Elie Cohen - directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du CAE

Communication


version imprimable


Les thèmes traités :
P.S.

C dans l’air : "Rénover" : PS cherche traducteur

C dans l’air, 3 septembre 2007.

Voir la vidéo

Alors que les conseils d’administration de GDF et Suez viennent d’approuver la fusion de leurs deux entreprises - qui donnera naissance à l’un des plus grands groupes mondiaux du secteur de l’énergie -, c’est une rentrée politique placée sous le signe de l’économie qui se dessine, au 3 septembre 2007.

En témoigne la présence inédite du président de la République à l’université d’été du Medef, le 31 août 2007. Si Nicolas Sarkozy est un habitué de ce rassemblement, il venait cette fois prononcer, en qualité de chef de l’Etat, un discours censé donner le coup d’envoi de la deuxième phase de son programme économique pour le pays. La présidente du Mouvement des entreprises de France, Laurence Parisot, s’est montrée conquise, de même que l’assemblée d’entrepreneurs, rassurés par cette "reconnaissance" du président.

Du côté des syndicats, l’enthousiasme n’est guère partagé. La CGT et la CFDT, notamment, soulignent la vacuité d’un discours sans grandes mesures concrètes. Nicolas Sarkozy est revenu sur le crédit d’impôt recherche - dont il veut tripler le taux -, un projet déjà annoncé par la ministre de l’Economie une semaine plus tôt ; mais aussi sur "la fusion des réseaux opérationnels" de l’ANPE et de l’UNEDIC, promise durant sa campagne présidentielle. Il a confirmé son intention d’assouplir les 35 heures et "de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux partant à la retraite". Il a évoqué la dépénalisation du droit des sociétés, qui pourrait compliquer les poursuites pour abus de bien social ou fraude fiscale.

Mais aucune réelle proposition n’a été formulée concernant le pouvoir d’achat et la TVA sociale, la croissance bloquée, le chômage toujours élevé, les aides aux PME ou la question des retraites. Pour autant, des réponses concrètes sont d’ores et déjà attendues, notamment sur les salaires et le pouvoir d’achat, alors que, le 7 septembre 2007, s’ouvriront les négociations entre patronat et syndicats.

Economie, le terme figurait également au menu de l’université socialiste, qui se tenait à La Rochelle du 31 août au 2 septembre 2007. Véritable laboratoire d’idées, le rendez-vous, cette année, prenait une importance toute particulière, alors que le parti, dans l’opposition depuis douze ans, navigue en pleine confusion.

Plus apaisés, vraisemblablement décidés à en finir avec les querelles de chapelles au sein de la gauche, le Parti socialiste entendait, durant cette rencontre traditionnelle, signer le début de sa refondation. Au cœur des débats, la position du PS face à l’économie : le parti doit parvenir à trouver l’équilibre subtil entre son héritage historique profondément ancré à gauche et son adaptation nécessaire à l’économie de marché.

"La confrontation avec la droite, pour être victorieuse, doit se faire sur le champ économique et social", rappelait ainsi le premier secrétaire, François Hollande, soucieux de parler "le langage qui est compris par les Français". L’ancien Premier ministre Michel Rocard, ovationné bien que critiqué pour sa participation à une commission sur le métier d’enseignant mise en place par Nicolas Sarkozy, affirme à l’avenant que les socialistes sont bel et bien "des libéraux".

Alors que le programme du candidat Nicolas Sarkozy était "un programme fiscal avant tout", le PS n’a pas su proposer d’alternative. Une erreur qu’il entend bien réparer en élaborant une refonte complète de son "logiciel", notamment économique. Mais pour cela, reste encore à trancher sur son positionnement. Et, entre gauche traditionnelle et social-démocratie, via une alliance avec le MoDem de François Bayrou, le cœur des socialistes semble encore balancer.

Invités

-  Elie Cohen
-  Jean-Claude Le Duigou
-  Roland Cayrol
-  Renaud Dely

Haut de page