Elie Cohen - directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du CAE

Communication

C dans l’air : Au secours, l’inflation revient !

C dans l’air, 17 juin 2008.

Voir la vidéo sur le site de France 5 pendant une semaine

Depuis la création de la monnaie unique en 1999, jamais l’inflation ne s’était envolée si haut en zone euro. Elle a atteint un nouveau record en mai, à 3,7 % sur un an. Entretenue par la flambée des prix du pétrole et des produits alimentaires, cette hausse - plus élevée que prévue en France - rogne sur le pouvoir d’achat des ménages et met la BCE en "alerte rouge".

Plus de 0,5 % pour le seul mois de mai 2008. La valse des étiquettes, tirée par la flambée des prix de l’énergie et des produits alimentaires, s’est accentuée le mois dernier portant l’inflation dans l’Hexagone à 3,3% sur un an, soit un nouveau record depuis 1991, selon l’INSEE.

Les prix de l’énergie ont à aux seuls bondi de 4,2 % d’avril à mai, sous l’effet de la hausse du coût du gaz de ville (+ 6,1 % en mai, + 10,9 % sur un an) et de celle des produits pétroliers (+ 5,4 % en mai, + 22,4 % sur un an) suivant l’évolution des cours du pétrole brut. Les seuls carburants enregistrent une hausse de 4,8 % sur le mois, soit une augmentation de 17,9 % par rapport à mai 2007.

Quant aux prix de l’alimentation, ils ont progressé de 1 % au mois de mai, avec une pointe de 5,9 % pour les produits frais. Et dans la grande distribution, la hausse générale s’élève même à 5,3 % en un an, un niveau jamais atteint depuis novembre 2001.

Le spectre de l’inflation secoue la France mais aussi l’ensemble des pays de la zone euro, où l’augmentation a atteint 3,7 % sur un an en mai, selon l’Office européen de la statistique. Un record historique depuis la création de cette zone monétaire, en 1999, qui pousse la Banque centrale européenne à sonner "l’alerte rouge".

Plus que l’inflation en elle-même, les gardiens de la monnaie unique craignent surtout une spirale inflationniste nourrie par les fameux "effets de second tour" : une augmentation des prix et des augmentations salariales. Pour les patrons, les prix de production deviennent plus élevés, si bien qu’ils répercutent cette hausse sur les prix de vente, alimentant ainsi encore l’inflation...

Dans ce contexte, la Banque centrale pourrait, lors de la réunion du Conseil de politique monétaire, le 4 juillet 2008, s’acheminer vers une hausse du taux directeur, fixé à 4 % depuis un an.

(France 5)

Invités :
-  Marc Fiorentino
-  Jean-Paul Betbèze
-  Elie Cohen
-  Marie-Jeanne Husset

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