Elie Cohen - directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du CAE

Communication


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Les thèmes traités :
Énergie

C dans l’air - De la betterave dans votre moteur

C dans l’air, 29 septembre 2006.

Les Bio-carburants

Alors que le gouvernement annonce la mise en place de "pompes à essence vertes" dès 2007, le Salon mondial de l’automobile, ouvre ses portes au public le 30 septembre 2006, à Paris, sur fond de morosité du marché européen de l’automobile

Un marché morose

Début 2006, la demande intérieure de véhicules est restée ferme par rapport à 2005 mais a fait davantage appel aux importations de voitures de marques étrangères, et françaises fabriquées en Espagne ou en Europe de l’Est.

L’envolée du prix des matières premières ainsi que la guerre des tarifs des marques automobiles pénalisent également le secteur.

Les constructeurs français espèrent un rebond rapide, avec la montée en puissance des automobiles les plus récentes et la présentation de nouveaux modèles au Mondial de Paris.

Le biocarburant en France

Lors de la présentation du budget 2007, le gouvernement français place les énergies dites renouvelables au rang de ses priorités et annonce sa volonté d’installer cinq cents "pompes vertes" au bioéthanol E85, dès septembre 2007.

A base de céréales et de betteraves, ce "carburant vert" peut contenir jusqu’à 85 % d’éthanol pour 15 % d’essence. Son prix "pourrait se situer autour de 0,80 euro au litre, soit au kilomètre, assez proche du prix du gazole", précisait le ministre de l’Economie et des Finances, le mardi 26 septembre 2006.

L’objectif serait, toujours selon Thierry Breton, de "permettre aux Français de s’approvisionner en essence ou en bioéthanol, grâce à des véhicules dits flex-fuel". Renault indique d’ailleurs que "dès 2009, 50 % de la production de sa flotte de véhicules sera flex".

Déjà autorisé aux Etats-Unis, au Brésil, en Suède, en Allemagne et en Pologne, l’utilisation de ce carburant permettrait de lutter efficacement contre l’effet de serre, en dégageant 70 % de gaz carbonique en moins que le pétrole. Une affirmation contestée par certains écologistes étant donné les besoins énergétiques de sa production.

Bercy voit aussi, dans cette alternative, une menace pour la toute puissance de l’OPEP, qui contrôle actuellement 40 % du marché du pétrole. En effet, "les consommateurs pourront choisir indifféremment de mettre de l’E85 ou du carburant classique dans leur voiture".

Avec Elie Cohen, Pierre-Olivier Savreux, Jean-François Giannesini et François Clémenceau.

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