Elie Cohen - directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du CAE

Communication

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Veuillez retrouver, classés par année, les articles écrits pour la presse entre 1998 et 2008 :

Dans leurs « éléments de réponse » à notre article du Monde, les auteurs du livre « Pour une révolution fiscale » questionnent nos calculs et mettent en avant un taux d’imposition de 28.5% pour l’individu pris comme exemple dans notre article : à savoir, un individu qui gagne 100000 euro par an par son travail, possède un logement d’une valeur de 500000 euro et a des revenus du capital annuel de 70 000 euros. Tout d’abord, si nous voulons vraiment être précis, le revenu brut mensuel d’un tel individu est (...) [lire]

Par Philippe Aghion et Elie Cohen
Pour une autre Révolution fiscale Philippe Aghion et Elie Cohen
Thomas Piketty et co-auteurs viennent de publier un ouvrage décapant sur la fiscalité française qui mêle rigueur, sérieux et compétence académique dans l’analyse et audace révolutionnaire dans les propositions. Sa thèse est que pour l’essentiel notre système fiscal est devenu régressif, surtout pour les très hauts revenus. La faible progressivité de l’impôt sur le revenu et son assiette étroite et mitée par les innombrables (...) [lire]

Article paru dans Libération et sur le site de Terra Nova dans le cadre d’un dossier intitulé "La croissance, une idée de gauche".
On prête à la crise des vertus : elle permettrait à l’ancien de disparaître, elle libérerait le capital et favoriserait la mobilité. La « purge » acquiert ainsi une dignité académique dans les manuels. Cette vision est infirmée dans le monde réel : la crise détruit des entreprises innovantes car elles ne peuvent se financer, elle ralentit l’investissement dans le capital humain car il peut (...) [lire]

Mauvais temps pour la finance. Été 2007 : aux États-Unis, éclate la crise des subprimes dont on ne compte plus les dommages collatéraux. Janvier 2008, la Société générale est frappée par la fraude la plus importante de l’histoire de la banque française. Le système devient-il fou ? Faut-il faire le procès de la finance ? Sur le banc des accusés : la régulation et le contrôle interne. Monsieur Élie Cohen, économiste, directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du Conseil d’analyse économique, a bien (...) [lire]

Oui :
Un trader qui, après plusieurs années passées dans le back office, connaît parfaitement les procédures de contrôle informatique, maîtrisant tout autant les contrôles aléatoires que systématiques, ainsi que ceux réalisés par les équipes du contrôle des risques, peut techniquement prendre des positions et les loger dans des comptes en attente, ou parallèles à ceux de la banque, sans que personne ne le voit. En faisant systématiquement rouler ses positions avant l’échéance des contrats, il pouvait très bien passer au travers des (...) [lire]

Socialistes encore un effort pour devenir ce que vous êtes !
Tribune Socialiste, septembre 2007.
thèmes traités : P.S. |
Les Français ont pris l’habitude de plébisciter localement les socialistes pour leur gestion sérieuse et solidaire et de les sanctionner nationalement pour un discours ultra-gauche fondé sur le déni de la réalité. Les défaites nationales répétées ont cette vertu d’inviter à la lucidité, à l’ouverture et parfois même à la refondation. Dans ces moments, le retour aux valeurs qui fondent l’identité socialiste peut être utile.
Les socialistes étaient internationalistes parce qu’ils avaient appris la leçon des guerres et parce (...) [lire]

Elie Cohen est directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du Conseil d’Analyse Economique (CAE). Il expose ici les conséquences de la crise financière mondiale sur l’économie européenne et ce que devrait faire l’UE pour éviter que, demain, d’autres crises ne pèsent aussi fortement sur sa croissance qu’actuellement .
Quelles sont les conséquences de la crise financière mondiale actuelle sur l’économie européenne ?
Il y a deux canaux de transmission de la crise des subprime à l’économie (...) [lire]

25 idées à partager pour réussir le changement.
Un essai du club Ulysse, dirigé par Élie Cohen, paru dans le supplément au N° 1370 du Nouvel Économiste du 14 au 20 décembre 2006.

Opinion - L’air du protectionnisme électoral Patrick Artus, Elie Cohen, Jean Pisani-Ferry
L’air du protectionnisme électoral , par Patrick Artus, Elie Cohen, Jean Pisani-Ferry
Le Monde, 05.12.06
"Redonner vie à la préférence communautaire" (Nicolas Sarkozy, 29 mai 2005). "Renforcement du tarif extérieur commun" (Parti socialiste, 1er juillet). "Taxer les entreprises qui délocalisent les emplois et taxer leurs produits lorsqu’elles les réimportent" (Ségolène Royal, 13 octobre). "Un chemin équilibré entre (...) [lire]

130 000 amendements ! La fusion GDF / Suez s’annonce comme la « cause » parlementaire du siècle. Mais alors que ce pourrait être une occasion d’ouvrir sans démagogie un débat sur la sécurité d’approvisionnement, l’investissement dans les réseaux, l’évolution du bouquet énergétique, on ne peut qu’être abasourdi de la médiocrité des arguments présentés d’un coté comme de l’autre, de la vision réductive qui s’en dégage, du véritable monument d’anti-pédagogie économique qui se construit sous nos yeux.
Dans la droite ligne de la (...) [lire]

Peu de fusions s’imposent avec une évidence économique aussi manifeste que celle de Suez et de Gdf. Le contexte energétque, les impasses stratégiques de Suez comme de GdF, les besoins d’investissement pour assurer la sécurité d’approvisionnement : tout milite pour une fusion de ces deux entreprises. Et pourtant, rarement le débat politique aura été aussi vif, les stratégies alternatives autant débattues et l’issue plus incertaine.
La fusion permet d’abord de faire de deux poids moyens un poids lourd (...) [lire]

Sale temps pour les opérateurs mobiles : la provision pour dépréciation d’actifs de 30 milliards d’euros passée par Vodafone dans ses comptes vient leur rappeler qu’ils n’en ont pas fini de régler la facture de la bulle de l’Umts. Comme si une mauvaise nouvelle chassait l’autre les opérateurs découvrent simultanément les effets sur leurs revenus de la maturation de leur industrie, de l’intensification de la pression exercée par les régulateurs et de la multiplication des concurrents. Pour achever de les (...) [lire]

La France vient de se livrer avec le CPE à l’un de ses psychodrames coutumiers. La séquence en est immuable : réforme autoritaire, soulèvement du peuple étudiant, socialisation politique d’une classe d’âge dans la rue, appel au souverain, retrait de la loi, institution solennelle d’une commission ... pour enterrer le problème ! Certes la critique de la Commission Emploi-Université est aisée mais comment ne pas y céder quand on sait que le débat sélection-orientation avait déjà opposé le Général de Gaulle à Georges (...) [lire]

Débat avec Elie Cohen et Jean-Paul Fitoussi.
Le rattrapage entamé par l’Europe sur les Etats-Unis dans les années 1980 a fait long feu et depuis 1995, au contraire, l’écart se creuse. Aujourd’hui, le PIB par habitant des Américains est de 30% supérieur à celui des Allemands, et, si la tendance se poursuit, un Américain pourrait dans vingt ans être deux fois plus riche qu’un Français. Malgré l’euro et le marché unique, qui devaient doper la croissance, les échanges en Europe restent de 2 à 3 fois inférieurs à ce qu’ils (...) [lire]

Pétrole, Carbone, Libéralisation tels sont les trois éléments à la base de la formidable recomposition énergétique en cours. Au delà des OPA et contre OPA, des valorisations stratosphériques d’Edf ou d’Endesa, des réactions de panique des gouvernements nationaux ce sont des enjeux de fond qui contribuent à façonner le paysage énergétique européen. Les trois coups ont été donnés à Bruxelles avec la libéralisation par étapes des marchés énergétiques, à Kyoto avec l’institution d’une économie du carbone pour préserver le sort de notre planète, (...) [lire]

Une cession en catimini à un fonds de private equity d’une commandite publique en faillite, une insurrection sociale relayée par un acte de mutinerie, un recul de l’Etat bientôt suivi par un assaut héliporté du Gign, des mutins libérés célébrant la geste du patriotisme corse, un gouvernement contraint de négocier avec les syndicats mais sans les repreneurs ... s’il fallait une illustration de l’impossible réforme, de la dérive du service public, de l’actionnaire public sans qualités, on n’en trouverait sans doute (...) [lire]

A l’heure où plus personne ne conteste l’économie de marché, quatre grands spécialistes réunis par L’Express confrontent leurs inquiétudes et leurs propositions.
Débat avec, Elie Cohen, Jean-Luc Gréau, Jean Peyrelevade et Patrick Artus pour L’Express. [lire]

Ainsi la France « vivrait au dessus de ses moyens » ce parler vrai a fait sensation, mais il a aussi ses exigences.
Non, un Etat ne fonctionne pas comme un ménage : les déficits et l’endettement n’ont pas le même sens lorsqu’on dispose du monopole de la taxation ou que l’insolvabilité personnelle vous mène devant les tribunaux. La vraie question est ailleurs : pourquoi, seule parmi les pays développés, la France, a accru au cours des 10 dernières années la part de la dépense publique dans le PIB ?
Non, les (...) [lire]

UNIA&POLSKA : J’envie les Français malgré tout. Lorsque j’ai visité la France il y a quelques jours, tout le monde se disputait au sujet de l’Europe. Partout. Dans la rue, dans les cafés, chez le coiffeur, même dans le métro et dans les magasins. Nous n’atteindrons pas une telle intensité en Pologne.
ELIE COHEN : C’est vrai. Je constate également un réel intérêt de la part de mes compatriotes pour les sujets européens. Biens que confrontés à toute sorte de problèmes, ils s’intéressent particulièrement au processus (...) [lire]

Entretien au Monde au sujet du référendum sur la constitution européenne.
Comment interprétez-vous la montée du non en France ?
C’est un non de réaction. Réaction contre la surpromesse européenne : le marché unique devait nous apporter la croissance, la prospérité, l’emploi, or on le sait la performance économique européenne a été médiocre au cours des 10 dernières années . Surpromesse encore avec l’Euro qui devait éloigner les crises et armer l’Europe contre la suprématie du dollar, or l’Europe ne parvient pas à lutter contre (...) [lire]

Quelle définition donneriez-vous du capitalisme contemporain ? Quels traits différencient le capitalisme du XXIème siècle de celui XXème siècle ?
Braudel définissait le capitalisme comme la sphère économique du commerce au loin , de la finance des profits de monopole et des spéculations . Il l’opposait à l’économie de marché , c’est à dire à la sphère de l’échange. Dans une perspective braudelienne. on pourrait parler aujourd’hui d’un capitalisme de la deuxième mondialisation caractérisé par une révolution technologique, une (...) [lire]

Et si le non l’emportait ? Depuis Maastricht en 1991, l’Europe se pose la question de l’équilibre des pouvoirs des Etats : quelle place faire à la démographie, comment éviter l’écrasement des petits pays, comment rendre gouvernable un ensemble hétérogène sans froisser les pays moyens. A Nice, en 2000, un accord bâclé menaçait de paralyser l’Europe, le traité constitutionnel corrige cette erreur.
Un Non au référendum représente donc d’abord un formidable gaspillage d’énergie politique, 10 ans de travaux n’auront servi à (...) [lire]

Pôles de compétitivité, Agence d’innovation industrielle, Agence Nationale de la Recherche, Oseo-Anvar-BDPME ... n’en jetez plus. Après avoir méconnu pendant près d’une décennie le problème du décrochage industriel, de l’affaiblissement de notre capacité d’innovation et de la baisse du rayonnement de la science française, nos élites politiques deviennent frénétiques et de peur de mal faire elles adoptent en vrac des propositions contradictoires. Mais il y a plus surprenant encore, avec une bonne volonté et un sérieux (...) [lire]

LE FIGARO. - Ne sommes-nous pas en train de solder les comptes d’une erreur historique - la loi sur les trente-cinq heures ?
A l’époque où les trente-cinq furent élaborées et votées, ce n’était pas au nom d’une représentation malthusienne du travail. Dominique Strauss-Kahn et Martine Aubry, les concepteurs des trente-cinq heures, n’ont jamais cru que le travail était un stock stable et immuable, pareil à un gâteau qu’il suffit de partager, de manière équitable, entre tous les citoyens. L’idée politique majeure est (...) [lire]

Le krach de l’Internet et d’Enron (2000-2002) n’a eu qu’un précédent par son impact sur les marchés financiers, la crise de 29, et pourtant il n’a pas les effets dévastateurs en termes d’activité et d’emploi de cette même crise de 29. Alors que certains observateurs croyaient pouvoir annoncer une contagion à l’économie réelle et des faillites spectaculaires d’institutions financières majeures, il en a rien été la croissance est restée soutenue et les banques universelles ont affiché des résultats élevés.
Trois (...) [lire]

Le changement de statut d’EDF-GDF sonne-t-il la fin du service public comme le clament les syndicats ?
Absolument pas. Les textes européens sont clairs là-dessus : les missions de service public sont parfaitement compatibles avec la concurrence. L’Etat a le pouvoir d’imposer la péréquation géographique -le tarif est le même quel que soit le lieu- et l’accès égal à l’énergie avec la mise en place des tarifs sociaux. De plus, il continuera de définir les grandes orientations et notamment le choix des équipements (...) [lire]

Par Philippe Aghion et Elie Cohen
Le recul du gouvernement sur le recrutement statutaire de 550 jeunes chercheurs ouvre la voie à un débat lucide sur l’avenir de la recherche française. Rien ne serait pire, une fois levé cet abcès de fixation, que de retomber dans les ornières du débat entre défenseurs du statu quo et réformateurs désargentés. Puisque J.Chirac, après les gouvernements japonais, allemand et britannique, a compris les enjeux de l’économie de la connaissance et a annoncé à son tour une Loi de (...) [lire]

La déconvenue électorale du gouvernement au premier tour des élections régionale est-elle selon-vous dûe au bilan mitigé de sa politique économique ?
Désirant restaurer une compétitivité française érodée, Jacques Chirac a mis en place un dispositif essentiellement basé sur la baisse d’impôts et la réformes structurelle, il a de ce fait clairement négligé la politique macro-économique et émis des signaux très négatifs. La rigueur budgétaire n’est pas compatible avec la politique des clientèles . Par ailleurs, cette politique a pati d’une (...) [lire]

Dans un article récent du Wirtschaftswoche, Annette Ruess et Lothar Schnitzler s’interrogent : comment fait la France à l’ère de la mondialisation et de l’intégration européenne pour réussir à aligner tant d’entreprises dans le Top 500 de Fortune, pour surmonter les difficultés qui se sont révélées fatales à d’autres, et pour prendre l’ascendant sur ses partenaires. Pour eux, la réponse est double : d’une part, l’Etat Français soutient par tous les moyens disponibles ses champions nationaux et d’autre part les (...) [lire]

Quelle est la position de la France dans la compétition scientifique et technologique ?
Aujourd’hui, ce sont les Etats Unis qui définissent ce qu’on appelle la frontière technologique, ils sont le pays dont la productivité est la plus grande, dans presque tous les domaines. Jusque dans les années quatre vingt dix, les pays européens s’étaient rapprochés de cette frontière, mais depuis, le fossé s’est à nouveau creusé. Les nouvelles technologies de l’information, qui irriguent tous les domaines de la recherche et du (...) [lire]

Le débat sur la réforme du système de santé est lancé. Trois idées paraissent faire consensus parmi les décideurs : il faut maîtriser les dépenses de santé, en partager la charge entre assurances, mutuelles et sécurité sociale et responsabiliser financièrement le patient.
Mais pourquoi faudrait-il limiter les dépenses de santé  ? Chacun de nous aspire légitimement à vivre en bonne santé et nul ne voit de raison a priori de stimuler la consommation de loisirs et de limiter la consommation de services de santé. L’aspiration (...) [lire]

Pourquoi faudrait-il limiter les dépenses de santé ?
Ne s’agit-il pas d’activités domestiques intenses en travail très qualifié et moins qualifié, contribuant au bien être des individus et à la croissance des secteurs hightech ? En quoi le partage de la prise en charge des remboursements de soins entre assurances et sécu constitue t il une solution ? Chacun sait que les coûts de gestion de la sécu sont faibles et que les assurances devront dégager des marges et rentabiliser le capital employé.
Pourquoi la (...) [lire]

Table ronde en compagnie de Elie Cohen, André Lévy-Lang et Gilles Mougenot pour Banque & Finance.
Les nouvelles technologies de l’information et la net économie ont fait rêver les grandes places de marché à la fin des années 90 et laisser imaginer à certains qu’un nouvel ordre économique était en train de naître. Après l’éclatement de la bulle financière, des défaillances d’entreprises par milliers, mais aussi la grande banalisation de l’internet, quelle empreinte profonde reste-t-il de cette révolution technologique ? (...) [lire]

Entretien au Figaro
Le Figaro, septembre 2003.
Qui paraît le plus à même aujourd’hui d’exercer les missions de service public : Etat, collectivités, sociétés privées... ? En France on assimile volontiers fonctionnaires et service public, mais y a-t-il d’autres choix ?
En France, les services publics nationaux ont longtemps été bâtis sur l’identité remarquable suivante : missions de service public = entreprise du secteur public = statut de la fonction publique, or l’expérience des services publics locaux fournissait un contre modèle puisque des collectivités (...) [lire]

Comment pensez vous que va intervenir l’ouverture du capital d’EDF ?
Le problème essentiel tient au fait que le gouvernement et l’entreprise poursuivent des objectifs partiellement contradictoires. EDF a un besoin vital de restructuration bilantielle. L’Etat a besoin de réduire son déficit. EdF s’est livrée au cours de ces dernières années de toute une série d’acquisitions qui ont accru son endettement. Ses fonds propres sont donc relativement modestes alors qu’elle a besoin d’argent frais pour continuer (...) [lire]

A ceux qui croient qu’il suffit de multiplier les « administrateurs indépendants » pour rénover la corporate governance, mieux organiser la rotation des auditeurs dans le cadre du double commissariat aux comptes pour retrouver la confiance dans les chiffres ou encore laisser faire les « hedge funds » au nom des marchés efficients, la lecture de l’ouvrage de Bebear-Manière s’impose. Pour Bebear la crise de confiance actuelle est une crise de système C’est donc toute la chaîne des professions de la (...) [lire]

L’éclatement de la bulle spéculative des TMT et la ruine de petits actionnaires ; la quasi-faillite de FT, Alcatel ou Vivendi, et le rôle qui y ont joué leurs patrons ; l’aveuglement des analystes et des auditeurs et la complaisance des régulateurs et des juges : tout était réuni pour faire un grand livre. L’actualité avait été bonne fille. Montaldo aurait pu donc faire œuvre utile. Mais tel ne fut pas son projet. A l’enquête patiente, à l’analyse ingrate, l’auteur a préfèré les imprécations, les mises en scène, les (...) [lire]

pour L’Expansion, janvier 2003.
Des titres comme France Telecom ou Alcatel naguère honnis ... qu’on s’arrache en ce début d’année. Des recommandations qui s’inversent pour le secteur des équipementiers telecom ou pour des opérateurs comme DT, il n’en fallait pas davantage pour que certains annoncent la sortie de crise.
Que le marché soit davantage la chambre d’échos de rumeurs ou le théâtre de comportements moutonniers et de prophéties autoréalisatrices n’est pas nouveau. Pour l’économiste, il importe par (...) [lire]

De la malgouvernance publique
Liaisons Sociales, janvier 2003.
thèmes traités : Santé | Réformes |
Dans le dictionnaire des idées reçues, au chapitre hôpital public, on lisait, il y a peu encore, qualité des soins, sacerdoce des hospitaliers, offre surabondante de lits mais insuffisante pour le long séjour, inégalités régionales et variété des coûts pour une même pathologie. Bref, les maux dont souffrait l’hôpital public, au moment de la réforme Juppé, étaient liés d’avantage à l’inertie d’une offre globalement excédentaire qu’à une quelconque pénurie.
7 ans plus tard il n’est question que d’engorgement, de pénurie, de files (...) [lire]

Elie Cohen est économiste, directeur de recherche au Centre d’étude de la vie politique française (UMR 7048), à Paris.
Du 23 au 28 janvier 2003, le World Economic Forum (WEF), comme chaque année, rassemble à Davos, dans les Alpes suisses, les élites de la mondialisation. Longtemps, simple club européen de dirigeants d’entreprises réunis à l’initiative de Klaus Schwab, un Professeur de gestion, Davos s’est transformé au cours des dix dernières années, aux yeux de ses adversaires de l’Internationale sociale de Porto (...) [lire]

L’attribution de licences UMTS en France a donné lieu à un étonnant chassé croisé entre partisans et adversaires des enchères, chacun défendant en théorie une doctrine et appliquant en pratique celle de l’adversaire. Comment trouver autrement une cohérence, à un processus en deux étapes où l’Etat changea de règle du jeu en cours de route divisant par 8 au passage la part fixe de la redevance ? Pour Roger Guesnerie, c’est parce que les pouvoirs publics en France croient à la soumission comparative qu’ils ont de fait (...) [lire]

Pour :
Dans un contexte de libéralisation de l’économie et d’intégration européenne, le problème de savoir si on libéralise ou non l’électricité se pose d’une manière particulière. Il faut tenir compte de certaines contraintes. Seule une politique publique peut faire de la prévision à long terme et tenir compte des nécessités écologiques (lutte contre l’effet de serre).
En outre, les Français estiment que la tarification doit être identique sur tous les points du territoire et qu’il est normal de donner à tous un accès à (...) [lire]

EDF
Nouvel Observateur, mars 2002.
Entretien au Nouvel Observateur, Mars 2002.
Nouvel Observateur - EDF a présenté la semaine dernière des résultats en baisse de près de 30 %.. ...Au moment où l’ouverture du capital est en débat, cela tombe mal !
Elie Cohen - Cela aurait pu être pire. Sans la reprise programmée de provisions liée à la rénégociation des contrats de retraitement de déchets nucléaires avec la Cogema, qui a permis à EDF de récupérer un milliard d’euros les comptes tombaient carrément dans le rouge ! Cette dégradation des résultats résulte d’abord de (...) [lire]

Entretien à Tribune Juive
Tribune Juive, février 2002.
Economiste de renom, Elie Cohen revient sur les thèmes qui lui sont chers, la mondialisation et la nouvelle économie, à l’occasion de la sortie du livre « Le politique saisi par l’économie ». Il évoque également sa judéité, sur laquelle il est d’ordinaire si discret...
Tribune Juive : Dans cet ouvrage, vous consacrez un long article aux conséquences économiques du 11 septembre, où vous montrez que face au terrorisme, la demande d’Etat a été très forte aux Etats-Unis. Peut-on appliquer ce schéma à Israël ?
Elie Cohen : Le (...) [lire]

6 ans après l’accession de Michel Bon à la présidence de France Telecom, 4 ans après la libéralisation du secteur des Telecom, 20 mois après l’acquisition d’Orange , pour FT et ses dirigeants l’heure des comptes approche. 6 ans c’est en effet la bonne distance pour juger d’une stratégie, de sa mise en œuvre et de ses premiers résultats. D’autant que FT a bénéficié du soutien constant de son actionnaire public et qu’il a donc pu déployer sa stratégie sans avoir à se soumettre aux pressions contradictoires des marchés. (...) [lire]

Peut-il y avoir une affaire Enron en France ?
Il y a sans doute une affaire Enron au sens où une entreprise classique, une valeur de père de famille s’est muée en deux ans en une valeur hyper spéculative faisant des acquisitions hasardeuses, dissimulant des informations stratégiques, sans que ni les contre poids capitalistes classiques (auditeurs, actionnaires, administrateurs) ni ceux de l’économie publique à la française (direction du Trésor, ministère de Fi-nances, Parlement) n’aient pu contrôler la dérive.
De (...) [lire]

La question peut paraître incongrue en théorie et en pratique, la France n-a t elle pas renoncé sur l’autel de la construction européenne aux outils de la politique industrielle que sont la commande publique, la promotion des champions nationaux, les aides ciblées, les plans sectoriels, le protectionnisme offensif. Le Parti socialiste naguère champion des nationalisations, du volontarisme industriel et de la planification ne s’est-il pas converti à la régulation, à la libéralisation et à la privatisation. D’où vient (...) [lire]

L’exception culturelle
Le Monde des Livres, février 2002.
thèmes traités : Commerce mondial | OMC | Culture |
C’est à l’occasion du Cycle de l’Uruguay que la question des restrictions nationales à la diffusion d’œuvres étrangères a été soulevée par les Etats Unis, en réponse à la Directive « T.V. sans frontières » qui redoublait les quotas nationaux par des quotas européens. Le GATT a adopté un compromis provisoire, reconnaissant d’un côté une « exception générale » - pour les dispositifs réglementaires nationaux liés à « la protection des trésors nationaux de valeur artistique, archéologique ou historique » - et de l’autre une (...) [lire]

Les discours sans cesse changeants que tient J.M. Messier sur sa constance stratégique peuvent dérouter : quel rapport y a t il entre l’investissement dans les services publics polonais, la montée en puissance dans SFR, l’achat de Houghton Mifflin et l’acquisition de USA Networks ? En fait deux clés permettent de comprendre la stratégie d’un homme qui en quelques années a totalement refondu la Gle des Eaux, un groupe vieux d’un siècle et demi :
1-Comme banquier d’affaires, J.M. Messier sait d’instinct (...) [lire]

La chute d’Enron : trader de l’ère internet
Le Nouvel Hebdo, décembre 2001.
La faillite d’Enron fournit le symbole qui manquait jusqu’ici des années « déréglementation ». L’échec de l’entreprise sans actifs, obsédée par le bénéfice par action, innovant dans un univers déréglementé et faisant de l’internet la place de marché universelle est éclairant à plus d’un titre.
Enron est au départ une entreprise gazière possédant quelques réseaux de gazoducs. Son intégration aval dans la production et la distribution d ‘électricité au moment où le marché s’ouvrait était de bonne guerre. Le choix fait dans un (...) [lire]

Quatre ans après sa privatisation partielle, le navire France Télécom tangue aujourd’hui en pleine tempête, confronté au massacre de son titre en bourse et à une grogne syndicale interne qui monte. Pour la première fois depuis son entrée à la Bourse de Paris, l’action France Télécom a dégringolé cette semaine sous son premier cours de cotation du 20 (...) [lire]

En marge de Doha
Le Nouvel Hebdo, novembre 2001.
La contestation de la mondialisation est sans doute durablement installée dans notre paysage politique. De ce point de vue le succès de la Taxe Tobin auprès des responsables politiques de droite comme de gauche montre bien que la raison économique pèse peu lorsqu’une proposition entre en résonance avec un état de l’opinion publique. Nombre de Français partagent l’idée que le monde est plus instable, plus inégalitaire et qu’il mérite d’être mieux organisé. En même temps ils ne peuvent qu’être séduits par un dispositif qui (...) [lire]

Doha / OIT
Libération, novembre 2001.
Après le 11 Septembre, Doha ne pouvait pas échouer. A l’inverse, on n’abolit pas en une nuit les égoïsmes sacrés. Résultat : les nouveaux sujets - investissement, environnement et normes socales - sont renvoyés à l’après 2003 et un agenda light a été adopté. Faut-il s’en affliger ?
En matière de normes sociales, le problème n’est pas tant d’en édicter de nouvelles que de les rendre opposables à l’OMC. L’OIT a beau adopter des protocoles bannissant le travail des enfants, proclamant la liberté syndicale et protégeant les (...) [lire]

L’après 11 Septembre
Le Nouvel Hebdo, octobre 2001.
Depuis le 11 Septembre, le Gouvernement Bush a décidé de stimuler fortement l’activité économique, il a lancé des initiatives de reconquête par l’Etat régalien de domaines jusqu’alors abandonnés au marché autorégulateur, mis entre parenthèse les disciplines de marché pour les entreprises faillies (transport aérien), annulé les restrictions de rachat d’actions par les entreprises pour éviter un krach à Wall Street, lancé des initiatives coordonnées en matière de santé publique et demandé au Congres un nouveau « fast track » pour (...) [lire]

L’interdiction de la fusion Schneider-Legrand par la Commission européenne a suscité l’ire des responsables politiques français qui y voient une entrave au développement de firmes insérées dans une économie mondialisée, une mesure déstabilisatrice pour un groupe déjà fusionné après une OPE réussie, une marque d’autoritarisme et d’imprévisibilité des autorités bruxelloises. Cette colère se double d’une mise en cause du Traité de Rome, conçu pour favoriser, à marche forcée, la création d’un marché commun et qui aujourd’hui désarmerait (...) [lire]

Laurent Fabius vient d’administrer une remarquable preuve du courage en politique. Alors que tant de solutions habiles lui étaient suggérées par ses amis politiques, l’ART, FT ou Vivendi, pour préserver la triple fiction d’une procédure maintenue, d’une recette budgétaire programmée, et d’une constance dans l’action de l’Etat, il a décidé crânement de reconnaître que la solution imaginée il y a plus d’un an n’était plus opératoire et qu’il convenait d’en réinventer une.
Une décision prise dans la foulée des enchères (...) [lire]

Vous en rêviez, cet appartement parisien certes si cher mais si bien situé et tant disputé. Vous avez fini par signer. Bien sûr vous aviez prévu de le louer , nul doute que les clients allaient se bousculer. Et puis le marché s’est retourné, brutalement. L’immobilier parisien est ainsi, exagérant les mouvements à la hausse comme à la baisse. Et vous voilà piégés avec vos dettes, vos revenus virtuels évaporés. Qu’à cela ne tienne , vous dites-vous : je vais demander un rabais substantiel au vendeur . Fiction ? Vous l’aviez (...) [lire]

Où va la croissance américaine ?
Le Nouvel Hebdo, septembre 2001.
Les meilleurs experts y perdent leur latin, reprise en V ou en W, net ralentissement en U ou récession en L  : les paris sont ouverts et le jury suspend son jugement. Mais l’incertitude va au-delà : et si la politique monétaire avait perdu de son efficacité et si Alan Greenspan avait perdu la main ? Pour ajouter à la complexité les données paraissent soudain moins fiables, les révisions périodiques ajoutent à la confusion. Or dans un monde globalisé la perception par le grand public du niveau de l’activité aux USA (...) [lire]

Comment jugez-vous la situation économique actuelle ?
La situation actuelle des marchés et le contexte économique de cette rentrée fournissent un cas d’école presque exemplaire d’interconnexion entre les marchés financiers et la sphère économique réelle. Les Etats-Unis ont connu dans les années 90 un rattrapage économique marqué par une reprise très forte de l’investissement, notamment dans les technologies de l’information et de la communication. Les entreprises américaines ont investi deux fois plus dans les années (...) [lire]

Michel Bon ne comprend pas : les fondamentaux économiques de l’entreprise sont excellents, France Telecom a fait mieux en termes de performances que ce qui était anticipé lorsque l’action cotait 219 Euros et pourtant le cours de l’action a été divisé par 7 en un an ! Michel Bon ne voit donc qu’une explication : l’irrationnel pessimisme des marchés... et de prêcher la patience aux petits actionnaires qui n’ont pas su saisir, il y a un an, l’occasion de vendre ! Pour montrer sa détermination Michel Bon joint (...) [lire]

Quelle est votre première réaction à l’attentat du World Trade Center ?
Ce qui me frappe dans ce qui vient de se passer c’est, en paraphrasant Durkheim, que l’on vient d’avoir le premier fait mondial total. D’abord, politique : ce n’est pas un Etat qui en attaque un autre, mais un réseau terroriste déterritorialisé qui agit. C’est ensuite un fait économique mondial parce que cet attentat cible le cœur financier de la planète. En même temps, dans ces tours, 32 ou 34 nationalités étaient représentées. Autrement dit, (...) [lire]

Il y a 18 mois, le consensus était à l’avènement rapide du multimédia mobile, au déploiement accéléré de réseaux 3G dits UMTS, à l’explosion des services nomades. Par un de ses raccourcis dont seuls sont capables ceux qui ignorent les échelles de temps en industrie, qui confondent innovation technologique et produit utile, consommation sophistiquée et marché de masse, l’UMTS a été présenté comme l’alternative européenne à l’Internet fixe comme le vecteur du rattrapage européen, comme la porte spécifique à l’Europe d’accès à la (...) [lire]

Le mouvement de concentration bancaire va-t-il se poursuivre en France ?
Elie Cohen : Il y a de puissants moteurs qui poussent le mouvement de concentration : la mondialisation, la déréglementation et la privatisation, l’intégration européenne et l’avènement de l’Euro. Pour nous, Français, le simple prise de conscience du fait qu’un acteur réputé puissant comme BNP-Paribas pèse moins de 2% du marché domestique européen de la banque de détail est un appel à l’action. Notre secteur bancaire reste fragmenté au (...) [lire]

Microsoft, l’anti-tust et la nouvelle économie
Le Nouvel Hebdo, juillet 2001.
Le juge Jackson a donc échoué, Microsoft ne sera pas cassé pour l’exemple, il n’y aura pas de baby bills comme il y a des baby bells. Microsoft n’est pas ATT. Et pourtant c’est à peu près la seule bonne nouvelle pour Bill Gates. Microsoft est qualifié de monopole, ses abus de position dominante dans la promotion de Windows sont établis. Pire encore les juges affirment que le monopole est appelé à durer et que s’il convient de sanctionner Microsoft pour ses errements passés il faut surtout lui interdire à (...) [lire]

TNT : l’implosion programmée
Newbiz, juillet 2001.
Le rituel ne souffre pas d’exceptions : une innovation technique suscite des attentes majeures la profusion des marchés et des débouchés est annoncée, les politiques sont alors sommés d’intervenir pour éviter la fracture sociale. L’investissement est décidé et l’échec souvent programmé. Sommes nous condamnés à répéter avec la Télévision numérique terrestre -TNT- les mêmes erreurs qu’avec le câble, , les satellites TDF, Le D2Mac et la TV HD ou finirons nous par apprendre ? L’enthousiasme avec lequel les autorités publiques (...) [lire]

La constitution du troisième groupe financier français, par rapprochement de CdC Ixis et des Caisses d’Epargne, n’a guère soulevé d’intérêt.
Pour apprécier la portée de cette « Alliance », il faut en fait répondre à trois questions 1/En quoi la course à la taille, la fusion d’entités hétérogènes et la constitution d’organigrammes -rébus constituent-ils des réponses appropriées aux défis qu’affronte l’industrie financière 2/Peut on concilier dans un même groupe logique concurrentielle, logique de service public, et logique (...) [lire]

pour L’Expansion, juin 2001.
Plus le temps passe et plus l’étendue du sinistre industriel et financier apparaît : l’UMTS est sorti de la rubrique high tech pour passer à celle des entreprises en difficulté après avoir transité par les rubriques « innovation financière » ou « politique publique ».
Le « white elephant » est un grand projet industriel ruineux conçu de manière volontariste par une autorité publique ambitieuse au mépris du marché et des demandes des consommateurs et poursuivi malgré les signes (...) [lire]

Au terme d’une lutte épique qui opposait deux candidats pour quatre licences, sous le regard sourcilleux du régulateur, le verdict est tombé. L’ART, après un an de travail et sur la base d’une batterie de 14 critères permettant d’apprécier la qualité des dossiers et des engagements, vient de choisir ... les deux champions nationaux France Telecom et Vivendi. Dans la foulée, le Gouvernement s’est félicité du choix d’une procédure -le concours de beauté avec redevance élevée- qui avait si magistralement réussi. (...) [lire]

Régulation : la leçon californienne
Le Nouvel Hebdo, mai 2001.
Que se passe t il donc en Californie ? Comment expliquer le rationnement, la nationalisation, le contrôle des prix dans ce qui est l’épicentre du capitalisme high-tech ? Comment surtout expliquer que le monopole de service public à la française fasse tellement mieux ? La comparaison est en fait trompeuse.
Dans le cas californien il s’agit moins de l’échec de la déréglementation que de l’inadaptation d’un dispositif de régulation lourd et contradictoire dans un contexte de croissance explosive et non (...) [lire]

Question à Elie Cohen :
L’électricité est-elle un produit de commodité ou un bien stratégique ?
« Ni l’un ni l’autre. L’électricité ne pose pas de problème de sécurité d’approvisionnement comme cela a été le cas pour le pétrole. Avec le nucléaire, nous avons réglé le problème de la sécurité énergétique pour longtemps. Par contre la façon de produire et de consommer l’éléctricité pose des questions écologiques et politiques majeures. Selon l’énergie utilisée, les émissions de carbone sont plus ou moins élevées. Selon l’efficacité dans l’usage de (...) [lire]

La baisse continue des valeurs de l’internet fait problème d’un triple point de vue boursier, économique et technologique. Dans cette descente aux enfers, le sort d’Ariba, Commerce One, et i2 mérite un traitement singulier. Autant on pouvait comprendre la disparition de dot.com inconsistantes de B2C sans modèle économique soutenable, ni projet industriel, autant l’inexorable affaissement de sociétés proposant des logiciels de gestion de places de marché questionne. Faut-il y voire la marque de la (...) [lire]

« L’impulsion fondamentale qui met en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle... un même processus de mutation industrielle révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de destruction créatrice ... » Capitalisme, (...) [lire]

UMTS
Les Echos, mars 2001.
La France aime l’Etat, le service public, l’exception culturelle, c’est ainsi. Elle n’aime pas la libéralisation, la déréglementation, la privatisation. Même si elle les pratique elle prend soin de ne pas les nommer. Lorsqu’un train déraille au Royaume Uni c’est la faute à la privatisation et peu importe que le réseau ferroviaire britannique ait eu surtout à souffrir de l’indigence des politiques publiques pendant des décennies. Lorsque le réseau électrique californien s’effondre, c’est la faute à la (...) [lire]

Le nouvel ordre économique mondial que vous décrivez serait fondé sur la multiplication des arbitres, des autorités de régulation ?
C’est vrai et on n’a pas assez remarqué, au sein de l’organisation mondiale du commerce, la naissance d’une instance arbitrale chargée de régler les différends, l’ORD (organisation de régulation des différends). Jusque là il fallait forcément que les Etats eux-mêmes se mettent d’accord pour régler les conflits. Là, on a une instance autonome qui instruit le dossier et prend sa décision en la (...) [lire]

Rien n’y fait, ni la célébration de l’UMTS par notre plus grand vulgarisateur scientifique, Michel Serres, ni les premières démonstrations de matériel à Cannes, ni la publication de calendriers réalistes de déploiement ; la crise que connaissent actuellement les équipementiers et les opérateurs de Télécommunications enfle chaque jour davantage. Non seulement elle douche l’enthousiasme des chantres européens de la "Nouvelle économie" qui y voyaient la promesse du rattrapage européen dans l’une des technologies (...) [lire]

pour L’Expansion, août 1999.
Débattre des nationalisations en 1981 avait un sens quand la gauche y cherchait une sortie de crise. En débattre en 1984, quand Laurent Fabius fixait la rentabilité comme seul critère de gestion aux entreprises publiques, ou en 1988 lorsque les socialistes s’ingéniaient déjà à faire "respirer" les entreprises publiques en avait déjà moins. Y revenir depuis le Congrès de l’Arche de 1991 où le P.S. a adopté sa vision à géométrie variable du secteur public, n’en a plus guère.
Gauche et droite ont (...) [lire]

Les multinationales ont-elles acquis un pouvoir sans limite ? Jamais autant qu’au cours des deux dernières années les firmes transnationales n’ont paru plus puissantes : la mondialisation, la déréglementation, l’intégration régionale, les nouvelles technologies tout paraissait contribuer à l’accélération de la concentration et à l’affaiblissement des Etats. Pourtant, il ne faudrait pas en déduire que les multinationales avancent sans contrainte. Car au fur et à mesure que leur pouvoir s’accroît, des contre-feux (...) [lire]

Dans le tourbillon protestataire que nous avons connu depuis la rentrée et dont le prix du carburant était l’enjeu apparent, un fait a été peu analysé : confrontés à leur première crise sérieuse, les gouvernements européens n’ont pu peser ni sur le cours du pétrole, ni sur le cours de l’euro, ils ont même relâché leur discipline budgétaire et c’est l’intervention américaine qui a permis de désamorcer les deux crises. Jamais dans la brève histoire de l’Euro, l’édifice institutionnel n’a paru aussi fragile. La BCE a fait la (...) [lire]

Avec la prospérité reviennent les revendications salariales. Qui touche aujourd’hui les fruits de la prospérité ?
Elie Cohen : 500 000 emplois probablement créés en France en l’an 2000 après 450 000 en 1999 c’est le résultat de la croissance et de la répartition des fruits de la croissance. Les politiques de baisse de charges et plus récemment les 35 heures ont été pensées pour enrichir le contenu de la croissance en emplois. Seulement voilà dès que la menace du chômage s’éloigne, la revendication salariale pointe, ce (...) [lire]

Le Nouvel Observateur - Le montant des fusions est passé de 500 milliards d’euros en 1990 à 3 260 milliards l’an dernier. Pourquoi cette accélération ?
Elie Cohen - La première raison évidente : c’est la mondialisation et pour nous Européens, l’intégration régionale encore stimulée par l’euro, qui oblige les entreprises à grandir. Lorsque son marché pertinent était la France, la BNP était une grande banque. A l’échelle de l’Europe, elle ne l’est plus. Deuxième phénomène : la déréglementation. Autrefois, il y avait des (...) [lire]

Avec Vivendi-Universal, J.M.Messier annonce la naissance du premier groupe capable d’intégrer contenus globaux et locaux et de les distribuer sur les nouveaux canaux numériques. Sa stratégie est de bâtir un groupe multiaccès, multicontenus, multinational et totalement intégré. Pourtant la magie ne semble plus opérer, la réaction immédiate des marchés est empreinte de scepticisme.
Une manière d’évaluer cette fusion consiste à essayer de comprendre pourquoi la transaction s’est faite, avant de se demander ce que la (...) [lire]

Lorsqu’un bien public rare est l’objet d’une forte demande pour un usage privé, lorsque les demandeurs sont des acteurs responsables et solvables, la seule procédure qui concilie efficacité allocative, éfficacité productive, équité et moralité publique est celle des enchères ouvertes et transparentes. Que valent alors les arguments jusqu’ici avancés par Bouygues, l’ART, les industriels, justifient-ils malgré tout l’adoption de la soumission comparative ?
Le premier argument relève de la logique classique de la (...) [lire]

Par une de ses ruses dont l’actualité politique est coutumière c’est au moment où le gouvernement de la gauche plurielle adopte solennellement un texte peu contraignant sur les nouvelles régulations que la très libérale DG4 fait échouer deux fusions majeures l’une dans les véhicules industriels -Scania/Volvo- l’autre dans l’aluminium -Alcan/Pechiney/ Algroup-. Comment expliquer cette audace nouvelle de la Commission européenne, faut-il y lire l’amorce d’un nouveau cours justifié par l’accélération récente des (...) [lire]

La guerre des banques restera comme l’un de ces moments clés où l’histoire parait hésiter. En témoignent les analyses contradictoires et apparemment aussi fondées les unes que les autres sur le rôle de l’Etat et des marchés. Jusqu’au dernier moment on a pu soutenir la thèse de la conversion du capitalisme gallican à la logique des marchés financiers comme celle du maintien de l’exception interventionniste française. On a pu celebrer le chant du cygne des trésoriens ou la manifestation de la puissance intacte d’une (...) [lire]

Passé le moment d’enthousiasme communicatif de Steve Case et les commentaires hpyperboliques des média, la fusion AOL-Time Warner pose plus de problèmes qu’elle n’apporte de réponses tant sur l’internet comme nouveau media, que sur la logique de l’intégration verticale entre fournisseur d’accès et éditeurs de contenus, ou sur l’évaluation des valeurs internet.
Souvenons-nous ; il n’y a pas si longtemps, la convergence numérique telecom-audiovisuel-cable était la stratégie la mieux partagée par les visionnaires. (...) [lire]

Seattle, capitale du haute technologie et de la nouvelle économie, en état de siège, des manifestants venus du monde entier pour défendre des causes aussi différentes que la protection des baleines, la sidérurgie de Pittsburgh ou le fromage de brebis, des gouvernants désemparés : le cycle du Millénaire sensé relancer le processus de libéralisation de l’économie mondiale en a révélé les limites, il a favorisé l’émergence d’une société civile mondiale, il a en fait ouvert la question du gouvernement économique planétaire.
L’écart (...) [lire]

L’acte d’incrimination de Microsoft rédigé par le Juge Jackson est appelé à figurer dans les manuels. Il pose avec clarté quatre questions centrales sur la régulation des économies dans un monde ouvert en proie à de rapides mutations technologiques. La première porte sur la justification même de l’antitrust, faut-il encore des législations et des autorités antitrust dans une économie mondialisée ? La déréglementation ne s’impose-t-elle pas dans un monde ouvert où il ne peut subsister durablement de positions de (...) [lire]

La leçon Bull
La Croix, octobre 1999.
Il y a peu encore le Gouvernement, les analystes financiers et les commentateurs célébraient les vertus de la privatisation façon Bull. La méthode consistait à réunir un ensemble de partenaires industriels, à leur faire une place dans le capital, à désengager partiellement l’Etat et à distribuer généreusement des stocks options aux dirigeants. Le modèle Bull inventé par Thierry Breton fut un tel « succès » que la droite fit appel à ce même dirigeant pour présider Thomson Multimédia et la gauche vient de décider une (...) [lire]

L’empire Daewoo vacille sur ses bases. Une de ses poutres maîtresses, Daewoo Electronics, a déjà cédé et l’ensemble menace ruine ; il est aujourd’hui à la merci des créanciers internationaux et du Gouvernement coréen. Cette chute doit faire réfléchir sur l’avenir des chaebols, sur les limites des stratégies de rattrapage, sur le dévoiement des solutions mercantilistes, et sur les impasses du capitalisme autoritaire.
Mais ces débats ne sont pas d’actualité en France, où il est plutôt question de Longwy et de TMM. La (...) [lire]

La guerre des banques au delà de ses rebondissements et de ses effets directs est en passe de fournir une vivante leçon de choses économiques aux Français. Ceux-ci découvrent qu’ils ne sont plus maîtres chez eux, ils réalisent que les entreprises nationales sont de plus en plus largement contrôlées par les fonds de pension et les fonds mutuels anglo-américains. Et comme chaque fois que les Français peuvent apprendre de leur expérience collective, leurs dirigeants font tout pour que cette connaissance dérangeante (...) [lire]

En refermant le livre de Pierre Angel Gay et Caroline Monnot, François Pinault, milliardaire, on a peine à croire qu’un tel livre ait conduit un éditeur en vue à renoncer à sa publication pour ne pas encourir les foudres du maitre de la Fnac. Qu’y a t il donc de sulfureux dans le portrait d’un homme « parti de rien » comme dit la légende et parvenu au sommet de la gloire, de la fortune et de l’influence à force de volonté, de ruse, de manipulation, de brutalité mais aussi d’intelligence ?
Le grand mérite de nos (...) [lire]

Depuis deux ans les restructurations industrielles et financières impliquant l’Etat sont rondement menées. Là où le Gouvernement Juppé tergiversait, reculait et parfois même prêtait à la critique pour sa faiblesse coupable à l’égard de certains intérêts, DSK agit avec calme, professionnalisme et dénoue affaire après affaire tous les dossiers impossibles de l’ère précédente : CIC, Thomson, Aérospatiale, Crédit Lyonnais, GAN etc... On pourrait s’arrêter là et selon ses opinions vanter ou railler les talents de privatiseurs des (...) [lire]

Avec le développement des OPE hostiles, les Français, et apparemment leur ministre des finances avec eux, assistent médusés au triomphe de l’actionnaire : actionnaire institutionnel à travers les fonds de pension qui tranchent dans les OPA, actionnaires individuels organisés qui demandent des comptes, actionnaires-salariés enfin courtisés lors des batailles boursières et qui refusent d’être négligés le reste du temps. Cette découverte a au moins un mérite, celui de relativiser les discours sur la corporate (...) [lire]

Depuis l’arrivée au pouvoir du Gouvernement Schroeder le débat de politique économique européen a pris un singulier tournant : la nouvelle Allemagne exerce une pression continue sur la Banque Centrale européenne pour qu’elle baisse ses taux et facilite la relance, elle entend promouvoir des startégies coopératives en matière budgétaire, fiscale et sociale même au prix d’une moindre rigueur, elle se fait enfin la championne d’un nouvel ordre monétaire international basé sur des taux de change controlés (méthode dite des (...) [lire]

Rhône Poulenc après AGF sous contrôle allemand, Alcatel en état de choc, Bull et son agonie sans fin, Péchiney en recentrage continu, Thomson orphelin, Framatome en quête d’actionnaire ... mais que sont nos champions nationaux devenus ?
La lecture du dernier FT 500 fournit une illustration chiffrée de ce constat démoralisant. Seul un ancien monopole de service public partiellement privatisé, France Telecom figure parmi les 50 premières firmes mondiales. Il faut descendre jusqu’à la 317 ème place pour trouver St (...) [lire]

La thèse essentielle peut se résumer ainsi : avec la troisième révolution numérique -celle des réseaux multimedia-, les potentialités des deux premières -celle de l’informatique et des telecom- peuvent pleinement s’exprimer ouvrant la voie à une nouvelle ère de croissance accélérée des gains de productivité du travail humain notamment dans le domaine des services.
La première révolution numérique avait permis l’émergence d’usines taylorisées de service dans la banque, l’assurance, les services administratifs des grandes (...) [lire]

pour L’Expansion, avril 1999.
Que la fusion Deutsche Telecom / Telecom Italia se fasse ou pas, elle aura bouleversé le paysage européen des telecom. Elle a déjà produit une perte collatérale : l’alliance France Telecom-Deutsche-Telecom. Elle rouvre la question de la validité stratégique des alliances entre opérateurs historiques. Elle manifeste le caractère irrésistible de la pression de l’actionnaire. Elle accélère enfin la libéralisation du secteur en réintroduisant la Commission européenne dans l’organisation (...) [lire]

Depuis 1976 avec une régularité jamais prise en défaut, les crises du régime d’assurance maladie surviennent, suscitent l’émoi collectif et disparaissent après l’adoption d’un plan mêlant augmentation des prélèvements et dégradation des conditions de remboursement, toujours définitif, mais dont la durée de vie moyenne est en fait de 15 mois. Tant d’inefficacité devrait interpeller. Et pourtant même le débat public est terriblement convenu, il oppose les tenants de gauche d’un système socialisé .... aux partisans de droite (...) [lire]

La banque française est pleine de bruits et de fureur. L’un sort son treillis et se dit alléché par l’odeur de la poudre, l’autre traite préventivement son adversaire de « Ganelon », le troisième ajoute finement 3 Pébereau bonjour les dégâts. On peut le comprendre tant la méthode de l’OPE hostile est inusitée, tant les ego froissés sont surdimensionnés et tant la consanguinité des protagonistes est avérée. Mais il est moins acceptable de soutenir avec assurance une chose et son contraire, d’établir des plans sans en (...) [lire]

Dans l’affaire SGP, il y a une double énigme. Comment ce Gouvernement a t il pu ne pas comprendre qu’en jouant le jeu des Mutuelles, il affaiblissait des entreprises financières déjà faibles et ce faisant précipitait les évolutions qu’il entendait éviter ? Comment Michel Pébereau, incarnation de l’aristocratie d’Etat, prototype du fonctionnaire politique a t il pu faire des fonds de pension les arbitres des querelles des tribus gauloises ?
La réponse tient dans un triple constat de faillite et dans un pari (...) [lire]

Un an de croissance continue a permis de lire à livre ouvert les principaux traits du « chômage français ». La croissance de l’activité est fortement créatrice d’emplois, son contenu s’élève même depuis quelques années. En 12 mois d’une croissance supérieure à 3%, 360 000 emplois ont ainsi été créés. Le chômage des jeunes a dès lors reculé mais au profit de formes précaires d’emploi, confirmant ainsi que l’entrée sur le marché du travail passe par un sas de contrats à durée détérminée. Le chômage de longue durée persiste, il ne se résorbe pas (...) [lire]

La question nucléaire vient de connaître en quelques mois une évolution décisive. Il aura suffi qu’un Gouvernement allemand inexpérimenté ait osé annoncer l’arrêt à terme de toutes les centrales nucléaires et immédiat du retraitement du combustible irradié pour que des débats longtemps tus en France fassent surface et pour que des positions qui jusque là étaient le fait des seuls écologistes soient considérés avec le plus grand sérieux au coeur même d’EdF.
Certes les maladresses allemandes n’expliquent pas tout, la compétitivité (...) [lire]

On savait que le Parlement était parfois complice de son abaissement. Il vient d’en administrer la preuve en décidant nuitamment, par un amendement à un texte sur l’aménagement du territoire , de mettre fin à un monopole multiséculaire, celui du service public postal. La démarche ne mériterait guère qu’on s’y arrête si elle ne témoignait de notre incapacité à débattre sereinement, à assumer l’intégration européenne et à réformer dans la clarté nos fameux services publics.
La Poste est une entreprise en concurrence, ses activités (...) [lire]

L’activité de fusions-acquisitions a battu de nouveaux records en 1998. Un seuil parait même avoir été franchi puisque des géants pétroliers se sont entre-dévorés, des champions nationaux dans l’automobile -Volvo- et la pharmacie - Rhône Poulenc- ont baissé leur pavillon et des hypermarchés financiers planétaires tel Citigroup se sont constitués.
Ce mouvement ne doit pourtant masquer ni le caractère récurrent de ces vagues de fusions, ni les échecs significatifs constatés avec le temps, ni les contre-tendances observées avec (...) [lire]

pour L’Expansion, janvier 1999.
Il y a un an le secteur des telecom était ouvert à la concurrence. Une loi en avait fixé le cadre réglementaire. Une Autorité de régulation indépendante, l’ART, avait été créée pour gérer la transition du monopole vers le marché. Dans la même temps et au nom des alliances industrielles nouées par France Telecom (FT), le processus de privatisation était amorcé. Un an après, l’opérateur historique vole de succés en succés, Vivendi peine à atteindre ses objectifs, Suez- Lyonnaise fait de la figuration (...) [lire]

La Défense est une activité régalienne. Le marché de l’armement est dominé par les Etats. A travers les programmes coopératifs ou nationaux qu’ils décident, l’effort de recherche qu’ils financent, et les marchés publics qu’ils passent, les Etats définissent le degré d’autonomie technologique et industrielle des acteurs nationaux. Le rôle de l’industriel n’est ni de veiller à l’aménagement du territoire, ni d’assurer aux ouvriers d’Etat issus des arsenaux un emploi à vie, il est de faire mieux que ses concurrents quand (...) [lire]

L’irruption récente de démarches consuméristes dans l’univers du service public fait scandale. Tour à tour l’éducation, la santé et les services des collectivités locales ont été soumis à la question et leurs « performances », jugées à l’aune de la qualité du service rendu. Pire encore des classements ont été publiés et des comparaisons coûts/bénéfices sauvagement tentés. Au delà des discours convenus des ministres responsables ou de la tartuferie d’élus qui par intérêt étroit protègent des hôpitaux notoirement dangereux sans jamais y (...) [lire]

Le Gouvernement s’apprête à réformer l’audiovisuel. Une fois de plus, il sera question de qualité, de culture, de création menacées par l’audimat, la publicité, les pratiques des T.V. commerciales. Le « service public » de l’audiovisuel se verra assigner une mission essentielle « la préservation de la cohésion sociale » tout en veillant au pluralisme et à la promotion de l’identité culturelle et linguistique nationales. Qui ne souscrirait à ces objectifs ?, Qui surtout pourrait résister aux larmes de Brigitte Fossey (...) [lire]

LTCM, retenez ce sigle !. Dans les manuels d’histoire, il illustrera la crise de cette fin de siècle. Une crise née de la croyance illimitée en l’efficience des marchés. Une crise entretenue par la démission de responsables politiques nationaux ou internationaux. Une crise financière, monétaire, de change qui faillit basculer dans la crise systémique. Une crise enfin qui par les risques qu’elle fit peser sur l’économie réelle a fait redécouvrir le rôle régulateur des Etats. Mais comment est on passé si vite de la (...) [lire]

Il était une fois une entreprise de pointe, technologiquement pionnière et socialement avancée. Appréciée des consommateurs, elle était aussi le bras armé de l’Etat dont elle réalisait de grands desseins. Or par un effet de calendrier, une coalition hétéroclite est en cours de formation qui peut faire regresser rapidement EdF. Si tout se passe comme prévu, l’entreprise va entrer à reculons dans le marché unique de l’énergie car l’Etat aura transposé avec retard et a minima la directive européenne du 20/6/96. EdF sera (...) [lire]

Il ne sert à rien de vitupérer contre les pilotes comme le fait une presse unanime, d’agiter la menace de la réquisition comme le fait une opposition qu’on a connue plus pusillanime quand elle était au pouvoir, ou de manifester une intransigeance insoutenable quand on a été nommé, comme M.Spinetta, pour « composer » .
La crise actuelle est en effet le produit direct de 10 ans d’atermoiements politiques, stratégiques et organisationnels. Il y a 10 ans déjà, J.Friedman, alors Président, propose d’ouvrir le (...) [lire]

Le Gouvernement français vient de decider de maintenir l’ensemble des programmes d’armement, de demander un effort de compression des coûts aux industriels et d’augmenter le budget d’acquisition à 85 milliards de F. Au même moment les grands industriels européens du secteur (Bae, Dasa, Aerospatiale) et leurs gouvernements respectifs s’entendaient pour donner une impulsion décisive à la constitution d’une grande société européenne civile et militaire (« E ») ayant vocation à regrouper l’ensemble des moyens (...) [lire]

Au moment où les AGF disparaissent du paysage financier français pour se fondre dans le groupe Allianz sanctionnant ainsi l’impéritie de tant de gouvernements incapables de comprendre les enjeux de la restructuration de l’industrie financière, de tant de hauts fonctionnaires qui ont cru qu’il suffisait de déréglementer pour créer un ordre de marché et de tant de dirigeants pour qui l’échec répété fut le meilleur tremplin pour les grandes carrières , il importe de ne pas reproduire les mêmes erreurs avec la (...) [lire]

 

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