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	<title>Elie Cohen</title>
	<link>http://elie-cohen.eu/</link>
	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>L'exception audiovisuelle fran&#231;aise</title>
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&lt;p&gt;Le Gouvernement s'appr&#234;te &#224; r&#233;former l'audiovisuel. Une fois de plus, il sera question de qualit&#233;, de culture, de cr&#233;ation menac&#233;es par l'audimat, la publicit&#233;, les pratiques des T.V. commerciales. Le &#171; service public &#187; de l'audiovisuel se verra assigner une mission essentielle &#171; la pr&#233;servation de la coh&#233;sion sociale &#187; tout en veillant au pluralisme et &#224; la promotion de l'identit&#233; culturelle et linguistique nationales. Qui ne souscrirait &#224; ces objectifs ?, Qui surtout pourrait r&#233;sister aux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-1998-.html" rel="directory"&gt;1998&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le Gouvernement s'appr&#234;te &#224; r&#233;former l'audiovisuel. Une fois de plus, il sera question de qualit&#233;, de culture, de cr&#233;ation menac&#233;es par l'audimat, la publicit&#233;, les pratiques des T.V. commerciales. Le &#171; service public &#187; de l'audiovisuel se verra assigner une mission essentielle &#171; la pr&#233;servation de la coh&#233;sion sociale &#187; tout en veillant au pluralisme et &#224; la promotion de l'identit&#233; culturelle et linguistique nationales. Qui ne souscrirait &#224; ces objectifs ?, Qui surtout pourrait r&#233;sister aux larmes de Brigitte Fossey lorsqu'elle d&#233;fend l'exception culturelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pr&#233;senter un point de vue d'&#233;conomiste, r&#233;trospectif et prospectif, ne peut &#234;tre que d&#233;plac&#233;, aussi allons nous nous risquer &#224; l'exercice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne mani&#232;re de proc&#233;der est de consid&#233;rer dans un premier temps ce qu'&#233;taient les enjeux technologiques, &#233;conomiques, culturels et les politiques publiques mises en place pour y r&#233;pondre il y a 10 ans avant de se livrer au m&#234;me exercice pour les 10 ann&#233;es &#224; venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1988 inaugurait une p&#233;riode d'optimisme technologique, de volontarisme industriel et de coop&#233;ration europ&#233;enne comme on n'en conna&#238;tra sans doute plus jamais. La TV haute d&#233;finition &#233;tait la r&#233;ponse au besoin de qualit&#233; d'image qu'on pr&#234;tait aux t&#233;l&#233;spectateurs, elle permettait la renaissance de l'&#233;lectronique grand public, elle mobilisait l'Europe sur le triple front des normes, des mat&#233;riels et des contenus. On d&#233;ploya donc une &#233;nergie consid&#233;rable pour promouvoir les vecteurs de diffusion, les terminaux de r&#233;ception, et m&#234;me les contenus culturels europ&#233;ens, autant de projets con&#231;us &#171; d'en haut &#187; pour des diffuseurs et un public absents qui ne ressentiront jamais l'imp&#233;rieux besoin de l'image haute d&#233;finition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1988 devait aussi voire se cristalliser un nouveau paysage audiovisuel o&#249; T.V. commerciale et T.V. de service public devaient rivaliser pour le &#171; mieux disant culturel &#187; cependant que l'Etat inventait un nouveau service public &#233;ducatif et culturel avec &#171; Arte &#187; puis &#171; La Cinqui&#232;me &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin 1988 devait ouvrir l'&#232;re de la r&#233;gulation ind&#233;pendante, constitutionnellement garantie, gardienne des l'autonomie des choix &#233;ditoriaux, du pluralisme et du respect des missions de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arr&#234;tons nous un instant pour faire le bilan. La T.V. HD n'a pas vus le jour. La T.V. num&#233;rique est l&#224; mais c'est un robinet d'images d&#233;versant les m&#234;mes s&#233;ries. La vraie r&#233;volution n'a pas &#233;t&#233; celle des technologies de l'image ou de la diversification de l'offre de programmes mais ce fut celle de la T.V. payante. Les diffuseurs C+, TF1, M6 ont gagn&#233;. La T.V. publique a vu son d&#233;clin s'acc&#233;l&#233;rer victime de l'instabilit&#233; au sommet, de l'inconsistance strat&#233;gique, de crises sociales r&#233;currentes et surtout d'une l'injonction publique contradictoire : faire de l'audience comme le priv&#233;, avec des programmes de service public. Au total l'Etat sur la p&#233;riode 88/98 aura r&#233;ussi ce prodige de faire un plan c&#226;ble non viable, de lancer des satellites sans programmes et sans perspectives, d'&#233;largir la fa&#231;ade hertzienne tout en permettant &#224; un acteur priv&#233; non r&#233;gul&#233; (Canal+) et en position de monopole de siphonner la T.V. payante.&lt;br class='autobr' /&gt;
Projetons nous &#224; pr&#233;sent &#224; 10 ans, c'est le bon horizon pour faire le tri entre les enjeux cantonaux et les tendances lourdes du secteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1- La convergence num&#233;rique aura produit ses effets, des trains de donn&#233;es num&#233;riques circuleront sur diff&#233;rents vecteurs-r&#233;seaux, l'impossible r&#233;gulation des flux de donn&#233;es-programmes fera &#233;chec &#224; la r&#233;gulation des contenus. D'ores et d&#233;j&#224; la r&#233;volution num&#233;rique est &#224; l'oeuvre et produit ses effets dans l'organisation du secteur . Le CSA a rendu les armes face aux cha&#238;nes &#233;mises de l'&#233;tranger et reprises sur le territoire national. Le CSA n'a aucun pouvoir sur les programmes diffus&#233;s par Internet et demain par le t&#233;l&#233;phone via l'ADSL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;2- La T.V. hertzienne publique ou priv&#233;e verra sa part de march&#233; reculer tr&#232;s sensiblement par rapport &#224; la situation actuelle Le d&#233;veloppement des services de T.V. multcanaux (c&#226;ble, satellite) s'acc&#233;l&#232;re. Ces services sont en train de l'emporter sur l'hertzien classique : aux Etats Unis les services hertziens classiques ne contr&#244;lent plus que 56% du march&#233; ! Ce secteur arrive d&#233;j&#224; &#224; maturit&#233; : TF1 pour ne prendre qu'un exemple fait un lobbying intense pour le num&#233;rique hertzien qui devrait lui permettre de d&#233;cliner sur 5 canaux le TF1 actuel en diff&#233;renciant les publics Jeunes, Sports, Infos, S&#233;ries etc..&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;3-La T.V. hertzienne publique reculera plus rapidement encore parce que prise dans une contradiction insoutenable entre exigences de T.V. de concurrence et de T.V. de compl&#233;ment, entre exigences d'audience et exigences de programmes de service public qui font que le secteur public perd sur les deux tableaux&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;4- La r&#233;gulation &#233;conomique deviendra centrale cependant que la promotion des identit&#233;s culturelles et linguistiques prendra n&#233;cessairement d'autres voies.&lt;br class='autobr' /&gt;
Si l'on veut donc traiter les probl&#232;mes de l'avenir et non ceux du pass&#233;, que convient il de faire ?. Pour l'&#233;conomiste, le choix politique est une donn&#233;e, l'appr&#233;ciation ne peut donc porter que sur les moyens. Admettons donc l'id&#233;e qu'il faille maintenir et d&#233;velopper des entreprises publiques de service public, trois probl&#232;mes apparaissent imm&#233;diatement : l'organisation de march&#233;s efficients, la structure d'incitations dans la sph&#232;re publique, la r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La v&#233;ritable exception audiovisuelle n'est pas celle qu'on croit, elle r&#233;side dans le fait que l'audiovisuel est un march&#233; d&#233;j&#224; concurrentiel mais o&#249; il n'y a pas de r&#233;pression des abus de position dominante, pas de dispositif anti-concentration, pas d'incompatibilit&#233; ni de cantonnement d'actifs entre activit&#233;s de marchand d'armes ou de b&#233;n&#233;ficiaire de march&#233;s publics et activit&#233;s audiovisuelles, pas de r&#233;gulation tarifaire pour un exploitant monopoliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant du secteur public, quelle est la structure d'incitations ? Une d&#233;marche &#233;l&#233;mentaire consisterait &#224; isoler les missions de service public &#224; en quantifier et &#224; en couvrir le co&#251;t. Et pour le reste des indicateurs d'audience, de march&#233; ou de qualit&#233; devraient permettre d'orienter la strat&#233;gie. D&#233;marche iconoclaste ! En France o&#249; on a la fibre conceptuelle, on d&#233;veloppe une &#171; conception organique &#187; du service public selon laquelle toutes les &#233;missions quelle qu'en soit le th&#232;me ou la qualit&#233; rel&#232;vent du service public d&#232;s lors qu'elles sont diffus&#233;es sur une cha&#238;ne de service public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant au CSA incapable de r&#233;guler les contenus, incomp&#233;tent en mati&#232;re de r&#233;gulation &#233;conomique, accapar&#233; par une t&#226;che ill&#233;gitime -nommer les Pr&#233;sidents d'entreprises publiques- et t&#233;moin impuissant des manquements graves &#224; la d&#233;ontologie de certaines cha&#238;nes, ne convient-il pas de l'aider &#224; se fondre dans l'instance de r&#233;gulation nouvelle des supports et des programmes qu'exige le nouveau contexte technique et &#233;conomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le seul choix qui est laiss&#233; &#224; un Gouvernement qui se veut r&#233;formateur est entre les mesures qui flattent l'opinion commune tout en laissant la r&#233;forme invisible par le droit et le march&#233; faire son oeuvre et la r&#233;forme d&#233;lib&#233;r&#233;e partant d'une vision &#224; dix ans et s'appuyant sur les contraintes et opportunit&#233;s qu'offrent les technologies et les march&#233;s pour inscrire dans les faits un choix politique et culturel.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Crises, fin de si&#232;cle.</title>
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		<description>
&lt;p&gt;LTCM, retenez ce sigle !. Dans les manuels d'histoire, il illustrera la crise de cette fin de si&#232;cle. Une crise n&#233;e de la croyance illimit&#233;e en l'efficience des march&#233;s. Une crise entretenue par la d&#233;mission de responsables politiques nationaux ou internationaux. Une crise financi&#232;re, mon&#233;taire, de change qui faillit basculer dans la crise syst&#233;mique. Une crise enfin qui par les risques qu'elle fit peser sur l'&#233;conomie r&#233;elle a fait red&#233;couvrir le r&#244;le r&#233;gulateur des Etats. Mais comment est (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LTCM, retenez ce sigle !. Dans les manuels d'histoire, il illustrera la crise de cette fin de si&#232;cle. Une crise n&#233;e de la croyance illimit&#233;e en l'efficience des march&#233;s. Une crise entretenue par la d&#233;mission de responsables politiques nationaux ou internationaux. Une crise financi&#232;re, mon&#233;taire, de change qui faillit basculer dans la crise syst&#233;mique. Une crise enfin qui par les risques qu'elle fit peser sur l'&#233;conomie r&#233;elle a fait red&#233;couvrir le r&#244;le r&#233;gulateur des Etats. Mais comment est on pass&#233; si vite de la c&#233;l&#233;bration des r&#233;gulations spontan&#233;es du march&#233; aux appels d&#233;sordonn&#233;s en faveur d'une gouvernance &#233;conomique plan&#233;taire.? Un d&#233;tour historique s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise de 1929 avait enseign&#233; aux Etats que la d&#233;fense contre l'&#233;vidence d'un taux de change inadapt&#233; pr&#233;cipitait le mal qu'on voulait traiter. Elle avait appris aux gouvernants que la d&#233;faillance bancaire lorsqu'elle n'&#233;tait pas prise &#224; temps pouvait par un effet de domino effondrer le syst&#232;me de paiements et d&#233;primer l'activit&#233; &#233;conomique. Elle avait instruit les professionnels sur les risques qu'il y avait &#224; sp&#233;culer sur des actifs financiers &#224; partir de fonds propres insuffisants. Elle avait surtout eu pour effet de faire comprendre &#224; tous les agents &#233;conomiques qu'une politique restrictive de la d&#233;pense publique, au nom de la preservation des sacro-saints &#233;quilibres budg&#233;taires, en situation de sous-activit&#233;, pr&#233;cipitait la d&#233;pression &#233;conomique. Tout l'&#233;difice de Bretton Woods, du keyn&#233;sianisme, du d&#233;veloppement des Etats-Providence, de la nationalisation, du contr&#244;le des changes ou de la supervision du risque bancaire d&#233;coulent de cette &#233;xp&#233;rience. La simple &#233;num&#233;ration des causes de la crise de 1929 sur la toile de fond de 1998 fait fr&#233;mir. Et si on avait oubli&#233; les en seignements de 1929 ! Certes la faillite de LTCM n'a pas provoqu&#233; de crise syst&#233;mique. La Fed am&#233;ricaine est intervenue, un plan de sauvetage a &#233;t&#233; mis en place en une nuit et il a &#233;t&#233; financ&#233; par des acteurs priv&#233;s. Mais qui ne voit que pour le reste, nos &#233;conomies, nos syst&#232;mes financiers, notre int&#233;gration &#233;conomique sont soumis &#224; une terrible &#233;preuve. Tous les Etats au sortir de la grande crise des ann&#233;es 30 puis de la derni&#232;re guerre ont d'une mani&#232;re autoritaire ou d&#233;mocratique cherch&#233; &#224; brider le march&#233; pour le rendre acceptable aux citoyens-salari&#233;s-consommateurs. Le triomphe du communisme en Chine et sa consolidation en Russie, l'instauration d'un mod&#232;le d'&#233;conomie r&#233;gul&#233;e aux Etats Unis ou d'une &#233;conomie mixte en Europe occidentale, le triomphe du d&#233;veloppementisme en Asie du Sud, en Afrique et en Am&#233;rique du Sud, tous ces syst&#232;mes de r&#233;gulation &#233;conomique ont constitu&#233; autant de r&#233;ponses des Etats au d&#233;fi pos&#233; par l'industrialisation et le d&#233;veloppement des centres de pouvoir capitalistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A la fin des ann&#233;es 70, pour des raisons que chacun connait -inflation puis stagflation, panne de d&#233;veloppement, irruption des nouvelles technologies de l'information et de la communication et de la nouvelle &#233;conomie de la connaissance, ankylose des bureaucraties publiques, un grand reflux des pouvoirs &#233;tatiques se dessine, les diff&#233;rents syst&#232;mes amorcent une &#233;volution qui partout passe par la restauration des m&#233;canismes de march&#233;, le retrait de l'Etat, la privatisation, la d&#233;r&#233;glementation et la lib&#233;ralisation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce qu'il y avait de subversif dans ce mouvement masquait une dangreuse illusion celle de march&#233;s sans r&#233;gulations et sans Etats. Les politiques de d&#233;r&#233;glementation financi&#232;re men&#233;es tambour battant dans les pays d&#233;velopp&#233;s puis les pays &#233;mergents ont produit une s&#233;rie de dysfonctions majeures que la crise actuelle r&#233;v&#232;le pleinement. La fin des taux de change fixe, la libre circulation des capitaux, et la globalisation financi&#232;re vont &#234;tre &#224; la source d'un fantastique d&#233;veloppement de l'innovation financi&#232;re. Celle-ci va se d&#233;velopper sur trois fronts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une part la d&#233;sinterm&#233;diation bancaire et la d&#233;sp&#233;cialisation financi&#232;re vont conduire les banques universelles classiques &#224; rechercher de nouvelles sources de croissance et de rentabilit&#233;. Il ne faut pas chercher plus loin la raison des paris ruineux sur l'immobilier, puis sur les pays emergents puis sur les produits d&#233;riv&#233;s de taux, de change, et d'actions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'autre part les risques de change accrus par le flottement g&#233;n&#233;ralis&#233; des monnaies ont l&#233;gitimement conduit les entreprises &#224; chercher &#224; s'en pr&#233;munir. De la couverture l&#233;gitime du risque au d&#233;veloppement d'une industrie financi&#232;re de l'arbitrage reposant sur l'opacit&#233; de formules math&#233;matiques et de modalit&#233;s de finacement h&#233;t&#233;rodoxes il n'y avait qu'un pas que les Prix Nobel d'&#233;conomie de LTCM franchirent all&#232;grement exposant leurs cr&#233;anciers &#224; un risque majeur. Pire encore les rapports de confiance personnels &#233;tablis entre les gestionnaires du fonds et les personnalit&#233;s les plus en vue de Wall Street ont conduit &#224; une prise de risque insens&#233;e puisque du faux capital &#233;tait utilis&#233; pour s&#233;curiser les transactions et accro&#238;tre l'effet de levier. Si l'on ajoute que l'apport d'un flux continu d'affaires a contribu&#233; &#224; d&#233;sarmer les d&#233;fenses des banques cr&#233;anci&#232;res qui en b&#233;n&#233;ficiaient, et que les superviseurs bancaires n'avaient pas acc&#232;s aux comptes de ces &#171; fonds &#187; priv&#233;s ne faisant pas publiquement appel &#224; l'&#233;pargne. On comprend que les superviseurs nationaux et internationaux aient &#233;t&#233; totalement d&#233;munis&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin les pays &#233;mergents ont repr&#233;sent&#233; un eldorado pour les &#233;lites locales qui se sont enrichies, les banques occidentales qui ont pr&#234;t&#233; &#171; sans risque &#187; et le FMI, trop content d'exhiber ses &#233;l&#232;ves mod&#232;les. La m&#233;canique &#233;tait simple. Les pays &#233;mergents d'Asie ont index&#233; leur monnaie le plus souvent sur le Dollar ils ont donc attir&#233; une masse de capitaux &#224; court terme &#233;trangers qui y trouvaient forte r&#233;mun&#233;ration et s&#233;curit&#233; de change. La d&#233;rive a alors commenc&#233; : mauvais investissements, prise de risque excessive, endettement des acteurs priv&#233;s en dollars. Le doute sur la soutenabilit&#233; du lien fixe avec le dollar a provoqu&#233; les premi&#232;res d&#233;fections bancaires suivies des crises de taux de change que nous avons connu &#224; l'&#233;t&#233; 1997.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle comme elle des ann&#233;es 30 sonne comme un rappel des r&#233;alit&#233;s. Le d&#233;gonflement des bulles sp&#233;culatives est en train d'atteindre les &#233;conomies r&#233;elles. La mis&#232;re et le d&#233;classement social ont frapp&#233; par surprise des peuples d'Asie qui commen&#231;aient &#224; jouir des bienfaits de la prosp&#233;rit&#233;. La prolif&#233;ration des m&#233;tastases mafieuses dans l'&#233;conomie et l'effondrement de l'Etat russe ont plong&#233; les faibles et les d&#233;munis dans une &#233;conomie de subsistance. Aux Etats Unis une phase de longue croissance s'ach&#232;ve et les probl&#232;mes strucurels d'une &#233;conomie qui vit de l'&#233;pargne du reste du monde refont surface. En Europe, la reprise &#224; peine amorc&#233;e menace de s'essoufler. On ne retrouvera un cercle vertueux de croissance que si nous savons inventer les nouveaux instruments d'une gouvernance publique plan&#233;taire en mati&#232;re de change, de cr&#233;dit et de produits financiers. La pr&#233;vention du risque syst&#233;mique passe par un renforcement des normes prudentielles, par une consolidation et une explicitation des engagements hors bilans et par l'institution d'une fonction de preteur et de financeur en dernier ressort. La pr&#233;vention du risque de change pour les pays emergents passe par la renonciation aux illusions de la fixit&#233; du taux de change. Des taux ajustables, une indexation sur un panier de monnaies, la garantie du FMI pour les parit&#233;s reelles doivent permettre de stabiliser le jeu. Enfin le renforcement des institutions de Bretton Woods passe, non par l'invention de solutions mirobolantes, mais par l'allocation de moyens &#224; la hauteur des enjeux et une meilleure coordination du FMI et de la Banque Mondiale.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dinosaures meurent toujours</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Les-dinosaures-meurent-toujours.html</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



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&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois une entreprise de pointe, technologiquement pionni&#232;re et socialement avanc&#233;e. Appr&#233;ci&#233;e des consommateurs, elle &#233;tait aussi le bras arm&#233; de l'Etat dont elle r&#233;alisait de grands desseins. Or par un effet de calendrier, une coalition h&#233;t&#233;roclite est en cours de formation qui peut faire regresser rapidement EdF. Si tout se passe comme pr&#233;vu, l'entreprise va entrer &#224; reculons dans le march&#233; unique de l'&#233;nergie car l'Etat aura transpos&#233; avec retard et a minima la directive (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-1998-.html" rel="directory"&gt;1998&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il &#233;tait une fois une entreprise de pointe, technologiquement pionni&#232;re et socialement avanc&#233;e. Appr&#233;ci&#233;e des consommateurs, elle &#233;tait aussi le bras arm&#233; de l'Etat dont elle r&#233;alisait de grands desseins. Or par un effet de calendrier, une coalition h&#233;t&#233;roclite est en cours de formation qui peut faire regresser rapidement EdF. Si tout se passe comme pr&#233;vu, l'entreprise va entrer &#224; reculons dans le march&#233; unique de l'&#233;nergie car l'Etat aura transpos&#233; avec retard et a minima la directive europ&#233;enne du 20/6/96. EdF sera r&#233;gul&#233;e par une Autorit&#233; administrative brid&#233;e par un Minist&#232;re exer&#231;ant par ailleurs les fonctions d'actionnaire et de tutelle au m&#233;pris des principes &#233;l&#233;mentaires de pr&#233;vention du &#171; conflit d'int&#233;r&#234;ts &#187;. Elle sera confin&#233;e &#224; un &#233;troit domaine d'action au nom du principe de sp&#233;cialit&#233;. Elle restera techniquement et patrimonialement int&#233;gr&#233;e ce qui la conduira &#224; s'&#233;puiser en combats d'arri&#232;re garde. Une telle mise en &#233;chec d'EdF peut r&#233;ussir car elle r&#233;alise le compromis entre une CGT recroquevill&#233;e sur le &#171; statut &#187;, un Gouvernement t&#233;tanis&#233; qui a fait du service public son id&#233;ologie de substitution et une administation de l'industrie qui se bat pour sa survie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire d'EdF se conte comme une &#233;pop&#233;e : bataille de l'hydraulique, du thermique, grand projet nucl&#233;aire, tournant commercial. Ses paticularit&#233;s statutaires trouvent leur origine dans les grandes heures de la Lib&#233;ration quand communistes et gaullistes travaillaient &#224; relever la France. Ses valeurs partag&#233;es du Pr&#233;sident &#224; l'agent de base conjuguaient foi dans le progr&#232;s technique, dans l'Etat rationnel et visionnaire et dans l'ind&#233;pendance nationale. Bref cette fille ain&#233;e de l'Etat social-colbertiste, mod&#232;le du &#171; service public &#224; la fran&#231;aise &#187; a r&#233;ussi &#224; devenir la premi&#232;re entreprise &#233;lectrique mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes les tr&#232;s r&#233;els succ&#232;s de l'entreprise ne furent pas sans co&#251;ts. Assur&#233;e de servir l'int&#233;r&#234;t national d'ind&#233;pendance energ&#233;tique l'entreprise a en fait largement surinvesti dans le nucl&#233;aire, ce qui l'oblige aujourd'hui &#224; exporter &#224; tout prix. La disponibilit&#233; de long terme d'une &#233;nergie &#233;lectrique abandante l'a conduite &#224; rel&#226;cher l'effort d'&#233;conomie d'&#233;nergie. Elle l'a &#233;galement pouss&#233;e &#224; favoriser le tout &#233;lectrique, au m&#233;pris des int&#233;r&#234;ts des consommateurs modestes, contraints de d&#233;penser sans compter pour chauffer des pavillons mal isol&#233;s. L'absence de toute pression concurrentielle, la volont&#233; de preserver la cogestion de fait et l'existence d'une rente nucl&#233;aire ont enfin conduit l'entreprise &#224; un certain laxisme gestionnaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entreprise aurait pu pers&#233;v&#233;rer dans son &#234;tre si la gestion du syst&#232;me electrique n'avait &#233;t&#233; boulevers&#233;e techniquement, &#233;conomiquement et juridiquement. L'&#233;nergie nucl&#233;aire s'est r&#233;v&#233;l&#233;e &#224; l'&#233;xp&#233;rience plus co&#251;teuse que pr&#233;vu, plus irr&#233;versible en mati&#232;re &#233;cologique et beaucoup moins adapt&#233;e &#224; une consommation en faible croissance. Le d&#233;veloppement de centrales au gaz ou &#224; cycle combin&#233;, la comp&#233;titivit&#233; renouvel&#233;e du charbon propre, la disponibilit&#233; du p&#233;trole et la m&#233;fiance des opinions publiques ont conduit tous les pays occidentaux sauf la France &#224; abandonner leur programme nucl&#233;aire. De plus la diff&#233;renciation des consommateurs et l'existence de r&#232;gles de tarification de service public ont fini par entrer en collision, les grands clients notamment se sont mis &#224; r&#233;clamer des tarifs plus en rapport avec le volume de leur consommation et l'environnement comp&#233;titif europ&#233;en. Enfin la cr&#233;ation d'un march&#233; unique bas&#233; sur la libre prestation de services &#233;tait peu compatible avec le mod&#232;le du monopole national int&#233;gr&#233; prot&#233;g&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re entreprise &#233;lectrique mondiale et ses personnels auraient pu r&#233;agir avec confiance : que pouvaient ils craindre &#224; un &#233;largissement de leur march&#233; domestique &#224; 300 millions de consommateurs, n'allaient ils pas faire merveille avec leurs hommes, leurs technologies, leurs services, ne disposaient ils pas de ressources financi&#232;res consid&#233;rables et n'&#233;taient ils pas assur&#233;s de leur adossement &#224; un Etat vertueux et visionnaire ? Que nenni ! On assista &#224; la formation d'une sainte alliance Etat-Syndicats-Technostructure pour interdire aux &#171; int&#233;gristes du march&#233; &#187; bruxellois de r&#233;former l'organisation electrique et prot&#233;ger &#171; l'exception fran&#231;aise du service public &#187;. La r&#233;sistance dura neuf ans au terme de laquelle un compromis baroque preservant les susceptibilit&#233;s fran&#231;aises fut trouv&#233; puisque &#171; l'acc&#232;s des tiers au r&#233;seau &#187; cohabite avec &#171; l'acheteur unique &#187; et que l'ouverture du march&#233; tr&#232;s progressive passe par une d&#233;finition restrictive des &#171; clients &#233;ligibles &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accord trouv&#233; on aurait pu penser que le Gouvernement allait travailler &#224; une transposition de la directive qui mette en ordre de bataille le champion national. Tel n'est pas le cas si l'on en juge par les rapports publi&#233;s et les informations qui filtrent sur le projetde Loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'instance qui demain devra r&#233;guler un secteur devenu concurrentiel, apr&#232;s avoir song&#233; &#224; la solution dite du &#171; r&#233;gulateur int&#233;gr&#233; &#187; ce qui signifiait que le m&#234;me Minist&#232;re portait les int&#233;r&#234;ts patrimoniaux de l'Etat propri&#233;taire, l'organisation de la concurrence et fixait les orientations energ&#233;tiques du pays, le Gouvernement s'est r&#233;sign&#233; &#224; la constitution d'une Commission dont il cherche &#224; limiter le pouvoir en lui confiant des attributions contradictoires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour ne pas chagriner la CGT le Gouvernement a d&#233;cid&#233; de limiter au strict minimum l'ouverture du march&#233;. Seuls 400 clients dits &#171; &#233;ligibles &#187;, dont la consommation est sup&#233;rieure &#224; 40 gw/h seront concern&#233;s alors que partout ailleurs en Europe on a d&#233;cid&#233; d'ouvrir plus largement le march&#233;. En mati&#232;re de production le monopole d'EdF tombe mais le march&#233; est surcapacitaire. Enfin si l'Etat pr&#233;voit d'isoler la fonction transport c'est au sein d'une EdF qui resterait int&#233;gr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette ouverture &#233;triqu&#233;e du march&#233; et ce maintien de l'int&#233;grit&#233; d'EdF pourraient passer pour une protection, s'ils ne donnaient lieu &#224; des contraintes et &#224; des limitations, source de fragilit&#233;s futures. En effet toutes les entreprises &#233;lectriques ont diversifi&#233; leurs activit&#233;s, investi dans les telecom, l'international, les services aux collectivit&#233;s locales, elles y ont trouv&#233; des relais de croissance. Par ailleurs EdF, forte de sa rente dans le nucl&#233;aire n'a pas rationalis&#233; ses structures, ni comprim&#233; ces co&#251;ts, elle ne sera pas incit&#233;e &#224; le faire demain. Enfin comme malgr&#233; tout EdF doit afficher ses co&#251;ts de transport et pr&#233;senter des comptes d&#233;sint&#233;gr&#233;s par grande fonction, elle s'expose &#224; des contentieux &#224; r&#233;p&#233;tition de la part de concurrents qui pourront invoquer les subventions crois&#233;s entre clients &#233;ligibles et non-&#233;ligibles. A terme une EdF frileuse d&#233;fendant le monopole int&#233;gr&#233; risque d'&#234;tre oblig&#233;e par le Gouvernement de donner des gages &#224; la concurrence en achetant de l'&#233;nergie aux nouveaux producteurs &#224; un prix r&#233;mun&#233;rateur pour les concurrents donc excessif compte tenu de la surcapacit&#233; nucl&#233;aire ou en leur accordant des rentes sans pouvoir les concurrencer dans les services urbains ou les telecom.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi donc il n'est pas &#233;xag&#233;r&#233; de dire que la volont&#233; gouvernementale de donner un bail provisoire &#224; une conception archa&#239;que du service public aboutira &#224; la pire des solutions puisqu'elle combine inefficacit&#233; &#233;conomique, affaiblissement du champion national par atrophie de son chanp d'action, et pratique conservatrice d'une bureaucratie en panne. Il reste quelques mois pour &#233;viter ce scenario.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Air France, la strat&#233;gie perdant-perdant</title>
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&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de vitup&#233;rer contre les pilotes comme le fait une presse unanime, d'agiter la menace de la r&#233;quisition comme le fait une opposition qu'on a connue plus pusillanime quand elle &#233;tait au pouvoir, ou de manifester une intransigeance insoutenable quand on a &#233;t&#233; nomm&#233;, comme M.Spinetta, pour &#171; composer &#187; . &lt;br class='autobr' /&gt;
La crise actuelle est en effet le produit direct de 10 ans d'atermoiements politiques, strat&#233;giques et organisationnels. Il y a 10 ans d&#233;j&#224;, J.Friedman, alors Pr&#233;sident, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Il ne sert &#224; rien de vitup&#233;rer contre les pilotes comme le fait une presse unanime, d'agiter la menace de la r&#233;quisition comme le fait une opposition qu'on a connue plus pusillanime quand elle &#233;tait au pouvoir, ou de manifester une intransigeance insoutenable quand on a &#233;t&#233; nomm&#233;, comme M.Spinetta, pour &#171; composer &#187; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle est en effet le produit direct de 10 ans d'atermoiements politiques, strat&#233;giques et organisationnels. Il y a 10 ans d&#233;j&#224;, J.Friedman, alors Pr&#233;sident, propose d'ouvrir le capital de l'entreprise, il sait que le cours de bourse est un juge de paix avec lequel m&#234;me les pilotes doivent apprendre &#224; composer et il observe que la d&#233;r&#233;glementation partie des Etats Unis au d&#233;but des ann&#233;es 80 va modifier la donne du secteur. Le krach boursier de 1987 puis l'arriv&#233;e de la gauche au pouvoir en 1988 &#233;loignent la perspective du changement de statut. Exit Friedman.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir de 1988, la commission europ&#233;enne entreprend la d&#233;r&#233;glementation progressive du transport a&#233;rien. Au lieu d'inciter Air France &#224; se pr&#233;parer &#224; cette &#233;volution majeure, l'Etat c'est &#224; dire la DGAC s'emploie &#224; prot&#233;ger Air France contre les empi&#233;tements de Bruxelles, &#224; favoriser la constitution d'un monopole national par la reprise d'UTA et d'Air Inter et &#224; r&#233;server l'usage des meilleurs cr&#233;neaux des a&#233;roports parisiens au Groupe Air France. Sur le moment cette strat&#233;gie de gribouille ne produit pas d'effets car de 88 &#224; 90 le transport a&#233;rien conna&#238;t une tr&#232;s forte croissance qui incite Air France &#224; accro&#238;tre sa capacit&#233; de transport par achat massif d'avions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retournement du march&#233; r&#233;v&#233;l&#233; par la guerre du Golfe va plonger Air France dans une crise que tout laissait pr&#233;voir mais que les acteurs de l'&#233;poque, les Spinetta, Gourgeon, Attali et autres... n'avaient pas vu venir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet pendant que l'entreprise g&#233;rait de mani&#232;re chaotique la croissance, le monde du transport a&#233;rien connaissait une triple r&#233;volution : technologique avec la constitution de syst&#232;mes d'information puissants et int&#233;gr&#233;s comme Sabre, Amadeus ou Galileo ; commerciale avec le &#171; yield management &#187; qui permet l'optimisation de la recette par si&#232;ge ; organisationnelle avec la mise au point de structures &#171; hubs and spokes &#187; qui consistent &#224; rabattre la client&#232;le sur de grandes plates-formes a&#233;roportuaires pour int&#233;grer trafic local et international et optimiser la gestion du mat&#233;riel. Entre 91 et 93 le groupe Air France ne tire aucun profit des concentrations r&#233;alis&#233;es puisqu'il ne rationalise, ni ne regroupe les actifs et les personnels pour mieux les g&#233;rer. Le conglom&#233;rat de corporations qui contr&#244;lait AF avait tout fait pour qu'il en soit ainsi. Pire encore, pour obtenir l'autorisation de Bruxelles pour sa strat&#233;gie de concentration B.Attali accepte la d&#233;r&#233;glementation anticip&#233;e des lignes millionnaires. Air France affronte donc dans un &#233;tat d'impr&#233;paration totale la crise de 91.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De 1991 &#224; 1993 l'entreprise essaie d&#233;sesp&#233;r&#233;ment de r&#233;duire ses co&#251;ts, d'adapter ses structures, de colmater les br&#232;ches en c&#233;dant des actifs. Rien n'y fait ; l'arriv&#233;e au pouvoir d'E Balladur va pr&#233;cipiter la crise puisque l'entreprise sera soumise &#224; une injonction paradoxale : r&#233;duire les pertes mais en pr&#233;servant la paix sociale !&lt;br class='autobr' /&gt;
Pari impossible &#224; tenir qui conduit B.Attali &#224; durcir ses plans sociaux pour ob&#233;ir &#224; sa tutelle, &#224; pr&#233;server les pilotes pour &#233;viter la gr&#232;ve, il finira par obtenir la gr&#232;ve insurrectionnelle des personnels au sol. Exit Attali.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arrive Christian Blanc, un Pr&#233;sident politique, qui aime les rapports de force. En quelques mois il jette les bases du renouveau. Avec le r&#233;f&#233;rendum, il &#233;tablit une d&#233;mocratie directe et d&#233;stabilise d'embl&#233;e le syst&#232;me corporatiste qui r&#233;gissait l'entreprise. Avec la r&#233;volution commerciale, il dessine une perspective de croissance. Avec les partenariats strat&#233;giques, il programme la globalisation de la firme. Avec la recapitalisation et les trains d'&#233;conomie qu'il fait adopter, il assainit financi&#232;rement l'entreprise. Mais c'est la privatisation qui constitue la pi&#232;ce ma&#238;tresse de son dispositif. Celle-ci en effet devait permettre tout &#224; la fois de couper les ponts avec l'Etat, de responsabiliser et de mobiliser les pilotes, de faciliter les alliances et de mettre en accord statut et r&#233;alit&#233; &#233;conomique. La dissolution par Jacques Chirac de l'Assembl&#233;e Nationale va arr&#234;ter net le processus de privatisation engag&#233;. Dans le bras de fer qui suit entre Lionel Jospin d&#233;tenteur de la l&#233;gitimit&#233; politique et Christian Blanc, Pr&#233;sident d'une entreprise publique contr&#244;l&#233;e &#224; 100% par l'Etat, ce dernier ne pouvait que renoncer ou d&#233;missionner. Exit C.Blanc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective de la privatisation &#233;cart&#233;e, un ministre communiste qui voulait gouverner, un nouveau Pr&#233;sident qui agitait le concept inad&#233;quat de &#171; service public &#187; dans le transport a&#233;rien : toutes les conditions &#233;taient r&#233;unies pour que les pilotes desserrent l'&#233;treinte mortelle et se livrent au jeu qui leur avait tant r&#233;ussi du chantage effront&#233;. Que faire &#224; pr&#233;sent ? C&#233;der pour partie aux pilotes est probablement in&#233;vitable mais il ne tient qu'au Gouvernement de transformer ce recul provisoire en avanc&#233;e d&#233;cisive en pr&#233;parant rapidement la privatisation int&#233;grale de l'entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le cas Air France est exemplaire &#224; un triple titre, il illustre le fait que les solutions longtemps diff&#233;r&#233;es ne r&#232;glent rien et aggravent le co&#251;t pay&#233; par tous les acteurs quand l'heure de l'adaptation sonne, il d&#233;montre qu'une d&#233;cision politiquement l&#233;gitime mais &#233;conomiquement absurde finit par produire des effets industriels et sociaux d&#233;l&#233;t&#232;res, il montre comment dans certains contextes le choix ne peut se faire qu'entre des mauvaises solutions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>L'entreprise europ&#233;enne de d&#233;fense verra-t-elle le jour ? </title>
		<link>http://elie-cohen.eu/L-entreprise-europeenne-de-defense-verra-t-elle-le-jour.html</link>
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		<dc:date>1998-06-01T11:32:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Le Gouvernement fran&#231;ais vient de decider de maintenir l'ensemble des programmes d'armement, de demander un effort de compression des co&#251;ts aux industriels et d'augmenter le budget d'acquisition &#224; 85 milliards de F. Au m&#234;me moment les grands industriels europ&#233;ens du secteur (Bae, Dasa, Aerospatiale) et leurs gouvernements respectifs s'entendaient pour donner une impulsion d&#233;cisive &#224; la constitution d'une grande soci&#233;t&#233; europ&#233;enne civile et militaire (&#171; E &#187;) ayant vocation &#224; regrouper (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-1998-.html" rel="directory"&gt;1998&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le Gouvernement fran&#231;ais vient de decider de maintenir l'ensemble des programmes d'armement, de demander un effort de compression des co&#251;ts aux industriels et d'augmenter le budget d'acquisition &#224; 85 milliards de F. Au m&#234;me moment les grands industriels europ&#233;ens du secteur (Bae, Dasa, Aerospatiale) et leurs gouvernements respectifs s'entendaient pour donner une impulsion d&#233;cisive &#224; la constitution d'une grande soci&#233;t&#233; europ&#233;enne civile et militaire (&#171; E &#187;) ayant vocation &#224; regrouper l'ensemble des moyens europ&#233;ens dans l'a&#233;ronautique et l'espace. La raison l'aurait elle d&#233;finitivement emport&#233; sur les int&#233;r&#234;ts nationaux ? On aimerait le croire tant la n&#233;cessit&#233; et l'urgence commandent la r&#233;alisation d'une telle entreprise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une industrie fragment&#233;e et surcapacitaire, dont les march&#233;s se contractent du fait de la d&#233;flation des budgets d'&#233;quipement des arm&#233;es occidentales, dont les co&#251;ts de R&amp;D s'envolent, dont les clients r&#233;clament une baisse des prix unitaires a vocation &#224; comprimer ses co&#251;ts, &#224; supprimer les &#233;quipements et les sites redondants, &#224; rationaliser les structures et &#224; &#233;laguer les &#233;tats majors. Mais en m&#234;me temps une industrie de souverainet&#233;, fortement ancr&#233;e dans des territoires nationaux, et qui multiplie en son sein au niveau europ&#233;en des alliances bas&#233;es sur le principe du &#171; juste retour &#187; n'est pas a priori bien arm&#233;e pour proc&#233;der aux restructurations n&#233;cessaires. Ce dilemme a paralys&#233; jusqu'ici les Gouvernements, mais la mont&#233;e en puissance de l'industrie am&#233;ricaine, son agressivit&#233; commerciale et le risque de voir l'industrie europ&#233;enne se fondre dans des ensembles sous leadership am&#233;ricain ont h&#226;t&#233; la prise de conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La constitution de la soci&#233;t&#233; &#171; E &#187; pose un probl&#232;me de p&#233;rim&#232;tre, d'articulation avec les Etats et leurs agences d'armement, de management, de retomb&#233;es sociales et avant tout de structure actionnariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Choisir la strat&#233;gie la grande fusion dans une entreprise europ&#233;enne int&#233;gr&#233;e c'est prendre de plein fouet les probl&#232;mes n&#233;s de l'h&#233;t&#233;rog&#233;n&#233;it&#233; des logiques d'entreprise et de structures actionnariales puisque coexistent aujourd'hui dans le secteur les trois grandes vari&#233;t&#233;s capitalistes europ&#233;ennes : le mod&#232;le fran&#231;ais d'actionnariat public avec Aerospatiale dont la logique et technique et politique, le mod&#232;le anglais centr&#233; sur les march&#233;s financiers avec Bae contr&#244;l&#233;e par les fonds de pension et le mod&#232;le allemand des konzerns industriels appuy&#233;s par leur &#171; hausbank &#187; avec DASA. Fusionner de telles compagnies quand bien m&#234;mes seraient r&#233;gl&#233;s au pr&#233;alable les questions du p&#233;rim&#232;tre et de l'&#233;valuation reviendrait &#224; introduire dans la structure du capital deux blocs homog&#232;nes d'actionnaires l'un malgr&#233; tout priv&#233; (Dasa) et l'autre public (Etat fran&#231;ais) et une myriade de petits actionnaires anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du p&#233;rim&#232;tre : L'exp&#233;rience des restructurations men&#233;es aux Etats Unis enseigne qu' apr&#232;s diff&#233;rentes phases de consolidation horizontale, source d'&#233;conomies d'&#233;chelle les groupes de d&#233;fense se sont int&#233;gr&#233;s verticalement. Tr&#232;s concr&#232;tement cette &#233;volution pose le probl&#232;me de la place qui pourrait &#234;tre faite dans la soci&#233;t&#233; &#171; E &#187; &#224; Lagard&#232;re et aux activit&#233;s &#233;lectronique de d&#233;fense de Bae et Dasa. S'agissant des missiles, pour prendre un exemple, on voit bien l'alternative entre une structure bipolaire qui s'organise autour de Matra-Bae Dynamics d'un c&#244;t&#233; et d'Aerospatiale-Thomson de l'autre ou unipolaire par fusion des deux entit&#233;s et mise en concurrence pour les programmes nouveaux avec un missilier am&#233;ricain. Il va de soi alors que dans la soci&#233;t&#233; &#171; E &#187; Lagard&#232;re a toute sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de la valorisation des actifs Le formidable parcours boursier de BAE et GEC et leur excellente rentabilit&#233; interne pour des raisons qui tiennent &#224; la composition de leur portefeuille d'activit&#233;s, au mode de financement de la recherche et &#224; des rationalisations pr&#233;coces pose probl&#232;me d&#232;s lors que la fusion est envisag&#233;e au sein d'une soci&#233;t&#233; &#171; E &#187;. A l'inverse le portefeuille produits d'Aerospatiale est plus civil que militaire, la structure financi&#232;re a toujours &#233;t&#233; d&#233;s&#233;quilibr&#233;e, les ajustements sociaux ont toujours &#233;t&#233; diff&#233;r&#233;s et les co&#251;ts de d&#233;veloppement autofinanc&#233;s plus importants. Bref la rentabilit&#233; ne fut jamais l'objectif premier de l'entreprise. En cas de fusion une partie du fantastique &#233;cart que r&#233;v&#232;lent les valorisations boursi&#232;res constat&#233;es ou implicites seraient corrig&#233; mais seule une logique de march&#233; clairement adopt&#233;e par les acteurs nationaux de l'industrie de d&#233;fense permettrait le d&#233;collage des valorisations des apports.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question de l'actionnariat de &#171; E &#187;. Si pour des raisons de symbolique politique, la France maintenait l'exigence du contr&#244;le public d'Aerospatiale et donc de la Soci&#233;t&#233; &#171; E &#187; alors celle-ci ne verra pas le jour et on assistera &#224; une multiplication de soci&#233;t&#233;s sp&#233;cialis&#233;es coiff&#233;es par des holdings financi&#232;res &#233;vid&#233;es. L'&#233;difice institutionnel baroque qui voit l'Etat fran&#231;ais &#234;tre &#224; la fois l'acheteur, l'actionnaire, le financier de la recherche et l'entreprise &#234;tre &#224; la fois un strat&#232;ge impuissant, une entreprise sans r&#233;el actionnaire et un acteur progressivement d&#233;poss&#233;d&#233; de ses outils de conception et de production au profit de filiales int&#233;gr&#233;es, un tel &#233;difice donc persisterait, acc&#233;l&#233;rant ainsi le d&#233;clin de l'industrie fran&#231;aise et europ&#233;enne de d&#233;fense. Car il est faux de penser que Bae et Dasa n'ont pas de strat&#233;gie alternative. Il est parfaitement concevable que Bae et Gec se d&#233;veloppent outre-Atlantique, que Bae et Dasa s'allient formellement et s'imposent progressivement dans les soci&#233;t&#233;s communes que la France aura contribu&#233; &#224; former (Airbus, Matra-Bae Dynamics etc....). &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le&#231;ons des AGF pour le CIC</title>
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&lt;p&gt;Au moment o&#249; les AGF disparaissent du paysage financier fran&#231;ais pour se fondre dans le groupe Allianz sanctionnant ainsi l'imp&#233;ritie de tant de gouvernements incapables de comprendre les enjeux de la restructuration de l'industrie financi&#232;re, de tant de hauts fonctionnaires qui ont cru qu'il suffisait de d&#233;r&#233;glementer pour cr&#233;er un ordre de march&#233; et de tant de dirigeants pour qui l'&#233;chec r&#233;p&#233;t&#233; fut le meilleur tremplin pour les grandes carri&#232;res , il importe de ne pas reproduire les m&#234;mes (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-1998-.html" rel="directory"&gt;1998&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au moment o&#249; les AGF disparaissent du paysage financier fran&#231;ais pour se fondre dans le groupe Allianz sanctionnant ainsi l'imp&#233;ritie de tant de gouvernements incapables de comprendre les enjeux de la restructuration de l'industrie financi&#232;re, de tant de hauts fonctionnaires qui ont cru qu'il suffisait de d&#233;r&#233;glementer pour cr&#233;er un ordre de march&#233; et de tant de dirigeants pour qui l'&#233;chec r&#233;p&#233;t&#233; fut le meilleur tremplin pour les grandes carri&#232;res , il importe de ne pas reproduire les m&#234;mes erreurs avec la privatisation du CIC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire AGF avait soulev&#233; trois probl&#232;mes : la gestion de la transition d'un capitalisme national sans capitaux encastr&#233; dans l'Etat vers un capitalisme de march&#233;s financiers ; la concentration de la finance de d&#233;tail dans un march&#233; unique r&#233;gi par l'Euro ; le maintien sur le territoire national de centres de pouvoir financiers autonomes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les AGF comme l'ensemble des entreprises financi&#232;res fran&#231;aises ont souffert depuis le milieu des ann&#233;es 80 et jusqu'&#224; ses derniers mois d'une d&#233;r&#233;glementation brutale, d'une concurrence in&#233;gale avec les &#233;tablissements &#224; statut sp&#233;cial, d'une course aux fonds propres, d'une faiblesse dramatique de la rentabilit&#233; et d'une capitalisation boursi&#232;re notoirement insuffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les pouvoirs publics, dans un tel contexte auraient pu se donner comme objectif de rationaliser le secteur, de l'assainir et de favoriser l'&#233;mergence d'acteurs nationaux puissants. En cela ils n'auraient rien fait d'autre que ce que leurs coll&#232;gues allemands, su&#233;dois, italiens et espagnols avaient fait, tant il est vrai que la concentration dans le domaine des activit&#233;s de d&#233;tail de banque et d'assurance se fait sur une base essentiellement nationale. Les AGF dans ce contexte avaient alors vocation &#224; absorber le GAN et Ath&#233;na, comme la BNP avait vocation &#224; reprendre le CIC. De tels regroupements, outre qu'ils contribuaient &#224; rationaliser l'appareil de distribution de produits financiers avaient une &#233;minente vertu : ils permettaient de constituer de puissantes &#171; usines &#187; de services financiers appuy&#233;es sur la place de Paris et dont le co&#251;t &#233;tait amorti sur des r&#233;seaux de distribution int&#233;gr&#233;s plus vastes. Axa-Uap d'un c&#244;t&#233; et la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale de l'autre avaient montr&#233; la voie. Un alliage de professionnalisme, de continuit&#233; des &#233;quipes de direction, de croissance interne et d'achats de parts de march&#233; en France et &#224; l'&#233;tranger &#224; des prix raisonnables avaient permis &#224; ces entreprises de mieux tirer leur &#233;pingle du jeu que d'autres entreprises englu&#233;es dans la gestion au jour le jour, le m&#233;lange des genres politique et professionnel, les diversifications hasardeuses jamais suivies des restructurations n&#233;cessaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or il semble que nous soyons sur le point de reproduire avec le CIC les erreurs qui ont co&#251;t&#233; aux AGF leur ind&#233;pendance, et ce pour trois raisons : le conflit d'objectifs, le conflit des horizons temporels, l'illusion du march&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quel est l'objectif poursuivi par le Gouvernement en privatisant le CIC : est-il patrimonial, industriel, social, ou territorial ... ? Derri&#232;re chaque objectif se profile un type de solution mais une chose est sure tous les objectifs ne sont pas conciliables et toute solution retenue r&#233;v&#232;le de fait une structure de pr&#233;f&#233;rences. Eliminer la BNP et dans la foul&#233;e la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, c'est clairement renoncer &#224; la restructuration du secteur, &#224; la rationalisation de l'offre, c'est refuser la constitution d'acteurs financiers nationaux puissants. Choisir le Cr&#233;dit Mutuel, c'est rendre les armes devant les notables, les syndicats et la technostructure interne, c'est diff&#233;rer l'indispensable rationalisation du secteur et c'est prolonger un syst&#232;me pervers de concurrence entre &#233;tablissements expos&#233;s et banques &#224; statut sp&#233;cial. Consacrer ABN-Amro au nom d'une pr&#233;tendue contrainte europ&#233;enne, c'est de fait privil&#233;gier la valorisation du patrimoine public et poursuivre dans la voie d'abandon inaugur&#233;e avec les AGF.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les strat&#232;ges de Bercy, le choix du Cr&#233;dit Mutuel outre qu'il serait peu co&#251;teux socialement ouvrirait la voie &#224; l'&#233;volution du statut mutualiste. Ainsi la paralysie et l'impuissance pass&#233;es seraient abolies et la r&#233;forme impossible s'imposerait comme sous-produit d'une op&#233;ration financi&#232;re de circonstance. Cet argument serait &#233;ventuellement recevable s'il &#233;tait sans co&#251;ts pour d'autres acteurs. Or choisir le Cr&#233;dit Mutuel c'est introduire un nouvel acteur sur le march&#233; du cr&#233;dit aux P.M.E., c'est r&#233;duire la part de march&#233; des banques AFB, c'est maintenir la surcapacit&#233; de l'Offre et donc au total c'est exacerber une concurrence mortelle pour les marges et rendre plus vuln&#233;rables les banques AFB. Qu'on ne s'&#233;tonne pas d&#232;s lors si l'impensable survient et si la BNP se trouvait &#224; son tour dans l'oeil du cyclone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les esprits &#233;clair&#233;s trouvent d&#233;risoires les d&#233;bats sur la nationalit&#233; du capital &#224; l'&#232;re de la globalisation financi&#232;re. Si demain la BNP &#233;tait rachet&#233;e par la Dresdner comme les AGF viennent d'&#234;tre rachet&#233;s par Allianz cela n'aurait gu&#232;re d'importance d&#232;s lors que d'une part nous appartenons &#224; la m&#234;me Europe et que d'autre part des managements faillis seraient remplac&#233;s par des managements plus efficaces. L'argument est puissant mais il soul&#232;ve trois objections. D'une part dans l'Europe int&#233;gr&#233;e il se trouve que les bavarois se marient avec les bavarois dans la banque de d&#233;tail. D'autre part, d&#232;s lors que les centres de d&#233;cision financiers cessent d'&#234;tre nationaux, alors ce sont les places financi&#232;res locales, les emplois locaux et les comp&#233;tences locales qui sont mises en p&#233;ril. Enfin, qui peut croire qu'un pays qui n'a pas d'actionnaires professionnels et pas de fonds de pension pourrait maintenir sur son territoire des centres de pouvoir industriels autonomes apr&#232;s avoir perdu le contr&#244;le de ses principaux centres financiers.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.la-croix.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;La Croix&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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