Elie Cohen - directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du CAE

Communication

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2001


La chute d’Enron : trader de l’ère internet
Le Nouvel Hebdo, décembre 2001.
La faillite d’Enron fournit le symbole qui manquait jusqu’ici des années « déréglementation ». L’échec de l’entreprise sans actifs, obsédée par le bénéfice par action, innovant dans un univers déréglementé et faisant de l’internet la place de marché universelle est éclairant à plus d’un titre.
Enron est au départ une entreprise gazière possédant quelques réseaux de gazoducs. Son intégration aval dans la production et la distribution d ‘électricité au moment où le marché s’ouvrait était de bonne guerre. Le choix fait dans un (...) [lire]

Quatre ans après sa privatisation partielle, le navire France Télécom tangue aujourd’hui en pleine tempête, confronté au massacre de son titre en bourse et à une grogne syndicale interne qui monte. Pour la première fois depuis son entrée à la Bourse de Paris, l’action France Télécom a dégringolé cette semaine sous son premier cours de cotation du 20 (...) [lire]

En marge de Doha
Le Nouvel Hebdo, novembre 2001.
La contestation de la mondialisation est sans doute durablement installée dans notre paysage politique. De ce point de vue le succès de la Taxe Tobin auprès des responsables politiques de droite comme de gauche montre bien que la raison économique pèse peu lorsqu’une proposition entre en résonance avec un état de l’opinion publique. Nombre de Français partagent l’idée que le monde est plus instable, plus inégalitaire et qu’il mérite d’être mieux organisé. En même temps ils ne peuvent qu’être séduits par un dispositif qui (...) [lire]

Doha / OIT
Libération, novembre 2001.
Après le 11 Septembre, Doha ne pouvait pas échouer. A l’inverse, on n’abolit pas en une nuit les égoïsmes sacrés. Résultat : les nouveaux sujets - investissement, environnement et normes socales - sont renvoyés à l’après 2003 et un agenda light a été adopté. Faut-il s’en affliger ?
En matière de normes sociales, le problème n’est pas tant d’en édicter de nouvelles que de les rendre opposables à l’OMC. L’OIT a beau adopter des protocoles bannissant le travail des enfants, proclamant la liberté syndicale et protégeant les (...) [lire]

L’après 11 Septembre
Le Nouvel Hebdo, octobre 2001.
Depuis le 11 Septembre, le Gouvernement Bush a décidé de stimuler fortement l’activité économique, il a lancé des initiatives de reconquête par l’Etat régalien de domaines jusqu’alors abandonnés au marché autorégulateur, mis entre parenthèse les disciplines de marché pour les entreprises faillies (transport aérien), annulé les restrictions de rachat d’actions par les entreprises pour éviter un krach à Wall Street, lancé des initiatives coordonnées en matière de santé publique et demandé au Congres un nouveau « fast track » pour (...) [lire]

L’interdiction de la fusion Schneider-Legrand par la Commission européenne a suscité l’ire des responsables politiques français qui y voient une entrave au développement de firmes insérées dans une économie mondialisée, une mesure déstabilisatrice pour un groupe déjà fusionné après une OPE réussie, une marque d’autoritarisme et d’imprévisibilité des autorités bruxelloises. Cette colère se double d’une mise en cause du Traité de Rome, conçu pour favoriser, à marche forcée, la création d’un marché commun et qui aujourd’hui désarmerait (...) [lire]

Laurent Fabius vient d’administrer une remarquable preuve du courage en politique. Alors que tant de solutions habiles lui étaient suggérées par ses amis politiques, l’ART, FT ou Vivendi, pour préserver la triple fiction d’une procédure maintenue, d’une recette budgétaire programmée, et d’une constance dans l’action de l’Etat, il a décidé crânement de reconnaître que la solution imaginée il y a plus d’un an n’était plus opératoire et qu’il convenait d’en réinventer une.
Une décision prise dans la foulée des enchères (...) [lire]

Vous en rêviez, cet appartement parisien certes si cher mais si bien situé et tant disputé. Vous avez fini par signer. Bien sûr vous aviez prévu de le louer , nul doute que les clients allaient se bousculer. Et puis le marché s’est retourné, brutalement. L’immobilier parisien est ainsi, exagérant les mouvements à la hausse comme à la baisse. Et vous voilà piégés avec vos dettes, vos revenus virtuels évaporés. Qu’à cela ne tienne , vous dites-vous : je vais demander un rabais substantiel au vendeur . Fiction ? Vous l’aviez (...) [lire]

Où va la croissance américaine ?
Le Nouvel Hebdo, septembre 2001.
Les meilleurs experts y perdent leur latin, reprise en V ou en W, net ralentissement en U ou récession en L  : les paris sont ouverts et le jury suspend son jugement. Mais l’incertitude va au-delà : et si la politique monétaire avait perdu de son efficacité et si Alan Greenspan avait perdu la main ? Pour ajouter à la complexité les données paraissent soudain moins fiables, les révisions périodiques ajoutent à la confusion. Or dans un monde globalisé la perception par le grand public du niveau de l’activité aux USA (...) [lire]

Comment jugez-vous la situation économique actuelle ?
La situation actuelle des marchés et le contexte économique de cette rentrée fournissent un cas d’école presque exemplaire d’interconnexion entre les marchés financiers et la sphère économique réelle. Les Etats-Unis ont connu dans les années 90 un rattrapage économique marqué par une reprise très forte de l’investissement, notamment dans les technologies de l’information et de la communication. Les entreprises américaines ont investi deux fois plus dans les années (...) [lire]

Michel Bon ne comprend pas : les fondamentaux économiques de l’entreprise sont excellents, France Telecom a fait mieux en termes de performances que ce qui était anticipé lorsque l’action cotait 219 Euros et pourtant le cours de l’action a été divisé par 7 en un an ! Michel Bon ne voit donc qu’une explication : l’irrationnel pessimisme des marchés... et de prêcher la patience aux petits actionnaires qui n’ont pas su saisir, il y a un an, l’occasion de vendre ! Pour montrer sa détermination Michel Bon joint (...) [lire]

Quelle est votre première réaction à l’attentat du World Trade Center ?
Ce qui me frappe dans ce qui vient de se passer c’est, en paraphrasant Durkheim, que l’on vient d’avoir le premier fait mondial total. D’abord, politique : ce n’est pas un Etat qui en attaque un autre, mais un réseau terroriste déterritorialisé qui agit. C’est ensuite un fait économique mondial parce que cet attentat cible le cœur financier de la planète. En même temps, dans ces tours, 32 ou 34 nationalités étaient représentées. Autrement dit, (...) [lire]

Il y a 18 mois, le consensus était à l’avènement rapide du multimédia mobile, au déploiement accéléré de réseaux 3G dits UMTS, à l’explosion des services nomades. Par un de ses raccourcis dont seuls sont capables ceux qui ignorent les échelles de temps en industrie, qui confondent innovation technologique et produit utile, consommation sophistiquée et marché de masse, l’UMTS a été présenté comme l’alternative européenne à l’Internet fixe comme le vecteur du rattrapage européen, comme la porte spécifique à l’Europe d’accès à la (...) [lire]

Le mouvement de concentration bancaire va-t-il se poursuivre en France ?
Elie Cohen : Il y a de puissants moteurs qui poussent le mouvement de concentration : la mondialisation, la déréglementation et la privatisation, l’intégration européenne et l’avènement de l’Euro. Pour nous, Français, le simple prise de conscience du fait qu’un acteur réputé puissant comme BNP-Paribas pèse moins de 2% du marché domestique européen de la banque de détail est un appel à l’action. Notre secteur bancaire reste fragmenté au (...) [lire]

Microsoft, l’anti-tust et la nouvelle économie
Le Nouvel Hebdo, juillet 2001.
Le juge Jackson a donc échoué, Microsoft ne sera pas cassé pour l’exemple, il n’y aura pas de baby bills comme il y a des baby bells. Microsoft n’est pas ATT. Et pourtant c’est à peu près la seule bonne nouvelle pour Bill Gates. Microsoft est qualifié de monopole, ses abus de position dominante dans la promotion de Windows sont établis. Pire encore les juges affirment que le monopole est appelé à durer et que s’il convient de sanctionner Microsoft pour ses errements passés il faut surtout lui interdire à (...) [lire]

TNT : l’implosion programmée
Newbiz, juillet 2001.
Le rituel ne souffre pas d’exceptions : une innovation technique suscite des attentes majeures la profusion des marchés et des débouchés est annoncée, les politiques sont alors sommés d’intervenir pour éviter la fracture sociale. L’investissement est décidé et l’échec souvent programmé. Sommes nous condamnés à répéter avec la Télévision numérique terrestre -TNT- les mêmes erreurs qu’avec le câble, , les satellites TDF, Le D2Mac et la TV HD ou finirons nous par apprendre ? L’enthousiasme avec lequel les autorités publiques (...) [lire]

La constitution du troisième groupe financier français, par rapprochement de CdC Ixis et des Caisses d’Epargne, n’a guère soulevé d’intérêt.
Pour apprécier la portée de cette « Alliance », il faut en fait répondre à trois questions 1/En quoi la course à la taille, la fusion d’entités hétérogènes et la constitution d’organigrammes -rébus constituent-ils des réponses appropriées aux défis qu’affronte l’industrie financière 2/Peut on concilier dans un même groupe logique concurrentielle, logique de service public, et logique (...) [lire]

pour L’Expansion, juin 2001.
Plus le temps passe et plus l’étendue du sinistre industriel et financier apparaît : l’UMTS est sorti de la rubrique high tech pour passer à celle des entreprises en difficulté après avoir transité par les rubriques « innovation financière » ou « politique publique ».
Le « white elephant » est un grand projet industriel ruineux conçu de manière volontariste par une autorité publique ambitieuse au mépris du marché et des demandes des consommateurs et poursuivi malgré les signes (...) [lire]

Au terme d’une lutte épique qui opposait deux candidats pour quatre licences, sous le regard sourcilleux du régulateur, le verdict est tombé. L’ART, après un an de travail et sur la base d’une batterie de 14 critères permettant d’apprécier la qualité des dossiers et des engagements, vient de choisir ... les deux champions nationaux France Telecom et Vivendi. Dans la foulée, le Gouvernement s’est félicité du choix d’une procédure -le concours de beauté avec redevance élevée- qui avait si magistralement réussi. (...) [lire]

Régulation : la leçon californienne
Le Nouvel Hebdo, mai 2001.
Que se passe t il donc en Californie ? Comment expliquer le rationnement, la nationalisation, le contrôle des prix dans ce qui est l’épicentre du capitalisme high-tech ? Comment surtout expliquer que le monopole de service public à la française fasse tellement mieux ? La comparaison est en fait trompeuse.
Dans le cas californien il s’agit moins de l’échec de la déréglementation que de l’inadaptation d’un dispositif de régulation lourd et contradictoire dans un contexte de croissance explosive et non (...) [lire]

Question à Elie Cohen :
L’électricité est-elle un produit de commodité ou un bien stratégique ?
« Ni l’un ni l’autre. L’électricité ne pose pas de problème de sécurité d’approvisionnement comme cela a été le cas pour le pétrole. Avec le nucléaire, nous avons réglé le problème de la sécurité énergétique pour longtemps. Par contre la façon de produire et de consommer l’éléctricité pose des questions écologiques et politiques majeures. Selon l’énergie utilisée, les émissions de carbone sont plus ou moins élevées. Selon l’efficacité dans l’usage de (...) [lire]

La baisse continue des valeurs de l’internet fait problème d’un triple point de vue boursier, économique et technologique. Dans cette descente aux enfers, le sort d’Ariba, Commerce One, et i2 mérite un traitement singulier. Autant on pouvait comprendre la disparition de dot.com inconsistantes de B2C sans modèle économique soutenable, ni projet industriel, autant l’inexorable affaissement de sociétés proposant des logiciels de gestion de places de marché questionne. Faut-il y voire la marque de la (...) [lire]

« L’impulsion fondamentale qui met en mouvement la machine capitaliste est imprimée par les nouveaux objets de consommation, les nouvelles méthodes de production et de transport, les nouveaux marchés, les nouveaux types d’organisation industrielle... un même processus de mutation industrielle révolutionne incessamment de l’intérieur la structure économique, en détruisant continuellement ses éléments vieillis et en créant continuellement des éléments neufs. Ce processus de destruction créatrice ... » Capitalisme, (...) [lire]

UMTS
Les Echos, mars 2001.
La France aime l’Etat, le service public, l’exception culturelle, c’est ainsi. Elle n’aime pas la libéralisation, la déréglementation, la privatisation. Même si elle les pratique elle prend soin de ne pas les nommer. Lorsqu’un train déraille au Royaume Uni c’est la faute à la privatisation et peu importe que le réseau ferroviaire britannique ait eu surtout à souffrir de l’indigence des politiques publiques pendant des décennies. Lorsque le réseau électrique californien s’effondre, c’est la faute à la (...) [lire]

Le nouvel ordre économique mondial que vous décrivez serait fondé sur la multiplication des arbitres, des autorités de régulation ?
C’est vrai et on n’a pas assez remarqué, au sein de l’organisation mondiale du commerce, la naissance d’une instance arbitrale chargée de régler les différends, l’ORD (organisation de régulation des différends). Jusque là il fallait forcément que les Etats eux-mêmes se mettent d’accord pour régler les conflits. Là, on a une instance autonome qui instruit le dossier et prend sa décision en la (...) [lire]

Rien n’y fait, ni la célébration de l’UMTS par notre plus grand vulgarisateur scientifique, Michel Serres, ni les premières démonstrations de matériel à Cannes, ni la publication de calendriers réalistes de déploiement ; la crise que connaissent actuellement les équipementiers et les opérateurs de Télécommunications enfle chaque jour davantage. Non seulement elle douche l’enthousiasme des chantres européens de la "Nouvelle économie" qui y voyaient la promesse du rattrapage européen dans l’une des technologies (...) [lire]

pour L’Expansion, août 1999.
Débattre des nationalisations en 1981 avait un sens quand la gauche y cherchait une sortie de crise. En débattre en 1984, quand Laurent Fabius fixait la rentabilité comme seul critère de gestion aux entreprises publiques, ou en 1988 lorsque les socialistes s’ingéniaient déjà à faire "respirer" les entreprises publiques en avait déjà moins. Y revenir depuis le Congrès de l’Arche de 1991 où le P.S. a adopté sa vision à géométrie variable du secteur public, n’en a plus guère.
Gauche et droite ont (...) [lire]

Les multinationales ont-elles acquis un pouvoir sans limite ? Jamais autant qu’au cours des deux dernières années les firmes transnationales n’ont paru plus puissantes : la mondialisation, la déréglementation, l’intégration régionale, les nouvelles technologies tout paraissait contribuer à l’accélération de la concentration et à l’affaiblissement des Etats. Pourtant, il ne faudrait pas en déduire que les multinationales avancent sans contrainte. Car au fur et à mesure que leur pouvoir s’accroît, des contre-feux (...) [lire]

 
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