloppement des entreprises mais aussi de leur protection, l'europ&#233;anisation voire la mondialisation du capital des soci&#233;t&#233;s constituant aussi une tendance forte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'arbre de l'assurance vie, la for&#234;t de l'&#233;pargne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette normalisation doit &#234;tre accompagn&#233;e et stimul&#233;e. Le champ des id&#233;es de produits d'&#233;pargne longue reste largement inexplor&#233;, en particulier pour les produits tourn&#233;s vers les march&#233;s d'actions, id&#233;alement assortis d'enveloppes fiscales avantageuses. L'assurance-vie est un bel arbre, une for&#234;t attend. L'&#233;pargne salariale a l'avenir devant elle. Cet effort peut s'appuyer sur une industrie fran&#231;aise de la gestion d'actifs parmi les plus sophistiqu&#233;es au monde, arrim&#233;e &#224; des tendances fondamentales tr&#232;s favorables : macro&#233;conomiques (d&#233;mographie, &#233;pargne), financi&#232;res (impact de l'euro sur la profondeur des march&#233;s europ&#233;ens) et institutionnelles (industrialisation et internationalisation du m&#233;tier, &#233;mergence de leaders producteurs).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'essai reste &#224; transformer. L'euro a certes dot&#233; la zone de march&#233;s obligataires efficients, larges et sophistiqu&#233;s (obligations gouvernementales, priv&#233;es, high yield, titres index&#233;s sur l'inflation...), mais les march&#233;s d'actions restent &#224; la tra&#238;ne (capitalisation rapport&#233;e au PIB encore confidentielle). Les mouvements de consolidation des places financi&#232;res, comme ceux impliquant les acteurs de la gestion et sur une base transfrontali&#232;re, sont &#224; venir. La constitution d'une base d'acteurs et de capital national ou, plus probablement, europ&#233;en, est &#224; ce prix. Le mouvement mettra en ad&#233;quation industrie de la gestion comp&#233;titive, d&#233;tention importante de soci&#233;t&#233;s europ&#233;ennes par des Europ&#233;ens et apport des sources et des solutions de financement par transfert d'une partie significative de l'&#233;pargne, aujourd'hui encore immobilis&#233;e dans le portage faiblement r&#233;mun&#233;r&#233; de la dette publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces tendances sont celles du temps long et de la confiance. L'Europe est sans doute leur champ de d&#233;ploiement. Le d&#233;passement des inhibitions dans une &#233;conomie moderne et un monde globalis&#233; en est la condition. La pr&#233;f&#233;rence durable pour l'&#233;pargne liquide ne peut caract&#233;riser une &#233;conomie qui ose se projeter. La prise de risque r&#233;mun&#233;r&#233;e n'est pas une d&#233;cision seulement individuelle. Il appartient aussi &#224; la puissance publique de donner &#224; l'&#233;pargne fran&#231;aise la structure et la dur&#233;e des projets &#233;conomiques tourn&#233;s vers l'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le programme commun de la France : Imaginer une nouvelle politique industrielle</title>
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&lt;p&gt;Par Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, professeur &#224; Sciences-Po, membre du Conseil d'analyse economique &lt;br class='autobr' /&gt;
2004 a marqu&#233; le retour spectaculaire de l'engagement de l'Etat. Entre une gauche qui ne se r&#233;signe pas au retrait de l'Etat et une droite qui n'accepte pas le retrait de la Nation, la synth&#232;se est-elle la bonne ? &lt;br class='autobr' /&gt; Un spectre hante nos hommes politiques de gauche et de droite : les d&#233;localisations. Les causes cit&#233;es sont l'euro fort qui contraint Airbus &#224; d&#233;localiser, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Elie Cohen,&lt;br class='autobr' /&gt;
directeur de recherche au CNRS, professeur &#224; Sciences-Po, membre du Conseil d'analyse economique&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2004 a marqu&#233; le retour spectaculaire de l'engagement de l'Etat. Entre une gauche qui ne se r&#233;signe pas au retrait de l'Etat et une droite qui n'accepte pas le retrait de la Nation, la synth&#232;se est-elle la bonne ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Un spectre hante nos hommes politiques de gauche et de droite : les d&#233;localisations. Les causes cit&#233;es sont l'euro fort qui contraint Airbus &#224; d&#233;localiser, la concurrence d&#233;loyale de Bombardier qui incite Alstom &#224; repenser la localisation de ses activit&#233;s, la tyrannie des autorit&#233;s de la concurrence europ&#233;enne responsable de la disparition de P&#233;chiney. Sont donc incrimin&#233;s l'autisme de la Banque centrale, le laxisme des libre-&#233;changistes et de l'OMC, l'intransigeance des ayatollahs de la concurrence qui si&#232;gent &#224; Bruxelles. Les effets des d&#233;localisations sont d&#233;vastateurs aux yeux de nos politiques : l'industrie nationale est certes affaiblie, mais le high-tech l'est aussi et au-del&#224; les emplois dans la R&amp;D.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si au jeu de l'&#233;change il y a des gagnants absolus comme la Chine et des perdants absolus comme la France, c'est la croyance m&#234;me dans les vertus de la division du travail et du libre-&#233;change qui est en cause. D&#232;s lors un &#233;tonnant consensus va &#233;merger sur les solutions : il faut r&#233;former les statuts de la Banque centrale, instaurer une pr&#233;f&#233;rence communautaire, harmoniser le fiscal et le social au niveau europ&#233;en, r&#233;primer les patrons voyous en les contraignant &#224; rembourser les aides en cas de d&#233;localisations. Les discours &#233;lectoraux ne sont pas n&#233;cessairement les politiques de demain et il convient donc de faire la part des propos de campagne, engagements programmatiques et des politiques r&#233;ellement men&#233;es au pouvoir, mais l'&#233;tonnant consensus actuel frappe par son d&#233;calage radical avec ce que sont les d&#233;bats communs et les solutions envisag&#233;es au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Confusion des ph&#233;nom&#232;nes&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois questions doivent &#234;tre consid&#233;r&#233;es : avec les d&#233;localisations, franchit-on un seuil d'irr&#233;versibilit&#233; dans le d&#233;clin industriel du pays justifiant un nouveau cours politique ? Les discours de la gauche et de la droite s'inscrivent-ils dans des id&#233;ologies polaris&#233;es ? Enfin les solutions pratiques concr&#232;tement envisag&#233;es par les deux camps illustrent-elles une offre politique contrast&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &#233;conomistes surpris par l'intensit&#233; du d&#233;bat et l'apparent consensus sur des th&#232;ses hautement contestables ont d'abord cru &#224; un emballement politique conjoncturel et ont entrepris de clarifier les termes du d&#233;bat : on confond en effet souvent d&#233;localisations, d&#233;sindustrialisation et croissance du ch&#244;mage. Or on sait que le niveau g&#233;n&#233;ral d'emploi est fonction de la croissance et donc des dotations en facteurs, des politiques macro&#233;conomiques et de la qualit&#233; des institutions. On sait par ailleurs que le ph&#233;nom&#232;ne de d&#233;sindustrialisation peut &#234;tre le signe d'une mont&#233;e en gamme et en sp&#233;cialisation l&#224; o&#249; les d&#233;localisations industrielles tertiaires et de recherche exprimeraient une nouvelle phase de la division internationale du travail. En d'autres termes, autant la d&#233;sindustrialisation des pays industrialis&#233;s entendue comme la diminution de la part relative de l'emploi industriel est un ph&#233;nom&#232;ne naturel, cons&#233;quence &#224; la fois du d&#233;placement de la demande des consommateurs des biens industriels vers les services et de gains de productivit&#233; relativement plus &#233;lev&#233;s dans l'industrie que dans les services, autant les d&#233;localisations d'emplois de recherche ou de services aux entreprises exprimeraient une tendance nouvelle. Or et c'est le m&#233;rite des travaux faits sur la question, la r&#233;ponse est conclusive. Les d&#233;localisations industrielles entendues comme le transfert de tout ou partie de l'appareil productif vers un pays de destination afin de r&#233;importer sur le territoire d'origine des biens ainsi produits &#224; moindre co&#251;t est un ph&#233;nom&#232;ne marginal quelles que soient les donn&#233;es consid&#233;r&#233;es. Il en est de m&#234;me en France pour les d&#233;localisations indirectes qui passent par l'augmentation de composants import&#233;s au d&#233;triment d'un approvisionnement local. M&#234;me en prenant une d&#233;finition tr&#232;s large des d&#233;localisations mesur&#233;e par les importations issues de pays &#224; bas salaires, on est loin d'un ph&#233;nom&#232;ne de grande ampleur. Par ailleurs, les d&#233;localisations tertiaires et de recherche sont &#224; un stade embryonnaire en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;alit&#233; du d&#233;clin industriel&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les d&#233;localisations ont peu touch&#233; la France jusqu'ici comment expliquer alors les discours politiques tenus ? En fait les hommes politiques usent d'un vocable commode, celui de d&#233;localisations, pour d&#233;signer la grande transformation du monde industriel &#224; laquelle ils paraissent assister en spectateurs. Cette transformation tient en trois propositions. Le d&#233;clin industriel fran&#231;ais est une r&#233;alit&#233; : depuis 25 ans nous assistons &#224; une perte substantielle d'emplois industriels et &#224; un recul de la part de la VA industrielle dans le PIB. La France est moins comp&#233;titive et moins attractive. Depuis 10 ans en particulier on assiste simultan&#233;ment en mati&#232;re industrielle &#224; une d&#233;gradation de l'emploi, des marges, des investissements productifs, et des parts de march&#233; dans le commerce international. Plus inqui&#233;tant encore, on assiste &#224; un ralentissement des gains de productivit&#233;, et &#224; un accroissement du taux de p&#233;n&#233;tration du march&#233; int&#233;rieur alors m&#234;me que les importations en provenance des pays &#224; bas co&#251;t restent faibles et vont s'amplifier avec le recul programm&#233; des importations am&#233;ricaines de Chine.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ce d&#233;clin relatif normal mais bien r&#233;el de la France s'accompagne de la d&#233;couverte d'un r&#233;&#233;quilibrage Nord-Sud en marche. Entre 2000 et 2004 la Chine a gagn&#233; 7 millions d'emplois industriels et les pays de l'OCDE en ont perdu autant. En 2001 la France et la Chine avaient des exc&#233;dents commerciaux comparables, en 2005 la France conna&#238;t un tr&#232;s fort d&#233;ficit et la Chine un exc&#233;dent commercial de 160 milliards de dollars. Ce r&#233;&#233;quilibrage Nord-Sud a ceci d'inqui&#233;tant que les canons de la th&#233;orie des avantages comparatifs ne paraissent gu&#232;re respect&#233;s. La Chine est aujourd'hui le premier exportateur high tech. L'Inde pour sa part invente &#224; marche forc&#233;e une industrie des services externalis&#233;s et d&#233;localis&#233;s et la performance de ses SSII est d'embl&#233;e la meilleure au monde, qu'on la mesure par la croissance du CA, les niveaux de marge ou m&#234;me les standards de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier &#233;l&#233;ment de cette d&#233;couverte d'un monde &#233;conomique qui change et qui effraie en m&#234;me temps... le classement calamiteux des universit&#233;s fran&#231;aises. La France a gravement n&#233;glig&#233; de pr&#233;parer l'avenir en investissant dans le capital humain, dans la R&amp;D et dans les PME innovantes. Dans un travail r&#233;cent sur les sp&#233;cialisations des grandes r&#233;gions &#233;conomiques, Jean Pisani-Ferry &#233;tablit que l'Europe voit son avantage comparatif en mati&#232;re de capital humain s'&#233;roder rapidement face aux pays &#233;mergents.&lt;br class='autobr' /&gt;
Face &#224; ces menaces, une nouvelle politique industrielle a vu le jour. Elle a un double m&#233;rite puisqu'elle permet &#224; la fois de mesurer l'engagement du gouvernement actuel et de sa majorit&#233; et par contraste de voir ce que les socialistes feraient s'ils revenaient aux affaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le retour de l'engagement de l'Etat&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#244;les de comp&#233;titivit&#233;, Agence d'innovation industrielle, Agence nationale de la recherche, Oseo-Anvar-BDPME, RTRA... En quelques mois, la France inverse le cours de son action et met un terme au d&#233;sengagement politique en mati&#232;re industrielle. Au d&#233;mant&#232;lement de l'appareil d'intervention b&#226;ti apr&#232;s guerre commenc&#233; en 1983 succ&#232;de depuis 2004 une v&#233;ritable r&#233;invention de la politique industrielle. Depuis les gouvernants veulent &#224; la fois retrouver la magie des &#171; grands programmes &#187; gaullo-pompidoliens avec l'AII et transposer en France le Small Business Act en cr&#233;ant Oseo. Ils restent jacobins avec un pilotage au sommet de la nouvelle politique industrielle et une stricte hi&#233;rarchie des outils d'intervention, mais empruntent largement au girondisme avec les p&#244;les de comp&#233;titivit&#233;. Enfin, les &#233;lites gouvernementales qui ne juraient que par les champions nationaux ont d&#233;couvert les probl&#232;mes de croissance des petites entreprises, ont invent&#233; les &#171; gazelles &#187; et mis en place des dispositifs sp&#233;cifiques pour ces entreprises innovantes &#224; fort potentiel de croissance. A ceux qui douteraient de la coh&#233;rence du dispositif, il est r&#233;pondu immanquablement que le dispositif est diff&#233;renci&#233; et hi&#233;rarchis&#233; puisque &#224; chaque probl&#232;me et &#224; chaque taille d'entreprise correspond un outil et un dispositif sp&#233;cifiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les experts mettent en cause la multiplication des instances de coordination, le saupoudrage de moyens, et des probl&#232;mes paralysants de gouvernance. Mais curieusement les candidats &#224; la prochaine pr&#233;sidentielle communient dans la c&#233;l&#233;bration de la nouvelle politique : pourquoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nouvelle politique comble en fait des aspirations partag&#233;es entre une gauche qui ne se r&#233;signe pas au retrait de l'Etat et une droite qui n'accepte pas pareillement le retrait de la nation. Les grands programmes propos&#233;s par Jean-Louis Beffa et mis en place par la nouvelle Agence de l'innovation industrielle confirment que la voie nationale pour l'innovation passe par les Agences publiques, les champions nationaux et les grands corps et non par les clusters, les venture capitalists et le Nasdaq. Retour de l'Etat, de la nation, de l'id&#233;e de progr&#232;s, tous les ingr&#233;dients historiques de la grande alliance entre technocratie d'Etat et PCGT sont r&#233;unis. Il ne faut pas s'&#233;tonner d&#232;s lors que cette politique soit endoss&#233;e par tous les candidats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la dimension europ&#233;enne peut &#234;tre ais&#233;ment sacrifi&#233;e - l'Europe livr&#233;e aux ayatollahs de la concurrence, l'Europe offerte, l'Europe des services publics lib&#233;ralis&#233;s ne s&#233;duit gu&#232;re -, il n'en est pas de m&#234;me de la dimension r&#233;gionale. Depuis 1981 &#224; gauche et &#224; droite, les &#233;lus locaux se sont affirm&#233;s, les exemples &#233;trangers ont fait &#233;cole, la ma&#238;trise du d&#233;veloppement est devenue un enjeu territorial. D'o&#249; l'invention des p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; et leur succ&#232;s. Il ne faut pas s'&#233;tonner d&#232;s lors que ces p&#244;les soient d&#233;fendus avec une &#233;gale ardeur par deux illustres &#233;lus du Poitou-Charentes : S&#233;gol&#232;ne Royal qui s'est drap&#233;e dans une carte des p&#244;les &#224; l'occasion du d&#233;bat des pr&#233;sidentiables du PS et Raffarin qui, &#224; juste titre, r&#233;clame la paternit&#233; de cette politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors o&#249; sont les diff&#233;rences ? On pourrait imaginer sur le papier, une droite qui croit aux vertus de la mondialisation, qui entend &#233;quiper les individus pour y faire face et qui met en situation les entreprises de se projeter dans le monde par des politiques fiscales, sociales et r&#233;glementaires adapt&#233;es. On pourrait imaginer sym&#233;triquement une gauche plus soucieuse de r&#233;parer les d&#233;g&#226;ts sociaux de la mondialisation et qui pour ce faire d&#233;velopperait &#224; la fois des politiques de mutualisation des co&#251;ts de la reconversion et des politiques de redistribution. Si de tels th&#232;mes affleurent dans le d&#233;bat, la r&#233;alit&#233; des positionnements politiques des uns et des autres les conduit en pratique &#224; avancer d'autres th&#233;matiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La volont&#233; punitive des entreprises et des patrons voyous est le premier trait commun aux hommes et femmes de gauche et de droite. L'affaire HP en fournit une parfaite illustration. Dans une France en proie au ch&#244;mage et qui d&#233;couvre les destructions acc&#233;l&#233;r&#233;es d'emplois industriels, la r&#233;action est imm&#233;diate : il faut obliger HP &#224; restituer les subventions ind&#251;ment per&#231;ues pour son installation en France. Dominique de Villepin comme Nicolas Sarkozy, Dominique Strauss-Kahn comme S&#233;gol&#232;ne Royal communient dans la m&#234;me foi r&#233;pressive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Europe des projets&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Europe des projets, l'Europe par la preuve, l'Europe des r&#233;alisations concr&#232;tes, bref l'Europe imaginaire est le deuxi&#232;me trait commun. La crise &#233;nerg&#233;tique, la gestion des effets de la mondialisation, la mont&#233;e en puissance de la Chine, la volont&#233; de r&#233;pliquer aux Etats-Unis, tout est pr&#233;texte &#224; l'invocation de l'Europe. Mais curieusement &#224; gauche et &#224; droite les m&#234;mes critiques sont adress&#233;es &#224; cette Europe avec comme cons&#233;quence pratique un pareil irr&#233;alisme dans les propositions faites. Le programme du PS endosse toutes les th&#232;ses eurosceptiques pour rallier les partisans du NON. Quant &#224; Nicolas Sarkozy, depuis le discours de P&#233;rigueux il a fait un pas d&#233;cisif en direction des souverainistes et des gaullistes sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les nationalisations provisoires et le patriotisme &#233;conomique constituent un autre point commun. Cela peut surprendre, mais si DSK a r&#234;v&#233; les nationalisations provisoires, Sarkozy l'a mise en &#339;uvre avec pragmatisme et efficacit&#233; dans l'affaire Alstom.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au total, ce qui frappe dans la d&#233;nonciation des d&#233;localisations comme dans les propositions pour une nouvelle politique industrielle, c'est le profond accord &#224; gauche et &#224; droite d&#232;s lors que les candidats les plus en vue abandonnent leurs choix programmatiques initiaux pour se recentrer. En rompant avec la &#171; rupture &#187;, Sarkozy a renonc&#233; en tranchant de ses propositions en mati&#232;re de lib&#233;ralisation. Pris au pied de la lettre, le programme du PS est protectionniste, eurosceptique, prodigue socialement. Il est aussi, pour reprendre une expression nagu&#232;re utilis&#233;e par Laurent Fabius quand il incarnait la gauche moderne, &#171; statophile et d&#233;pensol&#226;tre &#187;. S&#233;gol&#232;ne du Poitou tient un tout autre discours, son projet est local, &#233;cologique, et participatif et sa politique embl&#233;matique est celle des &#171; p&#244;les de comp&#233;titivit&#233; &#187; d&#233;cid&#233;s par Jacques Chirac.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un accord aussi large pour r&#233;primer les patrons voyous, promouvoir les acteurs locaux, restaurer l'Etat dans ses pr&#233;rogatives et de fait mettre entre parenth&#232;ses l'Europe communautaire conduit &#224; conclure &#224; l'existence d'un consensus national sur ces questions. L'investissement dans le capital humain comme vecteur d&#233;cisif de comp&#233;titivit&#233; dans une &#233;conomie de la connaissance et la &#171; nouvelle politique industrielle &#187; constituent donc la r&#233;ponse commune aux d&#233;fis des d&#233;localisations.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le programme commun de la France : Adopter un pacte national de stabilit&#233;</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Par Olivier Garnier, directeur g&#233;n&#233;ral adjoint de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale Asset Management &lt;br class='autobr' /&gt;
La n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire notre endettement public ne r&#233;sulte pas seulement de nos engagements europ&#233;ens . Il s'agit d'abord et surtout d'un imp&#233;ratif interne. &lt;br class='autobr' /&gt; Comme suite au retour du besoin de financement public sous le plafond de 3 % du PIB, la proc&#233;dure de &#171; d&#233;ficit excessif &#187; ouverte en 2003 par l'Union europ&#233;enne &#224; l'encontre de la France devrait &#234;tre officiellement lev&#233;e d'ici au d&#233;but de 2007. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Olivier Garnier,&lt;br class='autobr' /&gt;
directeur g&#233;n&#233;ral adjoint de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale Asset Management&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire notre endettement public ne r&#233;sulte pas seulement de nos engagements europ&#233;ens . Il s'agit d'abord et surtout d'un imp&#233;ratif interne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme suite au retour du besoin de financement public sous le plafond de 3 % du PIB, la proc&#233;dure de &#171; d&#233;ficit excessif &#187; ouverte en 2003 par l'Union europ&#233;enne &#224; l'encontre de la France devrait &#234;tre officiellement lev&#233;e d'ici au d&#233;but de 2007. Face &#224; ce d&#233;nouement, les candidats aux &#233;lections pr&#233;sidentielles devront &#233;viter deux erreurs d'interpr&#233;tation. La premi&#232;re serait de consid&#233;rer que toute cette affaire a surtout mis en &#233;vidence la &#171; stupidit&#233; &#187; du Pacte europ&#233;en de stabilit&#233; et de croissance, et que, &#224; d&#233;faut de pouvoir l'abroger, il conviendra &#224; nouveau de s'abstraire de ses r&#232;gles &#224; chaque fois que cela sera opportun.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, comme l'a rappel&#233; avec force le rapport de la Commission P&#233;bereau, la n&#233;cessit&#233; de r&#233;duire notre endettement public ne r&#233;sulte pas seulement de nos engagements europ&#233;ens : il s'agit d'abord et surtout d'un imp&#233;ratif interne, afin de regagner une capacit&#233; d'action pour r&#233;pondre aux d&#233;fis &#224; venir, qu'ils soient &#233;conomiques, sociaux ou d&#233;mographiques. L'erreur inverse serait de penser que, au-del&#224; de quelques d&#233;rapages transitoires, le Pacte de stabilit&#233; et de croissance a finalement bien jou&#233; son r&#244;le disciplinaire, et qu'il peut &#224; lui seul assurer un cadrage satisfaisant de nos finances publiques sur le moyen terme. Ce n'est clairement pas le cas : les &#233;volutions constat&#233;es depuis l'entr&#233;e de la France dans l'Union mon&#233;taire ont en effet mis en &#233;vidence des dysfonctionnements majeurs et r&#233;p&#233;t&#233;s, traduisant un manque de coh&#233;rence entre nos proc&#233;dures budg&#233;taires internes et les engagements pris au niveau europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Stopper le d&#233;rapage des d&#233;penses&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le signe le plus manifeste de ces dysfonctionnements r&#233;side dans notre incapacit&#233; r&#233;currente &#224; respecter les normes de progression des d&#233;penses que nous nous fixons. De fait, contrairement &#224; une id&#233;e r&#233;pandue, la divergence par rapport &#224; nos objectifs europ&#233;ens a r&#233;sult&#233; non pas d'une croissance trop faible de l'activit&#233;, mais d'un net d&#233;rapage des d&#233;penses. En effet, depuis l'entr&#233;e dans l'euro (1999-2005), le volume du PIB a augment&#233; en moyenne d'environ 2,1 % par an, soit un rythme voisin de celui de la croissance potentielle de l'&#233;conomie fran&#231;aise. En outre, sur cette m&#234;me p&#233;riode, le taux de pr&#233;l&#232;vements obligatoires est rest&#233; &#224; peu pr&#232;s inchang&#233;, et les recettes totales des administrations publiques ont &#233;volu&#233; globalement en ligne avec le PIB : il n'y a donc pas eu non plus de manque &#224; gagner de ce c&#244;t&#233;-l&#224;. En revanche, les d&#233;penses de l'ensemble des administrations publiques (Etat, collectivit&#233;s locales et S&#233;curit&#233; sociale) ont augment&#233; beaucoup plus vite que pr&#233;vu : hors inflation, elles ont cr&#251; en moyenne de 2,4 % par an, alors que tous les programmes de stabilit&#233; pr&#233;sent&#233;s par la France depuis 1999 ont affich&#233; - et continuent de le faire - une norme de progression comprise entre 1 % et 1,5 % par an. Ainsi, si cette norme avait &#233;t&#233; respect&#233;e, les administrations publiques auraient finalement d&#233;gag&#233;, &#224; croissance et pr&#233;l&#232;vements inchang&#233;s, un exc&#233;dent de l'ordre de 0,5 % du PIB en 2005, au lieu du d&#233;ficit de 2,9 % du PIB effectivement constat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour rem&#233;dier &#224; cette incapacit&#233; &#224; ma&#238;triser l'&#233;volution de nos d&#233;penses publiques et &#224; respecter les normes fix&#233;es, il n'y a pas d'autre issue que d'adapter en profondeur nos proc&#233;dures internes en mati&#232;re de gouvernance, de programmation et de r&#233;gulation des finances publiques. Il convient &#224; cet &#233;gard de souligner que la LOLF (loi organique relative aux lois de finances), mise en application pour la premi&#232;re fois dans le cadre du budget 2006, ne r&#233;pond pas directement &#224; cette pr&#233;occupation : elle a &#233;t&#233; con&#231;ue &#224; l'origine comme un outil de modernisation de la gestion de l'Etat, plut&#244;t que de cadrage des finances publiques dans leur ensemble. N&#233;anmoins, comme viennent de le recommander ses deux p&#232;res-fondateurs, MM. Lambert et Migaud, la LOLF ne pourrait que gagner &#224; &#234;tre compl&#233;t&#233;e par des dispositions allant dans ce sens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quels sont les probl&#232;mes &#224; r&#233;soudre ? Tout d'abord, en mati&#232;re de gouvernance, le gouvernement prend au niveau europ&#233;en des engagements qui concernent l'ensemble des administrations publiques, alors m&#234;me que les d&#233;penses locales et sociales &#233;chappent largement &#224; son pilotage. Il n'est donc pas &#233;tonnant que les d&#233;rapages en mati&#232;re de d&#233;penses aient davantage concern&#233; la S&#233;curit&#233; sociale et les collectivit&#233;s territoriales que le budget de l'Etat. La solution n'est sans doute pas de mettre les finances locales et sociales sous la compl&#232;te tutelle de l'Etat. A l'instar de ce qui se fait dans d'autres pays, il conviendrait plut&#244;t d'instaurer une sorte de pacte &#171; national &#187; de stabilit&#233;, dont les objectifs et les r&#232;gles d'ajustement des finances publiques ne rel&#232;veraient plus seulement d'une contrainte externe europ&#233;enne, mais seraient compl&#232;tement assum&#233;es et partag&#233;es par l'ensemble des institutions concern&#233;es : Parlement, gouvernement, collectivit&#233;s locales et S&#233;curit&#233; sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour une v&#233;ritable programmation pluriannuelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deuxi&#232;mement, les programmes de stabilit&#233; pr&#233;sent&#233;s par la France au niveau europ&#233;en ont un caract&#232;re compl&#232;tement artificiel, puisqu'il n'existe pas, au plan interne, de v&#233;ritable proc&#233;dure pluriannuelle. Les programmes de stabilit&#233; se r&#233;sument &#224; de purs exercices de projection r&#233;alis&#233;s par le seul minist&#232;re des Finances, sur la base d'hypoth&#232;ses compl&#232;tement conventionnelles et ne traduisant aucun engagement des diff&#233;rentes parties concern&#233;es. Il est donc urgent de mettre en place une v&#233;ritable programmation pluriannuelle de nos finances publiques et sociales. S'agissant du budget de l'Etat, la LOLF offre de ce point de vue une excellente opportunit&#233; : les gestionnaires publics seront mieux responsabilis&#233;s s'ils disposent d'objectifs clairs &#224; un horizon de plusieurs ann&#233;es. De m&#234;me, la r&#233;forme de l'assurance maladie devrait &#234;tre compl&#233;t&#233;e par des m&#233;canismes de programmation et d'ajustement des d&#233;penses dans un cadre pluriannuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, en mati&#232;re de r&#233;gulation, des dysfonctionnements sont clairement apparus, tant du c&#244;t&#233; du budget de l'Etat que de l'assurance maladie. S'agissant de l'Etat, comme on l'a bien vu &#224; la fin des ann&#233;es 90 avec le d&#233;bat sur la &#171; cagnotte &#187;, il existe une tendance &#224; d&#233;penser les plus-values de recettes durant les phases de forte croissance, ce qui contraint ensuite &#224; des ajustements procycliques douloureux en p&#233;riode de &#171; vaches maigres &#187;. L'amendement &#224; la LOLF adopt&#233; en 2005, qui oblige &#224; pr&#233;ciser dans la loi de finances initiale l'affectation d'un &#233;ventuel surplus de recettes, r&#233;duit ce biais sans toutefois le corriger compl&#232;tement : d'une part, il n'impose pas que ce surplus soit consacr&#233; en priorit&#233; au d&#233;sendettement ; d'autre part, il n'emp&#234;che pas de dilapider les fruits d'une forte croissance lorsque celle-ci est anticip&#233;e d&#232;s la construction de la loi de finances. Pour rem&#233;dier &#224; ce deuxi&#232;me probl&#232;me, une solution serait d'imposer la constitution d'une r&#233;serve de pr&#233;caution lorsque le budget est b&#226;ti sur une hypoth&#232;se de croissance sup&#233;rieure &#224; la tendance de long terme. S'agissant de l'assurance maladie, l'objectif national de d&#233;penses (ONDAM) vot&#233; par le Parlement est fr&#233;quemment d&#233;pass&#233;, sans que cela donne lieu &#224; des corrections en cours d'ann&#233;e ou au moment de la fixation de l'objectif de l'ann&#233;e suivante. Comme recommand&#233; par la Commission P&#233;bereau, il conviendrait donc que les lois de financement de la S&#233;curit&#233; sociale pr&#233;voient ex ante le d&#233;clenchement automatique de mesures de r&#233;&#233;quilibrage en cas de d&#233;passements des objectifs d'une ann&#233;e sur l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes ces orientations devraient constituer l'ossature d'un v&#233;ritable pacte national de stabilit&#233;, dont l'imp&#233;rieuse n&#233;cessit&#233; a malheureusement &#233;t&#233; occult&#233;e par l'ampleur disproportionn&#233;e prise en France par le d&#233;bat sur la r&#233;forme du pacte europ&#233;en.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>le programme commun de la France : Fiscalit&#233;, en finir avec l'esquive</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/le-programme-commun-de-la-France-Fiscalite-en-finir-avec-l-esquive.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;Par Denis Clerc, Rapporteur au CERC (Conseil de l'emploi, des revenus et de la coh&#233;sion sociale) &lt;br class='autobr' /&gt;
La fiscalit&#233;, pas plus que l'&#233;conomie, ne rel&#232;ve d'une probl&#233;matique &#233;thique. Gardons-nous des effets de manche, qu'ils soient lib&#233;raux ou socialistes. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis Edgar Faure, qui annon&#231;ait vouloir &#171; demander plus &#224; l'imp&#244;t et moins au contribuable &#187;, il n'est pas de programme &#233;lectoral sans l'&#233;nonc&#233; de quelques propositions de r&#233;formes fiscales bien senties. Car, par d&#233;finition, la fiscalit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Denis Clerc,&lt;br class='autobr' /&gt;
Rapporteur au CERC (Conseil de l'emploi, des revenus et de la coh&#233;sion sociale)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La fiscalit&#233;, pas plus que l'&#233;conomie, ne rel&#232;ve d'une probl&#233;matique &#233;thique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Gardons-nous des effets de manche, qu'ils soient lib&#233;raux ou socialistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis Edgar Faure, qui annon&#231;ait vouloir &#171; demander plus &#224; l'imp&#244;t et moins au contribuable &#187;, il n'est pas de programme &#233;lectoral sans l'&#233;nonc&#233; de quelques propositions de r&#233;formes fiscales bien senties. Car, par d&#233;finition, la fiscalit&#233; est per&#231;ue par la grande majorit&#233; des citoyens comme injuste, excessive et d&#233;courageante. Il faut donc, quelle que soit le positionnement politique des candidats, la rendre plus &#233;quitable, plus mod&#233;r&#233;e et plus incitative. La campagne &#233;lectorale de 2007 ne d&#233;roge pas &#224; cette r&#232;gle d'or. Que trouve-t-on dans les besaces des deux principaux candidats ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; UMP, la mesure phare propos&#233;e par Nicolas Sarkozy est l'exon&#233;ration des droits de succession et de donation. Car cet &#171; imp&#244;t sur la mort &#187; est particuli&#232;rement impopulaire, et Nicolas Sarkozy joue sur du velours en d&#233;clarant que, &#171; quand on a travaill&#233; toute sa vie, il est insupportable de devoir vendre pour payer les droits de succession &#187;. Est &#233;galement propos&#233;e la &#171; d&#233;fiscalisation totale des emplois &#224; la personne &#187; et la suppression de toute &#171; charge &#187; (lire : cotisation sociale) sur les heures suppl&#233;mentaires, afin d'encourager chacun &#224; &#171; travailler plus pour gagner plus &#187;. En revanche, sur l'ISF (imp&#244;t de solidarit&#233; sur la fortune), le programme est d'une prudence de Sioux : si tel ou tel proche du pr&#233;sident de l'UMP &#233;voque une profonde r&#233;forme qui pourrait consister en une franchise (dont on ne sait si elle serait partielle ou totale) sur la valeur de la r&#233;sidence principale, cela ne fait pas officiellement partie des mesures envisag&#233;es officiellement, du moins pour le moment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Effritement de la base fiscale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce programme, il faut le reconna&#238;tre, ne brille pas par sa pr&#233;cision. Les droits de succession ? Nicolas Sarkozy avait, dans un premier temps, avanc&#233; leur suppression totale, avant de pr&#233;ciser que la mesure ne s'appliquerait qu'aux patrimoines &#171; petits et moyens &#187;, mais sans avancer le moindre seuil, si bien que l'Institut de l'entreprise, ce think-tank proche du patronat, en est r&#233;duit &#224; avancer une fourchette de 4,5 &#224; 6 milliards de pertes de recettes fiscales. Au-del&#224; de ses cons&#233;quences financi&#232;res, la mesure elle-m&#234;me pose probl&#232;me. Thomas Piketty a montr&#233;, sans contestation possible, ce que la r&#233;duction des in&#233;galit&#233;s au cours du xxe si&#232;cle devait &#224; l'instauration de la fiscalit&#233; sur les patrimoines, et notamment sur les successions. Et c'est justement parce que ce type de fiscalit&#233; diminue le poids patrimonial des &#171; h&#233;ritiers &#187; et permet du coup une plus grande &#171; m&#233;ritocratie &#187; dans l'&#233;chelle des fortunes que de grands noms du capitalisme am&#233;ricain - Warren Buffet et Bill Gates, entre autres - se sont d&#233;clar&#233;s oppos&#233;s &#224; une mesure similaire aux Etats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque de pr&#233;cision aussi sur la d&#233;fiscalisation &#171; totale &#187; des emplois &#224; la personne. Si l'on voit bien l'objectif - inciter les m&#233;nages &#224; recourir davantage &#224; ce type de services, fortement cr&#233;ateurs d'emplois -, le flou de la formulation laisse pantois. S'agit-il, comme beaucoup l'ont compris, de faire passer la r&#233;duction de l'imp&#244;t sur le revenu &#224; payer de 50 % (situation actuelle) &#224; 100 %, &#233;ventuellement avec suppression du plafond actuel (15 000 euros) ? Ou de consid&#233;rer ces d&#233;penses comme une charge d&#233;ductible de l'assiette sur laquelle est calcul&#233; l'imp&#244;t ? Dans le premier cas, le co&#251;t de la mesure est &#233;valu&#233; &#224; 2 milliards d'euros par l'Institut de l'entreprise, dans le second, les contribuables concern&#233;s paieraient 800 millions de plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Manque de pr&#233;cision, encore et toujours, sur la d&#233;taxation des heures suppl&#233;mentaires. S'agit-il des seules cotisations sociales patronales ? Ou de ces derni&#232;res et des cotisations salariales ? Et, dans ce dernier cas, la CSG/CRDS fera-t-elle partie du lot ou pas ? Ce n'est pas seulement le co&#251;t de la mesure qui est en jeu, encore que, dans ce cas, on peut s'interroger sur le bien-fond&#233; d'une politique qui contribue &#224; r&#233;duire un peu plus les ressources (d&#233;j&#224; insuffisantes) de la protection sociale au moment m&#234;me o&#249; est affirm&#233;e la n&#233;cessit&#233; absolue de r&#233;duire les d&#233;ficits publics. La multiplication de ces formes de r&#233;mun&#233;rations annexes d&#233;tax&#233;es pose d&#233;j&#224; probl&#232;me : tickets restaurants, CESU, mutuelle d'entreprise, participation et stock-options ne contribuent pas seulement &#224; creuser l'&#233;cart entre entreprises et cat&#233;gories de salari&#233;s, elles tendent pour partie &#224; se substituer au salaire et &#224; r&#233;duire l'assiette sur laquelle reposent les cotisations sociales, un peu &#224; la mani&#232;re dont les &#171; niches fiscales &#187; r&#233;duisent la mati&#232;re imposable et aboutissent &#224; des taux d'imposition apparents assez &#233;loign&#233;s de la r&#233;alit&#233;. Ajouter les heures suppl&#233;mentaires &#224; cette liste d&#233;j&#224; longue n'aboutirait pas seulement &#224; accentuer cette tendance &#224; l'effritement de la base taxable, mais cr&#233;erait une incitation forte &#224; destination des employeurs (et des salari&#233;s, si la d&#233;taxation concerne aussi la partie salariale des cotisations) &#224; transformer en heures suppl&#233;mentaires une partie des r&#233;mun&#233;rations vers&#233;es, quitte &#224; recruter moins de salari&#233;s. Sans compter que l'on ne sait dans quelle mesure ces r&#233;mun&#233;rations d&#233;tax&#233;es seraient g&#233;n&#233;ratrices de droits sociaux (retraite notamment).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;f&#233;rence pour les pr&#233;l&#232;vements&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; PS, les propositions diff&#232;rent sensiblement. On y parle certes d'instaurer un taux d'imp&#244;t sur les b&#233;n&#233;fices des soci&#233;t&#233;s modul&#233; selon l'affectation des r&#233;sultats : faible s'il y a r&#233;investissement, &#233;lev&#233; s'il y a distribution de dividendes ou rachat d'actions. Mais, &#224; part cette mesure, l'essentiel des propositions est centr&#233; sur la fiscalit&#233; sur le revenu et tient en trois points. D'abord la suppression des &#171; niches fiscales inefficaces &#187;. Ensuite, la progressivit&#233; de la CSG, avec int&#233;gration dans celle-ci de la &#171; prime pour l'emploi &#187;. Enfin, la remise en cause des &#171; r&#233;ductions d'imp&#244;ts accord&#233;es depuis 2002 aux hauts revenus &#187; et la suppression du &#171; bouclier fiscal &#187;, ce dispositif (appliqu&#233; depuis 2006) limitant la somme de l'imp&#244;t pay&#233; (qu'il soit sur le revenu, sur la fortune ou sur l'habitation) par un foyer fiscal &#224; 60 % de son revenu fiscal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien entendu, on aimerait en savoir plus sur les niches fiscales inefficaces, sur la diff&#233;rence entre taux d'imposition sur les profits r&#233;investis et les profits distribu&#233;s, sur la pente de progressivit&#233; de la CSG, et la conciliation entre le caract&#232;re individuel de cette taxe et le caract&#232;re familialis&#233; de l'imp&#244;t sur le revenu. Mais, si le flou n'est pas moins grand ici que pour le programme fiscal de l'UMP, l'analyse qu'on peut faire de ces propositions est bien diff&#233;rente. D'abord, cela saute aux yeux, alors que l'UMP vise &#224; r&#233;duire la taxation des revenus, le PS vise plut&#244;t &#224; l'augmenter. Et &#224; l'augmenter au d&#233;triment du cinqui&#232;me de la population qui acquitte 90 % de l'imp&#244;t sur le revenu, que ce soit par le biais de la progressivit&#233; de la CSG, de l'imposition accrue des profits distribu&#233;s ou de la remise en cause des baisses de taux d'imposition, dont les tranches les plus &#233;lev&#233;es ont &#233;t&#233; les principales b&#233;n&#233;ficiaires depuis 2004, ne serait-ce que parce qu'elles contribuent fortement au rendement total de l'imp&#244;t sur le revenu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or cette orientation pose probl&#232;me. Non seulement parce qu'elle revient &#224; s'attaquer au volet recettes plus qu'au volet d&#233;penses de l'action publique (la France &#233;tant plac&#233;e d&#233;j&#224; en deuxi&#232;me position au sein de l'Union europ&#233;enne pour l'importance de la d&#233;pense publique au regard du PIB, avec 54 %). Mais aussi - et peut-&#234;tre surtout - parce qu'elle revient &#224; proposer une taxation plus &#233;lev&#233;e, voire nettement plus &#233;lev&#233;e, des hauts revenus, lesquels sont essentiellement gagn&#233;s par des cadres dirigeants, des professions lib&#233;rales et des d&#233;tenteurs de patrimoines importants. Sur le plan de la justice fiscale, on peut s'en r&#233;jouir : n'est-ce pas une bonne chose que l'imp&#244;t soit acquitt&#233; par ceux dont les revenus permettent d'acheter du superflu plut&#244;t que par ceux qui ont &#224; peine de quoi payer le n&#233;cessaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pos&#233;e ainsi, la r&#233;ponse ne fait gu&#232;re de doute, encore que l'on puisse se demander aujourd'hui si la fronti&#232;re entre superflu et n&#233;cessaire est aussi nette que certains l'affirment. Mais ni l'&#233;conomie, ni la fiscalit&#233; ne rel&#232;vent d'une probl&#233;matique &#233;thique. Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; les capitaux circulent davantage que les hommes, o&#249; les d&#233;localisations existent, tout comme la concurrence fiscale, un tel programme rel&#232;ve davantage de la provocation que de la raison. Rappelons que pr&#232;s de moiti&#233; de la capitalisation boursi&#232;re des soci&#233;t&#233;s du CAC 40 est d&#233;tenue par des capitaux &#233;trangers : en pr&#233;sence d'une sur-taxation des dividendes, ils fuiront bien vite vers d'autres cieux, accroissant ainsi l'incitation des groupes concern&#233;s &#224; choisir de transf&#233;rer ailleurs leurs si&#232;ges sociaux, pour &#233;viter les OPA hostiles qu'un cours d&#233;pr&#233;ci&#233; ne manquerait pas de susciter, aussi bien que pour garder des cadres de haut niveau dont les r&#233;mun&#233;rations sont index&#233;es de facto sur le cours en Bourse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour de piste, on le voit, est d&#233;cevant. Sans doute parce que la fiscalit&#233;, davantage encore que tout autre sujet, est propice aux effets de manche, qu'ils soient lib&#233;raux ou socialistes. Mais surtout parce que tout se passe comme si les auteurs de programme avaient d&#233;cid&#233; d'ignorer les travaux s&#233;rieux sur les r&#233;formes fiscales &#171; optimales &#187;, c'est-&#224;-dire celles qui s'efforcent de concilier r&#233;alisme &#233;conomique et justice distributive. La faute aux partis ? Peut-&#234;tre. Mais ceux-ci ne sont, en fait, que les r&#233;v&#233;lateurs d'une opinion qu'ils s'efforcent de s&#233;duire. La pauvret&#233; - pour ne pas dire plus - du d&#233;bat fiscal en France refl&#232;te au fond les errements d'une opinion qui se vit en victime et se cherche un sauveur. Ou une sauveuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le programme commun de la France : Concilier flexibilit&#233; et s&#233;curit&#233; des carri&#232;res</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Le-programme-commun-de-la-France-Concilier-flexibilite-et-securite-des.html</link>
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		<dc:date>2006-12-22T22:15:05Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Par Bernard Brunhes, vice-pr&#233;sident du Groupe BPI &lt;br class='autobr' /&gt;
Pour lutter contre la pr&#233;carit&#233; du travail, il est urgent de repenser un syst&#232;me social et juridique d&#233;pass&#233;, de red&#233;finir intelligemment l'orientation scolaire, mais aussi de parier sur les m&#233;tiers d'avenir. &lt;br class='autobr' /&gt; Le mot flexis&#233;curit&#233; est &#224; la mode en Europe. En France, on dit &#171; s&#233;curit&#233; sociale professionnelle &#187; &#224; la CGT ou &#171; s&#233;curisation des parcours professionnels &#187; &#224; l'Elys&#233;e. Derri&#232;re ces expressions-valises, il y a une r&#233;alit&#233; simple, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Bernard Brunhes,&lt;br class='autobr' /&gt;
vice-pr&#233;sident du Groupe BPI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour lutter contre la pr&#233;carit&#233; du travail, il est urgent de repenser un syst&#232;me social et juridique d&#233;pass&#233;, de red&#233;finir intelligemment l'orientation scolaire, mais aussi de parier sur les m&#233;tiers d'avenir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le mot flexis&#233;curit&#233; est &#224; la mode en Europe. En France, on dit &#171; s&#233;curit&#233; sociale professionnelle &#187; &#224; la CGT ou &#171; s&#233;curisation des parcours professionnels &#187; &#224; l'Elys&#233;e. Derri&#232;re ces expressions-valises, il y a une r&#233;alit&#233; simple, mais des approches politiques diverses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mondialisation et l'&#233;volution des technologies de l'information et de la communication entra&#238;nent une grande mobilit&#233; de l'appareil de production. Parce que les fronti&#232;res sont ouvertes et la communication pratiquement instantan&#233;e et gratuite sur l'ensemble de la plan&#232;te, parce que les implantations de l'outil de production d&#233;pendent de moins en moins d'un capital physique, la mobilit&#233; g&#233;ographique de l'outil de production est une donn&#233;e nouvelle. Les grands groupes internationaux fondent la localisation de leurs op&#233;rations sur une analyse des co&#251;ts et de la disponibilit&#233; des comp&#233;tences n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les sous-traitants suivent et les PME sont ainsi entra&#238;n&#233;es dans le mouvement. Mais si le capital est devenu tr&#232;s mobile, le travail ne l'est gu&#232;re. Plus ce monde est risqu&#233; et ouvert, plus les hommes s'attachent &#224; leur terroir, lorsque la mis&#232;re ne les en chasse pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, la flexibilit&#233; de l'outil de production se traduit par une pr&#233;carit&#233; du travail, source de tous nos maux - ch&#244;mage, difficult&#233; d'insertion des jeunes, violence, crainte de l'avenir, d&#233;s&#233;quilibres sociaux, aggravation des in&#233;galit&#233;s. Quelle politique peut-on conduire pour que flexibilit&#233; ne signifie pas pr&#233;carit&#233; du travail et ins&#233;curit&#233; pour les travailleurs ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Repenser l'encadrement social et l'aide personnalis&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re id&#233;e est simple : lorsque des travailleurs sont conduits &#224; changer d'emploi, ils ont besoin d'une aide personnalis&#233;e pour en retrouver rapidement un autre - rapidement, parce que l'on constate que la probabilit&#233; de trouver une r&#233;insertion professionnelle baisse tr&#232;s rapidement avec la dur&#233;e du ch&#244;mage. Une aide personnalis&#233;e est n&#233;cessaire, parce que cette p&#233;riode de flexibilit&#233; est aussi une p&#233;riode d'&#233;clatement des communaut&#233;s humaines. La disparition ou l'affaiblissement des structures d'organisation et d'encadrement social - les Eglises, les partis, les syndicats, etc. - venant apr&#232;s l'exode rural, l'affaiblissement des liens familiaux laisse la personne en difficult&#233;, chass&#233;e de l'entreprise qui constituait pr&#233;cis&#233;ment un encadrement social, compl&#232;tement d&#233;sarm&#233;e devant des bureaucraties qui, au contraire, n'ont cess&#233; de cro&#238;tre et d'embellir sous l'effet de l'acharnement gouvernemental et parlementaire &#224; l&#233;gif&#233;rer, r&#233;glementer, changer les r&#232;gles du jeu, multiplier &#224; la fois les aides cibl&#233;es et les obstacles fiscaux ou r&#232;glementaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc apporter au travailleur changeant d'emploi un conseil personnalis&#233;, loin des files d'attente et des relations trop br&#232;ves, trop peu fr&#233;quentes, trop anonymes avec des conseillers d&#233;bord&#233;s et pas toujours suffisamment inform&#233;s eux-m&#234;mes. C'est le secret des pays d'Europe qui r&#233;ussissent &#224; abaisser le taux de ch&#244;mage en dessous des 5 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;organiser une l&#233;gislation inadapt&#233;e&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il contr&#244;ler plus &#233;troitement les ch&#244;meurs ? Outre qu'il est ind&#233;cent de culpabiliser les ch&#244;meurs dans un pays o&#249; 9 % de la population active est au ch&#244;mage, on comprendrait mal une s&#233;v&#233;rit&#233; qui ne serait pas la contrepartie d'une aide personnalis&#233;e : &#224; des demandeurs d'emploi auxquels on apporte un appui r&#233;el, on peut, on doit demander d'accepter les offres d'emploi qui leur sont faites pour autant qu'elles soient &#171; valables &#187;, c'est-&#224;-dire avec un niveau de r&#233;mun&#233;ration peu diff&#233;rent, une qualification atteignable, une localisation compatible avec les contraintes familiales. Dans ces conditions, lorsque le conseiller personnel a fait tout ce qu'il pouvait, la sanction apr&#232;s le refus de trois offres convenables est logique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La seconde ligne d'action concerne le code du travail. Le droit du travail n'emp&#234;che en rien la pr&#233;carit&#233;, mais il ne donne pas la flexibilit&#233; ! Il &#171; a faux &#187; sur les deux tableaux.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le contrat &#224; dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e n'est plus une assurance pour le salari&#233;, alors qu'il cr&#233;e de la rigidit&#233; pour l'employeur. Les conditions du licenciement &#233;conomique se r&#233;sument &#224; une course d'obstacle. A l'arriv&#233;e, rien ne s'oppose en fait au licenciement, mais pendant le long parcours, l'affaire tra&#238;ne en longueur et en violence sans b&#233;n&#233;fice pour personne. En outre la l&#233;gislation ne s'applique dans le fait qu'aux grandes entreprises, les petites passent au travers. Il faut revoir la loi en r&#233;duisant les obstacles formels et en responsabilisant, gr&#226;ce &#224; l'obligation de n&#233;gocier, l'employeur, les syndicats et l'Etat. Mais est-ce possible avec des syndicats divis&#233;s et un Etat d&#233;sorganis&#233; par la multitude d'intervenants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le contrat &#224; dur&#233;e d&#233;termin&#233;e et le recours &#224; l'int&#233;rim donnent une marge suppl&#233;mentaire de flexibilit&#233; aux entreprises, mais au m&#233;pris de la loi. Tout le monde a oubli&#233; que ces formules sont r&#233;serv&#233;es aux cas d'absences d'un salari&#233; ou de surcro&#238;t temporaire de production : encore un cas o&#249; l'inadaptation de la l&#233;gislation entra&#238;ne l'ill&#233;galit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre faut-il adopter le principe de contrat unique, tel que l'ont propos&#233; Francis Kramatz et Pierre Cahuc, o&#249; l'on ne distingue pas CDD et CDI, o&#249; l'on ne s&#233;pare pas les diff&#233;rents motifs de licenciement mais o&#249; les droits des salari&#233;s et les devoirs corr&#233;latifs des entreprises sont clairement d&#233;finis et se traduisent par un effort syst&#233;matique de reclassement dont l'ampleur et le co&#251;t d&#233;pendent de la dur&#233;e du temps pass&#233; dans l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rapprocher l'&#233;cole de l'entreprise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La pr&#233;carit&#233; touche plus particuli&#232;rement les jeunes. La plupart mettent des ann&#233;es avant de trouver la stabilit&#233; ; ceux qui n'ont pas obtenu de qualification verront leur temps partag&#233; entre ch&#244;mage et emplois pr&#233;caires. Un vrai service d'orientation personnalis&#233;e dans les &#233;coles et les universit&#233;s, le rapprochement entre le monde de l'&#233;cole et celui de l'entreprise pour que l'effort de formation initial soit partag&#233; : voil&#224; les solutions que l'on attend. Quant au nombre consid&#233;rable de jeunes souvent issus de l'immigration que l'&#233;cole n'a pas r&#233;ussi &#224; int&#233;resser et &#224; int&#233;grer, c'est &#224; l'Education nationale qu'il faut s'adresser !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup de sans-emploi se trouvent progressivement en situation d'exclus : exclus du monde du travail, exclus de la soci&#233;t&#233;. Trop de temps sans travail a d&#233;truit leurs capacit&#233;s d'adaptation. A ceux-l&#224;, il faut apporter autre chose, un appui qui rel&#232;ve autant des comportements, de la psychologie, voire de pathologies. La modestie des moyens mis par les pouvoirs publics &#224; la disposition des associations ou entreprises d'insertion qui travaillent dans cette direction est tout simplement un scandale.&lt;br class='autobr' /&gt;
On nous dira, et c'est exact, que c'est d'abord l'insuffisance du nombre d'emplois qui bloque le syst&#232;me. Deux rappels : d'une part, il y a des p&#233;nuries de main-d'&#339;uvre dans de nombreux domaines - p&#233;nuries observ&#233;es ou p&#233;nuries &#171; potentielles &#187;, l&#224; o&#249; personne ne songe &#224; d&#233;velopper des productions faute de producteurs : c'est bien l'orientation qui en est la cause, comme on l'a dit plus haut. Le d&#233;veloppement des services aux personnes est par ailleurs une r&#233;serve consid&#233;rable d'emplois : des besoins &#233;vidents, une demande en grande partie solvable, mais des blocages culturels, fiscaux, sociaux que l'on ne parvient pas &#224; lever.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lecteur s'&#233;tonnera peut-&#234;tre que l'on n'ait pas cit&#233; l'objectif de &#171; formation tout au long de la vie &#187;, le &#171; life long learning &#187; qui ponctue tous les d&#233;bats europ&#233;ens sur l'&#233;ducation et l'emploi. Ce n'est pas un oubli. C'est seulement la volont&#233; d'&#233;viter une expression-valise dont le contenu est flou. A l'&#233;vidence, la formation continue est plus indispensable que jamais quand l'emploi devient mobile, flexible, et quand les technologies s'envolent. Mais c'est l'ensemble de notre syst&#232;me de formation continue qui est malade. L'accord et la loi historiques de 1970 et 1971, qui ont construit le syst&#232;me de formation continue, sont compl&#232;tement d&#233;pass&#233;s et personne ne veut, ne peut ou n'ose s'attaquer au syst&#232;me. C'est un sujet consid&#233;rable en soi, auquel les partenaires sociaux n'accordent pas la priorit&#233; qu'ils devraient lui consacrer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le programme commun de la France : Retraites, parachever la r&#233;forme</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Par Robert Rochefort, directeur du credoc, membre du conseil d'analyse economique Le bilan de la loi Fillon n'est pas fameux. Le prochain gouvernement ne pourra &#233;chapper &#224; traiter s&#233;rieusement ce dossier. Avec en perspective un appauvrissement programm&#233; des retrait&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s la promulgation de la loi Fillon, au cours de l'&#233;t&#233; 2003, on savait que celle-ci serait insuffisante au r&#232;glement de la question des retraites &#224; l'horizon 2050. Selon les estimations de l'&#233;poque, ce n'&#233;tait qu'un peu (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Robert Rochefort,&lt;br class='autobr' /&gt;
directeur du credoc, membre du conseil d'analyse economique&lt;br class='autobr' /&gt;
Le bilan de la loi Fillon n'est pas fameux. Le prochain gouvernement ne pourra &#233;chapper &#224; traiter s&#233;rieusement ce dossier. Avec en perspective un appauvrissement programm&#233; des retrait&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s la promulgation de la loi Fillon, au cours de l'&#233;t&#233; 2003, on savait que celle-ci serait insuffisante au r&#232;glement de la question des retraites &#224; l'horizon 2050. Selon les estimations de l'&#233;poque, ce n'&#233;tait qu'un peu moins de la moiti&#233; de l'effort qui &#233;tait programm&#233; dans les dispositions de cette loi. D'o&#249; le rendez-vous de 2008 pour l'indispensable suite. Trois ans plus tard, il convient aussi d'int&#233;grer les premi&#232;res &#233;valuations de cette loi. Or elles ne sont pas tr&#232;s bonnes. Certes, les &#171; mesures obligatoires &#187; portent d&#233;j&#224; quelques fruits, les principales d'entre elles concernant l'allongement des dur&#233;es de cotisation et le calcul moins avantageux des pensions.&lt;br class='autobr' /&gt;
En revanche, les dispositions &#171; facultatives &#187; jouent dans un sens d&#233;favorable. Le droit &#224; partir plus t&#244;t pour les carri&#232;res longues, ainsi que - dans une moindre mesure - le droit &#224; racheter des ann&#233;es de cotisation sont utilis&#233;s &#224; plein par les b&#233;n&#233;ficiaires, bien plus que cela avait &#233;t&#233; pr&#233;vu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, les seniors continuent &#224; esp&#233;rer partir le plus t&#244;t possible, c'est-&#224;-dire au plus tard &#224; 60 ans. Du c&#244;t&#233; des entreprises &#233;galement, les choses bougent lentement. Certes, l&#224; encore les dispositions l&#233;gales rendent les pr&#233;retraites moins fr&#233;quentes, mais le taux d'activit&#233; des 55-60 ans, et plus encore des 60-65 ans, n'&#233;volue pas vite.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; l'&#233;pargne individuelle pour la retraite, le tabou des fonds de pension et les comportements paradoxaux demeurent. Les PERP et les PERCO pr&#233;vus dans la loi Fillon sont pour l'instant plus des demi-&#233;checs que des demi-succ&#232;s. Mais en revanche, les m&#233;nages qui en ont les moyens &#233;pargnent plus que jamais pour se pr&#233;parer leur retraite. Mais ils le font d'une fa&#231;on diff&#233;rente : assurance vie, achats immobiliers... restent pr&#233;f&#233;r&#233;s. Il faut dire que les mesures de d&#233;fiscalisation continuent &#224; rendre ces placements incitatifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le prochain gouvernement aura donc &#224; aborder de front, une fois encore, la question des retraites. Et l&#224; aussi, une fois encore, les ingr&#233;dients seront les m&#234;mes : allongement suppl&#233;mentaire des dur&#233;es de carri&#232;re, pr&#233;l&#232;vements suppl&#233;mentaires, baisse des pensions, fonds de pension... A cela se rajoutent deux questions compl&#233;mentaires : celle des r&#233;gimes sp&#233;ciaux - pour lesquels il sera impossible cette fois-ci de ne rien faire, surtout avec les nouvelles dispositions comptables qui forcent les entreprises publiques &#224; s'adosser au r&#233;gime g&#233;n&#233;ral car elles ne peuvent pas provisionner les charges li&#233;es &#224; leurs r&#233;gimes sp&#233;cifiques -, la r&#233;apparition progressive, mais plus rapide que pr&#233;vue, de la pauvret&#233; parmi les retrait&#233;s. C'est le groupe qui a d&#233;j&#224; perdu le plus de pouvoir d'achat au cours des ann&#233;es r&#233;centes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'indispensable &#233;quit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus que jamais, les r&#233;formes compl&#233;mentaires devront faire la preuve de leur caract&#232;re &#233;quitable. Le d&#233;bat a progress&#233; en quelques ann&#233;es, notamment avec la sensibilisation accrue et l&#233;gitime des int&#233;r&#234;ts des g&#233;n&#233;rations de jeunes actifs. On ne pourra pas accro&#238;tre exag&#233;r&#233;ment la charge pesant sur eux. A cet &#233;gard, la plus &#171; juste &#187; des solutions consiste toujours &#224; organiser le travail le plus longtemps possible, les autres formules - y compris la baisse des pensions - reviennent d'une fa&#231;on ou d'une autre &#224; p&#233;naliser les trentenaires d'aujourd'hui en mettant au moins partiellement &#224; leur charge le sort des vieux de demain sur une trop longue partie de leur vie. Cela n'est &#233;videmment pas contradictoire avec la prise en compte de la p&#233;nibilit&#233; au travail. Encore faut-il &#233;tablir les modalit&#233;s justes de mesure de cette p&#233;nibilit&#233;. Elle doit &#234;tre &#171; objectiv&#233;e &#187; et tr&#232;s finement mesur&#233;e. Le &#171; m&#233;tier &#187; seul ne suffit pas, c'est d'abord les conditions de son exercice qui comptent. Et toute bonification li&#233;e &#224; la p&#233;nibilit&#233; devra &#234;tre r&#233;examin&#233;e p&#233;riodiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La retraite &#224; 70 ans, cela se pr&#233;pare !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A horizon de trois ou quatre d&#233;cennies, c'est entre 65 et 70 ans qu'il conviendra de cesser son activit&#233; professionnelle. Impossible n&#233;anmoins d'y croire sans changer le rapport au travail d&#232;s maintenant. C'est par exemple d&#232;s 40-45 ans qu'il faut dans les entreprises planifier les formations indispensables pour que vingt ans plus tard, chacun y ait encore sa place. On doit pr&#233;voir &#233;galement les fins de carri&#232;re progressives qui permettent aux salari&#233;s de gagner moins en salaire net - au prorata de leur temps d'activit&#233; - tout en ayant la capacit&#233; de cotiser davantage pour ne pas &#234;tre p&#233;nalis&#233;s plus tard. Le cumul emploi-retraite doit &#234;tre bien plus favoris&#233;. On doit lever le plafond actuel qui rend impossible de gagner plus que son dernier salaire, et r&#233;duire le d&#233;lai de six mois pour reprendre une activit&#233; dans sa derni&#232;re entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on arrive &#224; faire en sorte que l'allongement de la dur&#233;e de vie professionnelle soit inf&#233;rieur ou &#233;gal &#224; un rythme de deux mois par an, on parviendra &#224; permettre que cet allongement de la vie professionnelle ne se fasse pas au d&#233;triment de la dur&#233;e de la retraite. Ainsi serait respect&#233; le d&#233;sir de nos concitoyens de vivre pleinement cette nouvelle &#233;tape de la vie qui pr&#233;c&#232;de la vieillesse et qui est un temps consacr&#233; aux loisirs, &#224; la grand-parentalit&#233; et parfois - ce qui est bien utile - &#224; la vie associative.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les ambigu&#239;t&#233;s de la retraite &#224; la carte&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pouvoir choisir, individuellement, du moment de son d&#233;part est tr&#232;s s&#233;duisant. Mais cela suppose que les dispositifs incitatifs fassent qu'&#171; en moyenne &#187; les dur&#233;es de vie professionnelle s'allongent. A la suite de la loi Fillon, on a d&#233;p&#233;nalis&#233; les d&#233;parts avant la constitution d'une carri&#232;re compl&#232;te pour tendre vers la neutralit&#233; actuarielle. C'&#233;tait &#233;thiquement justifi&#233;, mais cela a abouti... &#224; l'augmentation de ces d&#233;parts pr&#233;matur&#233;s ! Mais au fond, pourquoi les Fran&#231;ais sont-ils aussi r&#233;ticents &#224; travailler plus longtemps ? Il serait r&#233;ducteur et erron&#233; de les traiter de peuple paresseux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la lassitude &#224; l'&#233;gard des conditions de travail ici et maintenant qu'ils expriment ainsi. Mais cela pourrait changer car, pour faire face &#224; la p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre &#224; venir, c'est la n&#233;cessit&#233; qui imposera peu &#224; peu sa loi. Dans de nombreux secteurs, les DRH ont d&#233;j&#224; compris qu'il faudrait &#171; se contenter de ce que l'on a &#187;, c'est-&#224;-dire garder les salari&#233;s d&#233;j&#224; form&#233;s comme une denr&#233;e rare, et parfois m&#234;me embaucher des seniors plus pr&#232;s de 60 ans que du cap de la cinquantaine. Seulement, ces responsables ont encore du mal &#224; en convaincre leurs coll&#232;gues des &#233;tats-majors des entreprises et, en premier lieu, leurs pr&#233;sidents-directeurs g&#233;n&#233;raux... qui pourtant sont souvent eux-m&#234;mes des seniors.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Solidarit&#233; interg&#233;n&#233;rationnelle&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les aspects de la r&#233;forme, celle qui consiste &#224; ne plus indexer les pensions sur les salaires mais sur les prix - et encore cela n'est-il pas toujours le cas pour les retraites compl&#233;mentaires - est la plus indolore &#224; court terme, mais la plus violente &#224; long terme. Sur la base d'une croissance moyenne de 1,5 % par an de la productivit&#233; du travail qui est peu ou prou celle des salaires nets, l'appauvrissement relatif cumul&#233; des retrait&#233;s sur 25 ans est d&#233;j&#224; programm&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cela s'ajoute l'arriv&#233;e, qui se fera lentement mais s&#251;rement, des g&#233;n&#233;rations qui auront connu des &#233;pisodes de &#171; minima sociaux &#187; &#224; 30 ou &#224; 40 ans et de ceux insuffisamment productifs pour qu'on les emploie encore &#224; 65 ans. Seront-ils les nouveaux pauvres des d&#233;cennies futures ? C'est presque s&#251;r. Et cela confirmera qu'&#224; la solidarit&#233; &#171; interg&#233;n&#233;rationnelle &#187; bien comprise devra s'ajouter une solidarit&#233; &#171; intrag&#233;n&#233;rationnelle &#187; des retrait&#233;s de demain. Ce sera bien s&#251;r &#224; la fiscalit&#233; de s'adapter, mais difficile &#224; assumer politiquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pensions d'assurance vieillesse ne sont pas des prestations sociales comme les autres. Elles sont l'une des composantes essentielles du pacte social sur longue dur&#233;e. Il suffira de peu de choses pour que des r&#233;formes insuffisantes l'&#233;branlent avec des cons&#233;quences sociales mais aussi &#233;conomiques en cascade. Ainsi, des citoyens durablement inquiets sur ce sujet seront des consommateurs trop prudents, surtout apr&#232;s 50 ans. Assurer et rassurer sur le th&#232;me des retraites ne pourra se faire qu'avec des mesures efficaces et compl&#232;tes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le programme commun de la France : Sant&#233;, r&#233;guler pour mieux soigner</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Le-programme-commun-de-la-France-Sante-reguler-pour-mieux-soigner.html</link>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Par Bernard Brunhes, vice-pr&#233;sident du Groupe BPI &lt;br class='autobr' /&gt;
Du c&#244;t&#233; de l'offre, de profondes r&#233;organisations sont &#224; mener. Mais c'est du c&#244;t&#233; de la demande que les questions les plus angoissantes se posent. Au programme, la limitation de la prise en charge. &lt;br class='autobr' /&gt; Est-il possible, dans une d&#233;mocratie, de poser, noir sur blanc, les questions strat&#233;giques que posent la politique de sant&#233; et la r&#233;gulation de l'assurance maladie ou sommes-nous condamn&#233;s &#224; multiplier les plans S&#233;cu - toujours le plan d&#233;cisif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Bernard Brunhes,&lt;br class='autobr' /&gt;
vice-pr&#233;sident du Groupe BPI&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'offre, de profondes r&#233;organisations sont &#224; mener. Mais c'est du c&#244;t&#233; de la demande que les questions les plus angoissantes se posent. Au programme, la limitation de la prise en charge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Est-il possible, dans une d&#233;mocratie, de poser, noir sur blanc, les questions strat&#233;giques que posent la politique de sant&#233; et la r&#233;gulation de l'assurance maladie ou sommes-nous condamn&#233;s &#224; multiplier les plans S&#233;cu - toujours le plan d&#233;cisif mais toujours fait de r&#233;formes &#224; la Sapeur Camembert, c'est-&#224;-dire aboutissant &#224; combler provisoirement le &#171; trou de la S&#233;cu &#187; en en creusant d'autres ? La p&#233;riode pr&#233;-&#233;lectorale, avant l'ouverture d'un nouveau mandat pr&#233;sidentiel, ouvre une br&#232;ve fen&#234;tre dont il faut aujourd'hui profiter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &#171; trou de la S&#233;cu &#187; n'est pas la cons&#233;quence d'une mauvaise gestion ; il est le r&#233;sultat de la divergence des &#233;volutions du produit int&#233;rieur brut et de la consommation de soins. L'&#233;cart entre les deux taux aboutit &#224; une croissance inexorable du d&#233;ficit, que les mesures de r&#233;&#233;quilibrage n'arr&#234;tent que provisoirement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut jouer sur l'offre, ou sur le degr&#233; de prise en charge de la demande par la collectivit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'offre de soins tout d'abord : elle passe par le monde hospitalier et par les professions de sant&#233; exer&#231;ant en lib&#233;ral. Nul n'ignore que les h&#244;pitaux pourraient &#234;tre plus efficaces, c'est-&#224;-dire offrir le m&#234;me ou un meilleur service &#224; moindre co&#251;t. Dans les grands &#233;tablissements, les efforts faits depuis quelques ann&#233;es pour am&#233;liorer la gouvernance doivent &#234;tre poursuivis. Ils remettent en cause la r&#233;partition des r&#244;les entre praticiens et administratifs, mais nombre de m&#233;decins ne souhaitent pas prendre des responsabilit&#233;s de gestion, que les administratifs n'ont pas envie de leur laisser... Les rigidit&#233;s de statuts des personnels et le poids de la hi&#233;rarchie nationale brident les initiatives locales, rendent toute &#233;volution lente et douloureuse. La carte hospitali&#232;re devrait &#234;tre remise en cause. C'est ce &#224; quoi s'attachent les Agences r&#233;gionales de l'hospitalisation (ARH) avec des succ&#232;s in&#233;gaux parce que toucher &#224; un h&#244;pital, c'est soulever les r&#233;voltes populaires et les protestations des &#233;lus. Seule une politique vigoureuse et explicite de restructuration peut en venir &#224; bout. Est-elle possible ? Question de volont&#233; et peut-&#234;tre aussi d'habilet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de la m&#233;decine lib&#233;rale, les in&#233;galit&#233;s sont flagrantes entre zones sur&#233;quip&#233;es et d&#233;serts m&#233;dicaux : l'installation des m&#233;decins devrait &#234;tre mieux r&#233;gul&#233;e, gr&#226;ce &#224; des syst&#232;mes d'avantages donn&#233;s &#224; ceux qui s'installent dans les r&#233;gions sous-m&#233;dicalis&#233;es. Ensuite, le fonctionnement en r&#233;seau, permettant au patient d'&#234;tre suivi et orient&#233;, par son m&#233;decin traitant, vers des sp&#233;cialistes ou des &#233;tablissements, est loin d'&#234;tre en place. Le passage obligatoire par un m&#233;decin traitant, produit de la derni&#232;re r&#233;forme, n'a pas conduit &#224; des &#233;conomies. La constitution de r&#233;seaux et de fili&#232;res en est encore aux balbutiements. La profession m&#233;dicale a du mal &#224; accepter que ce beau m&#233;tier de m&#233;decin ne soit plus ce qu'il &#233;tait dans une soci&#233;t&#233; o&#249; le &#171; docteur &#187; &#233;tait un notable influent. Les m&#233;decins se consid&#232;rent comme d&#233;class&#233;s et n'acceptent que difficilement la logique qui r&#233;git la plupart des corporations techniciennes : formation continue, syst&#232;me d'&#233;valuation permanente, travail collectif, lien avec des lieux de partage du savoir (les h&#244;pitaux). Il y a beaucoup de choses &#224; discuter avec la profession m&#233;dicale : l'actuel d&#233;sordre auquel conduit la r&#233;partition floue des responsabilit&#233;s entre les Caisses d'assurance maladie et l'Etat rend malais&#233;es ces discussions. Enfin, il faudrait revoir la r&#233;partition des t&#226;ches entre les diff&#233;rentes professions de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limiter la prise en charge pour ne pas bloquer l'offre&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les questions sont nombreuses. Elles ne sont pas ignor&#233;es, mais la puissance des conservatismes et le pouvoir des lobbies freinent, sinon bloquent, les r&#233;formes possibles. C'est bien s&#251;r du c&#244;t&#233; de la demande que les questions les plus angoissantes se posent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le caract&#232;re inexorable des besoins est &#233;vident. On peut seulement d&#233;cider soit de bloquer l'offre, soit de refuser de prendre en charge collectivement la d&#233;pense. La demande de sant&#233; et donc de soins est en forte augmentation dans tous les pays. Les &#233;volutions technologiques permettent des analyses et donc des diagnostics, puis des soins de plus en plus &#233;labor&#233;s et donc de plus en plus co&#251;teux. Comment peut-on faire accepter &#224; une famille qu'on ne fera pas b&#233;n&#233;ficier le malade ou l'accident&#233; de toutes les ressources de l'imagerie, de la biologie, des th&#233;rapies, de la chirurgie ? L'apparition de tout un nouveau pan de la m&#233;decine &#224; partir des biotechnologies et de la g&#233;n&#233;tique ne fera que d&#233;velopper le ph&#233;nom&#232;ne. Enfin le vieillissement de la population, parce qu'il entra&#238;ne la multiplication des pathologies chroniques, a des cons&#233;quences directes sur les d&#233;penses de sant&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains pays, de facto, faute de moyens plut&#244;t que par volont&#233; politique, appliquent une solution simple : la r&#233;gulation par la p&#233;nurie. Ce ne peut &#234;tre la bonne mani&#232;re, puisque c'est &#224; la fois renoncer au progr&#232;s et cr&#233;er de fortes in&#233;galit&#233;s en r&#233;servant aux riches et aux puissants l'acc&#232;s &#224; des soins venus d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut donc limiter la prise en charge. Il y a plusieurs possibilit&#233;s. La premi&#232;re consiste &#224; abaisser uniform&#233;ment les taux de remboursement, en augmentant le &#171; ticket mod&#233;rateur &#187; laiss&#233; &#224; la charge du patient. Une autre possibilit&#233; est de d&#233;cider d'en haut des taux de remboursement - pouvant aller de 0 % &#224; 100 % - suivant les caract&#233;ristiques du soin. C'est ce que l'on fait en sortant des m&#233;dicaments &#171; de confort &#187; de la liste des produits rembours&#233;s ou, &#224; l'inverse, en acceptant une prise en charge &#224; 100 % de longues maladies ou des maladies chroniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui d&#233;cide ? Quelle r&#233;partition des responsabilit&#233;s en la mati&#232;re entre le gouvernement, les experts des soci&#233;t&#233;s savantes, la S&#233;curit&#233; sociale, le Parlement ? La Haute autorit&#233; r&#233;cemment mise en place est peut-&#234;tre une r&#233;ponse si elle parvient &#224; renforcer sa place dans le dispositif. Reste que, avec le temps et l'&#233;largissement de l'&#233;cart entre d&#233;penses et recettes, les d&#233;cisions seront de plus en plus difficiles &#224; prendre et on ne devra pas &#233;chapper au contr&#244;le d&#233;mocratique, c'est-&#224;-dire &#224; l'affichage des choix et &#224; leur discussion bien au-del&#224; des c&#233;nacles de sp&#233;cialistes. La question commence &#224; se poser en ces termes : le prochain quinquennat ne pourra pas l'ignorer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une in&#233;galit&#233; croissante in&#233;luctable&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle que soit la d&#233;cision prise, sur les formes et les cibles, de l'abaissement de la prise en charge collective des d&#233;penses de sant&#233;, on cr&#233;e de toute &#233;vidence une in&#233;galit&#233; croissante entre les citoyens. Rien, en effet, ne peut emp&#234;cher les assur&#233;s sociaux d'aller chercher ailleurs une assurance compl&#233;mentaire. Il en est de trois sortes : les mutuelles, les syst&#232;mes de pr&#233;voyance mis en place dans les entreprises, qu'ils reposent ou non sur des organismes &#224; caract&#232;re mutualiste, et les assurances individuelles priv&#233;es (ou assurances-groupes facultatives). Les salari&#233;s (et les retrait&#233;s) des administrations, des grandes entreprises seront couverts par de telles assurances compl&#233;mentaires souvent g&#233;n&#233;reuses (mais qui risquent de l'&#234;tre moins &#224; la mesure de la baisse de la prise en charge publique). La majorit&#233; des PME adh&#232;rent effectivement &#224; des syst&#232;mes de pr&#233;voyance, mais pas toutes, et avec des degr&#233;s de couverture in&#233;gaux. Les personnes qui disposent d'un revenu &#233;lev&#233; mais n'entrent pas dans une des cat&#233;gories b&#233;n&#233;ficiaires de ces r&#233;gimes pourront, comme elles le font d&#233;j&#224; largement, faire appel &#224; des assureurs priv&#233;s qui savent concocter des polices bien adapt&#233;es aux besoins. A l'autre bout de l'&#233;ventail des revenus, on peut penser que la couverture maladie universelle (CMU) continuera &#224; assumer la prise en charge des plus d&#233;munis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais les autres ? Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'emploi pr&#233;caire prend des proportions tr&#232;s importantes, o&#249; les jeunes mettent des ann&#233;es avant d'entrer dans un vrai emploi permanent - quand ils y arrivent - et o&#249; la majorit&#233; des retrait&#233;s doit vivre avec des pensions tr&#232;s m&#233;diocres, o&#249; les travailleurs pauvres (c'est-&#224;-dire avec des salaires insuffisants face aux d&#233;penses contraintes) se multiplient, une proportion croissante de la population risquera de n'avoir qu'une prestation tr&#232;s insuffisante face aux al&#233;as les plus lourds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Telle est la question &#224; laquelle les responsables politiques ne peuvent &#233;chapper. Les solutions ont &#233;t&#233; maintes fois analys&#233;es, mais elles ne sont que des r&#233;ponses techniques &#224; des choix politiques lourds.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le programme commun de la France : Integration, r&#233;parer la panne</title>
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&lt;p&gt;Par Michel Wieviorka, directeur du Cadis de l'Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales, pr&#233;sident de l'Association internationale de sociologie &lt;br class='autobr' /&gt;
Comment la crise de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise doit d&#233;passer le clivage gauche-droite et construire de nouveaux mod&#232;les sur des bases r&#233;publicaines d&#233;mythifi&#233;es. &lt;br class='autobr' /&gt; D&#232;s le milieu des ann&#233;es 70, l'id&#233;e d'une crise de l'int&#233;gration &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; a fray&#233; son chemin dans le d&#233;bat public. Ce fut d'abord sous l'angle de l'Etat providence que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Michel Wieviorka,&lt;br class='autobr' /&gt;
directeur du Cadis de l'Ecole des hautes &#233;tudes en sciences sociales, pr&#233;sident de l'Association internationale de sociologie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment la crise de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise doit d&#233;passer le clivage gauche-droite et construire&lt;br class='autobr' /&gt;
de nouveaux mod&#232;les sur des bases r&#233;publicaines d&#233;mythifi&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;D&#232;s le milieu des ann&#233;es 70, l'id&#233;e d'une crise de l'int&#233;gration &#171; &#224; la fran&#231;aise &#187; a fray&#233; son chemin dans le d&#233;bat public. Ce fut d'abord sous l'angle de l'Etat providence que quelques cris d'alarme ont &#233;t&#233; alors lanc&#233;s, en m&#234;me temps que les esprits les plus lucides, Andr&#233; Gorz ou Alain Touraine, commen&#231;aient &#224; parler de d&#233;clin historique du mouvement ouvrier, ou se proposaient de faire leurs &#171; adieux au prol&#233;tariat &#187;. Et tout au long des ann&#233;es 80 et 90, nous n'avons cess&#233; de d&#233;cliner les mille et une facettes d'un &#233;puisement, voire d'un naufrage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;passer les trois crises&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uns ont plut&#244;t mis l'accent sur les promesses non tenues de la R&#233;publique, dont la fi&#232;re devise - Libert&#233;-Egalit&#233;-Fraternit&#233; - est devenue le discours incantatoire de bien-pensants invitant la jeunesse &#171; issue de l'immigration &#187;, comme on continue &#224; dire, &#224; s'int&#233;grer au sein d'une collectivit&#233; qui en fait ne lui en donne pas les moyens.&lt;br class='autobr' /&gt;
La police nationale laisse la place, en partie, &#224; des polices priv&#233;es, ou municipales, la justice appelle des r&#233;formes que personne n'a le courage d'imposer, l'&#233;cole publique, soup&#231;onn&#233;e il y a trente ans de reproduire les in&#233;galit&#233;s, est accus&#233;e d&#233;sormais de les produire et de fabriquer de la s&#233;gr&#233;gation - l'&#171; apartheid scolaire &#187; selon le titre d'un ouvrage de Georges Felouzis (Seuil, 2005). D'autres ont plut&#244;t &#233;voqu&#233; l'effondrement de l'Eglise catholique, quitte &#224; souligner, comme Dani&#232;le Hervieu-L&#233;ger (dans Catholicisme, la fin d'un monde, Bayard, 2003), que l'&#233;l&#233;ment le plus neuf est la dissociation de la foi et de l'institution. Et, toujours &#224; propos des institutions, beaucoup ont regrett&#233; la perte de l'autorit&#233;, un peu partout, y compris dans la famille.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sur un autre registre, politique cette fois-ci, un th&#232;me s'est impos&#233;, celui de la crise de la repr&#233;sentation, perceptible dans la mont&#233;e de l'abstention &#233;lectorale, dans les r&#233;sultats parfois impressionnants des partis d'extr&#234;me droite et d'extr&#234;me gauche, ou dans les images qui dominent &#224; propos de la classe politique, jug&#233;e largement corrompue (dans les milieux populaires) ou incomp&#233;tente (dans les milieux plus &#233;duqu&#233;s). Cette dimension de la crise affecte aussi le tissu associatif classique, qui avait prosp&#233;r&#233;, y compris dans les quartiers populaires, tout au long des Trente Glorieuses, et qui les a tr&#232;s largement d&#233;sert&#233;s en m&#234;me temps que s'y dissolvaient les r&#234;ves de mixit&#233; sociale et que partaient les couches moyennes. Le syndicalisme lui aussi est entr&#233; en chute libre, cessant de pouvoir pr&#233;tendre incarner des valeurs universelles, et trouvant ses derniers bastions dans les secteurs prot&#233;g&#233;s, &#224; commencer par la fonction publique, ou assimilable. Ni les partis politiques classiques, ni les associations, ni les syndicats ne peuvent pr&#233;tendre repr&#233;senter largement la population et assurer la remont&#233;e de ses demandes. C'est pourquoi la tentation se d&#233;veloppe de faire appel &#224; la d&#233;mocratie participative, voire &#224; la d&#233;mocratie d&#233;lib&#233;rative. L'une et l'autre sont &#224; premi&#232;re vue sympathiques. Mais la premi&#232;re comporte toujours des risques de d&#233;rive vers la d&#233;magogie et le populisme, et vers l'instauration de micropouvoirs totalitaires. Elle est vite subordonn&#233;e &#224; des politiques de l'&#233;motion, &#224; l'absence de structuration autre que m&#233;diatique, et en ce sens, ceux qui ont critiqu&#233; les propos de S&#233;gol&#232;ne Royal s'y disant favorable ont eu raison de le faire. La seconde consiste &#224; cr&#233;er plus de d&#233;lib&#233;ration publique, par exemple sous la forme de conf&#233;rences citoyennes o&#249; des experts et de simples citoyens &#233;changent avec exigence et rationalit&#233; sur un probl&#232;me pr&#233;cis - les dangers des OGM, le traitement du cancer, le r&#233;chauffement climatique, etc. -, elle m&#233;rite d'&#234;tre d&#233;multipli&#233;e, mais ne saurait tenir lieu d'action politique.&lt;br class='autobr' /&gt;
La crise a aussi &#233;t&#233; &#224; l'envi pr&#233;sent&#233;e dans ses dimensions culturelles, domin&#233;es par trois ph&#233;nom&#232;nes. Le premier est la transformation de l'id&#233;e de Nation, de plus en plus r&#233;tract&#233;e dans sa variante nationaliste incarn&#233;e par le Front national ; le second ph&#233;nom&#232;ne est la pouss&#233;e des identit&#233;s particuli&#232;res, avec des inqui&#233;tudes extr&#234;mement fortes d&#232;s qu'il s'agit de l'islam ; et le troisi&#232;me r&#233;side dans la mont&#233;e en puissance de l'individualisme, dans ses deux dimensions, de participation comme individu &#224; la modernit&#233;, pour acc&#233;der &#224; l'argent, &#224; la consommation, la sant&#233;, etc., et de subjectivit&#233;, de recherche constante pour construire sa propre exp&#233;rience, se constituer en acteur de son existence, faire ses propres choix.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains, bien s&#251;r, exag&#232;rent la r&#233;alit&#233; de la crise, pour parler de chute sur un ton &#171; d&#233;cadentiel &#187; propre, classiquement, &#224; la pens&#233;e r&#233;actionnaire - la France tombe, a expliqu&#233;, par exemple, Nicolas Baverez dans un ouvrage qui a fait grand bruit. D'autres la minimisent, ou croient possible de l'imputer &#224; ses premi&#232;res victimes, les immigr&#233;s, auxquels il s'agirait alors de reprocher leurs violences &#224; caract&#232;re &#171; ethnico-religieux &#187;, comme l'a fait sans le moindre &#233;l&#233;ment de d&#233;monstration Alain Finkielkraut dans un entretien &#224; connotations racistes au moment des &#233;meutes d'octobre-novembre 2005 (quotidien Haaretz). Certains, face &#224; la panne de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise, pensent qu'il faut avancer &#224; reculons, et revenir &#224; un mod&#232;le r&#233;publicain pur et dur devenu mythique, et auquel se r&#233;f&#232;rent aussi bien Jean-Pierre Chev&#232;nement que Jean-Louis Debr&#233;. D'autres, tel Nicolas Sarkozy, parlent au contraire de rupture, d'invention d'un nouveau mod&#232;le, avec le plus souvent en t&#234;te des id&#233;es n&#233;olib&#233;rales, et ouvertes aux communaut&#233;s, dont ils semblent attendre qu'elles veuillent bien se charger de contr&#244;ler leurs propres membres. Peut-&#234;tre vaudrait-il mieux r&#233;fl&#233;chir en termes de mutation, c'est-&#224;-dire de changements de soci&#233;t&#233; qui se nouent dans la crise, mais qui la d&#233;passent pour inventer de nouvelles configurations. Ainsi, il s'esquisse dans certains domaines un mod&#232;le &#171; n&#233;o-r&#233;publicain &#187;, dans lequel des identit&#233;s particuli&#232;res, juive, arm&#233;nienne, musulmane par exemple, se manifestent dans l'espace public (ce qui est contraire &#224; l'esprit r&#233;publicain dans ses formulations classiques), tout en affichant une absolue fid&#233;lit&#233; &#224; la R&#233;publique, et en attendant d'elle qu'elle leur apporte la s&#233;curit&#233;. Tout n'est pas opposition &#224; l'id&#233;e r&#233;publicaine dans la pouss&#233;e contemporaine des particularismes culturels ou religieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais on ne peut se contenter d'analyses qui tentent d'apporter leur r&#233;ponse &#224; la crise ou la panne de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise, il faut examiner la question sur le fond : &#224; quoi tient ce ph&#233;nom&#232;ne, quel que soit le nom dont on le d&#233;signe, et quel que soit le jugement que l'on porte sur sa gravit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vers le mod&#232;le n&#233;or&#233;publicain&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise a &#233;t&#233; prise en tenaille, depuis une trentaine d'ann&#233;es, par deux types de forces, exer&#231;ant sur elle un effet d'affaiblissement. D'une part, des logiques internes &#224; la soci&#233;t&#233; fran&#231;aise ont &#233;branl&#233;, puis mis en cause les &#233;l&#233;ments les plus centraux du mod&#232;le ayant connu son apog&#233;e au fil des Trente Glorieuses. Ces logiques sont celles d'une sortie de l'&#232;re industrielle, avec tout ce que cela implique : perte de centralit&#233; du mouvement ouvrier, importance accrue des th&#232;mes culturels, de la subjectivit&#233; individuelle, des identit&#233;s particuli&#232;res et de leurs m&#233;moires. Le mod&#232;le ant&#233;rieur n'&#233;tait pas fait pour r&#233;pondre &#224; de tels changements, et aux attentes ou aux esp&#233;rances qu'elles pouvaient v&#233;hiculer. Et d'autre part, des logiques externes, que l'on d&#233;signe souvent par le terme de &#171; mondialisation &#187; ont de plus en plus fortement p&#233;n&#233;tr&#233; la vie fran&#231;aise, dans tous les domaines, apportant elles aussi des transformations consid&#233;rables que le vieux syst&#232;me n'&#233;tait pas pr&#234;t &#224; absorber. Il en est ainsi en mati&#232;re &#233;conomique, mais aussi si l'on consid&#232;re les flux migratoires, l'existence de r&#233;seaux diasporiques, la circulation des biens culturels et la &#171; double compression de l'espace et du temps &#187;, selon la belle expression du g&#233;ographe David Harvey, qu'apportent en particulier les technologies actuelles de communication.&lt;br class='autobr' /&gt;
La rencontre de logiques internes et de logiques externes, qui finalement est ce qui d&#233;finit le mieux la globalisation, oblige &#224; penser la vie collective dans d'autres cat&#233;gories que celles, insuffisantes, qui l'installent dans le seul cadre de l'Etat-nation compl&#233;t&#233; par l'id&#233;e qu'il existe ensuite des &#171; relations internationales &#187;. L'Etat-nation ne dispara&#238;t pas, contrairement aux affirmations de certains id&#233;ologues des ann&#233;es 80 et 90, mais il est pris dans une formidable tenaille. Ce qui, pour la France plus peut-&#234;tre que pour n'importe quel autre pays, est une mise en cause radicale, tant nous avions pris l'habitude de nous consid&#233;rer comme au centre du monde et de nous tenir comme l'Etat-nation &#171; par excellence &#187;. En fait, ce que nous vivons comme une panne de l'int&#233;gration est la sortie d'un vieux mod&#232;le, douloureuse, et les difficult&#233;s &#224; en inventer un nouveau. En ce sens, il est malvenu de continuer &#224; mettre en avant le terme m&#234;me d'&#171; int&#233;gration &#187; : il appara&#238;t en effet comme une sorte d'injonction, &#224; destination de toutes sortes d'acteurs, sociaux, culturels, individuels ou collectifs, &#224; se couler dans un moule qui n'existe plus, ou pour certains seulement, il est devenu le signifiant de la pens&#233;e conservatrice qui, &#224; gauche comme &#224; droite, est incapable de proposer autre chose que la r&#233;f&#233;rence &#224; une &#233;cole, une police, des formes d'emplois, un syst&#232;me hospitalier, etc., qui ne fonctionnent plus que pour une partie de la population, tandis que naissent de nouveaux d&#233;bats, de nouveaux enjeux, de nouvelles attentes qu'il est absurde de ramener aux seules images de la destruction du soi-disant &#171; mod&#232;le d'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;mythifier la R&#233;publique &#171; une et indivisible &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le discours de et sur l'int&#233;gration est devenu insoutenable, et la premi&#232;re chose &#224; faire est de s'en d&#233;barrasser, en cessant de tenir des propos incantatoires sur la R&#233;publique une et indivisible - des propos qui ne trouvent leur transcription concr&#232;te que dans la r&#233;pression polici&#232;re d&#233;sordonn&#233;e et m&#233;diatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les probl&#232;mes auxquels est li&#233;e la panne de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise sont si nombreux et consid&#233;rables qu'il faudrait ensuite proposer un v&#233;ritable programme, tous azimuts. Insistons simplement sur quelques dimensions souvent ignor&#233;es ou d&#233;laiss&#233;es. Il est d'abord important de reconna&#238;tre que le conflit est le contraire de la crise et de la violence, et non leur corollaire : acceptons donc un principe de conflictualit&#233;, reconnaissons aux acteurs qui tentent de transformer les probl&#232;mes sociaux en conflits qu'ils construisent les espaces d'o&#249; peut venir la r&#233;solution de ces probl&#232;mes. Il est important, tout aussi bien d'admettre qu'un s&#233;rieux aggiornamento doit assurer la modernisation de nos institutions, en particulier en leur demandant de reconna&#238;tre la subjectivit&#233; individuelle de ceux qui y travaillent et plus encore de ceux dont elles ont la charge, &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;cole, administr&#233;s ou &#171; clients &#187; des services publics, etc. On sugg&#233;rera, aussi, de cesser d'opposer les valeurs universelles, incarn&#233;es en France par les institutions r&#233;publicaines, et les particularismes culturels ou religieux, per&#231;us comme une menace d&#232;s lors qu'ils s'expriment dans l'espace public : mieux vaut apprendre &#224; les concilier, &#224; les articuler, ce qui est possible quand on veut faire preuve d'esprit d&#233;mocratique. Enfin, acceptons l'id&#233;e que la panne de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise appelle des politiques volontaristes pouvant inclure, notamment, des mesures du type &#171; discrimination positive &#187; : le plus urgent, ici, consiste &#224; distinguer ce qui pourrait opposer en la mati&#232;re une droite lib&#233;rale, qui attend de telles politiques qu'elles donnent leur chance aux meilleurs des &#233;l&#233;ments issus de milieux d&#233;favoris&#233;s, et une gauche soucieuse de promouvoir l'ensemble des membres de ces m&#234;mes groupes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le programme commun de la France : Logement, une politique &#224; reconstruire</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Le-programme-commun-de-la-France-Logement-une-politique-a-reconstruire.html</link>
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		<dc:date>2006-12-22T22:14:56Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Par Jean-Pierre Petit, directeur de la recherche &#233;conomique et de la strat&#233;gie d'Exane BNP Paribas &lt;br class='autobr' /&gt;
Le cycle immobilier a &#233;t&#233; largement d&#233;coup&#233; du cycle &#233;conomique. Le but de toute strat&#233;gie publique doit &#234;tre avant tout d'am&#233;liorer les conditions de logement et non pas d'encourager ind&#233;finiment la propri&#233;t&#233;. &lt;br class='autobr' /&gt; Depuis 1997, les prix des logements ont augment&#233; de 125 % en France (100 % hors inflation) alors que le pouvoir d'achat du revenu disponible des m&#233;nages n'a progress&#233; que de 24 %. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-Le-programme-commun-de-la-France-les-enjeux-de-la-bataille-electorale-2007-.html" rel="directory"&gt;Le programme commun de la France, les enjeux de la bataille &#233;lectorale 2007&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Par Jean-Pierre Petit,&lt;br class='autobr' /&gt;
directeur de la recherche &#233;conomique et de la strat&#233;gie d'Exane BNP Paribas&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cycle immobilier a &#233;t&#233; largement d&#233;coup&#233; du cycle &#233;conomique. Le but de toute strat&#233;gie publique doit &#234;tre avant tout d'am&#233;liorer les conditions de logement et non pas d'encourager ind&#233;finiment la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis 1997, les prix des logements ont augment&#233; de 125 % en France (100 % hors inflation) alors que le pouvoir d'achat du revenu disponible des m&#233;nages n'a progress&#233; que de 24 %. En d'autres termes, l'inflation immobili&#232;re a &#233;t&#233; quatre fois plus rapide que la progression du pouvoir d'achat. Le cycle immobilier a donc &#233;t&#233; largement d&#233;coupl&#233; du cycle &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; ce qui pr&#233;valait lors du cycle haussier de la fin des ann&#233;es 80, l'Ile-de-France n'est pas au centre du dynamisme immobilier : l'inflation immobili&#232;re s'est g&#233;n&#233;ralis&#233;e sur le territoire. Depuis 2001, la province a progress&#233; davantage que Paris.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une source de frustration pour les m&#233;nages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la baisse massive des taux, la capacit&#233; moyenne d'achat immobilier est aujourd'hui tomb&#233;e &#224; des niveaux &#224; peine sup&#233;rieurs &#224; ceux du d&#233;but des ann&#233;es 90. Selon une &#233;tude r&#233;cente du minist&#232;re de l'&#201;quipement, le poste logement dans le budget des m&#233;nages a atteint son plus haut niveau depuis ces vingt derni&#232;res ann&#233;es. Un m&#233;nage consacrait en 2004 en moyenne 21,2 % de son revenu pour ses d&#233;penses courantes de logement (+3 points par rapport &#224; 1984), soit presque deux fois plus que les d&#233;penses d'alimentation (12,2 %) et de transport (12,6 %). Le taux d'effort moyen - qui compare les remboursements et les revenus des m&#233;nages - est pass&#233; d'&#224; peu pr&#232;s 22 % il y a huit ans, &#224; 30 % aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La part des primo-acc&#233;dants se r&#233;duit progressivement au profit des m&#233;nages qui revendent pour racheter. Or, ce sont les primo-acc&#233;dants qui font la liquidit&#233; du march&#233;. Le Cr&#233;dit Foncier a calcul&#233; que leur capacit&#233; moyenne d'achat a baiss&#233; de 8,3 m&#232;tres carr&#233;s sur les cinq derni&#232;res ann&#233;es. Elle atteint ainsi 42 m&#232;tres carr&#233;s en Ile-de-France. D'autres &#233;tudes ont &#233;valu&#233; que l'achat d'un logement repr&#233;sente aujourd'hui 4,2 ann&#233;es de revenus contre 3 en 1997. Dans Paris, intra-muros, un salaire annuel net gagn&#233; entre 30 et 35 ans permettait d'acheter 9 m&#232;tres carr&#233;s en 1986, et seulement 4 aujourd'hui. A la location, le temps de travail qui permettait de jouir de 1 m&#232;tre carr&#233; n'offre maintenant qu'une bande de 50 centim&#232;tres sur 1 m&#232;tre. Au contraire de ceux qui se sont endett&#233;s &#224; temps pour b&#233;n&#233;ficier de l'inflation, les jeunes aux revenus stagnants mettront au mieux deux fois plus de temps &#224; acqu&#233;rir le m&#234;me bien. La fondation Abb&#233; Pierre estime que 3 millions de personnes sont mal log&#233;es en France. Dix millions de personnes r&#233;sident dans le parc social, totalement d&#233;connect&#233;es des tendances du march&#233;. A cela s'ajoute un million de demandes en stock en France m&#233;tropolitaine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout cela r&#233;sulte une forte frustration, &#224; l'origine des probl&#233;matiques sur le pouvoir d'achat. Au total, et selon une &#233;tude r&#233;alis&#233;e par TNS-Sofres pour Nexity en septembre 2006, la majorit&#233; des Fran&#231;ais (86 %) consid&#232;rent qu'il est difficile aujourd'hui en France de trouver un logement. 73 % des Fran&#231;ais continuent de juger les actions entreprises par le gouvernement inefficaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, il ne faut pas minimiser le r&#244;le de l'&#233;volution socio-d&#233;mographique, c'est-&#224;-dire la hausse du nombre des m&#233;nages - accroissement de la divortialit&#233;, d&#233;cohabitation juv&#233;nile, progression du nombre de familles monoparentales, allongement de la dur&#233;e de vie, etc. -, qui est &#224; l'origine depuis plusieurs ann&#233;es dans notre pays d'une v&#233;ritable &#171; explosion &#187; de la demande de logement, au regard d'une construction insuffisante sur les deux derni&#232;res d&#233;cennies : moins de 300 000 logements par an.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais cette demande n'a pu se &#171; r&#233;v&#233;ler &#187; qu'en raison d'un autre ph&#233;nom&#232;ne plus puissant encore : la financiarisation du logement, qui s'est particuli&#232;rement accrue dans le d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette financiarisation a constitu&#233; un ph&#233;nom&#232;ne mondial et a &#233;t&#233; avant tout &#171; voulue &#187; : elle a pu compenser les effets d&#233;pressifs du &#171; carnage boursier &#187; de 2000-2002 sur les patrimoines individuels et, de mani&#232;re plus g&#233;n&#233;rale, sur la conjoncture. S'appuyant sur l'effet richesse, le dynamisme des d&#233;penses d'&#233;quipement du foyer, la hausse de la dette et le dynamisme propre du secteur immobilier, la demande interne s'est maintenue &#224; un haut niveau, m&#234;me si l'emploi et les revenus n'ont pas suivi. Comme toutes les bulles d'actifs, celle-ci a &#233;t&#233; favoris&#233;e par une bulle du cr&#233;dit. La R&#233;serve f&#233;d&#233;rale, puis les autres Banques centrales occidentales et, enfin, les Banques centrales &#233;mergentes, ont inond&#233; le monde de liquidit&#233;s qui ont favoris&#233; la baisse massive des taux depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le taux fixe moyen d'un cr&#233;dit immobilier est ainsi pass&#233; de 9,50 % en 1995 &#224; environ 4 % aujourd'hui. Les banques, pour des raisons techniques, commerciales et prudentielles, ont accentu&#233; le processus : allongement de la maturit&#233; des pr&#234;ts, baisse des exigences d'apport personnel, d&#233;veloppement des contrats &#224; taux variable. Elles ont aussi particip&#233; &#224; la procyclicit&#233; du secteur. La valorisation des actifs immobiliers d&#233;tenus par les m&#233;nages a contribu&#233; de son c&#244;t&#233; &#224; am&#233;liorer la solvabilit&#233; des emprunteurs, encourageant d&#232;s lors un recours accru &#224; l'emprunt. Ainsi, il y a eu un double processus : d'une part, la croissance des financements refl&#232;te passivement les &#233;volutions des prix ; d'autre part, elle contribue &#224; alimenter la dynamique immobili&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les &#201;tats en ont souvent &#171; rajout&#233; &#187; pour des raisons purement conjoncturelles ou politiques via des incitations fiscales (dispositif De Robien en France) ou autres dispositifs incitatifs (comme les pr&#234;ts &#224; taux z&#233;ro en France). Le mim&#233;tisme autor&#233;f&#233;rentiel des m&#233;nages a fait le reste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Attention danger, bulle immobili&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pr&#233;tend souvent que le soutien de l'immobilier favorise la croissance. En fait, comme tous les ph&#233;nom&#232;nes inflationnistes, c'est une simple illusion nominale et temporaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A moyen terme, une bulle immobili&#232;re d&#233;tourne les ressources financi&#232;res des investissements n&#233;cessaires &#224; l'innovation et &#224; la croissance future. A l'inverse d'une bulle boursi&#232;re, une bulle immobili&#232;re n'a jamais renforc&#233; la productivit&#233; d'un pays, au contraire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle aboutit &#224; un surinvestissement dans un secteur abrit&#233; de la concurrence internationale. En maintenant artificiellement la demande domestique, elle tend &#224; creuser les d&#233;ficits ext&#233;rieurs, comme on l'a vu ces derni&#232;res ann&#233;es dans certains pays : Espagne, Royaume-Uni, France, &#201;tats-Unis... Tout ceci se fait finalement au d&#233;triment de la comp&#233;titivit&#233; &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les bulles immobili&#232;res sont aussi &#224; l'origine de la forte croissance des in&#233;galit&#233;s patrimoniales. Assises sur la dette, elles renforcent &#233;galement les in&#233;galit&#233;s interg&#233;n&#233;rationnelles. Ce n'est qu'un transfert intertemporel de richesse entre les juniors primo-acc&#233;dants et les seniors, en particulier ceux qui partent &#224; la retraite et qui vendent leur bien. Il est aussi probable que la solidarit&#233; familiale ait entretenu la hausse des prix. Mais on sait que cette solidarit&#233; est fortement in&#233;galitaire.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une bulle immobili&#232;re est donc une prime en faveur des situations acquises, de l'immobilisme et de l'h&#233;ritage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'indiff&#233;rence politique &#224; l'&#233;gard de la bulle immobili&#232;re et m&#234;me son encouragement constituent finalement des choix en faveur de l'&#233;conomie du pass&#233; et de l'immobilisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'inflation immobili&#232;re casse aussi un peu plus les liens sociaux et renforce les ph&#233;nom&#232;nes de fracture territoriale que le sous-emploi et d'autres ph&#233;nom&#232;nes institutionnels entretiennent d&#233;j&#224;. Elle favorise le d&#233;veloppement des travailleurs pauvres, allonge les temps de transport, augmente la pollution et fragilise financi&#232;rement un peu plus les m&#233;nages vuln&#233;rables, notamment ceux qui voient leur cycle de vie heurt&#233; (personnel, professionnel ou familial).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;nages les moins favoris&#233;s subissent la hausse des loyers et la saturation de l'offre locative encadr&#233;e (HLM). Quant &#224; ceux qui parviennent &#224; acc&#233;der &#224; la propri&#233;t&#233;, ils le font dans des conditions de plus en plus contraignantes en termes de charges d'endettement et de localisation (&#233;loignement du lieu de travail, des services publics...).&lt;br class='autobr' /&gt;
Au total, l'inflation immobili&#232;re constitue une taxe sur le travail, l'int&#233;gration et l'&#233;galit&#233; des chances.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Encourager l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;, un non-sens&lt;br class='autobr' /&gt;
Certes, l'accession &#224; la propri&#233;t&#233; est per&#231;ue par la majorit&#233; des Fran&#231;ais comme un moyen de r&#233;duire l'incertitude sur l'emploi et les retraites en m&#234;me temps qu'un &#171; actif refuge &#187;. Comment expliquer autrement les tr&#232;s bas niveaux de confiance des m&#233;nages alors que le march&#233; immobilier semble depuis longtemps tr&#232;s dynamique ? On peut le comprendre d'un point de vue psychologique. Sur un plan financier, c'est un non-sens. L'immobilier est un actif intrins&#232;quement risqu&#233;, peu liquide et qui n'offre aucun produit de couverture. Du fait de sa forte financiarisation, tout achat immobilier constitue aussi aujourd'hui un pari sur le march&#233; obligataire futur, quelles que soient les conditions d'emprunt dont on a b&#233;n&#233;fici&#233;. La survalorisation de l'immobilier n'a aussi &#233;t&#233; rendue possible que par une explosion de la dette dont la valeur nominale ne bougera pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est &#233;galement probable qu'une excessive pr&#233;f&#233;rence pour la propri&#233;t&#233; immobili&#232;re r&#233;duise la mobilit&#233; en France.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, la bulle immobili&#232;re entretient et cristallise les peurs, mais elle ne permet de pr&#233;parer sereinement et rationnellement l'avenir.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est pourquoi il nous semble que l'action politique ne doit pas &#171; accompagner &#187; ni m&#234;me accepter les tendances des march&#233;s en partant du postulat qu'il est en soi souhaitable qu'un nombre croissant de Fran&#231;ais deviennent propri&#233;taires de leur logement. Cette vision purement politique et conservatrice ne correspond &#224; aucune optimalit&#233; &#233;conomique et sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, l'inflation immobili&#232;re est en partie socialement agr&#233;able pour les propri&#233;taires puisqu'elle cr&#233;e un sentiment (au moins virtuel) d'enrichissement. Cette approche patrimoniale correspond bien aux soci&#233;t&#233;s vieillissantes (o&#249; la concentration des patrimoines est proportionnelle &#224; l'&#226;ge) et &#224; l'affaiblissement des solidarit&#233;s collectives que la d&#233;gradation des finances publiques ne peut qu'entretenir. Mais il ne s'agit que d'un arbitrage social qui se fait entre, d'un c&#244;t&#233;, les jeunes, les salari&#233;s et les primo-acc&#233;dants, grands perdants de l'inflation immobili&#232;re et, d'un autre c&#244;t&#233;, les actifs m&#251;rs/rentiers/h&#233;ritiers (grands gagnants). Jusqu'&#224; pr&#233;sent, l'indiff&#233;rence (apparente) sociale et politique &#224; l'&#233;gard des perdants a permis le maintien de cette bulle. En r&#233;alit&#233; il s'agit d'un choix politique fondamentalement conservateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de toute strat&#233;gie publique doit selon nous &#234;tre d'am&#233;liorer les conditions de logement, et non pas d'encourager ind&#233;finiment la propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Limiter la progression de l'endettement des m&#233;nages&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'endettement des m&#233;nages atteint aujourd'hui 68 % du revenu disponible des Fran&#231;ais (record historique) contre moins de 50 % il y a 10 ans. Jamais une telle progression n'a &#233;t&#233; enregistr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est peu rationnel de se focaliser sur les dangers de la dette publique (notamment &#224; travers le rapport P&#233;bereau) tout en manifestant de l'indiff&#233;rence &#224; l'&#233;gard de la dette priv&#233;e. La hausse de la dette des m&#233;nages constitue &#233;galement un mode d'ajustement &#224; l'encontre des jeunes g&#233;n&#233;rations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les comparaisons avec les pays &#233;trangers o&#249; la dette est plus &#233;lev&#233;e n'ont gu&#232;re d'int&#233;r&#234;t. D'une part, il ne s'agit pas de r&#233;f&#233;rences normatives. D'autre part, la soutenabilit&#233; de la dette quelle qu'elle soit, est toujours limit&#233;e par l'&#233;volution future des taux d'int&#233;r&#234;t nominaux, des revenus nominaux et des actifs nominaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit plus ici de tracer quelques lignes directrices que d'&#233;tablir un catalogue de mesures en mati&#232;re de politique de logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de toute strat&#233;gie publique doit selon nous &#234;tre avant tout d'am&#233;liorer les conditions de logement, et non pas d'encourager ind&#233;finiment la propri&#233;t&#233;, qui constitue surtout un mode exclusif de transfert des risques sur les particuliers, notamment sur les jeunes g&#233;n&#233;rations. Dans ce cadre, un march&#233; locatif dynamique et peu on&#233;reux serait essentiel pour renforcer la mobilit&#233; g&#233;ographique en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combattre l'inflation immobili&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Banques centrales nous r&#233;p&#232;tent inlassablement depuis 30 ans qu'une inflation faible et stable est une condition n&#233;cessaire &#224; une croissance saine et durable. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on leur a octroy&#233; l'ind&#233;pendance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Banques centrales ne nous disent pas pourquoi une inflation traditionnelle &#224; 3 % est intol&#233;rable alors qu'une inflation immobili&#232;re &#224; 10 ou 20 %, comme on l'a vu au cours de ces derni&#232;res ann&#233;es, ne l'est pas. Cherchez l'erreur ! L'astuce consiste &#224; ne pas int&#233;grer les prix des logements dans les indices de prix &#224; la consommation alors qu'il s'agit, pour l'essentiel, d'un prix repr&#233;sentatif d'un service de logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, le logement est probablement un domaine o&#249; une inflation tendanciellement faible et stable est optimale pour la gestion du cycle de vie des m&#233;nages dans le long terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces conditions, la stabilit&#233; des prix immobiliers devrait constituer un objectif raisonnable dans le moyen terme des pouvoirs publics et de la Banque centrale europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Neutraliser fiscalement l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La propri&#233;t&#233; immobili&#232;re doit &#234;tre &#171; neutralis&#233;e &#187; d'un point de vue fiscal. Dans ce cadre, les mesures envisag&#233;es par certains candidats &#224; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle (cr&#233;dit d'imp&#244;ts pour l'achat de la r&#233;sidence principale, baisse des droits de succession, baisse des droits de mutation) ne doivent pas &#234;tre retenues. La taxation des plus-values immobili&#232;res lors de la vente de la r&#233;sidence principale doit aussi &#234;tre envisag&#233;e. Il faut &#233;galement songer &#224; abolir l'exon&#233;ration de 20 % de la r&#233;sidence principale dans l'ISF.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il convient aussi dans ce cadre de supprimer les pr&#234;ts &#224; taux z&#233;ro.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224;, il s'agit d'&#234;tre plus ambitieux et de rendre &#233;galement d&#233;ductibles de l'imp&#244;t sur le revenu, au moins pour moiti&#233;, et les mensualit&#233;s des acqu&#233;reurs et les loyers des locataires. A une politique d'aide &#224; l'accession inutile (pourquoi inciter les Fran&#231;ais &#224; faire ce qu'ils font spontan&#233;ment, et qui n'est pas n&#233;cessairement dans leur int&#233;r&#234;t ?), on substituerait ainsi une politique d'aide au logement non discriminatoire qui tiendrait compte des disparit&#233;s g&#233;ographiques du prix de l'immobilier. Et l'on rendrait aux locataires une capacit&#233; d'&#233;pargne devenue l'apanage de ceux qui, ayant achet&#233;, ont la jouissance quasi gratuite de leur logement. Mieux &#233;valuer l'efficacit&#233; &#233;conomique et sociale des dispositifs incitatifs en faveur du logement neuf (dispositif De Robien, Borloo...) doit aussi constituer une priorit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Favoriser la mixit&#233; sociale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il s'agit de favoriser le logement social (priorit&#233; nationale) tout en modulant les loyers en fonction de l'&#233;volution de la situation des locataires. L'objectif de 100 000 constructions de logements sociaux par an doit pouvoir &#234;tre atteint.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'objectif de mixit&#233; sociale est &#233;galement l&#233;gitime. L'article 55 de la loi SRU doit s'appliquer dans les faits et ce d'autant que la r&#233;partition du logement social est tr&#232;s in&#233;gale sur le territoire. L'&#201;tat doit pouvoir se substituer aux communes d&#233;faillantes dans la construction de logements sociaux. En outre, l'obligation de 20 % doit s'entendre en terme de surfaces et non pas de logements, afin d'&#233;viter une pr&#233;f&#233;rence excessive en faveur de logements &#224; petite surface.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On doit enfin envisager d'exon&#233;rer de TVA sur l'acquisition de foncier pour les bailleurs sociaux pour permettre de construire &#224; un co&#251;t mieux ma&#238;tris&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ne pas h&#233;siter dans certaines circonstances &#224; utiliser des m&#233;thodes directrices ou coercitives&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce cadre, les achats massifs de non-r&#233;sidents dans certaines r&#233;gions doivent pouvoir &#234;tre limit&#233;s par des d&#233;cisions publiques. De m&#234;me, le droit de r&#233;quisition des logements non occup&#233;s doit pouvoir s'effectuer dans des cas d'urgence (pour ceux qui ne peuvent m&#234;me pas avoir acc&#232;s &#224; un logement social).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepartie, il convient d'am&#233;liorer la s&#233;curit&#233; juridique du propri&#233;taire bailleur (afin de diminuer le nombre de logements vacants). Il convient de favoriser la constitution d'un syst&#232;me d'assurance-logement et d'un fonds de garantie pour les propri&#233;taires bailleurs. Il s'agit de plafonner le cautionnement tout en &#233;largissant la s&#233;curit&#233; du bailleur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, renforcer la surveillance sur les cr&#233;dits immobiliers octroy&#233;s par le syst&#232;me bancaire doit constituer un objectif l&#233;gitime : le r&#233;glage de la politique mon&#233;taire europ&#233;enne en mati&#232;re de taux d'int&#233;r&#234;t courts ne peut s'&#233;tablir en fonction d'une d&#233;rive du cr&#233;dit immobilier dans certains pays comme l'Espagne ou la France. Il convient de lui ajouter des instruments plus fins et plus directs d'action sur la cause de l'orgie de cr&#233;dits immobiliers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il convient, enfin, de lib&#233;raliser l'offre de construction en favorisant la constructibilit&#233; des terrains et mobiliser le foncier disponible de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;Le Nouvel Economiste&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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