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	<title>Elie Cohen</title>
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	<description>Directeur de recherche &#233;m&#233;rite au CNRS, &#201;lie Cohen est un &#233;conomiste dont les champs de recherche vont de l'&#233;conomie industrielle aux politiques publiques, de l'&#233;conomie internationale &#224; l'&#233;conomie politique de l'innovation.</description>
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		<title>La chute d'Enron : trader de l'&#232;re internet</title>
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&lt;p&gt;La faillite d'Enron fournit le symbole qui manquait jusqu'ici des ann&#233;es &#171; d&#233;r&#233;glementation &#187;. L'&#233;chec de l'entreprise sans actifs, obs&#233;d&#233;e par le b&#233;n&#233;fice par action, innovant dans un univers d&#233;r&#233;glement&#233; et faisant de l'internet la place de march&#233; universelle est &#233;clairant &#224; plus d'un titre. &lt;br class='autobr' /&gt;
Enron est au d&#233;part une entreprise gazi&#232;re poss&#233;dant quelques r&#233;seaux de gazoducs. Son int&#233;gration aval dans la production et la distribution d &#8216;&#233;lectricit&#233; au moment o&#249; le march&#233; s'ouvrait &#233;tait de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-2001-.html" rel="directory"&gt;2001&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La faillite d'Enron fournit le symbole qui manquait jusqu'ici des ann&#233;es &#171; d&#233;r&#233;glementation &#187;. L'&#233;chec de l'entreprise sans actifs, obs&#233;d&#233;e par le b&#233;n&#233;fice par action, innovant dans un univers d&#233;r&#233;glement&#233; et faisant de l'internet la place de march&#233; universelle est &#233;clairant &#224; plus d'un titre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enron est au d&#233;part une entreprise gazi&#232;re poss&#233;dant quelques r&#233;seaux de gazoducs. Son int&#233;gration aval dans la production et la distribution d &#8216;&#233;lectricit&#233; au moment o&#249; le march&#233; s'ouvrait &#233;tait de bonne guerre. Le choix fait dans un contexte de d&#233;r&#233;glementation de lancer une activit&#233; de trading electrique quoique plus risqu&#233; n'&#233;tait pas hors de port&#233;e pour un industriel de l'&#233;nergie. L'utilisation des ressources de l'internet pour organiser un march&#233; en ligne de l'&#233;lectricit&#233; t&#233;moignait de l'esprit d'entreprise des dirigeants qui en quelques ann&#233;es avaient fait d'une entreprise de transport local de gaz le leader mondial du trading energ&#233;tique. Enfin l'acquisition de Wessex Water au Royaume Uni et de la centrale de Dabhol en Inde pouvaient passer pour des avanc&#233;es dans la constitution d'un groupe &#171; multiutilities &#187; mondialis&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pourquoi donc en moins d'un an une entreprise qui pr&#233;tendait rivaliser avec Exxon, dont la valorisation avait atteint des niveaux stratosph&#233;riques en est elle r&#233;duite &#224; se d&#233;membrer en catastrophe et &#224; r&#233;clamer la protection due aux entreprises en faillite (chapter 11). L'explication tient en quelques mots : ubris du trader, entreprise sans actifs, cr&#233;ativit&#233; comptable et impunit&#233; des dirigeants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le succ&#232;s obtenu dans le trading energ&#233;tique va donner des ailes &#224; Enron qui en quelques ann&#233;es va lancer un march&#233; de la bande passante en Telecom, et va entrer sur le march&#233; des m&#233;taux, de l'acier, des &#171; weather d&#233;rivatives &#187; etc ... Or le march&#233; du trading est &#224; tr&#232;s haut risque, Enron y jouait le r&#244;le de teneur de march&#233; tout en &#233;tant une entreprise c&#244;t&#233;e somm&#233;e de produire des r&#233;sultats trimestriels. Le d&#233;gonflement de la bulle internet laisse &#224; d&#233;couvert Enron avec des engagements consid&#233;rables de bande passante, la crise electrique californienne qui un moment fait la fortune d'Enron, en se r&#233;sorbant, le laisse &#224; d&#233;couvert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les services publics en r&#233;seau ont cette caract&#233;ristique commune d'&#234;tre tres gourmands en capitaux . Investir dans des centrales &#233;lectriques, des r&#233;seaux de transport ou des syst&#232;mes d'adduction d'eau requiert beaucoup de capitaux en un temps de retour tres long. L&#224; aussi Enron va innover en inventant l'entreprise sans actifs. L'ancien Enron avait accumul&#233; des actifs, en les c&#233;dant fictivement il r&#233;alisait une triple affaire : sortir du bilan des immobilisations lourdes et donc du capital et des dettes, r&#233;aliser des plus values, r&#233;aliser des marges commerciales. Pour ce faire, il fallait des acheteurs fictifs et des investisseurs. En fait Enron entrait comme partenaire minoritaire dans des soci&#233;t&#233;s non consolid&#233;es tout en garantissant aux apporteurs de capitaux des clauses de sortie avantageuses. Enron deviendra rapidement un archipel de pres de 2000 fililales, partnerships, joint ventures etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la trop grande habilet&#233; de dirigeants vendant leurs actions au plus haut, se servant de consid&#233;rables bonus sur les transactions tout en rendant leurs comptes litt&#233;ralement inv&#233;rifiables &#224; cause de l'importance du hors bilan, de la complexit&#233; des cessions internes, de la dissimulation des garanties offertes aux investisseurs, illustrent la fronti&#232;re t&#233;nue entre l'usage cr&#233;atif de la Loi et la quasi d&#233;linquance financi&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quels enseignements tirer de cette faillite spectaculaire ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re est qu'une fois de plus les entreprises font l'exp&#233;rience de la cyclicit&#233; des activit&#233;s, on ne peut b&#226;tir la prosp&#233;rit&#233; d'une entreprise sur les dysfonctionnements provisoires d'un march&#233; fut il le march&#233; &#233;lectrique californien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me est que le m&#233;tier de trader est incompatible avec celui d'entreprise c&#244;t&#233;e de surcroit lorsque le bien commercialis&#233; est destin&#233; &#224; une virtualit&#233; de march&#233; (bande passante).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin la r&#233;gulation financi&#232;re r&#233;v&#232;le ses imperfections structurelles : l'asym&#233;trie d'information entre l'entreprise innovante et le r&#233;gulateur para&#238;t difficile &#224; combler. M&#234;me l'intervention des agences de notation , des analystes et des gestionnaires du risque paraissent impuissantes &#224; combler ce foss&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le navire France Telecom tangue dans la temp&#234;te </title>
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		<description>
&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s sa privatisation partielle, le navire France T&#233;l&#233;com tangue aujourd'hui en pleine temp&#234;te, confront&#233; au massacre de son titre en bourse et &#224; une grogne syndicale interne qui monte. Pour la premi&#232;re fois depuis son entr&#233;e &#224; la Bourse de Paris, l'action France T&#233;l&#233;com a d&#233;gringol&#233; cette semaine sous son premier cours (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-2001-.html" rel="directory"&gt;2001&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quatre ans apr&#232;s sa privatisation partielle, le&lt;br class='autobr' /&gt; navire France T&#233;l&#233;com tangue aujourd'hui en pleine&lt;br class='autobr' /&gt; temp&#234;te, confront&#233; au massacre de son titre en&lt;br class='autobr' /&gt; bourse et &#224; une grogne syndicale interne qui&lt;br class='autobr' /&gt; monte. Pour la premi&#232;re fois depuis son entr&#233;e &#224; la Bourse&lt;br class='autobr' /&gt; de Paris, l'action France T&#233;l&#233;com a d&#233;gringol&#233; cette&lt;br class='autobr' /&gt; semaine sous son premier cours de cotation du 20&lt;br class='autobr' /&gt; octobre 1997 (215 francs ou 32,78 euros).Cot&#233;e &#224; 28,80 EUR vendredi, elle s'approche&lt;br class='autobr' /&gt; dangereusement du prix plancher de 182 FF (27,74&lt;br class='autobr' /&gt; EUR) auquel elle avait &#233;t&#233; vendue &#224; l'&#233;poque aux&lt;br class='autobr' /&gt; particuliers. Depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e, le titre a perdu 67% de&lt;br class='autobr' /&gt; sa valeur. La capitalisation de l'ensemble France&lt;br class='autobr' /&gt; T&#233;l&#233;com p&#232;se moins lourd sur le march&#233; que celle&lt;br class='autobr' /&gt; de sa filiale mobile Orange. De quoi inqui&#233;ter les&lt;br class='autobr' /&gt; petits porteurs et les salari&#233;s du groupe, qui&lt;br class='autobr' /&gt; d&#233;tiennent respectivement 28,9% et 3% de son&lt;br class='autobr' /&gt; capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfant ch&#233;ri du march&#233; parisien au temps de l'euphorie pour les valeurs technologiques (le 2 mars&lt;br class='autobr' /&gt; 2000, son action cotait 219 EUR), l'op&#233;rateur historique fran&#231;ais paie aujourd'hui l'&#233;clatement de la&lt;br class='autobr' /&gt; bulle des t&#233;l&#233;coms et de l'internet et le prix d'une expansion agressive &#224; l'international. En d&#233;boursant l'an pass&#233; une quarantaine de milliards d'euros pour acheter Orange au britannique&lt;br class='autobr' /&gt; Vodafone, France T&#233;l&#233;com s'est hiss&#233; au deuxi&#232;me rang de la t&#233;l&#233;phonie mobile en Europe avec&lt;br class='autobr' /&gt; 35,5 millions de clients.Mais l'op&#233;ration et l'argent investi dans l'acquisition de licences UMTS de 3&#232;me g&#233;n&#233;ration ont&lt;br class='autobr' /&gt; plomb&#233; ses finances. Fin juin, la dette a atteint le niveau record de 64,9 mds EUR, presque deux&lt;br class='autobr' /&gt; fois le chiffre d'affaires 2000 (33,6 mds EUR).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fini le temps o&#249; Michel Bon &#233;tait surnomm&#233; &#034;l'homme qui valait 1.000 milliards&#034;, en r&#233;f&#233;rence au&lt;br class='autobr' /&gt; poids en francs de son groupe en bourse : le pr&#233;sident de France T&#233;l&#233;com rame maintenant &#224;&lt;br class='autobr' /&gt; contre-courant de march&#233;s versatiles. France T&#233;l&#233;com affiche encore des b&#233;n&#233;fices juteux (1,951 md EUR au premier semestre) et&lt;br class='autobr' /&gt; pr&#233;voit une croissance de 25% du chiffre d'affaires 2001. Mais le discours de M. Bon sur ces &#034;fondamentaux solides&#034; ne passe plus aupr&#232;s des investisseurs qui, apr&#232;s avoir longtemps vant&#233; sa strat&#233;gie, doutent ouvertement de sa capacit&#233; &#224; r&#233;duire d'au&lt;br class='autobr' /&gt; moins un tiers la dette du groupe d'ici fin 2003 comme il le promet. &#034;Je suis pleinement confiant, bien entendu, sur France T&#233;l&#233;com&#034;, est intervenu en soutien vendredi&lt;br class='autobr' /&gt; le gouverneur de la Banque de France Jean-Claude Trichet sur LCI.Mais le malaise gagne aussi le coeur de France T&#233;l&#233;com : ses personnels. &#034;Le malheur, c'est&lt;br class='autobr' /&gt; simple comme un coup de bourse&#034;, a ironis&#233; cette semaine SUD-PTT, deuxi&#232;me syndicat du&lt;br class='autobr' /&gt; groupe, pastichant une vieille publicit&#233; maison qui voulait que &#034;le bonheur&#034; soit &#034;simple comme un&lt;br class='autobr' /&gt; coup de fil&#034;. La chute de l'action France T&#233;l&#233;com risque fort, si elle perdure, de r&#233;duire &#224; n&#233;ant la paix sociale&lt;br class='autobr' /&gt; relative de l'entreprise. Elle touche en effet directement au portefeuille des salari&#233;s qui avaient&lt;br class='autobr' /&gt; massivement souscrit &#224; 92% aux deux tranches de privatisation d'octobre 1997 et de novembre&lt;br class='autobr' /&gt; 1998.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce plongeon boursier pr&#233;sage-t-il d'une rentr&#233;e chaude ? La f&#233;d&#233;ration CGT des PTT a en tous cas&lt;br class='autobr' /&gt; appel&#233; vendredi &#224; la &#034;mobilisation&#034; et r&#233;clam&#233; &#224; Michel Bon des garanties sur l'emploi et une&lt;br class='autobr' /&gt; revalorisation des salaires, tandis que FO jugeait la situation de l'entreprise &#034;pr&#233;occupante&#034;. Fin ao&#251;t d&#233;j&#224;, la CFTC avait accus&#233; France T&#233;l&#233;com de vouloir supprimer 11.000 emplois dans ses&lt;br class='autobr' /&gt; agences commerciales, ce que d&#233;ment la direction. Arrach&#233;e il y a quatre ans au Premier ministre Lionel Jospin par Dominique Strauss-Kahn, alors&lt;br class='autobr' /&gt; ministre de l'Economie, l'ouverture du capital de France T&#233;l&#233;com servait encore il y a peu de&lt;br class='autobr' /&gt; vitrines aux promoteurs de l'actionnariat salari&#233;. Elle menace aujourd'hui d'en devenir le&lt;br class='autobr' /&gt; contre-exemple.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lexpansion.com" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;L'Expansion&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>En marge de Doha</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/En-marge-de-Doha.html</link>
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		<description>
&lt;p&gt;La contestation de la mondialisation est sans doute durablement install&#233;e dans notre paysage politique. De ce point de vue le succ&#232;s de la Taxe Tobin aupr&#232;s des responsables politiques de droite comme de gauche montre bien que la raison &#233;conomique p&#232;se peu lorsqu'une proposition entre en r&#233;sonance avec un &#233;tat de l'opinion publique. Nombre de Fran&#231;ais partagent l'id&#233;e que le monde est plus instable, plus in&#233;galitaire et qu'il m&#233;rite d'&#234;tre mieux organis&#233;. En m&#234;me temps ils ne peuvent qu'&#234;tre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La contestation de la mondialisation est sans doute durablement install&#233;e dans notre paysage politique. De ce point de vue le succ&#232;s de la Taxe Tobin aupr&#232;s des responsables politiques de droite comme de gauche montre bien que la raison &#233;conomique p&#232;se peu lorsqu'une proposition entre en r&#233;sonance avec un &#233;tat de l'opinion publique. Nombre de Fran&#231;ais partagent l'id&#233;e que le monde est plus instable, plus in&#233;galitaire et qu'il m&#233;rite d'&#234;tre mieux organis&#233;. En m&#234;me temps ils ne peuvent qu'&#234;tre s&#233;duits par un dispositif qui leur dit-on taxe les sp&#233;culateurs, redistribue les richesses au niveau mondial, r&#233;gule le syst&#232;me financier international, sans impliquer le moindre effort contributif personnel. S'il fallait une illustration suppl&#233;mentaire de la difficult&#233; &#224; d&#233;battre des enjeux de la lib&#233;ralisation des &#233;changes, il suffirait d'&#233;voquer l'affaire des tri th&#233;rapies. Les multinationales pharmaceutiques ont &#233;t&#233; crucifi&#233;es parce qu'elles entendaient d&#233;fendre les r&#232;gles de propri&#233;t&#233; intellectuelle. L'id&#233;e qu'un m&#233;dicament existe et que des gens meurent parce qu'ils ne sont pas trait&#233;s heurte les sensibilit&#233;s, &#224; juste titre. Pourtant la solution qui consiste &#224; d&#233;clarer &#171; biens d'humanit&#233; &#187; les m&#233;dicaments ne r&#232;gle en rien le financement de la recherche pharmaceutique et ne fournit gu&#232;re de substitut aux r&#232;gles de protection de la propri&#233;t&#233; intellectuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faut-il malgr&#233; tout r&#233;pondre aux critiques des anti-mondialistes et &#233;valuer leurs propositions ? Faut-il argumenter, mobiliser les le&#231;ons de l'exp&#233;rience, invoquer les r&#233;sultats les mieux &#233;tablis de la th&#233;orie. L'effort parait vain mais il faut le tenter ne serait ce que pour expliciter les enjeux et mettre les citoyens du monde face &#224; leurs responsabilit&#233;s nouvelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les faillites du d&#233;veloppement des pays du Sud sah&#233;lien, les &#224; coups de la croissance sud am&#233;ricaine sont parfois &#233;voqu&#233;es pour mettre en cause la logique de lib&#233;ralisation des &#233;changes et de leur r&#233;gulation par l'OMC. Faut-il mettre en cause l'ouverture, r&#233;inventer le protectionnisme ? Certains anti-mondialistes le pensent malgr&#233; les &#233;checs av&#233;r&#233;s des syst&#232;mes sovi&#233;tiques et d&#233;veloppementistes. Il faut clairement les isoler. Pour autant la lib&#233;ralisation, la d&#233;r&#233;glementation et la privatisation ne sont pas, loin de l&#224;, toujours la solution . La question du d&#233;veloppement, de l'aide publique, voire m&#234;me d'une solidarit&#233; fiscale entre peuples peut &#234;tre alors pos&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les concessions excessives faites &#224; Marrakech par les Pays en voie de d&#233;veloppement, notamment sur la propri&#233;t&#233; intellectuelle et les services sont invoqu&#233;es en faveur d'un arr&#234;t du mouvement de lib&#233;ralisation. S'il est vrai que les pays d&#233;velopp&#233;s n'ont pas toujours resp&#233;ct&#233; leurs engagements en mati&#232;re de lib&#233;ralisation des importations textiles et ont maintenu des subventions agricoles ou des dispositifs anti dumping p&#233;nalisants, la solution ne r&#233;side pas dans l'arr&#234;t du processus . C'est une explicitation des conditions dans lesquelles les PVD peuvent faire valoir les droits qui leur sont reconnus en mati&#232;re de propri&#233;t&#233; intellectuelle et une r&#233;affirmation des calendriers de lib&#233;ralisation des importations qu'il faut plut&#244;t rechercher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir excessif acquis par l'OMC et notamment pas son instance de r&#232;glement des diff&#233;rends est stigmatis&#233; : il incarnerait le triomphe des technocrates sur les politiques. L&#224; aussi une difficult&#233; r&#233;elle est point&#233;e mais le diagnostic est erron&#233; et la solution envisag&#233;e, r&#233;gressive. L'OMC tranche des diff&#233;rends commerciaux, c'est son r&#244;le. Mais il y a de moins en moins de sujets commerciaux purs, que se passe t il quand il y a conflit de normes, comme dans le b&#339;uf aux hormones (norme commerciale contre norme sanitaire) ou le travail des enfants (norme commerciale contre norme sociale) ou la p&#234;che de crevettes (norme commerciale contre norme &#233;cologique). La r&#233;ponse est simple : il n'y a pas de hi&#233;rarchie de normes. Les protocoles de Montr&#233;al ou les r&#232;gles de l'OIT ne sont pas opposables &#224; l'OMC. Raison de plus pour mettre au travail les politiques pour qu'ils se saisissent de ces arbitrages, pour qu'ils bouchent les trous du syst&#232;me de r&#233;gulation au lieu d'incriminer les technocrates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le m&#233;rite des anti-mondialistes est de mettre le doigt sur les insuffisances de la r&#233;gulation, sur la persistance de la grande pauvret&#233;, sur les effets d&#233;vastateurs des crises. L'existence m&#234;me de ces oppositions contribue &#224; la prise de conscience d'une responsabilit&#233; commune des citoyens de notre plan&#232;te. Le dialogue s'impose donc avec les antimondialistes, ne serait-ce que pour faire la part entre ceux qui veulent &#233;largir et affiner la r&#233;gulation et les &#233;ternels protectionnistes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Doha / OIT</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Doha-OIT.html</link>
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&lt;p&gt;Apr&#232;s le 11 Septembre, Doha ne pouvait pas &#233;chouer. A l'inverse, on n'abolit pas en une nuit les &#233;go&#239;smes sacr&#233;s. R&#233;sultat : les nouveaux sujets - investissement, environnement et normes socales - sont renvoy&#233;s &#224; l'apr&#232;s 2003 et un agenda light a &#233;t&#233; adopt&#233;. Faut-il s'en affliger ? &lt;br class='autobr' /&gt; En mati&#232;re de normes sociales, le probl&#232;me n'est pas tant d'en &#233;dicter de nouvelles que de les rendre opposables &#224; l'OMC. L'OIT a beau adopter des protocoles bannissant le travail des enfants, proclamant la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-2001-.html" rel="directory"&gt;2001&lt;/a&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s le 11 Septembre, Doha ne pouvait pas &#233;chouer. A l'inverse, on n'abolit pas en une nuit les &#233;go&#239;smes sacr&#233;s. R&#233;sultat : les nouveaux sujets - investissement, environnement et normes socales - sont renvoy&#233;s &#224; l'apr&#232;s 2003 et un agenda light a &#233;t&#233; adopt&#233;. Faut-il s'en affliger ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En mati&#232;re de normes sociales, le probl&#232;me n'est pas tant d'en &#233;dicter de nouvelles que de les rendre opposables &#224; l'OMC. L'OIT a beau adopter des protocoles bannissant le travail des enfants, proclamant la libert&#233; syndicale et prot&#233;geant les droits de la femme, ceux-ci ne sont pas opposables &#224; l'OMC. C'est donc un probl&#232;me d'inter-r&#233;gulation qu'il faut r&#233;soudre. Cette t&#226;che est d'autant plus difficile &#224; mener que l'OMC a gagn&#233; en puissance depuis qu'il s'est dot&#233; d'un pouvoir indirect de sanction avec l'ORD, que les pays &#233;mergents soup&#231;onnent les pays d&#233;velopp&#233;s de poursuivre des objectifs protectionnistes, et que les champions du march&#233; croient que les labels et les codes de bonne conduite suffisent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que faire ? A Doha, on a accept&#233; de r&#233;fl&#233;chir &#224; la conciliation des logiques commerciale et environnementale. Si l'on parvient &#224; donner une port&#233;e op&#233;rationnelle &#224; la notion de &#171; principe de pr&#233;caution &#187;, alors la voie serait ouverte pour les normes sociales. La proc&#233;dure envisageable serait la suivante : en situation de conflit commercial comportant une dimension sociale, l'ORD de l'OMC demanderait un avis &#171; d&#233;terminant &#187; &#224; l'OIT, l'OMC serait alors tenu de l'adopter ou d'expliquer pourquoi elle ne l'adopte pas . La voie de l'int&#233;r&#233;gulation me semble, &#224; tout prendre, plus r&#233;aliste sur la longue dur&#233;e que le grand soir politique, encore faut-il que la perc&#233;e r&#233;alis&#233;e &#224; Doha se concr&#233;tise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.liberation.fr" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Lib&#233;ration&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>L'apr&#232;s 11 Septembre</title>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis le 11 Septembre, le Gouvernement Bush a d&#233;cid&#233; de stimuler fortement l'activit&#233; &#233;conomique, il a lanc&#233; des initiatives de reconqu&#234;te par l'Etat r&#233;galien de domaines jusqu'alors abandonn&#233;s au march&#233; autor&#233;gulateur, mis entre parenth&#232;se les disciplines de march&#233; pour les entreprises faillies (transport a&#233;rien), annul&#233; les restrictions de rachat d'actions par les entreprises pour &#233;viter un krach &#224; Wall Street, lanc&#233; des initiatives coordonn&#233;es en mati&#232;re de sant&#233; publique et demand&#233; au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Depuis le 11 Septembre, le Gouvernement Bush a d&#233;cid&#233; de stimuler fortement l'activit&#233; &#233;conomique, il a lanc&#233; des initiatives de reconqu&#234;te par l'Etat r&#233;galien de domaines jusqu'alors abandonn&#233;s au march&#233; autor&#233;gulateur, mis entre parenth&#232;se les disciplines de march&#233; pour les entreprises faillies (transport a&#233;rien), annul&#233; les restrictions de rachat d'actions par les entreprises pour &#233;viter un krach &#224; Wall Street, lanc&#233; des initiatives coordonn&#233;es en mati&#232;re de sant&#233; publique et demand&#233; au Congres un nouveau &#171; fast track &#187; pour n&#233;gocier &#224; Doha. Ce n'est pas seulement l'Etat keyn&#233;sien, l'Etat r&#233;gulateur qui seraient de retour mais &#233;galement l'Etat redistributeur et l'Etat maillon d'une gouvernance mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une bonne mani&#232;re de prendre la mesure des &#233;volutions en cours est encore de revenir sur l'avant 11 Septembre pour y rep&#233;rer les questions qui faisaient alors d&#233;bat et voire en quoi les &#233;v&#232;nements dramatiques ont chang&#233; ou non la donne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois questions occupaient essentiellement alors les esprits. La premi&#232;re tenait &#224; la qualification de la croissance am&#233;ricaine au-del&#224; des effets de cycle. Avec la nouvelle &#233;conomie, &#233;tait-on sur un sentier de croissance durablement plus &#233;lev&#233; du fait des gains de productivit&#233; provoqu&#233;s par l'usage massif des NTIC ? La deuxi&#232;me tenait au &#171; backlash &#187; observ&#233; en mati&#232;re de mondialisation. La mont&#233;e des oppositions de toutes natures &#224; la mondialisation, le r&#233;veil des antagonismes Nord/Sud, la tentation isolationniste-unilat&#233;raliste am&#233;ricaine pouvaient l&#233;gitimement inqui&#233;ter quant &#224; l'avenir de la lib&#233;ralisation des march&#233;s et de la r&#233;gulation mondiale . La troisi&#232;me portait sur les effets de la d&#233;r&#233;glementation. L'effondrement du r&#233;seau &#233;lectrique californien comme le e-krach ont conduit nombre d'observateurs &#224; s'interroger sur les vertus de la d&#233;r&#233;glementation &#233;lectrique et financi&#232;re. Certes dans les deux cas, il s'agissait davantage de probl&#232;mes d'articulation public/priv&#233; que de r&#233;elle d&#233;r&#233;glementation mais le non respect des murailles de Chine dans les institutions financi&#232;res et les erreurs de design institutionnel dans la r&#233;gulation des &#171; utilities &#187; ont bien eu des effets pr&#233;judiciables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'ajoute ou que change &#224; ces questions le 11 Septembre ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la &#171; Nouvelle Economie &#187;, il est raisonnable de penser que la direction actuelle ne sera que marginalement infl&#233;chie : destruction de surcapacit&#233;s, investissements de productivit&#233; et non de croissance, r&#233;orientation vers la s&#233;curit&#233; des syst&#232;mes, reprise des march&#233;s de D&#233;fense. Le fait que les gains de productivit&#233; aient r&#233;sist&#233; &#224; la brutale d&#233;c&#233;l&#233;ration de l'&#233;conomie prouve au moins que l'investissement massif r&#233;alis&#233; dans les ann&#233;es 90 va continuer &#224; produire des effets. L'enjeu, on le sait, au del&#224; des gains de productivit&#233; dus au surinvestissement notamment dans le secteur des NTIC est la diffusion des gains de productivit&#233; dans les secteurs utilisateurs.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est assur&#233;ment la mondialisation et sa gouvernance qui m&#233;ritent la r&#233;flexion la plus attentive. Au premier abord le mouvement anti-mondialisation a subi un revers d&#233;cisif. Quand le terrorisme frappe, la taxe Tobin devient d&#233;risoire.. Faut il craindre alors un effet restrictif sur les &#233;changes, sur les flux directs d'investissement, bref sur l'ouverture des &#233;conomies. Logiquement, pass&#233; le premier moment d'inqui&#233;tude les &#233;changes devraient reprendre leur trajectoire ant&#233;rieure. Les circonstances actuelles sont elles porteuses alors de plus de coordination, de multilat&#233;ralisme et de solidarit&#233; ou de moins. On peut soutenir que la grande alliance antri-terroriste aura pour contreparties des avanc&#233;es en mati&#232;re de d&#233;veloppement, de pr&#233;servation de l'environnement, bref de gouvernance mondiale. Mais on peut tout autant soutenir que l'unilat&#233;ralisme sort renforc&#233;, les Etats Unis qui agissent seuls militairement et m&#234;me contre le blanchiement de l'argent sale peuvent persister dans cette voie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour de l'Etat semble moins contestable. Non pas tant du fait de la relance keyn&#233;sienne, ni m&#234;me de la coordination entre autorit&#233;s mon&#233;taires et budg&#233;taires, ni encore du fait du rel&#226;chement de contraintes r&#233;glementaires, la novation est &#224; la fois plus simple et plus durable : une nation confront&#233;e &#224; l'adversit&#233; a besoin d'un Etat r&#233;galien qui marche. Les menaces de terrorisme bact&#233;riologique, les questions de s&#233;curit&#233; a&#233;rienne et a&#233;roportuaires, la trop grande d&#233;pendance &#224; l'&#233;gard du transport a&#233;rien rendent n&#233;cessairement un Etat qui fonctionne, arbitre et prot&#232;ge.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#233;gulation concurrentielle et contr&#244;le des concentrations</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Regulation-concurrentielle-et-controle-des-concentrations.html</link>
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&lt;p&gt;L'interdiction de la fusion Schneider-Legrand par la Commission europ&#233;enne a suscit&#233; l'ire des responsables politiques fran&#231;ais qui y voient une entrave au d&#233;veloppement de firmes ins&#233;r&#233;es dans une &#233;conomie mondialis&#233;e, une mesure d&#233;stabilisatrice pour un groupe d&#233;j&#224; fusionn&#233; apr&#232;s une OPE r&#233;ussie, une marque d'autoritarisme et d'impr&#233;visibilit&#233; des autorit&#233;s bruxelloises. Cette col&#232;re se double d'une mise en cause du Trait&#233; de Rome, con&#231;u pour favoriser, &#224; marche forc&#233;e, la cr&#233;ation d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-2001-.html" rel="directory"&gt;2001&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'interdiction de la fusion Schneider-Legrand par la Commission europ&#233;enne a suscit&#233; l'ire des responsables politiques fran&#231;ais qui y voient une entrave au d&#233;veloppement de firmes ins&#233;r&#233;es dans une &#233;conomie mondialis&#233;e, une mesure d&#233;stabilisatrice pour un groupe d&#233;j&#224; fusionn&#233; apr&#232;s une OPE r&#233;ussie, une marque d'autoritarisme et d'impr&#233;visibilit&#233; des autorit&#233;s bruxelloises. Cette col&#232;re se double d'une mise en cause du Trait&#233; de Rome, con&#231;u pour favoriser, &#224; marche forc&#233;e, la cr&#233;ation d'un march&#233; commun et qui aujourd'hui d&#233;sarmerait l'Europe dans le contexte de la mondialisation. L'&#233;chec d'une concentration aboutit &#224; une fragilisation des deux entreprises impliqu&#233;es. Le risque d'absorption d'entreprises europ&#233;ennes sous dimensionn&#233;es par des entreprises am&#233;ricaines qui elles, profitent depuis deux si&#232;cles d'un march&#233; continental devient insupportable pour les politiques et les industriels concern&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la col&#232;re du Gouvernement am&#233;rcain suite au rejet d'une fusion d&#233;j&#224; accept&#233;e par le r&#233;gulateur europ&#233;en montre que l'enjeu est plus vaste. Le fait que la Commission europ&#233;enne puisse interdire l'union de GE et d'Honeywell montre qu'&#224; l'&#232;re de la mondialisation, l'organisation du march&#233; am&#233;ricain peut d&#233;pendre du r&#233;gulateur europ&#233;en.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces contestations de part et d'autre de l'Atlantique montrent que l'enjeu est celui de la r&#233;gulation concurrentielle &#224; l'&#232;re du capitalisme mondialis&#233;. Trois probl&#232;mes m&#233;ritent en fait une &#233;tude attentive. Faut-il r&#233;primer l'abus de position dominante, une fois constat&#233;, (r&#233;pression de comportements) ou pr&#233;venir la formation de groupes pouvant user de leur pouvoir de march&#233; (action sur les structures) ? Faut-il poursuivre le seul objectif de maximisation de bien &#234;tre du consommateur ou int&#233;grer des logiques de politique industrielle ? Faut-il donner du &#171; march&#233; pertinent &#187; la d&#233;finition nationale la plus &#233;troite dans un contexte de mondialisation ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On constate depuis le d&#233;but des ann&#233;es 80 une acc&#233;l&#233;ration des vagues de concentration. La mondialisation, l'int&#233;gration europ&#233;enne, la d&#233;r&#233;glementation la mont&#233;e des droits de propri&#233;t&#233;, la r&#233;volution des NTIC en ont &#233;t&#233; les moteurs. Ce mouvement ne doit pourtant masquer ni le caract&#232;re cyclique de ces vagues de fusions, ni les d&#233;terminants des concentrations r&#233;ussies, ni les &#233;checs significatifs constat&#233;s avec le temps, ni le r&#244;le des autorit&#233;s de r&#233;gulation. Contrairement &#224; ce que l'on croit trop souvent la concentration, c'est-&#224;-dire la substitution d'une logique organisationnelle &#224; une logique de march&#233;, n'est pas la panac&#233;e, elle n'est justifi&#233;e que lorsqu'elle r&#233;duit les co&#251;ts de transaction et g&#233;n&#232;re des &#233;conomies d'&#233;chelle et d'envergure or on sait que les incompatibilit&#233;s de culture d'entreprises, les co&#251;ts de gestion d'ensembles trop disparates peuvent g&#233;n&#233;rer des d&#233;s&#233;conomies d'&#233;chelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nombre de rapprochements pr&#233;sent&#233;s comme strat&#233;giques en t ont &#233;t&#233; d&#233;faits en t1, rappelons nous des diversifications dans la d&#233;fense des firmes automobiles, dans les sciences de la vie des firmes chimiques, dans l'informatique des firmes de t&#233;l&#233;communications etc... Mais il arrive aussi que la main visible du r&#233;gulateur fasse son &#339;uvre. Dans chacun des cas historiquement observ&#233; aux Etats-unis, la s&#233;quence, parfois tr&#232;s longue, est la m&#234;me : une entreprise s'&#233;tant progressivement hiss&#233;e, par acquisition et-ou croissance organique, &#224; une position h&#233;g&#233;monique dans un secteur crucial (p&#233;trole, &#233;lectricit&#233;, radio-TV, informatique, Telecom, logiciels ...), a &#233;t&#233; accus&#233;e non seulement de pratiquer des prix abusifs, mais d'avoir st&#233;rilis&#233; le march&#233; et frein&#233; l'innovation. D&#233;mantel&#233;e ou recentr&#233;e la firme dominante n'est jamais sortie intacte de ces proc&#233;dures. L'agonie d'ATT et la r&#233;sistance de Microsoft en t&#233;moignent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, le contr&#244;le de concentrations, quoique plus tardif a d&#233;marr&#233; en fanfare avec l'affaire De Havilland. Un groupement d'entreprises europ&#233;ennes entendait alors par cette acquisition constituer un leader mondial du transport r&#233;gional. Le refus oppos&#233; par la DG4 va faire d&#233;couvrir la notion de &#171; march&#233; pertinent &#187;. dans ce cas, il s'agit non du march&#233; du transport a&#233;rien, non du march&#233; des avions de moins de 100 places, non du march&#233; du transport r&#233;gional mais du march&#233; des avions &#224; h&#233;lices de 40 &#224; 70 places. Apr&#232;s ce coup d'&#233;clat, la DG4 va tr&#232;s habilement peser sur les fusions en mena&#231;ant d'interdire plus qu'en interdisant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus pr&#232;s de nous en refusant la fusion Volvo-Saab dans le v&#233;hicule industriel, la Commission pose un principe fort :la concentration ne s'appr&#233;cie pas au niveau du march&#233; domestique europ&#233;en mais dans un pays ou un groupe de pays. La fusion Volvo-Saab aboutissant &#224; une position tr&#232;s largement dominante dans les pays nordiques, la Commission l'a interdite. Le raisonnement est &#224; trois temps : la Commission se dit investie d'une mission d'ordre quasi-constitutionnel de d&#233;fense des int&#233;r&#234;ts du consommateur europ&#233;en, ce faisant elle acc&#233;l&#232;re l'int&#233;gration europ&#233;enne et pr&#233;vient les &#233;ventuels abus de position dominante. Cette position ne manque pas de force car elle mobilise une politique de structures pour pr&#233;venir d'&#233;ventuels comportements d&#233;lictueux, elle refuse toute notion de politique industrielle et manifeste que les ancrages nationaux en mati&#232;re de consommation et d'habitudes d'achat restent plus marquants que les effets de l'int&#233;gration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'affaire GE-Honeywell permet &#224; la Commission d'affiner sa doctrine des effets de structure de march&#233; sur les comportements. En rachetant Honeywell, GE fait d'une pierre trois coups, il &#233;limine un concurrent, il int&#232;gre verticalement son activit&#233; d'&#233;quipementier a&#233;ronautique et il se met en situation de mobiliser son activit&#233; leasing a&#233;ronautique au profit de ses activit&#233;s industrielles d'&#233;quipementier a&#233;ronautique et de motoriste. Pour la Commission, l'affaire est ardue politiquement -le soup&#231;on de favoriser Airbus-, techniquement -l'organigramme de GE et l'interp&#233;n&#233;tration des activit&#233;s avec Honeywell sont difficiles &#224; d&#233;m&#234;ler - et juridiquement -l'op&#233;ration a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; autoris&#233;e ailleurs- . En interdisant cette fusion la Commission pose un acte fort . Elle s'affirme en r&#233;gulateur de la mondialisation hors de ses fronti&#232;res. Elle impose sa pr&#233;somption de l'effet anti-concurrentiel d'une fusion. Elle pose avec acuit&#233; la question de l'harmonisation des politiques de concurrence dans une perspective transatlantique d'inter-r&#233;gulation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec l'affaire Schneider-Legrand, la Commission ajoute une nouvelle corde &#224; son arc : en n&#233;gociant formellement avec l'entreprise pour qu'elle r&#233;duise ses parts de march&#233; en Italie et en France, elle a induit chez Schneider une assurance qui l'a conduite &#224; r&#233;aliser l'OPE sur Legrand avant l'accord formel des autorit&#233;s de la concurrence. L'interdiction de la fusion pose aujourd'hui une question nouvelle d'articulation des r&#233;gulations boursi&#232;re et concurrentielle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que conclure ? 1/ La Commission est dans son r&#244;le en privil&#233;giant les droits du consommateur europ&#233;en, c'est sa mission quasi-constitiutionnelle. Ce faisant elle a acquis un r&#244;le de premier plan dans la r&#233;gulation concurrentielle de la mondialisation 2/La Commission &#224; juste titre tient compte dans ses analyses de march&#233; du cadre national. On le sait la pr&#233;f&#233;rence nationale des consommateurs vaut barri&#232;re invisible &#224; l'&#233;change. Il ne faut pas confondre lib&#233;ralisation des &#233;changes et parfaite fongibilit&#233; des biens, les habitudes de consommation existent 3/La traque des abus de position dominante doit s'accompagner d'un effort de pr&#233;vention, la tendance est donc de faire des politiques anti-concentration une arme de la politique de concurrence. 4/L'OMC doit logiquement se saisir des politiques de concurrence ou &#224; d&#233;faut un m&#233;canisme d'inter-r&#233;gulation transatlantique doit &#234;tre imagin&#233;. 5/ Plus les pouvoirs de la Commission en mati&#232;re de concurrence grandissent et plus l'institution doit &#234;tre irr&#233;prochable dans son fonctionnement. &#192; terme, la constitution d'une Autorit&#233; de la Concurrence Europ&#233;enne s'imposera sur le mod&#232;le des Autorit&#233;s Administratives Ind&#233;pendantes avec les possibilit&#233;s de recours que cela suppose.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.nouveleconomiste.fr/" class="spip_out"&gt;&lt;cite&gt;Le Nouvel &#233;conomiste&lt;/cite&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>UMTS Courage politique</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/UMTS-Courage-politique.html</link>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Laurent Fabius vient d'administrer une remarquable preuve du courage en politique. Alors que tant de solutions habiles lui &#233;taient sugg&#233;r&#233;es par ses amis politiques, l'ART, FT ou Vivendi, pour pr&#233;server la triple fiction d'une proc&#233;dure maintenue, d'une recette budg&#233;taire programm&#233;e, et d'une constance dans l'action de l'Etat, il a d&#233;cid&#233; cr&#226;nement de reconna&#238;tre que la solution imagin&#233;e il y a plus d'un an n'&#233;tait plus op&#233;ratoire et qu'il convenait d'en r&#233;inventer une. &lt;br class='autobr' /&gt;
Une d&#233;cision prise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Laurent Fabius vient d'administrer une remarquable preuve du courage en politique. Alors que tant de solutions habiles lui &#233;taient sugg&#233;r&#233;es par ses amis politiques, l'ART, FT ou Vivendi, pour pr&#233;server la triple fiction d'une proc&#233;dure maintenue, d'une recette budg&#233;taire programm&#233;e, et d'une constance dans l'action de l'Etat, il a d&#233;cid&#233; cr&#226;nement de reconna&#238;tre que la solution imagin&#233;e il y a plus d'un an n'&#233;tait plus op&#233;ratoire et qu'il convenait d'en r&#233;inventer une.&lt;br /&gt;
Une d&#233;cision prise dans la foul&#233;e des ench&#232;res britanniques mais ex&#233;cut&#233;e quand la bulle financi&#232;re avait d&#233;gonfl&#233; et que les ench&#232;res men&#233;es ailleurs en Europe indiquaient des prix d&#233;risoires ne m&#233;ritait pas d'&#234;tre maintenue. Un paiement &#233;chelonn&#233; que les op&#233;rateurs devaient honorer dans un contexte de march&#233; radicalement diff&#233;rent n'&#233;tait plus soutenable. Une proc&#233;dure qui aboutissait &#224; la constitution d'un duopole d'acteurs affaiblis n'&#233;tait pas d&#233;fendable au regard de l'organisation du march&#233; m&#234;me si l'approche des &#233;lections justifiait une solution diff&#233;r&#233;e. La premi&#232;re d&#233;cision prise a donc &#233;t&#233; celle de revenir sur ce qui avait &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233; comme acquis. La seconde d&#233;cision a &#233;t&#233; de choisir une modalit&#233; plut&#244;t qu'une autre. Sur le premier point, le fait m&#234;me de d&#233;construire peut &#224; premi&#232;re vue &#233;tonner si l'on croit qu'il s'agissait d'une sorte de &#171; vente &#187; de licence. En effet, dans une vente, une fois le prix convenu, une fois l'accord des volont&#233;s op&#233;r&#233;, quelle que soit la fa&#231;on -ench&#232;re ou soumission comparative - dont les volont&#233;s se sont rencontr&#233;s, le prix ne peut plus bouger. Si les anticipations du vendeur et/ou de l'acheteur ont &#233;t&#233; fausses, cette impr&#233;vision ne donne aucun droit de modifier le prix &#224; la hausse ou &#224; la baisse. Mais juridiquement, il ne s'est jamais agi d'une vente. Par nature, l'attribution d'une licence UMTS consiste &#224; permettre &#224; un op&#233;rateur d'utiliser le domaine public. Or, le domaine public ne peut pas &#234;tre vendu, il est inali&#233;nable. L'Etat ne peut qu'offrir un droit d'exploiter, jamais pour toujours, jamais en perdant sa propri&#233;t&#233;. Le spectre ne peut pas &#234;tre privatis&#233;. D&#232;s lors, cette exploitation, qui s'apparente plut&#244;t &#224; une location, donne lieu &#224; une sorte de loyer, techniquement une redevance. Certes, ici, par la volont&#233; de la loi, la redevance a &#233;t&#233; en quelque sorte compact&#233;e, &#224; verser pour la totalit&#233; du temps d'usage conc&#233;d&#233;. Mais cela n'&#244;te pas la nature juridique de la somme vers&#233;e : une redevance. Le Conseil constitutionnel, saisi &#224; propos de cette disposition l&#233;gislative, avait express&#233;ment repris cette qualification. Or, il est acquis qu'une redevance peut &#234;tre r&#233;vis&#233;e lorsque les circonstances &#233;conomiques qui encadrent le temps de l'exploitation du domaine public changent. Par sa d&#233;cision, Laurent Fabius est revenu sur le montant d'une redevance en raison des changements &#233;conomiques du contexte, ce qui est tout &#224; fait ordinaire. En outre, et quant aux modalit&#233;s de cette r&#233;vision, il a marqu&#233; sa distance par rapport aux solutions les plus couramment d&#233;fendues.&lt;br /&gt;
La premi&#232;re, celle de Jean Marie Messier consistait &#224; demander &#224; l'Etat de r&#233;viser la redevance &#224; la baisse le plus t&#244;t possible, des estimations &#233;taient m&#234;me avanc&#233;es sur le &#171; bon prix &#187;, quatre fois moindre que celui auquel a consenti Cegetel en soumissionnant. Cette demande &#233;tait inaceptable. M&#234;me si La France a fix&#233; le montant de la redevance en se r&#233;f&#233;rant directement aux r&#233;sultats de l'ench&#232;re britannique. (32,5 milliards de francs) M&#234;me si l'Etat a laiss&#233; s'&#233;couler pr&#232;s d'un an avant d'attribuer les licences. M&#234;me si la soumission comparative comportait formellement un risque de surench&#232;re qualitative. C'est en connaissance de cause que Vivendi s'&#233;tait engag&#233; dans le jeu alors m&#234;me que les conditions avaient commenc&#233; &#224; changer et qu'un retrait de sa part mettait en p&#233;ril l'ensemble de la proc&#233;dure.&lt;br /&gt;
La deuxi&#232;me, celle de Michel Bon paraissait pleine de bon sens : que l'Etat accorde les 2 licences orphelines et qu'il applique aux deux d&#233;tenteurs actuels de licences le prix constat&#233; &#224; l'occasion de ce second tour, au nom de l'&#233;galit&#233; de traitement. L.Fabius n'a pas voulu d'une proc&#233;dure qui passait par pertes et profits, pour l'Etat, les d&#233;veloppements &#233;ventuels de l'UMTS. On ne peut &#224; la fois payer rubis sur l'ongle la licence britannique 50 milliards de francs et estimer que la licence fran&#231;aise vaut 10 fois moins cher.&lt;br /&gt;
La troisi&#232;me, celle de l'ART, consistait pour l'essentiel &#224; vouloir sauver les meubles. L'ART n'entendait pas revenir formellement sur le montant de la redevance, elle proposait des facilit&#233;s de paiement imm&#233;diates avant une &#233;ventuelle r&#233;vision qui pourrait intervenir au terme du second tour d'attribution des licences. Selon le sch&#233;ma propos&#233; FT et SFR payaient 1/4 de la redevance la premi&#232;re ann&#233;e, ne payaient ensuite ni le 2&#232;me quart ni les 4 quinzi&#232;mes du montant restant &#224; payer les ann&#233;es suivantes, puis reprenaient les paiements au moment ou l'internet mobile ayant d&#233;coll&#233;, les entreprises seraient redevenues solvables.&lt;br /&gt;
Les logiques de l'arrangement discret pas plus que celles de l'&#233;galit&#233; factice ou de la pr&#233;servation formelle de la redevance initiale n'&#233;taient &#224; la hauteur du probl&#232;me . Puisqu'il s'agit d'une logique juridique et &#233;conomique de redevance, le montant de celle-ci doit se d&#233;terminer sur la base du produit attendu. La d&#233;composition de la redevance en une part fixe et une part variable, celle-ci &#233;tant fonction du chiffre d'affaires, correspondant &#224; ce principe d'ajustement entre ce qui est pay&#233; pour exploiter le domaine public et ce que l'op&#233;rateur peut attendre de cette exploitation. Certes, une interrogation demeure. M&#234;me si le pr&#233;c&#233;dent dispositif l&#233;gal peut &#234;tre d&#233;truit par une nouvelle loi (ce que la loi fait, la loi peut le d&#233;faire), les op&#233;rateurs ont ajust&#233; leur comportement sur la loi de l'&#233;poque. On se doute que les deux op&#233;rateurs auxquels les licences ont &#233;t&#233; attribu&#233;es ne se pr&#233;vaudront pas d'un droit acquis par la premi&#232;re proc&#233;dure, puisque la seconde leur est beaucoup plus favorable. Mais les op&#233;rateurs qui n'avaient demand&#233; l'attribution, en raison de la duret&#233; des conditions ? Ne peuvent-ils juridiquement se plaindre du fait que, m&#234;me si les modalit&#233;s d'attribution des deux premi&#232;res licences sont revues, le principe m&#234;me de l'attribution &#224; France Telecom et SFR est maintenu ? Alors que, &#224; ces nouvelles conditions, se substituant aux premi&#232;res, ils seraient entr&#233; en concurrence dans la proc&#233;dure ? N'y a-t-il pas rupture d'&#233;galit&#233; ? rupture du principe de croyance l&#233;gitime ? Cela montre que le dispositif ne sera vraiment s&#233;curis&#233; que si, tr&#232;s rapidement, les autres licences sont offertes.&lt;br /&gt;
Deux le&#231;ons peuvent &#234;tre tir&#233;es de l'&#233;pilogue qui vient d'&#234;tre donn&#233; &#224; l'affaire UMTS. 1/Si au niveau europ&#233;en, le Conseil et la Commission ne reviennent pas sur l'ensemble de la proc&#233;dure alors on pourra dire qu'en renon&#231;ant aux ench&#232;res, la France a subventionn&#233; les fiscs allemand et britannique. 2/Une proc&#233;dure mal con&#231;ue au d&#233;part car elle articulait concours de beaut&#233; au nom du service public et redevance cal&#233;e sur les ench&#232;res britanniques a tr&#232;s logiquement &#233;chou&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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		<title>UMTS Un enjeu de cr&#233;dibilit&#233;</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/UMTS-Un-enjeu-de-credibilite.html</link>
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		<dc:date>2001-10-01T15:58:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Vous en r&#234;viez, cet appartement parisien certes si cher mais si bien situ&#233; et tant disput&#233;. Vous avez fini par signer. Bien s&#251;r vous aviez pr&#233;vu de le louer , nul doute que les clients allaient se bousculer. Et puis le march&#233; s'est retourn&#233;, brutalement. L'immobilier parisien est ainsi, exag&#233;rant les mouvements &#224; la hausse comme &#224; la baisse. Et vous voil&#224; pi&#233;g&#233;s avec vos dettes, vos revenus virtuels &#233;vapor&#233;s. Qu'&#224; cela ne tienne , vous dites-vous : je vais demander un rabais substantiel au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-2001-.html" rel="directory"&gt;2001&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Vous en r&#234;viez, cet appartement parisien certes si cher mais si bien situ&#233; et tant disput&#233;. Vous avez fini par signer. Bien s&#251;r vous aviez pr&#233;vu de le louer , nul doute que les clients allaient se bousculer. Et puis le march&#233; s'est retourn&#233;, brutalement. L'immobilier parisien est ainsi, exag&#233;rant les mouvements &#224; la hausse comme &#224; la baisse. Et vous voil&#224; pi&#233;g&#233;s avec vos dettes, vos revenus virtuels &#233;vapor&#233;s. Qu'&#224; cela ne tienne , vous dites-vous : je vais demander un rabais substantiel au vendeur . Fiction ? Vous l'aviez imagin&#233;, JM.Messier l'a fait ... avec l'UMTS. Le spectre hertzien est comme le sol, objet de sp&#233;culation, de raret&#233;, de rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais voil&#224;, JMMessier a trouv&#233; un propri&#233;taire rare, l'Etat, qui accepte de baisser les prix pour tenir compte de la situation du d&#233;biteur, de l'&#233;vanescence du march&#233; de l'internet mobile, des retards des fournisseurs d'&#233;quipement. Puisqu'il faudra probablement en passer par l&#224;, puisqu'il semble exclu que la Commission europ&#233;enne remette en cause un mode d'attribution des licences inadapt&#233; et ruineux, il importe que l'Etat &#233;vite de se discr&#233;diter davantage , la proc&#233;dure de ren&#233;gociation des termes de la licence et les modalit&#233;s du rabais consenti doivent permettre de pr&#233;server la cr&#233;dibilit&#233; de l'Etat. &lt;br class='autobr' /&gt;
Quatre logiques s'opposent .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re, celle de Jean Marie Messier consiste &#224; demander &#224; l'Etat de r&#233;viser la redevance &#224; la baisse le plus t&#244;t possible, des estimations sont m&#234;me avanc&#233;es sur le &#171; bon prix &#187;, quatre fois moindre que celui auquel a consenti Cegetel en soumissionnant. Cette demande est inaceptable. M&#234;me si La France a fix&#233; le montant de la redevance en se r&#233;f&#233;rant directement aux r&#233;sultats de l'ench&#232;re britannique. (32,5 milliards de francs) M&#234;me si l'Etat a laiss&#233; s'&#233;couler pr&#232;s d'un an avant d'attribuer les licences. M&#234;me si la soumission comparative comportait formellement un risque de surench&#232;re qualitative. C'est en connaissance de cause que Vivendi s'est engag&#233; dans le jeu alors m&#234;me que les conditions avaient commenc&#233; &#224; changer et qu'un retrait de sa part mettait en p&#233;ril l'ensemble de la proc&#233;dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me, celle de Michel Bon para&#238;t pleine de bon sens : que l'Etat accorde rapidement les 2 licences orphelines et qu'il applique aux deux d&#233;tenteurs actuels de licences le prix constat&#233; &#224; l'occasion de ce second tour, au nom de l'&#233;galit&#233; de traitement . Comme tout le monde anticipe une redevance fortement revue &#224; la baisse, FT pourra avoir une licence au rabais. Divine surprise, FT qui paie rubis sur l'ongle les licences britanniques et allemandes trouverait en l'Etat fran&#231;ais un partenaire arrangeant. D'un point de vue &#233;conomique, la logique FT n'est gu&#232;re soutenable. Il est parfaitement justifi&#233; que le premier entrant sur le march&#233;, jouissant de la rente du GSM, d'une base de client&#232;le install&#233;e importante paie davantage qu'un nouvel entrant.&lt;br class='autobr' /&gt;
La troisi&#232;me, celle de l'ART, consiste &#224; sauver les meubles. L'ART ne revient formellement sur le montant de la redevance, elle propose des facilit&#233;s de paiement imm&#233;diates avant une &#233;ventuelle r&#233;vision qui pourrait intervenir au terme du second tour d'attribution des licences. Selon le sch&#233;ma propos&#233; FT et SFR paient 1/4 de la redevance la premi&#232;re ann&#233;e, ne paient ni le 2&#232;me quart ni les 4 quinzi&#232;mes du montant restant &#224; payer les ann&#233;es suivantes, puis reprennent les paiements &#224; un moment ou l'internet mobile ayant d&#233;coll&#233;, les entreprises seront redevenues solvables.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les logiques de l'arrangement discret pas plus que celles de l'&#233;galit&#233; factice ou de la pr&#233;servation formelle de la redevance initiale ne sont &#224; la hauteur du probl&#232;me . Une solution &#233;voqu&#233;e un moment mais vite rejet&#233;e alors qu'elle est dans la tradition de la concession me semble plus adapt&#233;e. L'Etat n'a pas vendu une licence, le spectre n'a pas &#233;t&#233; privatis&#233;, l'Etat a consenti un droit d'usage moyennant le versement d'une redevance. L'Etat ayant &#233;cart&#233; les ench&#232;res mais voulant jouir fiscalement d'un produit &#233;quivalent &#224; celui des ench&#232;res a forfaitis&#233; avec l'accord du Conseil constitutionnel 15 ann&#233;es de redevance. Pour sortir de l'orni&#232;re, il suffit de revenir &#224; la r&#232;gle :la redevance se d&#233;termine annuellement sur la base du produit attendu . Certes dans le r&#233;gime de la concession , des donn&#233;es pr&#233;&#233;tablies permettent de calculer le montant annuel de la redevance mais il est moins co&#251;teux de d&#233;finir une r&#232;gle conforme &#224; notre droit m&#234;me si elle suscite un contentieux de la part de Bouygues que de n&#233;gocier des arrangements dans les antichambres qui pr&#234;terons aussi &#224; contentieux .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class="hyperlien"&gt;Voir en ligne : &lt;a href="http://www.lesechos.fr" class="spip_out"&gt;&lt;i&gt;Les Echos&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>O&#249; va la croissance am&#233;ricaine ?</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Ou-va-la-croissance-americaine.html</link>
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		<dc:date>2001-09-01T18:07:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Webmaster</dc:creator>



		<description>
&lt;p&gt;Les meilleurs experts y perdent leur latin, reprise en V ou en W, net ralentissement en U ou r&#233;cession en L : les paris sont ouverts et le jury suspend son jugement. Mais l'incertitude va au-del&#224; : et si la politique mon&#233;taire avait perdu de son efficacit&#233; et si Alan Greenspan avait perdu la main ? Pour ajouter &#224; la complexit&#233; les donn&#233;es paraissent soudain moins fiables, les r&#233;visions p&#233;riodiques ajoutent &#224; la confusion. Or dans un monde globalis&#233; la perception par le grand public du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://elie-cohen.eu/-2001-.html" rel="directory"&gt;2001&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Les meilleurs experts y perdent leur latin, reprise en V ou en W, net ralentissement en U ou r&#233;cession en L : les paris sont ouverts et le jury suspend son jugement. Mais l'incertitude va au-del&#224; : et si la politique mon&#233;taire avait perdu de son efficacit&#233; et si Alan Greenspan avait perdu la main ? Pour ajouter &#224; la complexit&#233; les donn&#233;es paraissent soudain moins fiables, les r&#233;visions p&#233;riodiques ajoutent &#224; la confusion. Or dans un monde globalis&#233; la perception par le grand public du niveau de l'activit&#233; aux USA a un impact direct sur les comportements et donc sur l'activit&#233; en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour bien comprendre ce qui se passe aux Etats-Unis, il faut rappeler quelques &#233;l&#233;ments. Depuis cinq ans, le consensus des &#233;conomistes s'est r&#233;guli&#232;rement tromp&#233; sur les perspectives de croissance, l'&#233;cart par rapport au r&#233;alis&#233; a &#233;t&#233; en moyenne de 50%. Depuis 10 ans, un d&#233;bat intense partage les &#233;conomistes sur l'explication des ressorts de la croissance am&#233;ricaine. D'un c&#244;t&#233;, les macro &#233;conomistes qui voient dans le cycle de croissance US les effets combin&#233;s de la d&#233;sinflation import&#233;e, de l'effort d'investissement et d'une politique mon&#233;taire permissive. De l'autre les tenants du &#171; new age &#187; qui sur la base d'indices t&#233;nus ont b&#226;ti la fable de la croissance continue sans r&#233;cession, ni ch&#244;mage, ni inflation tir&#233;e par les NTIC. Depuis un demi-si&#232;cle enfin, dans le sillage de la th&#233;orie keyn&#233;sienne les experts s'interrogent sur les vertus du &#171; fine tuning &#187; et notamment sur le bon dosage dans l'usage des politiques mon&#233;taires et budg&#233;taires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La crise actuelle, en invalidant certaines analyses - par trop h&#226;tives - permet de mieux comprendre ce qui est &#224; l'&#339;uvre actuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La forte croissance des ann&#233;es 90 a d'abord &#233;t&#233; le r&#233;sultat de l'effort majeur de restructuration du syst&#232;me productif am&#233;ricain durant les ann&#233;es 80. Elle a ensuite &#233;t&#233; entretenue par les efforts de mod&#233;ration fiscale du Gouvernement am&#233;ricain et par les r&#233;formes r&#233;ussies en mati&#232;re de syst&#232;me de sant&#233;. Elle a enfin profit&#233; du fantastique effort de rattrapage de l'investissement dans les ann&#233;es 90. A ces facteurs structurels de stimulation de l'activit&#233; sont venus s'ajouter des facteurs qui tiennent &#224; la qualit&#233; de la gestion macro-&#233;conomique : l'appr&#233;ciation continue du dollar a &#233;t&#233; un facteur de d&#233;sinflation import&#233;e, la politique mon&#233;taire permissive a contribu&#233; &#224; effacer rapidement les effets des crises asiatiques, la ma&#238;trise de l'inflation a d&#232;s lors facilit&#233; la mod&#233;ration salariale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'emballement de la croissance &#224; partir de 1998 est &#224; l'origine des troubles d'aujourd'hui. On s'en souvient, &#224; la suite des diff&#233;rentes crises financi&#232;res, la Fed, baissait les taux pour &#233;viter les d&#233;faillances et soutenir l'activit&#233;. Mais &#224; compter de 1999 la Fed tarde &#224; relever les taux alors que l'activit&#233; s'emballe. Alan Greenspan s'est en fait converti &#224; la religion de la &#171; Nouvelle Economie &#187; il pense que le potentiel de croissance s'est accru et d&#232;s lors il ne traite pas les signes &#233;vidents de surchauffe. Les ann&#233;es 99 et 2000 voient l'investissement dans les NTIC litt&#233;ralement s'envoler. D'immenses surcapacit&#233;s de production et d'&#233;quipements vont alors appara&#238;tre dans la foul&#233;e du d&#233;veloppement de la bulle financi&#232;re. La crise actuelle est donc &#224; la fois une crise de l'offre dans la mesure o&#249; elle s'alimente des surinvestissements et des surstocks r&#233;alis&#233;s et une crise de la politique mon&#233;taire car cette derni&#232;re a &#233;t&#233; &#224; la fois incapable d'enrayer le ralentissement &#233;conomique tout en laissant une inflation immobili&#232;re se d&#233;velopper.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que peut-on esp&#233;rer dans un tel contexte ? D'ores et d&#233;j&#224; les tenants de la courbe en V doivent reconna&#238;tre que leurs espoirs ne se sont pas concr&#233;tis&#233;s. La question est alors de savoir si nous sommes sur le point de remonter la courbe en U apr&#232;s 4 &#224; 6 trimestres de ralentissement ou si le sc&#233;nario japonais de la courbe en L pointe. Tant que les exc&#232;s de la nouvelle &#233;conomie n'auront pas &#233;t&#233; r&#233;sorb&#233;s, il est illusoire de penser que la croissance repartira, de ce point de vue, la politique mon&#233;taire est impuissante. Faut-il pour autant craindre un scenario noir &#224; la japonaise o&#249; le d&#233;gonflement de la bulle sp&#233;culative, allume la crise bancaire du fait de la mont&#233;e des mauvais risques, ce qui conduit la Banque Centrale &#224; mener une politique du taux 0 et le Gouvernement &#224; essayer en vain d'alimenter l'investissement et la consommation par le d&#233;ficit public ? Ce sc&#233;nario me para&#238;t improbable car les Etats-Unis et l'Europe ont su par le pass&#233; mieux g&#233;rer leurs crises bancaires et que leurs syst&#232;mes institutionnels sont plus flexibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon sc&#233;nario est donc celui de la courbe U et le signal de la reprise sera donn&#233; par la fin de la purge dans le secteur des NTIC.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Entretien &#224; Valeurs actuelles</title>
		<link>http://elie-cohen.eu/Entretien-a-Valeurs-actuelles.html</link>
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		<dc:date>2001-09-01T16:48:00Z</dc:date>
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&lt;p&gt;Comment jugez-vous la situation &#233;conomique actuelle ? &lt;br class='autobr' /&gt;
La situation actuelle des march&#233;s et le contexte &#233;conomique de cette rentr&#233;e fournissent un cas d'&#233;cole presque exemplaire d'interconnexion entre les march&#233;s financiers et la sph&#232;re &#233;conomique r&#233;elle. Les Etats-Unis ont connu dans les ann&#233;es 90 un rattrapage &#233;conomique marqu&#233; par une reprise tr&#232;s forte de l'investissement, notamment dans les technologies de l'information et de la communication. Les entreprises am&#233;ricaines ont investi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment jugez-vous la situation &#233;conomique actuelle ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle des march&#233;s et le contexte &#233;conomique de cette rentr&#233;e fournissent un cas d'&#233;cole presque exemplaire d'interconnexion entre les march&#233;s financiers et la sph&#232;re &#233;conomique r&#233;elle. Les Etats-Unis ont connu dans les ann&#233;es 90 un rattrapage &#233;conomique marqu&#233; par une reprise tr&#232;s forte de l'investissement, notamment dans les technologies de l'information et de la communication. Les entreprises am&#233;ricaines ont investi deux fois plus dans les ann&#233;es 90 qu'elles ne l'ont fait dans les ann&#233;es 80. Au sein de cette masse, la part consacr&#233; aux nouvelles technologies de l'information et de la communication a elle-m&#234;me &#233;t&#233; multipli&#233;e par deux . Cette flamb&#233;e a provoqu&#233; la fameuse reprise &#233;conomique qu'ont connu les Etats-Unis au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie. Ce regain am&#233;ricain s'est accompagn&#233; d'une croissance de la rentabilit&#233; des entreprises. Cela pour deux raisons : les gains d'efficacit&#233; &#233;conomiques g&#233;n&#233;r&#233;s par les investissements notamment dans les technologies de l'information et l'utilisation par les entreprises de l'effet de levier de l'endettement. Au cours de la derni&#232;re d&#233;cennie, les groupes am&#233;ricains ont en effet entam&#233; une r&#233;flexion sur le niveau de leurs fonds propres et sur leur affectation. Ils ont &#233;t&#233; conduits dans un contexte de baisse dees taux &#224; diminuer les fonds propres engag&#233;s et &#224; augmenter leur endettement. La diminution des fonds propres engag&#233;s a entra&#238;n&#233; m&#233;caniquement une hausse de la rentabilit&#233; des capitaux engag&#233;s. Dans un contexte ou la rentabilit&#233; cro&#238;t m&#233;caniquement, il est normal que la Bourse croisse, elle aussi, m&#233;caniquement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Jusqu'&#224; ce que la belle m&#233;canique s'enraye...&lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux Etats-Unis, la Banque centrale a jou&#233; en permanence le soutien de l'activit&#233; &#233;conomique. Pour pallier au trou d'air asiatique o&#249; &#224; la faillite du fonds sp&#233;culatif LTCM, la Fed a inond&#233; le march&#233; de liquidit&#233;s. Gav&#233;s de fonds, les entreprises ont encore acc&#233;l&#233;r&#233; au del&#224; du raisonnable leurs investissements dans les NTIC. D'o&#249; un ph&#233;nom&#232;ne de surinvestissement favoris&#233; par la croyance dans les perspectives offertes par la nouvelle &#233;conomie et le caract&#232;re permissif de la politique mon&#233;taire mise en &#339;uvre par la R&#233;serve f&#233;d&#233;rale. En d&#233;pit des premi&#232;res tensions apparues sur le march&#233; de l'emploi et de l'appareil productif, le pr&#233;sident de la Fed, Alan Greenspann, s'est en effet lui m&#234;me mis &#224; croire &#224; un changement de nature de l'&#233;conomie am&#233;ricaine li&#233; aux nouvelles technologies et &#224; une hausse de son PNB potentiel. Il a donc tard&#233; &#224; r&#233;agir, et quand il l'a fait, c'&#233;tait trop tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons donc assist&#233; dans les ann&#233;es 90 &#224; un double processus : rationalisation &#233;conomique et substitution du capital au travail d'une part, apparition de techniques financi&#232;res qui ont entrain&#233; une croissance artificielle de la rentabilit&#233; des entreprises en les rendant plus d&#233;pendantes des march&#233;s financiers &#224; cause de leur endettement d'autre part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment voyez-vous la sortie de crise aux Etats-Unis ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Elle est double. Dans l'&#233;conomie r&#233;elle, les entreprises sont en train d'&#233;liminer leurs capacit&#233;s de production et leurs stocks exc&#233;dentaires. La crise am&#233;ricaine actuelle est une crise de sortie du sur-investissement , c'est la purge, notamment dans les t&#233;l&#233;coms, l'internet, les ntic. On voit bien, dans ce contexte, que les sept baisses de taux d'int&#233;r&#234;t d&#233;cid&#233;es par la Fed depuis le d&#233;but de l'ann&#233;e sont inop&#233;rantes. La situation de sur-investissement ne se r&#233;sorbera pas avant -au mieux- le premier semestre 2001. Comme par ailleurs il y aura une r&#233;vision &#224; la baisse des pr&#233;visions de r&#233;sultats des soci&#233;t&#233;s. Cela augure mal de la reprise des march&#233;s. En tous cas on ne retrouvera pas des niveaux boursiers &#233;quivalents &#224; ceux que l'on a connu auparavant puisque les valorisations boursi&#232;res sont le fruit des anticipations de rentabilit&#233; et au del&#224; des anticipations de reprise de l'activit&#233;. Il faut toutefois noter que la contraction relative de la consommation que l'on a constat&#233; au second trimestre aux Etats-Unis n'est pas du &#224; un &#171; effet richesse &#187; induit par la baise des march&#233;s financiers : les plus values ont &#233;t&#233; telles dans les ann&#233;es pr&#233;c&#233;dentes que les &#233;pargnants ont pu supporter ce recul. C'est plut&#244;t la mont&#233;e du ch&#244;mage et le ralentissement &#233;conomique qui expliquent ce ralentissement de la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Sommes- nous dans une phase d'exag&#233;ration &#224; la baisse des march&#233;s financiers qui succ&#232;de &#224; une phase d'exag&#233;ration &#224; la hausse ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Il est difficile de r&#233;pondre. Il est clair toutefois que lorsqu'on voit que, en France, France Telecom n'est plus valoris&#233; qu'&#224; 40 milliards d'euros c'est &#224; dire un prix inf&#233;rieur au prix o&#249; il a rachet&#233; l'op&#233;rateur de t&#233;l&#233;phonie mobile britannique Orange, on peut dire qu'il y a de la destruction de valeur. Compte-tenu de la vitesse de r&#233;action de l'&#233;conomie et des entreprises am&#233;ricaines qui passent par pertes et profits des investissements colossaux, je ne crois pas toutefois , &#224; l'inverse de la situation japonaise, au sc&#233;nario d'une panne durable de l'&#233;conomie des Etats-Unis. Je ne crois donc pas au sc&#233;nario en L.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais, deuxi&#232;me aspect de la sortie de crise, la baisse des taux risque d'entretenir la pouss&#233;e sp&#233;culative sur l'immobilier que l'on constate actuellement, alors m&#234;me que la demande immobili&#232;re et sur les biens d'&#233;quipements du logement est la composante la plus dynamique de la consommation am&#233;ricaine. Il ne faudrait pas sortir d'une bulle internet pour entrer dans une bulle immobili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;b&gt;Comment voyez-vous plus sp&#233;cifiquement la situation europ&#233;enne et fran&#231;aise ? &lt;/b&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a assist&#233; &#224; un ralentissement &#233;conomique au premier semestre en raison de la flamb&#233;e des prix p&#233;troliers et agro-alimentaires, deux &#233;l&#233;ments qui n'avaient pas &#233;t&#233; anticip&#233;s. De plus , les pays les plus industrialis&#233;s ou les plus exportateurs comme l'Italie et l'Allemagne ont directement souffert du ralentissement &#233;conomique mondial, lui m&#234;me induit par le ralentissement &#233;conomique am&#233;ricain. A l'inverse, en termes r&#233;els, l'&#233;conomie fran&#231;aise, moins industrialis&#233;e et moins exportatrice que l'&#233;conomie allemande, ne d&#233;pend qu'&#224; hauteur de 3% de son PIB des &#233;changes avec les Etats-Unis. Ce mois de septembre constituera toutefois un test crucial pour la France. Si la consommation ralentit en d&#233;pit -prime &#224; l'emploi, prime de rentr&#233;e scolaire-, des injections de pouvoir d'achat, cela donnera cr&#233;dit &#224; la th&#232;se &#171; psychologique &#187; selon laquelle, les perceptions de l'activit&#233; ont un impact direct sur les comportements de consommation. A force d'entendre des commentaires sur le ralentissement &#233;conomique mondial, les acteurs &#233;conomiques finissent par adopter eux-m&#234;mes un comportement restrictif et ils provoquent donc la recession contre laquelle ils voulaient se pr&#233;munir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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