Elie Cohen - directeur de recherche au CNRS, professeur à Sciences Po et membre du CAE

Communication

C dans l’air : Ségo se pacte avec la France

C dans l’air, 12 février 2007.

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Ségolène Royal a présenté, le 11 février 2007, les 100 mesures de son "pacte présidentiel", élaborées à partir des idées issues de plus de 5 000 débats participatifs. Au cours d’un grand meeting, qui s’est tenu à Villepinte, la candidate du Parti socialiste à l’Elysée a affirmé vouloir construire une "France neuve", alors que la droite a aussitôt dénoncé l’absence de chiffrage de ses propositions.

Dans un discours de deux heures, Ségolène Royal a défendu son programme devant près de 20 000 de militants et l’establishment socialiste au complet, à l’exception de Lionel Jospin. Après "Le progrès pour tous et le respect pour chacun", elle a adopté un nouveau slogan de campagne : "Plus juste, la France sera plus forte".

Son "pacte d’honneur et de confiance" promet une série de mesures sociales "le plus tôt possible", dont une hausse du Smic à 1 500 euros (contre 1 250 euros aujourd’hui) ou l’augmentation de 5 % des "petites retraites". Elle a également beaucoup insisté sur les priorités donné par son parti, comme le logement (les habitations vides seront "surtaxées"), l’éducation ou la Sécurité sociale.

Elle n’a par ailleurs rien concédé de ses positions, parfois controversées au sein même du PS, et a défendu l’idée d’un encadrement militaire des jeunes délinquants, la révision de la carte scolaire ou encore les jurys citoyens.

Accablant la droite et son bilan, elle a décrit, le poing serré, "des vies brisées, des familles humiliées, des destins marqués du sceau d’une malédiction qui ne dit pas son nom".

La critique a été immédiate, et le ministre de l’Economie, Thierry Breton, a dénoncé des mesures qui coûtent "des milliards et des milliards" et qui sont "impossibles" à financer.

Le lendemain, le porte-parole socialiste, Julien Dray, a assuré que toutes les propositions seraient financées "sans augmentation des prélèvements obligatoires". Assurant faire, lui aussi, le calcul des propositions de la droite, il a retourné l’argument : "Comment monsieur Sarkozy finance 68 milliards de baisse de prélèvements" et les "50 milliards de dépenses supplémentaires qu’il a annoncés" ?

Après les critiques sur son absence de programme, les doutes sur la phase de "débats participatifs" et des sondages qui la donnent régulièrement battue par son rival UMP, Ségolène Royal espère que ce discours donnera le coup de fouet nécessaire à sa campagne.

LES INVITÉS :

-  Christophe Barbier
-  Pierre Giacometti
-  Elie Cohen

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